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Soyez prudent, même au Vatican

Ma visite au Vatican me fait réaliser que les lieux saints ne sont pas fréquentés que par de bonnes personnes.

29/09/2017 09:00 EDT | Actualisé 29/09/2017 09:20 EDT
Max Rossi / Reuters
Cet événement m'amène à remettre en question mes choix de destination de voyage et le type de voyage que je voudrai entreprendre.

Nous marchions à contresens sur un trottoir plus qu'achalandé à cause des files d'attente pour accéder à ce lieu touristique très couru. Enfin, alors que la section réservée à ceux qui arrivent devenait libre à un endroit qui correspondait à plus d'une heure d'attente, nous avons choisi de marcher dans la portion la plus large du trottoir.

Nous avons croisé à l'occasion des groupes arrivant pour la visite, des vendeurs du temple offrant leur pacotille et à un endroit plus dégagé, des mendiants. Rendu à l'intersection suivante, en tournant vers la droite pour notre prochaine visite, j'ai ressenti sur ma cuisse gauche, une légèreté inhabituelle. En mettant la main dans ma poche, j'ai réalisé que mon porte-monnaie n'y était plus.

J'ai ressenti un sentiment d'effroi qui m'était inconnu jusque là. On m'avait volé, en plein jour, en fouillant dans la poche avant de mon pantalon, sans que je me rende compte de quoi que ce soit. Cependant, je n'ai eu aucune hésitation. Je savais à quel moment et où cela s'était produit.

Je suis donc retourné là où quelques instants plus tôt, j'avais croisé cette supposée mendiante au grand châle rose à motifs qui tendait la main gauche en signe de demande d'aide et qui ensuite portait la main à ses lèvres en signe de reconnaissance. Maintenant, je réalise que sa main droite n'était pas visible, cachée sous son voile.

Elle avait saisi mon porte-monnaie de ma poche sans que je perçoive quoi que ce soit.

Elle s'était approchée de moi anormalement près au point où elle a posé sa main sur mon torse avec insistance et pendant que j'essayais de me dégager d'elle en lui disant je ne sais plus dans quelle langue que je ne lui donnerais pas d'argent, la mendiante s'est transformée en voleuse à la tire. Elle avait saisi mon porte-monnaie de ma poche sans que je perçoive quoi que ce soit.

Sa dextérité pourrait un jour lui permettre de se présenter comme magicienne honnête se donnant en spectacle devant des foules ébahies de la voir remettre à des gens qui se seraient volontairement prêtés à son jeu, leur porte-monnaie, leur montre ou un collier qu'elle leur aurait enlevés sans qu'ils le réalisent. D'ici là, puisqu'elle est inconnue, elle retire plus de revenus en conservant les objets subtilisés.

Elle retire probablement un revenu appréciable de ses larcins, un revenu qu'elle ne recevrait pas comme magicienne ou illusionniste à moins de détenir une grande notoriété. Elle côtoie donc les foules dans des lieux publics très courus comme le Vatican où je l'ai croisée entre la chapelle Sixtine et la place Saint-Pierre de Rome.

De me voir dépouillé d'un seul coup de mon argent, de ma carte de crédit, de ma carte d'assurance-maladie, de mon billet de métro et de quelques autres effets de moindre valeur, mais de grande importance pour moi m'a fait réaliser que malgré tous les avertissements que l'on nous répète concernant les pickpockets, il est quasi impossible d'être complètement à l'abri de ces gens.

Cet événement m'amène à remettre en question mes choix de destination de voyage et le type de voyage que je voudrai entreprendre.

J'en ai tiré quelques leçons comme par exemple de ne plus conserver mon argent avec ma carte de crédit et ma carte d'assurance-maladie. Mais surtout, cet événement m'amène à remettre en question mes choix de destination de voyage et le type de voyage que je voudrai entreprendre.

Même si la preuve est faite avec ce que je viens de vivre, qu'un voyage culturel peut devenir un voyage d'aventure, je choisirai plutôt dorénavant un voyage d'aventure, c'est-à-dire un voyage me permettant de découvrir des sites moins achalandés où l'aventure sera celle de mon choix, pas celle que me ferait vivre de tristes individus déguisés en gens dans le besoin.

Ma visite au Vatican me fait réaliser que les lieux saints ne sont pas fréquentés que par de bonnes personnes et que les foules incroyables qui s'y regroupent limitent nos moyens de contrôler nos faits et gestes ou de réagir à l'entourage.

Comme ma présence sur les Plaines d'Abraham, pour assister au spectacle des Rolling Stones, il y a quelques années m'avait amené à conclure que je ne suis pas bien dans des foules de trop grande envergure, ma visite au Vatican m'a convaincu que je ne tiens plus à voir sur place des lieux attirant tant de touristes et générant des risques inutiles.