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De nouvelles générations d'esclaves

20/10/2013 09:07 EDT | Actualisé 20/12/2013 05:12 EST

Il y a plusieurs années, nous avions découvert grâce à une télésérie captivante inspirée d'un roman d'Alex Haley intitulé Racines, l'histoire de jeunes noirs enlevés et déracinés de l'Afrique pour être amenés aux États-Unis où on les vendait et utilisait comme esclaves. Ce fut l'occasion de constater les horreurs de l'esclavagisme et le traitement effroyable infligé à cette génération de personnes de race noire qui, encore aujourd'hui, a parfois de la difficulté à se faire une place acceptable au soleil.

Dans notre société, l'esclavagisme existe encore, mais de façon plus pernicieuse. Il passe presque inaperçu parce que nos nouvelles générations d'esclaves ont personnellement choisi, de façon réfléchie ou non, de devenir esclaves comme elles choisissent leur type d'esclavagisme.

Le mode d'esclavagisme le plus répandu est probablement le tabagisme. Combien d'entre nous se disent encore incapables d'arrêter de fumer? Trop de gens sont encore esclaves de la cigarette et l'approche de l'hiver me porte à les plaindre. Je ne peux pas faire autrement que de les plaindre lorsque je les vois sortir à l'extérieur pour fumer sous la pluie ou la neige alors qu'il vente à écorner les boeufs. Ils sont esclaves de leur vice et infligent à leur corps des sévices qui pourraient durer toute leur vie. Comme les noirs arrachés de l'Afrique, ils devront faire preuve d'une volonté de fer et déployer des efforts surhumains pour quitter leur condition d'esclave.

Un effet secondaire de cette dépendance à la cigarette pousse certaines personnes vers des produits plus durs comme les drogues et les médicaments. Encore là, certains en deviennent esclaves et éprouvent de nombreuses difficultés à s'en débarrasser. On découvre alors que nos esclaves, comme les compatriotes de Kunta Kinté, ne s'en sortent pas tous et en meurent très souvent prématurément.

Plusieurs femmes, qui voudraient avoir une meilleure perception d'elles-mêmes, sont aussi esclaves des régimes amaigrissants. Elles multiplient les tentatives sans arriver au résultat attendu et récidivent en essayant tous les régimes qui leur sont proposés. Elles passent la majorité de leur vie à se priver de ce qui leur plairait. Comme les esclaves, elles sont privées des plaisirs de la vie et obligées de consommer en quantité limitée des produits qui leur plaisent peu.

Une autre sorte d'esclaves, plus jeunes, se développe en passant la majorité de son temps à consulter, non, à admirer des pages Facebook ou à communiquer par textos toute la journée. Comme les fumeurs, ils sont victimes d'une dépendance. Ils sont des esclaves des temps modernes et de la technologie.

Notre société compte aussi un certain nombre d'adultes qui vivent, par choix, seuls ou en couples sans descendants. Cependant, ils adoptent un animal de compagnie qu'ils traitent comme leur enfant. Encore là, on peut parler d'esclaves lorsqu'ils doivent promener leur meilleur ami et ramasser à l'aide de leur sac de plastique, ses excréments. Quel choix de vie! Esclave de pitou pour avoir un compagnon de vie. Encore là, c'est très difficile de s'en sortir lorsque la sentimentalité prend le dessus sur le rationnel.

Accepterons-nous que de plus en plus de femmes autour de nous disent que le port du voile est leur choix pour illustrer leur pudeur dans le respect de leur religion? En passant, qui peut indiquer où cette règle apparaît dans le Coran? En effet, il n'est pas écrit dans le Coran que les femmes doivent être voilées. Qu'elles doivent le respect aux hommes, qu'elles ne valent que la moitié de ce que représente un homme, oui, c'est écrit, mais qu'elles doivent être voilées, non. Pourquoi accepter ce type d'esclavage chez nous?

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