LES BLOGUES

M. Leitao, osez imposer les banques et user de transparence sur les paradis fiscaux

04/06/2014 08:55 EDT | Actualisé 04/08/2014 05:12 EDT

Il y a moins de 2 ans dans le New York Times, l'un des financiers les plus adulés au monde, Warren Buffet, proposait en tant que conseiller économique du président Obama, d'augmenter le nombre de paliers et surtout, les taux d'imposition des plus riches ; la plupart de ceux-ci, comme au Québec et au Canada, ne payant pratiquement aucun impôt, alors que la secrétaire du richissime philanthrope était imposée à 40 %. L'Oracle d'Omaha suggérait même des taux de 91 % comme il y a 50 ans sous Eisenhower, réputée l'une sinon la plus florissante période économique de l'Occident.

S'il y a une chose que le nouveau ministre québécois des Finances, Carlos J. Leitao, ne fera pas, selon moi, cette semaine lors du dépôt de son premier budget, c'est bien d'oser comme l'a pourtant mandaté le nouveau premier ministre et... imposer. En fait, il n'osera jamais faire preuve de réelles transformations radicales, encore moins de «rigueur» et d'«austérité»... vis-à-vis des plus riches et surtout de la fraude fiscale de nos six banques, comme la Royale et la Laurentienne, ses anciens employeurs. Pourtant, des études universitaires l'ont démontré : nos banques et les cadeaux fiscaux aux plus riches au pays sont responsables d'un vaste détournement de fonds public évalué, chaque année, non pas à 170 $ millions, mais bien 170 $ milliards, dont 60 $ milliards pour la seule Barbade.

Ramenée aux 23 % de Québécois qui composent la population totale du Canada, cette libre évasion de fonds pourrait équivaloir à 39 $ milliards, soit 20 fois environ ce que rapporte chaque année Hydro-Québec et la SAQ. Malheureusement, la chorale aigüe des instituts économiques et chambres de commerce si peu représentatifs ânonnent et salivent de nouveau à l'idée de privatiser tous azimuts ces fleurons et agences gouvernementales, sans compter les pertes massives d'emplois génératrices de revenus pour l'État.

Réputé comme l'un des plus grands prévisionnistes mondiaux des banques et des banquiers, le conservateur Carlos J. Leitao n'osera jamais également soulever le bout de la queue de l'embryon, par exemple, des astuces légales de son vis-à-vis, Pierre Karl Péladeau, maintenant critique de l'Opposition officielle en matière d'économie ; « Le Banquier » de TVA aidé par la Caisse de dépôt et placement ayant largement profité par le passé de l'enregistrement de Quebecor World dans le paradis fiscal du Delaware.

« La terre est ronde » rappelait Jean-Marc Fournier à Ottawa

alors ministre de la Justice concernant les prisons de Harper.

Le néophyte ministre Leitao osera encore moins s'intéresser au réel contenu et aux 600 000 $ du compte bancaire de son patron, Philippe Couillard, gagnés en Arabie saoudite et déposés durant 4 ans dans le paradis offshore de l'île de Jersey. D'autant plus que notre nouveau Premier ministre, neurochirurgien sans frontières qui possède la double citoyenneté, française et canadienne, a plutôt jugé bon - avant même d'être recruté et nommé par le «pro énergies fossiles» Stephen Harper au Comité de surveillance (des frontières canadiennes) du SCRS - soit préférer conseiller le ministère de la Santé du sultanat d'Arabie. Le riche pays pétrolier du Moyen-Orient demeure depuis longtemps au banc des accusés de la communauté internationale en bafouant royalement les droits humains, soit en appliquant toujours en 2014 la loi de la charia et en refusant le droit de vote aux femmes!

Pour ces quelques raisons de justice et de conscience planétaire, permettez-moi de douter, comme bien des Québécois, que notre nouveau ministre des Finances osera aussi soulever les avoirs de l'oncologue Arthur Porter, l'« ami de pêche » et partenaire en cliniques de santé privées dans « l'inactive » firme Couillard, Porter & associés. Depuis, le «bon docteur» Porter, ex-DG du CUSM et son épouse Pamela se sont envolés successivement vers les paradis fiscaux de la Barbade, des Bermudes et de Panama après avoir soutirés et fraudés 22,5 $ millions de SNC-Lavalin, malgré un mandat d'arrêt international de l'UPAC, de la SQ, de la GRC et d'Interpol. Tout cela grâce à un stratagème et une habile création de multiples sociétés-écrans et «coquilles vides» révélées la semaine dernière en commission Charbonneau par le spécialiste Clément Desrosiers et l'ex-journaliste André Noël. Du jamais vu dans l'histoire politique et juridique du Québec !

Pourtant, il y a un an seulement, Jérôme Cahuzac, le ministre du Budget en France a dû démissionner après avoir reconnu lui-même ainsi que son épouse, tous deux chirurgiens spécialistes des greffes de cheveux, avoir détenu un compte bancaire en Suisse, transféré ensuite dans l'îlot fiscal britannique de Man (à proximité de Jersey) qui a abouti finalement dans cet autre paradis qu'est Singapour !

Ainsi et avant de promettre toute future commission d'étude québécoise sur la fiscalité, des milliers de contribuables Québécois aimeraient bien, en toute connaissance de cause, légitimité et transparence, savoir si le ministre Leitao et ses collègues élus ont déjà usés d'évasion fiscale ? Combien de millions sinon de milliards, Monsieur Leitao alors économiste-banquier, a incité et conseillé ses clients à transférer des actifs dans les 20 principaux pays paradis fiscaux non conformes de l'OCDE, incluant la Barbade connue depuis 1980 comme le paradis fiscal créé de toute pièce par le Canada ?

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST

Les paradis fiscaux préférés des Canadiens


Retrouvez les articles du HuffPost sur notre page Facebook.

data-href="https://www.facebook.com/HuffPostQuebec" data-send="truedata-width="570"data-show-faces="false"data-font="arial">



Comment connecter son compte HuffPost à Facebook pour pouvoir commenter?