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Post mortem et prémonition: le sport à Montréal

14/04/2016 10:11 EDT | Actualisé 15/04/2017 05:12 EDT

Alors que P.K. Subban a terminé sa saison en s'entraînant dans l'espoir de récupérer de cette douleur au cou, il s'étourdissait lui-même en faisant ses tourniquets habituels. Carey Price a aussi prolongé sa période d'entraînement sans revenir au jeu.

Le comportement de la Flanelle envers le géant John Scott n'a rien eu d'édifiant. On l'a rappelé du club-école de St. John's pour lui faire jouer un seul match avant de l'informer qu'il n'était pas tenu de rejoindre ses coéquipiers à Terre-Neuve. Tout chaviré, très ému, il est retourné chez lui plutôt que de terminer sa saison.

Comment expliquer l'engouement du public pour une équipe qui n'a pas répondu aux attentes et qui annonce la continuité pour la prochaine saison? Est-ce du snobisme, de la suffisance, ou simplement de la mesquinerie envers les joueurs et une portion du public qui réclame compensation financière? Obtiendra-t-on la saison prochaine des résultats différents en utilisant la même recette et les mêmes ingrédients?

Il est vrai qu'aucune équipe sportive ne peut garantir le succès à ses partisans. Cependant, le temps accordé par les médias à la couverture de l'équipe et de ses contre-performances n'a pas permis de faire valoir une évaluation rationnelle permettant de réaliser le faible potentiel de cette équipe.

À quoi bon entretenir la flamme du fanatisme des partisans? On sait tous que la passion des partisans est inversement proportionnelle à la raison.

De son côté, l'Impact de Montréal entreprend sa saison en justifiant l'absence de sa vedette de la fin de la dernière saison, Didier Drogba, par son aversion pour les terrains synthétiques. Qui peut nous garantir que les adversaires de Montréal en fin de saison et en séries éliminatoires (si l'Impact y participe), n'évolueront pas sur de tes surfaces? Est-ce que Drogba se retirerait encore dans un tel cas? Pourquoi payer des billets de saison alors?

Les Alouettes de Montréal ne peuvent pas faire de grandes promesses pour la prochaine saison puisque la reconstruction post-Calvillo n'est pas terminée.

Le maire Coderre a été très actif autour de la visite maintenant annuelle des Blue Jays de Toronto, qui ont attiré plus de 106 000 spectateurs au Stade olympique en deux jours. Il se montre très confiant de ramener les Expos à Montréal.

Cependant, j'ai fait un rêve qui pourrait être prémonitoire et qui ne me rassure pas pour l'avenir. En effet, je me retrouvais dans une salle de presse pour une conférence du nouveau maire de Montréal qui annonçait ses projets pour 2030. Sa priorité découlait d'un aveu qu'il faisait candidement : son prédécesseur avait erré en suscitant le retour des Expos à Montréal après avoir aidé des gens d'affaires à investir pour établir un nouveau stade au centre-ville. Le constat était flagrant. La circulation au centre-ville de Montréal n'était plus possible et la population répugnait à y travailler ou à s'y déplacer à cause du cauchemar que constituait la congestion dans les rues et dans le métro. De plus, les commerces y agonisaient.

Le nouveau maire annonçait donc sa stratégie d'élargir le centre-ville plutôt que de tout concentrer dans un quadrilatère surpeuplé. Il annonçait qu'il avait convaincu les propriétaires de l'équipe de déménager les Expos pour la saison 2031 là où ils auraient dû se retrouver dès leur retour à Montréal, soit au Stade olympique, qui profitera d'ici là d'aménagements pour en faire un domicile hors pair pour «Nos Amours». C'est d'ailleurs en utilisant cette expression que le maire Gabriel Nadeau-Dubois terminait son allocution.

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