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Les nouveaux visages du terrorisme

01/05/2013 06:54 EDT | Actualisé 01/07/2013 05:12 EDT
AP

Nous observons actuellement une montée en puissance d'attaques et tentatives d'attaques terroristes. Elles ne sont pas perpétrées par des ennemis extérieurs, mais par des individus qui vivent, travaillent et qui ont parfois leur famille dans les pays visés par ces attaques.

La démarche des frères Tsarnaev aux États-Unis, de Mohamed Mérah en France et les présumées tentatives de Chiheb Esseghaier et Raed Jaser, sont identiques à celle d'Anders Breivik en Norvège ou des tueurs incontrôlés des universités américaines.

Les frères Tsarnaev et Mérah ont puisé dans leurs références culturelles personnelles pour donner du sens à leurs actes. Ils se sont donc référés à leur propre interprétation de l'islam comme Breivik s'est référé au vieux fond culturel nazi qui était le sien, et comme les militants violents de la suprématie blanche aux États-Unis se réfèrent au fondamentalisme chrétien.

Cela dit il est clair que les volontaires de la violence, qu'elle soit politique ou crapuleuse, se recrutent sous tous les cieux parmi les jeunes mal intégrés, sans repères, en rupture d'intégration sociale, familiale, scolaire, professionnelle, en révolte contre leur environnement. En réalité, il s'agit d'une petite minorité de la société qui, pour des raisons diverses, se rallie à des idéologies extrémistes, d'une minorité plus petite encore qui bascule de l'extrémisme à l'injustifiable et se livre à des actes terroristes ignobles, et d'une nouvelle génération venue au jihad par Internet qui choisit de frapper sur place.

De nombreux jeunes issus des milieux immigrés se trouvent dans cette situation dans tous les pays occidentaux. Ils constituent un terreau fragile où tout peut basculer du jour au lendemain sur Internet, au hasard d'une rencontre, d'une frustration, d'une vexation, d'un accident de vie personnelle.

Aussi, les autorités se doivent-elles, lorsqu'elles cherchent à intercepter et à poursuivre les terroristes et leurs réseaux, de scruter très attentivement la société qui les entoure en tentant de comprendre pourquoi ces quelques individus ou groupes d'individus se tournent vers l'extrémisme et le terrorisme.

Difficile de traquer des terroristes isolés

Une surveillance permanente est illusoire. Même si des indices d'un glissement vers l'extrémisme des individus isolés sont connus, l'attentat de Boston montre combien il est difficile, voire impossible, d'empêcher les actes terroristes par des personnes isolées, mais déterminées. C'est un vrai défi et il n'est pas raisonnable de penser qu'on peut réussir à les contrer en totalité. Aucun pays, si puissant soit-il, n'est à l'abri de l'acte d'une telle personne. Il est probable que des Canadiens qui, placés dans certaines conditions, puissent effectivement passer à l'acte.

Les attentats de Boston marquent le début d'un nouveau type de terrorisme. À mon humble avis, il est clair que les chefs d'Al-Qaïda ont réalisé que des attentats à petite échelle, comme ceux de Boston, peuvent avoir le même impact qu'un attentat spectaculaire faisant de nombreuses victimes. Il y a beaucoup de jeunes qui souhaitent aller combattre à l'étranger avec Al-Qaïda. Mais ce dernier les encourage fortement à agir dans leur propre pays. D'ailleurs c'est ce que prône fortement le magazine Inspire, de la branche yéménite d'Al-Qaïda.

Si cette façon de faire se généralise, ce sera une très mauvaise nouvelle pour les pays occidentaux. Car il est impossible d'être partout tout le temps.

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