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Le capitalisme est malade

08/04/2017 08:19 EDT | Actualisé 08/04/2017 08:20 EDT

En regardant ce qui se passe dans le monde, on pourrait même affirmer que rien ne va plus. Les exemples d'exagération fusent de partout et il n'y a pas que le capitalisme qui ne fonctionne pas bien.

Cependant, ce qui nous touche de plus près, ce sont ces situations parfois dénoncées, mais qui ne semblent pas en voie d'être corrigées, puisque les plus riches continuent à utiliser tous les moyens pour augmenter leurs fortunes pendant que la classe moyenne s'appauvrit.

Les événements récents reliés aux augmentations de salaire autorisées par les membres du conseil d'administration pour les hauts dirigeants de Bompardier démontrent que la population n'est pas dupe et n'accepte plus ces écarts de conduite. Heureusement, la colère exprimée a fait reculer Bombardier, à tout le moins à court terme, pour faire reporter lesdites augmentations faramineuses prévues.

Le fait que Bombardier existe grâce à des contrats et subventions gouvernementaux et subsiste grâce à un prêt du gouvernement fédéral et aussi grâce à un investissement majeur du gouvernement du Québec a pesé lourd dans cette décision de reporter à plus tard les augmentations de salaire.

Cependant, d'autres grandes entreprises qui n'ont pas la même visibilité ou qui ne sont pas sous la loupe des médias parce que leurs liens avec les gouvernements sont quasi inexistants se comportent parfois comme se préparait à le faire Bombardier. Ceci a pour effet que les écarts de salaires entre hauts dirigeants et travailleurs deviennent gigantesques.

C'est devenu un cercle vicieux lorsque les grandes entreprises ont adopté des méthodes d'évaluation des salaires de leurs dirigeants basés sur des comparaisons avec des entreprises de taille similaire. De plus, en justifiant les salaires alloués en expliquant qu'il faut payer de telles fortunes pour attirer et conserver les meilleurs candidats, on n'en sort pas.

D'ailleurs, ces grands commis des entreprises tissent des liens entre eux au cours de leurs carrières et s'assurent ainsi d'avoir accès à un autre employeur au moment où rien ne va plus là où ils sont. Aussi, ils créent des contacts avec les politiciens qui font parfois appel à eux comme conseillers moyennant des émoluments très généreux bien sûr, lorsqu'ils deviennent disponibles.

La spirale semble démarrer avec l'appétit grandissant des actionnaires pour des rendements de plus en plus importants sur leurs investissements.

La spirale semble démarrer avec l'appétit grandissant des actionnaires pour des rendements de plus en plus importants sur leurs investissements. Ceci amène la haute direction des entreprises à chercher tous les moyens permettant une plus grande profitabilité et par le fait même des primes plus généreuses pour eux, quitte pour y arriver à éliminer ou à relocaliser dans des pays où la main-d'œuvre est moins coûteuse, des emplois par centaines, parfois par milliers. L'éthique prend le bord parce que cela ne semble pas être une valeur reconnue par les actionnaires.

Jusqu'où ira cette cascade? Déjà, au Canada, il est reconnu que deux hommes d'affaires (David Thompson, un magnat de la presse et Galen Weston propriétaire du géant alimentaire portant son nom) ont accumulé des fortunes totalisant plus de 33 milliards de dollars américains, ce qui correspond à 30% de la valeur collective des Canadiens. Dans le monde, huit personnes détiennent à elles seules une richesse équivalant à celle de la moitié la plus pauvre de la population mondiale.

Est-ce vraiment nécessaire d'accumuler de telles fortunes? Malheureusement, certains dirigeants d'entreprises semblent avoir ce type d'appétit démesuré et perdent par conséquent contact avec la réalité.

Lorsque des gens atteignent ce niveau de réussite financière, peu d'entre eux deviennent des mécènes comme Bill Gates, fondateur de Microsoft, qui se consacre maintenant à donner aux plus pauvres des moyens d'améliorer leur situation.

Est-il pensable qu'un jour la responsabilité sociale soit aussi importante que la performance économique? Est-ce que certains dirigeants feront accepter un jour à leurs actionnaires que la satisfaction de la clientèle est aussi importante que la satisfaction des actionnaires? Reverra-t-on des dirigeants et actionnaires qui accepteraient de prioriser l'investissement à long terme plutôt que la profitabilité à court terme?

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