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Immigration et souveraineté

10/02/2013 09:56 EST | Actualisé 12/04/2013 05:12 EDT
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« Pour ceux qui s'inquiéteraient, nous n'avons pas abandonné la gouvernance souverainiste. Il y aura éventuellement une stratégie qui sera développée. Nous réfléchissons à cela, il y a du travail qui se fait actuellement », a déclaré Pauline Marois.

Tout le monde sait que le Parti québécois a préparé un nouveau «plan d'action» pour promouvoir le projet souverainiste. La plupart des gens comme moi n'ont pas encore pris connaissance de ce projet.

Ma perception sur l'apport de l'immigration à la souveraineté

La plupart des Québécois pensent que les immigrants ne veulent pas s'intégrer à la majorité francophone pour la souveraineté du Québec. En effet, ils ont raison. J'ai rencontré des immigrants qui pensent que la langue anglaise leur assurera une plus grande chance pour l'emploi et à la clé une grande mobilité dans le Canada. La raison de cette façon de penser est simple : Les immigrants pensent qu'ils sont des laissés pour compte de la société québécoise. Pour eux, l'emploi des immigrants n'est pas présentement représentatif de l'ensemble de la société québécoise. Pourtant, c'est une des conditions de succès de leur projet de vivre au Québec. Ce succès sera également le succès de leur adhésion au projet souverainiste.

La lutte pour la souveraineté souffre d'une image injuste de fermeture à l'endroit des immigrants. En effet, la déclaration de Jacques Parizeau, qui avait associé la défaite référendaire au vote ethnique reste encore dans la mémoire collective des immigrants. Mais il est clair et indispensable qu'il faut déployer de nouveaux efforts de recrutement auprès des Québécois issus de l'immigration. Surtout que, pour obtenir 50 % + 1 lors d'un éventuel référendum, il faudra convaincre les immigrants. Il faut soulever de vrais débats sur les préoccupations que soulève l'intégration des immigrants dans la société québécoise.

L'intégration des immigrants est bloquée d'un côté par certaines considérations empêchant les gens d'accéder au marché du travail ou de se créer un marché du travail local, et de l'autre par des droits sociaux sans contrepartie productive, qui n'incitent pas à sortir de la trappe à pauvreté.

Bref, le désir des immigrants de participer à la souveraineté du Québec se heurte à un mur. Mur qu'illustre également la très faible présence de personnes issues de l'immigration au sein de la classe politique québécoise. Ce contraste entre la volonté d'intégration des immigrés et la fermeture de la société québécoise est l'une des principales sources de tensions sur cette question.

Cette lutte pour la souveraineté est exigeante. Elle demande, intelligence, rigueur, abnégation, détermination, constance. Autant de qualités auxquelles il faut ajouter l'intelligence du cœur.