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A-t-il le profil d'un premier ministre?

23/06/2017 09:28 EDT | Actualisé 23/06/2017 09:28 EDT

Plusieurs ont sursauté lorsqu'ils ont appris que Gabriel Nadeau-Dubois se considérait comme prochain premier ministre du Québec. Cette affirmation est d'autant plus surprenante qu'elle est d'un nouveau député élu au sein d'un parti politique qui ne compte actuellement que trois élus à l'Assemblée nationale du Québec.

GND semble donc entrevoir tout un revirement sur la scène politique québécoise d'ici la prochaine élection prévue pour octobre 2018. En quinze mois, il imagine que son parti va réussir à élire environ soixante candidats de plus que lors de l'élection de 2014, la plus fructueuse de son parti.

De plus, il passe déjà le message à sa collègue-co-porte-parole du parti : « Manon, pèse sur le piton, on va leur faire voir le GND show ». Le jeunot récemment converti à Québec solidaire et nouvellement élu député se déclare prêt à agir comme premier ministre de la Province. Son expérience, pour ne pas dire de son « trip » de pouvoir repose pourtant seulement sur son rôle de porte-parole du regroupement étudiant et a mené en 2012 au chaos, à des débats houleux et même au départ de la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp.

Le manifestant en chef, le semeur de zizanie de 2012 qui n'a aucune autre expérience valable, même pour diriger une coopérative étudiante, se voit déjà à la tête de l'État. Pauvres contribuables, souhaitons-nous un relent de Gros Bon Sens au moment du vote pour éviter tel cataclysme. Le fait d'avoir fait plier un gouvernement par la contestation et la violence n'est pas une preuve de capacité de s'entourer de gens prêts à se consacrer au bien commun ni une démonstration de talents pour gérer une équipe parlementaire, un conseil des ministres et l'appareil de l'État.

Le fait d'avoir fait plier un gouvernement par la contestation et la violence n'est pas une preuve de capacité de s'entourer de gens prêts à se consacrer au bien commun ni une démonstration de talents pour gérer une équipe parlementaire, un conseil des ministres et l'appareil de l'État.

D'ailleurs, quels candidats de grande valeur voudraient se présenter pour Québec solidaire à la prochaine élection en souhaitant devenir ministres de l'Éducation, des Finances, de la Justice ou de l'Économie auprès d'un tel contestataire?

Il prônait l'éducation gratuite, mais une fois au pouvoir, constatant que la Province n'a pas les moyens d'offrir ce qu'il cherchait à obtenir pour les étudiants, comment réagirait-il?

En quoi pourrait-il être un atout pour abaisser les impôts des contribuables et améliorer la situation des finances de la Province? Lui qui n'a jamais condamné l'usage du vandalisme lors des manifestations, serait-il un atout pour améliorer notre système judiciaire? Quelle crédibilité aurait-il auprès du milieu des affaires qui a souvent été la cible des casseurs de vitrines?

Son parti politique semble avoir le vent dans les voiles dans les sondages depuis son arrivée dans ses rangs. Cependant, la population garde le souvenir d'une vague orange infructueuse à Ottawa et en a marre des cônes orange. Elle ne déclenchera probablement pas en 2018 un tsunami orange vers le parlement québécois pour faire surfer GND vers le fauteuil de premier ministre.

Il n'y a peut-être pas un profil idéal pour devenir premier ministre, mais il faut un bagage d'expériences nécessaire pour faire face aux aléas d'une société ou bien une vision nette et réaliste d'un avenir meilleur.

Jean Lesage et René Lévesque avaient tous deux une vision optimiste d'une société différente lors de leur accession au pouvoir en plus d'un vécu qui ajoutait à leur crédibilité. Robert Bourassa et Jacques Parizeau avaient tous deux des connaissances inestimables en économie dont le Québec aurait pu profiter encore plus s'ils n'avaient pas accédé au pouvoir en des périodes de débats constitutionnels.

Le docteur Couillard, notre premier ministre-neurochirurgien avait un profil pour jouer dans la tête des gens. C'est ce qu'il fait encore en essayant de nous faire croire que son parti est plus blanc que blanc et que son gouvernement est la meilleure chose qui pouvait nous arriver. Mais le remplacer par Gabriel Nadeau-Dubois ne serait pas une décision avisée.

Espérons aussi que la population résistera à la tentation d'élire comme ce fut le cas à Ottawa, un beau parleur ayant une très haute estime de lui-même, à l'affût d'égoportraits et de glorification.

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