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Un Français au Québec, un conte imaginaire

10/07/2012 10:47 EDT | Actualisé 09/09/2012 05:12 EDT
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Il était une fois, il n'y a pas si longtemps, un Français aventurier arrivé au Québec pour la première fois. Il était ébloui par cette Amérique francophone aux grands espaces aérés et à la population accueillante. Quel beau paradis se dit le petit Français. Il décida alors de s'y installer, et les habitants lui souhaitèrent la bienvenue au sein de la Belle Province. Après tout il ne fallait pas oublier que le Français était un cousin pas si lointain du Canadien français. Les premiers jours furent solitaires pour lui qui ne connaissait encore personne et qui avait du mal avec le parler. Il eut quelques difficultés à trouver ses repères.

Aussi, un jour qu'il allait au supermarché faire ses courses, il tourna en rond pendant de longues minutes à chercher une cave à vin qu'il ne trouvait nulle part, à l'exception d'une petite sélection qu'il suspecta d'être de la piquette. Une gentille dame qui passait par là l'entendit râler et lui indiqua que pour se procurer du bon vin, il lui fallait se rendre à la Société des Alcools du Québec. Il n'en croyait pas ses oreilles, une société pour acheter une simple bouteille de vin! Il eut tôt fait de comprendre que c'était tout simplement l'équivalent de la Maison Nicolas, chaîne de cavistes à laquelle il était familier. En s'y rendant, il manqua de se faire renverser par une voiture.

Une fois l'épreuve du vin passée (car c'en fut une pour le pauvre petit Français qui eut bien peur de ne point en avoir), il décida de se rendre à la fromagerie pour se procurer quelques petites douceurs de chez lui. Il craignait de ne point y trouver une grande sélection et de devoir une fois de plus se rendre ailleurs pour s'en procurer. Or sur les lieux, quel ne fut pas son étonnement de constater toute la variété de fromages qui y était offerte. Des fromages locaux, importés, des pâtes molles, des pâtes fermes, semi- fermes, en veux-tu, en voilà. Tout content, il ne savait plus quoi prendre et décida de suivre les conseils du vendeur qui lui fit goûter une délicatesse de la région de Charlevoix, et dont il repartit avec la meule au complet, oubliant le brie de Maux qu'il était venu chercher.

En passant devant la boulangerie, il voulut une baguette traditionnelle pour accompagner son fromage. Or, c'était jour de dégustation de pains. Aux grains, au seigle, aux céréales, au blé, au levain .... Au diable la petite baguette, et il s'empara d'une grosse miche Lodève. Il passa devant un étalage de fruits de saison d'un rouge et d'un bleu écarlate qui appelait à la dégustation. Les bleuets lui remémorèrent les myrtilles de son enfance et les fraises et les framboises les confitures de sa grand-mère étalées pour le goûter sur des tranches de pain beurrées.

Son panier à courses bien rempli, le petit français alla se trouver un coin de verdure paisible au bord du canal et devant son vin, sa miche encore chaude, son fromage et ses fruits, il se sustenta. Il était un homme heureux.

Après son copieux repas, il décida de faire une petite sieste à l'abri d'un arbre. À son réveil, il parcourut le guide de la ville, puis son sac sur le dos alla arpenter les rues et les ruelles. Il marcha le long de l'eau, jusqu'à rejoindre le centre-ville, les musées et les bibliothèques. La diversité du patrimoine le fascina.

Avant de regagner son hôtel, il fit une halte à la pharmacie, un autre choc de ses premiers moments au Québec. Il avait besoin d'une crème solaire, il y trouva des produits ménagers, des friandises, des jouets pour enfants, de la papeterie et même un petit rayon quincaillerie. Il n'en revenait pas de ce concept de «one stop shopping». Le soir, il soupa du reste de son fromage devant le Journal de France 2 sur TV5 avec un brin de nostalgie.

Le lendemain, il partit en circuit touristique dans les champs et les fermes de la Lanaudière, à la découverte du terroir. Il tomba amoureux de l'endroit et d'une jolie femme qu'il y rencontra et qui l'initia au hockey. Quelque temps plus tard, il ouvrit une boutique de produits alimentaires fins et notre petit Français ne quitta plus jamais le Québec. Il se maria et eut beaucoup d'enfants.