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L'exercice de la démocratie est une question plus que d'actualité

01/11/2014 08:07 EDT | Actualisé 03/03/2015 11:16 EST

Alors que les élections scolaires sont enfin déclenchées, après sept ans au lieu de quatre, voilà qu'elles sont menacées par notre gouvernement qui en questionne l'importance. À cette entorse démocratique s'ajoute le contexte d'austérité budgétaire qui fait de l'exercice de la démocratie une question plus que d'actualité. Nous assistons à une réduction dangereuse du pouvoir citoyen causée par les nombreuses coupures imposées par les gouvernements précédents : aux groupes communautaires, dans les services aux citoyennes et citoyens; en santé, en éducation, en sciences, en culture, en environnement, aucun domaine n'est épargné.

Des lieux de parole. Pour accroître la culture démocratique, il faut s'assurer que les citoyennes et les citoyens soient présents dans les lieux de pouvoir qui les concernent. Je pense entre autres, aux CA d'organismes et d'institutions publiques qui leur réservent certains sièges. Ces mesures doivent être davantage publicisées et connues. À mes yeux, l'effort déployé pour rendre possible la participation des personnes concernées en vaut la peine. Bien sûr, il est nécessaire d'accompagner, notamment par de la formation, les personnes qui veulent siéger sur des comités décisionnels. Mais c'est, à mon sens, une responsabilité sociale.

Il est bien facile de lancer l'appel à la participation citoyenne, mais encore faut-il s'attaquer aux différentes raisons qui freinent celle-ci. L'analphabétisme, la conciliation travail-famille, le manque de temps et de ressources financières sont autant de facteurs qui nuisent à l'implication de plusieurs personnes. Les gens qui s'impliquent doivent également disposer des outils nécessaires pour participer activement et faire une différence.

Le temps. Précieux outil qui s'amenuise à chaque coupe de services, obligeant les familles à courir pour accomplir les tâches ménagères, aller chercher les enfants à la garderie, à l'école, veiller aux devoirs ou aller aux activités sportives ou culturelles. Même chose pour les gens qui doivent travailler plus pour gagner le même salaire, qui sont devenus aidants naturels par manque de soin à domicile, etc. Entre vous et moi, si ma mère a besoin d'aide à la maison pour lui prodiguer des soins, est-ce que cela va passer après mon implication dans un organisme de défense de l'environnement ? La réponse est non.

L'argent. Il me faut plus d'argent pour pallier à ces manques qui devraient être offerts par un État fort et soutenant; je me retrouve donc à travailler davantage. L'accès aux services n'est pas tout, j'ai besoin d'information. La concentration des médias au sein d'une poignée d'entreprises privées et les compressions dans les médias publics m'obligent à diversifier mes sources pour comprendre les enjeux qui m'intéressent. La télévision nationale ne diffusant souvent que des résumés informatifs, je dois acheter journaux et revues, m'abonner à des chaînes spécialisées. Internet !, me direz-vous. C'est vrai. J'ajoute à mon budget une facture mensuelle pour internet. Ça me prend aussi du temps pour séparer le bon grain de l'ivraie.

L'éducation. On oublie trop souvent que 49 % de la population québécoise éprouve des difficultés de lecture. De ce pourcentage, 800 000 personnes sont analphabètes. Alors comment, dans cette condition, puis-je m'informer? Et même si je fais partie du 51 %, il faut encore que je puisse comprendre les enjeux. Tous ne sont pas férus de sciences environnementales, de santé ou du fonctionnement de l'État. Une vulgarisation et une consultation publiques me permettraient donc de comprendre et de pouvoir poser mes questions.

En ce moment, on ne discute pas des dossiers importants ouvertement. Pensons seulement à l'accord économique Canada-Europe qui a été négocié à huis clos. On est loin de la participation démocratique ! Pourtant, cet accord touchera le domaine de l'emploi, des ressources, de la santé de toute la population. Le fait que certaines décisions soient prises d'avance, que certains ministres se croient au-dessus des processus d'évaluations et d'études d'impacts, contribue au désintérêt envers le politique et l'implication citoyenne.

On nous présente la politique comme une spécialité qui doit être traitée par des experts. Les experts de la société dans laquelle nous vivons, c'est nous. Nous dans le sens le plus inclusif : femmes, hommes, travailleurs, étudiants, parents, artistes, immigrants, chômeurs, personnes handicapées et j'en passe. La population doit renouer avec la politique, se l'approprier. Pour ne pas perdre tous nos acquis sociaux, nous devons nous mêler de ce qui nous regarde.

Mon implication. C'est d'abord en tant que citoyenne que je me suis impliquée socialement. La volonté de changer les choses, de ne pas être à la merci des décisions que d'autres prennent à ma place m'a poussée à poursuivre cette implication. C'est graduellement, en prenant la parole dans divers comités que j'ai appris à développer et affirmer mes opinions. J'y ai rencontré des dizaines de personnes qui s'impliquaient aussi et qui m'ont confortée dans mes capacités à faire une différence dans la vie de mon quartier, de ma ville. J'ai décidé de joindre Québec solidaire parce que ce parti représente mes valeurs. Je pense notamment à la place qui est faite aux femmes, grâce à la parité respectée et à l'alternance des droits de parole, ainsi qu'à la décentralisation des prises de décisions qui s'incarne par l'exercice de la démocratie participative. La reconnaissance, l'enthousiasme des gens qui œuvrent déjà au sein de mon comté et avec qui j'ai eu le goût de travailler m'ont menée à présenter ma candidature. Être candidate pour Québec solidaire constitue mon implication pour défendre le bien commun et la justice sociale. C'est ma façon de prendre le pouvoir qui me revient.

Vous, comment allez-vous reprendre le pouvoir?

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