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L'ex sous-ministre Hélène David soulèvera-t-elle quelques voiles au Parti libéral?

03/03/2014 08:06 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT

«Relations internationales», «francophonie», «partenariats»: voilà résumé en quelques mots clés le rôle de vice-rectrice à l'Université de Montréal d'Hélène David, la nouvelle recrue vedette de la famille libérale de Philippe Couillard dans Outremont. L'élection est bel et bien déclenchée. Un réel coup de Jarnac offensif: bravo au docteur Couillard de permettre à autre femme de se présente en politique, au service de l'État. C'est de bonne guerre démocratique, notamment au regard de la pente descendante des récents sondages pour le «nouveau PLQ», mouture plus fédéraliste que jamais sous Couillard.

Cependant, la nouvelle candidate est-elle vouée à un rôle plus qu'effacé? Comme celui qu'occupait Fatima Houda-Pépin avant qu'on ne lui promette un quelconque poste de ministre si elle entrait dans le rang? Ou d'être désignée un jour en tant que Critique libérale en matière de relations internationales dans une possible opposition à l'Assemblée nationale? Voire même sans son chef si le Dr Couillard ne réussit pas à se faire élire dans Roberval, faute de s'être défilé lors de l'élection partielle de décembre dernier dans ce château fort montréalais qu'est Outremont.

Avant même que l'élection ne soit déclenchée, les électeurs de ce comté, et d'ailleurs, doivent-ils conclure que la nouvelle candidate appuie et cautionne les partenariats passés de l'ex-premier ministre Charest, incluant ceux de l'ex-ministre de la Santé et des Services sociaux, consultant et fervent partisan de la privatisation des soins de santé dans un pays "démocratique" comme l'Arabie saoudite; là où les femmes, avec ou sans voile, n'ont toujours aucun droit de vote, même en 2014?

Le cas échéant, même critique au PLQ, la candidate Hélène David s'est-elle assurée qu'elle aura le moindre droit de parole dans ce parti qui l'a déjà refusé à Martin Drapeau, ce militant libéral de 30 ans qui n'avait trouvé aucun appui, même pas un secondeur lors d'un Congrès? Ce délégué du comté de Groulx cherchait simplement à d'ouvrir le débat sur sa demande d'enquête publique dans la construction et le financement des partis, réclamée pourtant deux ans auparavant par toute la société civile au Québec.

La nouvelle candidate libérale experte en relations internationales et en partenariats ne serait-elle pas mieux de profiter du début des hostilités afin de vérifier qu'elle aura les coudées suffisamment franches pour soulever quelques voiles? Je pense entre autres à celui des paradis fiscaux, des collusions et autres évasions fiscales comme celle de 22,5 $ millions associée au Dr Arthur Porter, ex-patron et DG du CUSM, mais aussi «ami» et co-associé d'entreprise médicale avec Philippe Couillard du temps où les deux disciples d'Hippocrate furent nommés par Stephen Harper au Comité de surveillance du Service canadien du renseignement et de la sécurité (SCRS). Un Porter qui, de surcroît, se vantait déjà de ses bonnes amitiés avec George W. Bush et Dick Cheney. Faut-il rappeler qu'Arthur Porter et son épouse Pamela ne sont toujours pas au Québec alors qu'ils ont pourtant été arrêtés de justesse au Panama le 27 mai dernier, suite à une rocambolesque cavale et fuite depuis sa clinique médicale des Bahamas. Et ce, grâce à un mandat d'arrêt conjoint inédit, soit de l'UPAC, de la SQ, de la GRC et même d'Interpol !