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Des ponts à rebâtir

18/05/2014 09:02 EDT | Actualisé 18/07/2014 05:12 EDT

Nous entendons régulièrement parler des travaux sur le pont Champlain et surtout de sa reconstruction éventuelle, mais les politiciens ne s'entendent pas encore sur la présence ou non d'un péage. Je précise, les conservateurs fédéraux répètent depuis des mois que la construction d'un pont est conditionnelle à l'instauration d'un péage, alors que tous les partis représentés au gouvernement du Québec comme le maire de Montréal et tous les maires de la Rive-Sud de Montréal s'opposent à ce péage.

Cette belle unanimité québécoise est cependant brisée pour ne pas dire polluée par l'émissaire de Stephen Harper au Québec, lui-même député représentant le Québec à Ottawa, Denis Lebel. Quel boulot ingrat que de devoir proclamer et défendre la ligne dure contre ses concitoyens du Québec, malgré le manque de sens d'une telle prise de position! Quel prix à payer pour être ministre au gouvernement fédéral et émissaire du Parti conservateur au Québec!

Mais ce n'est pas tout, le gouvernement fédéral est aussi propriétaire du pont Jacques-Cartier qui a nécessité de nombreux travaux au cours des dernières années parce qu'il se faisait de plus en plus menaçant. Et pour combler le portrait, le pont Mercier est à la fois de juridiction fédérale provinciale puisque le gouvernement fédéral est propriétaire et responsable de la portion surplombant la voie maritime et les accès dans la réserve de Kahnawake tandis que le gouvernement provincial est propriétaire de la section surplombant le fleuve Saint-Laurent. Or, ce pont nécessite régulièrement des interventions d'urgence pour y effectuer des travaux de rapiéçage parce qu'il tombe en lambeaux.

Donc, le gouvernement fédéral ne mérite pas de félicitations pour sa gestion des ponts au Québec, puisque les travaux semblent être effectués seulement lorsqu'ils deviennent indispensables pour éviter une catastrophe. Et ceci ne s'applique pas qu'au Parti conservateur. Lorsque les libéraux étaient au pouvoir, ils ont probablement aussi repoussé les échéanciers des investissements nécessaires, ce qui explique l'état pitoyable de ces liens entre la Rive-Sud et Montréal.

Or, en 1998, les fonctionnaires fédéraux et provinciaux ont eu des échanges sur la possibilité de céder les ponts fédéraux au Québec, mais les libéraux de Jean Chrétien faisaient des offres financières dérisoires (250 millions $) si l'on tient compte des investissements requis depuis par le pont Jacques-Cartier. Ce montant représente aussi aujourd'hui moins de la moitié de ce qu'il faut investir chaque année pour entretenir le pont Champlain et éviter une catastrophe.

Les libéraux ont retiré cette offre plus tard de façon à se garder une main mise sur le Québec si un autre référendum survenait. Aujourd'hui, les conservateurs fédéraux menacent de ne pas construire un nouveau pont si nous refusons le péage. Est-ce une autre tactique pour reporter les échéances?

C'est un vil calcul que de prendre une population en otage en reportant les travaux de remplacement du pont Champlain, mais il faut comprendre le calcul politique de Stephen Harper qui a fait la démonstration à la dernière élection fédérale qu'il n'avait pas besoin du vote des Québécois pour hériter d'un gouvernement majoritaire à Ottawa. Triste sir qui se montre intraitable et qui ne changera pas de position tant et aussi longtemps qu'il ne sentira pas un regain d'énergie de ses adversaires politiques ailleurs au Canada, surtout en Ontario, ce qui forcerait les conservateurs à démontrer de l'intérêt pour le Québec et ses électeurs.

C'est déplorable de constater que l'avenir du Québec, tout au moins des ponts fédéraux au Québec soient entre les mains des électeurs ontariens et d'autres provinces canadiennes s'ils démontraient graduellement moins d'intérêt pour Stephen Harper et sa troupe, seule raison qui forcerait possiblement les conservateurs à se montrer plus conciliants envers le Québec et ses électeurs.

Il est à souhaiter que le seul pont qui tombe d'ici 2015 soit celui qui lie une poignée de comtés du Québec au parti conservateur de Stephen Harper, sachant qu'il faut environ une décennie pour en bâtir un autre. Adios Harper, Lebel, Paradis, Blaney, Bernier et Gourde. Vous pouvez vous passer de nos votes, privez-vous complètement d'une représentation québécoise.

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