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Étudiants disparus: pourquoi le drapeau mexicain n'est pas en berne?

22/11/2014 09:13 EST | Actualisé 22/01/2015 05:12 EST

M. Denis Coderre, Maire de Montréal,

À la suite de la demande express, toujours sans réponse, que je vous adressais à vous ainsi qu'à chacun des 64 conseillers des 19 arrondissements de la Ville, le 20 octobre dernier, accepteriez-vous de mettre en berne le drapeau du Mexique au balcon de l'Hôtel-de ville ? Je vous le réitère solennellement au nom de milliers de Montréalais et Québécois qui sont consternés et totalement scandalisés quant au rôle de narcotrafiquants, de connivence avec des policiers et élus mexicains locaux - tel que soulevés de nouveau en une du Huffington Post Québec la semaine dernière et le Téléjournal de ce soir - suite aux 6 étudiants tués, 25 blessés et 43 autres qui sont toujours portés disparus à Iguala... simplement parce qu'ils ont organisé une collecte de fonds pour contrer un projet de réforme de l'éducation.

J'en fais la pressante demande parce qu'ici au Québec, comme ailleurs dans le monde, la guerre à la drogue incluant celle menée par les policiers du SPVM, est un véritable échec. Elle est reconnue de surcroît comme le plus grand détournement de fonds public du siècle. Même plus, selon des données récentes de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) reprises par Radio-Canada; cette guerre a même contribué aux décès annuels de plus d'un million de victimes de maladies infectieuses (VIH/Sida, hépatite, tuberculose), soit nettement plus qu'en a fait à ce jour le virus de l'Ébola en Afrique, en Espagne, à New-York et au Texas.

Ce virus comme cette lutte à la drogue nécessite plutôt une véritable concertation, locale et continentale, à débuter par une décriminalisation, une légalisation et mieux, une étatisation ici de certaines drogues douces, comme le cannabis de qualité contrôlée. Pour ma part et pour de nombreux Québécois et Montréalais qui l'ont exprimé par le passé lors de nombreux sondages successifs, « Je vois Mtl » se prononcer et agir en faveur d'une telle étatisation de la marijuana, soit par une vente en SAQ (pour la mari psycho récréative) et dans les réseaux de pharmacies privées (pour le cannabis médical).

L'idée créatrice d'emplois en région, voire même grâce à quelques toits verts de la Métropole dont Angus, générerait grâce à nos surplus inouïs et compétitifs d'électricité, de 220 $ à 350 $ millions récurrents par année au Fonds consolidé du Québec. Par conséquent, ces fonds aideraient à désengorger bon nombre d' urgences d'hôpitaux de la Ville, ou pour contrer la moisissure dans les écoles comme celles dans Hochelaga-Maisonneuve ou pour plus de transport en commun, électrifié ou pas, et des routes et autoroutes mises à niveau sur toute l'île de Montréal. Une idée en quelque sorte pour une Ville intelligente, qui irait bien au-delà de votre projet pilote d'heures d'ouverture des bars dans le Quartier latin ou de cette révolution qu'a été la vente de vins dans les dépanneurs, il y a 25 ans!

Vous savez comme moi l'ampleur de ce lucratif marché. Parmi toutes les portes d'entrée de ce trafic de stupéfiants au Canada, les deux principales sont l'Aéroport de Dorval et la zone portuaire de Montréal. En ces lieux, moins de 1 % des marchandises qui y transitent sont vérifiées alors que 70 % est du cannabis.

Mon appel rejoint également celui répété de 40 grands leaders mondiaux dont Sir Richard Branson, PDG de Virgin Mobile ou de Louise Arbour, ex Juge en Chef à la Cour suprême du Canada et ex Haut-commissaire des droits humains de l'ONU. Ces hauts dirigeants ont rédigé, en 2012, un important rapport aux 34 chefs d'État des Amériques afin de se tourner au plus tôt vers des alternatives à cette coûteuse guerre. Ils suggéraient même d'aller plus loin que de taxer le seul cannabis, un enjeu davantage de santé et de sécurité publiques que de justice criminelle.

Inutile de vous rappeler que bon nombre de Québécois et Canadiens choisissent la présente période de l'année pour envisager bientôt un voyage, touristique ou d'affaires au Mexique; ce populeux pays d'Amérique centrale ayant signé par le passé une entente historique de libre-échange avec le Canada et les USA: l'ALENA.

Votre geste, Monsieur le Maire, aura une très grande influence et sera hautement salué, comme le fut celui de Bertrand Delanoë, l'ex-Maire de Paris qui afficha en permanence pendant 4 ans sur les murs de son Hôtel-de-Ville, la photo d'Ingrid Betancourt, le temps que cette députée soit libérée de ses ravisseurs en Colombie. Hisser le drapeau, j'en suis persuadé, sera également repris dans le monde entier, comme le fut le drapeau gai aux mâts de nombreux sièges parlementaires sur tous les continents, à commencer par l'Assemblée nationale du Québec lors les derniers Jeux olympiques d'hiver de Sotchi, afin de protester quant aux droits humains fondamentaux de la communauté LGBT bafoués en Russie de Poutine.

Évidemment, toute autre décision autre que symbolique de votre part et qui pourra être prise par la Ville déjà représentée au Conseil d'administration du Port de Montréal vous honorera. Mon appel n'a qu'un but: celui de déstabiliser et stopper à la source ce fléau du trafic de stupéfiants qui, si l'on continue de baisser les bras, ne fait que renforcer l'emprise de la mafia, des bandes de motards criminels et gangs de rues qui appauvrissent les populations ici et ailleurs, y compris dans mon quartier de Rosemont-La-Petite-Patrie que dans Ville-Marie et le centre-ville que vous représentez.

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