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Grand prix Formule E, cher le kilowatt-heure

Même s'il utilise tous ses talents de communicateur, Denis Coderre ne semble pas avoir créé la décharge électrique nécessaire pour que la ville développe l'engouement ressenti lors de l'autre Grand Prix de Montréal.

28/07/2017 09:00 EDT
Bobby Yip / Reuters
Il semble que nous ne saurons si Montréal a payé trop trop cher puisque nous ne pouvons pas comparer avec les autres villes de ce circuit. Sur la photo, la course de Hong Kong.

C'est parti pour le premier Grand Prix de Formule Électrique à Montréal. Malgré les nombreuses plaintes concernant le prix payé pour obtenir les droits pour tenir le Grand Prix de Formule E et le tracé choisi au centre-ville, l'activité peut débuter.

Il est certain que les amateurs de course automobile et les curieux se feront un devoir d'être sur place. Il faut aussi admettre que le coût des billets pour assister aux courses est modique si on le compare à l'autre Grand Prix qui porte bien son nom puisqu'il faut payer le Grand Prix pour voir les Ferrari et autres bolides.

Est-ce que Montréal a payé trop cher les droits de présentation de l'événement? Il semble que nous ne le saurons pas puisqu'il parait que nous ne pouvons pas comparer avec les autres villes de ce circuit. Elles n'auraient pas les mêmes pratiques de transparence que Montréal quand vient le temps de publier les dépenses, selon ce qu'affirmait le Conseiller Richard Bergeron au Téléjournal de Radio-Canada mercredi soir.

Il est cependant évident que le tracé choisi a dérangé les résidents du secteur et les conducteurs empruntant ce trajet tous les jours pour se rendre au centre-ville. Il faut être déconnecté de la réalité pour ne pas l'admettre. C'est pourtant le cas de certains politiciens qui s'entêtent à affirmer qu'il n'y avait pas d'autres choix.

Même s'il utilise tous ses talents de communicateur, il ne semble pas avoir créé la décharge électrique nécessaire pour que la ville développe l'engouement ressenti lors de l'autre Grand Prix de Montréal.

L'enthousiasme du maire pour cette activité ne fait pas de doute. Même s'il utilise tous ses talents de communicateur, il ne semble pas avoir créé la décharge électrique nécessaire pour que la ville développe l'engouement ressenti lors de l'autre Grand Prix de Montréal. Il a beau dire que les voisins et commerçants du secteur étaient « au courant » de ce qui se préparait, pour certains, le courant ne passe pas et ils le font savoir.

Le pire serait que les courses se déroulent sans bruit au point de passer inaperçues. Après tout, c'est la caractéristique des véhicules électriques d'être silencieux. Ne soyons pas de mauvaise foi puisqu'il ne faut pas dépasser les bornes (de recharge). Il s'agit d'un événement qui n'a que trois ans d'existence, mais qui est prometteur puisqu'il est appelé à remplacer son vis-à-vis alors que des constructeurs automobiles et des pays annoncent déjà le retrait des véhicules avec moteur à essence au cours des prochaines décennies.

Denis Coderre a donc raison de se dire visionnaire puisqu'il est branché sur l'avenir et projette Montréal vers le futur avec une activité sans émission de gaz à effet de serre.

Denis Coderre a donc raison de se dire visionnaire puisqu'il est branché sur l'avenir et projette Montréal vers le futur avec une activité sans émission de gaz à effet de serre. Souhaitons-lui que le barrage de l'opposition à l'hôtel de ville soit éclipsé par le battage publicitaire réservé à Montréal et à son Grand Prix Formule E.

Souhaitons au public sur place un spectacle électrifiant plus rapide que l'électrification des transports dont on parle, mais ne voit que trop peu de signes à ce jour. Ce sera quand même sans précédent d'assister à un Grand Prix automobile sans bouchons sur les oreilles et en plus, sans voir de bouchon de circulation au centre-ville de Montréal. Certes, ce sera une première.

Il faut cependant qu'aucun quidam ne se laisse inspirer par l'événement pour tenter de répéter l'exploit des coureurs automobiles en circulant lundi prochain à 200 km/h au centre-ville sur ce tracé tout fraichement asphalté.

Pour ceux d'entre vous qui ne veulent rien manquer du spectacle, je vous rappelle que les organisateurs de l'événement prennent le risque de précéder l'événement principal d'une course amicale entre le maire Coderre et Alexandre Taillefer, le dragon de Téo Taxi. C'est quand même risqué, puisque le maire qui est habitué d'en mener large partout où il passe pourrait être enclin à élargir le tracé un peu étroit à certains endroits. N'oubliez pas aussi qu'il conduit peu puisqu'il a deux chauffeurs à sa disposition.

Eh, bon week-end de courses automobiles en imaginant ce que sera la ville du futur où ne circuleront que des véhicules électriques silencieux.

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