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Le suspense de la commission Charbonneau

26/06/2014 10:34 EDT | Actualisé 26/08/2014 05:12 EDT

Comme un bon téléroman qui veut garder ses auditeurs sur le qui-vive, la commission Charbonneau a terminé sa saison de façon palpitante en laissant plusieurs scénarios incomplets.

Les vacances d'été seront donc agrémentées de nombreux sujets de discussions et de toutes sortes de suppositions. Qu'est-ce qui attend le PQ au début de la prochaine saison? Est-ce que la commission Charbonneau fournira au premier ministre Couillard le motif pour se débarrasser enfin de son boulet?

Madame la juge Charbonneau nous avait réservé une fin de saison passionnante avec l'ex-président du Parti libéral du Québec, monsieur Robert Benoit, qui est venu nous apprendre ce que personne n'avait pu imaginer, soit que l'arrivée de Jean Charest avec son acolyte Marc Bibeau avait changé les façons de faire du financement au parti. Tout devrait, en effet, se monnayer dorénavant : un poste de ministre, une candidature à l'élection ou une nomination partisane, sans cependant préciser que ceci s'appliquait aussi à l'attribution de contrats.

Puis apparut la grande Nathalie Normandeau, ex-vice-première ministre que plusieurs entrevoyaient déjà repentante, admettant ses fautes commises sous la pression de son chef qu'elle entraînerait avec elle dans la déchéance. Or, la grande dame est plutôt apparue calme, sereine, se disant dépitée de ce qu'elle avait entendu au préalable au cours des interrogatoires de la commission.

À titre d'ex-ministre des Affaires municipales, elle a clamé son droit à l'usage de son pouvoir discrétionnaire pour corriger les erreurs et combler les oublis de ses fonctionnaires au moment d'attribuer des subventions pour la réalisation des projets soumis par les municipalités.

Nous avons pu réaliser que ses conseillers en communication, comme de bons coachs, l'avaient très bien préparée en l'astreignant probablement à de nombreuses heures de séances vidéo pour parfaire sa prestation. Et nous avons eu droit à une grande défense d'une ex-vice-première ministre qui a fait preuve d'assurance, de confiance en ses moyens et d'une vaste expérience en politique qui l'avait bien préparée à répondre aux questions en contournant les pièges.

Elle nous a aussi fait une belle démonstration d'humilité en admettant avoir été bien consciente que Marc-Yvan Côté agissait comme vice-président du développement des affaires pour la firme d'ingénieurs Roche tout en étant activement impliqué dans le financement du Parti libéral du Québec et ami intime de son ex-chef de cabinet, Bruno Lortie, sans avoir pensé que leurs rencontres hebdomadaires, pendant les huit années où Bruno Lortie était son proche collaborateur, pouvaient indiquer une certaine collusion. Était-ce de la naïveté ou de l'aveuglement volontaire?

A suivi un autre témoignage qui a ajouté au suspense en vue de la prochaine saison. Madame Violette Trépanier, ex-directrice du financement et du recrutement au PLQ, en est venue à la conclusion que le Parti libéral du Québec a été « victime de donateurs malhonnêtes ». Est-ce que les conseillers en communication qui l'ont aidée à préparer son témoignage sont les mêmes qui ont guidé Nathalie Normandeau? Si tel est le cas, il faut se demander s'ils n'ont pas trop été créatifs ou euphoriques lorsque son tour est venu.

En tout cas, il faut souhaiter que ces mêmes conseillers ne soient pas engagés par les trois évadés de la prison d'Orsainville, parce qu'ils pourraient les amener à se défendre en cour en argumentant avoir été enlevés par des inconnus arrivés en hélicoptère pendant qu'ils prenaient l'air dans la cour de la prison.

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