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Aimez-vous la vie comme moi?

Je me sens toujours comme un éléphant dans une maison de verre parmi les fabricateurs de prêts-à-penser.

05/08/2017 08:00 EDT | Actualisé 05/08/2017 08:39 EDT
filmfoto via Getty Images
Je n'ai pas tout à fait l'esprit lessivé. Je connais mon temps, mon monde, ses ombres et ses lumières.

On se lasse de tout dans la vie. À moins d'avoir un comportement qui relève de l'obsession.

Un tigre se lasserait d'une proie qui ne se laisse pas prendre. Il attendrait l'opportunité au lieu de s'épuiser vainement. À chaque jour suffit sa peine. Et s'il y a trop de peine à s'y faire, aussi bien s'écraser dans un coin en se léchant le pelage pour passer le temps et déjouer la faim.

Mais laissons-la les lois de la jungle.

Trop de statisticiens seraient tentés de nous y ramener.

On se lasse de tout dans la vie. Même des statisticiens. Plus encore des gérants d'estrade. Tant et si bien qu'il ne reste plus de place pour les faiseurs d'opinions.

Je prie l'Infini de ne pas faire de moi un joueur d'élucubrations.

Je n'ai pas tout à fait l'esprit lessivé. Je connais mon temps, mon monde, ses ombres et ses lumières.

Je me sens toujours comme un éléphant dans une maison de verre parmi les fabricateurs de prêts-à-penser.

Néanmoins, je me sens toujours comme un éléphant dans une maison de verre parmi les fabricateurs de prêts-à-penser. Je ne m'intéresse jamais à leur charabia. Je finis par regarder le monde à travers les yeux d'un personnage de roman, le Docteur Jivago, tiens.

Jivago, ce rêveur un peu bête qui voit des poèmes dans tout.

Et qui vit à une sale époque. En pleine guerre civile.

Le Docteur Jivago sauve des vies au mieux de ses connaissances plutôt que de brandir l'épée. Il brandit plutôt la plume et le scalpel. La sensibilité et l'intelligence.

***

Qu'est-ce qui change le monde?

N'importe quoi change le monde.

Le bruissement d'ailes d'un papillon.

Un crissement de pneus sur l'asphalte.

Une étoile qui meurt.

Une galaxie aspirée par un trou noir.

Une carte de crédit.

Une punaise de lit.

Tout change le monde.

Tout et n'importe quoi.

N'importe comment.

Tout un chacun se veut l'artisan du vrai changement.

Et le changement lui-même finit par changer.

Le compteur tourne pendant ce temps.

La vie s'échappe et ne reviendra pas.

La seule vie que nous ayons.

Elle ne vaut rien pour plusieurs.

Mais pas pour moi.

Je l'aime cette vie.

J'aime la vie.

Pas vous?

***

C'est l'été. On se cassera la tête bien assez vite.

Pour le moment, seulement se faire léger relève autant du défi que de la provocation.

Allez-y, gérants d'estrade et hurleurs aux grands vents. Égosillez-vous pour une doctrine, une théorie, une conspiration, une transpiration. Je m'en remets au plaisir. À la douceur de vivre. À l'amour. Pas aux idées fixes. Ni aux grigris ni aux amulettes.

Le monde change. Je le vois tous les jours avec mes plants de tomates. Avec mes rides. Avec les arbres, si petits il y a vingt ans, qui se rejoignent d'un bout à l'autre d'une rue devenue fraîche et ombragée.

On peut même s'arrêter. Il changera sans nous, le monde.

Il changera parce que tout le monde se lasse de tout.

Même les idiots.

Même les enfants des idiots.

Et pourquoi pas les gens intelligents, hein?

Bref, je suis en paix avec ce monde, avec cette vie.

Je le voudrais meilleur, le monde.

Je la voudrais meilleure, cette vie.

Mais bon, je n'ai pas que ça à faire.

Je vais commencer par un café.

Et, si vous le voulez bien, je vais aussi flâner un brin.

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