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F pour Fuchsia

12/08/2012 12:20 EDT | Actualisé 09/10/2012 05:12 EDT
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Le Fuchsia, ce restaurant bistro bar, sorte de joyaux culinaire caché au sous-sol d'une école de design, où la haute gastronomie s'exprime un peu balbutiante mais assurée entre les mains et les palets néophytes des étudiants en hôtellerie faisant office de chef apprenti . La découverte de ce lieu est aussi saisissante que surprenante, autant par l'aspect inattendu du lieu que par le décor raffiné dans lequel on plonge à l'arrivée. L'éclairage tamisé est dynamisée par des teintes aux couleurs fuchsia qui vous transportent instantanément dans une dimension hédonistique. La vie en rose somme toute.

Le restaurant s'étend sur un grand espace circulaire ou chaque table est aménagée de façon à créer une intimité entre les convives.

Un apprenti serveur jovial et poliment empressé conduit les convives à leur table, en offrant galamment leur siège à ces dames. À l'instar de ses collègues, il est vêtu de d'un gilet noir porté sur une chemise blanche impeccable, parfaitement rentrée dans un pantalon à pince noir. L'élégance est de mise, le ton est donné. On se sent comme dans un univers étoilé au Guide Michelin. Pendant que les verres se remplissent, des pains faits en cuisines sont apportés sur la table recouverte d'une nappe immaculée. Le menu comprenant trois services, tient sur deux pages. Il et est alléchant. Le directeur du restaurant qui supervise les étudiants passe. Il jette un regard rapide et attentif à chacune des tables et continue sa route, pressé. Sa physionomie bedonnante inspire aussitôt confiance en cette cuisine qui semble mêler jeunesse et tradition. Notre garçon de table lui aussi à l'affut de nos moindres besoins vient prendre nos commandes

En entrée, la Bisque de homard aux poireaux est un vrai délice que l'on reprendrait à volonté. Le Salpicon de thon cru, mangue et avocat rappelle le Sashimi japonais, et la pastilla de canard aux olives avec ses influences maghrébines laissent les papilles en manque de leur goût si croustillant et juteux. Quant aux ravioles de fromage de chèvre aux trois champignons, elles sont tout simplement savoureuses. Les plats arrivent dans des assiettes élégantes aux formes géométriques épurées.

En pièce de résistance, si l'on ne veut pas sortir des sentiers battus, il y a les fettucinis au proscuitto et roquette ou la prise du jour, ce jour-là un beau rouget tout frais. Sinon la souris d'agneau caramélisé au miel et le filet de veau, purée d'ail rôti ravit les gastronomes carnassiers. Enfin, le filet de bœuf grillé au roquefort et Pacanes est à essayer.

Pour le dessert que l'on prend plus par gourmandise, le choix est difficile entre le Mille-feuilles aux petits fruits, le Parfait glacé, orange et gingembre, et le Petit pot de mousse au chocolat et piment d'Espelette, qui lui se marie bien à un Expresso allongé bien corsé. Ce menu sujet à changement permet également de faire la promotion des produits locaux, tout en donnant l'occasion à ces jeunes apprentis de perfectionner un savoir- faire déjà bien affûté pour une expérience si novice. Pour un critique culinaire aguerri ce concept devra probablement faire encore ses preuves avant d'accéder au panthéon de la Haute cuisine, mais qu'importe ?

Le clou de cette pause gastronomique, le montant de l'addition qui laisse perplexe, en se demandant si quelques chiffres n'auraient pas été oubliés. Celui-ci incite à revenir encore et encore jusqu'à avoir essayé tous les plats, avec à l'appui le sentiment d'encourager les classes d'élèves formées par les écoles hôtelières.