Gabriel Rossi

RECEVEZ LES NOUVELLES DE Gabriel Rossi
 

Vive la bonne musique!

Publication: 15/03/2012 08:01

Si vous prenez le métro, vous les avez déjà vus. Téléphone en main, écouteurs «plugger» dans les oreilles, rien ne peut les distraire de leur partie d'Angry Birds, pas même une femme enceinte qui vient d'entrer, à qui ils devraient céder leur siège. Je ne sais pas pour vous, mais moi ça me rend fou. Isolés dans leur petit monde, inconscients de leur entourage, personne ne leur a dit que pour connecter avec le monde, il suffit d'ouvrir les yeux et de sourire.

À chaque fois, je formule le même souhait dans ma tête: j'espère au moins qu'ils écoutent de la bonne musique.

Et si c'est le cas, j'espère qu'ils l'écoutent pour vrai, paroles incluses. Dans une entrevue, Tupac Shakur a mentionné l'importance de bien comprendre les paroles que nous écoutons, pas seulement bouger la tête au rythme de la musique, car ces paroles germent des idées dans notre subconscient.

J'ai donc décidé de faire une liste de cinq albums essentiels à n'importe quelle discographie, et ce, avec cinq styles de musique différents. À l'ère des médias qui s'efforcent de contrôler la population, il est évident que la plupart de ces albums sortent du «populaire». Si pour vous, c'est difficile de se distancier du populaire, il est important de comprendre que lorsque vous écoutez un chanteur quelconque, ou que vous portez une marque, ou que vous mangez dans un restaurant, vous adhérez et défendez cette personne, cette marque, cette institution.

Bob Marley - Survival (Reggae)

Tout le monde connaît son album Legend avec ses plus grands succès. Si nous connaissons tous les mêmes chansons de Bob, c'est parce que sa musique engagée n'a jamais été commercialisée. Survival est considéré comme son album le plus engagé et contient plusieurs bijoux tel que : Babylon System, Ride Natty Ride, ainsi que One Drop, qui a sûrement inspiré à Guy Laliberté le nom de son organisme humanitaire.

Nina Simone - The very best of Nina Simone (Soul)

Sa voix est si chaude et réconfortante qu'il m'est impossible de ne pas sourire lorsque je l'écoute. Quand My Baby Just Cares For Me, ou que Feeling Good joue à tue-tête dans mon appart, j'ai l'impression que mon corps est un récipient et que Nina y verse des litres d'amour, sans retenue et sans me connaître, cette âme généreuse vide son cœur pour nous.

Nick Drake - Way to Blue : An introduction to Nick Drake (Folk)

Grand méconnu, son premier album Five Leaves Left s'est à peine vendu. Même s'il est mort à 27 ans, Nick a beaucoup influencé la musique moderne. Les musicophiles redécouvrent le génie de cet artiste qui nous présente de magnifiques textes dans un mélange de mélancolie et d'espoir. Il réussit à transformer la douceur de sa voix en instrument d'accompagnement dans une musique riche et relaxante.

Gang Starr - Moment of Truth (Hip-hop)

Si vous faites partie de ceux qui ont une répugnance non justifiée envers ce style de musique, il est grand temps d'élargir votre esprit. Contrairement à ce que la culture nous présente, le vrai hip-hop est une forme musicale engagée qui aspire à redonner courage aux jeunes du ghetto et à les éduquer. Écoutez bien la sagesse des textes de Guru, ainsi que les beats relaxants de DJ Premier.

Miles Davis - Kind of Blue (Jazz)

Album incontournable dans n'importe quelle collection, Kind of Blue est considéré par plusieurs comme étant le chef-d'œuvre de Miles, ainsi que l'un des albums les plus influents de tous les temps. Pour moi, c'est ce qui joue quand j'essaie d'écrire et que des fois, je réussis.

Un des plus beaux souvenirs de mon enfance est lorsque nous étions assis en famille, dans le salon, et que mon père s'improvisait DJ avec sa collection de vinyles. Il y avait plein de choses que nous ne pouvions pas nous offrir, mais la musique jouait toujours, nous faisait voyager, nous rassemblait.



Encore mieux que de s'isoler avec ses écouteurs, aller voir des groupes performer. Si vous avez peu de temps ou de moyens, rendez-vous au bar Les Bobards le mardi soir. Les musiciens professionnels du Kalmunity vous offrent des merveilles d'improvisation et des soirées mémorables garanties

Bonne écoute et merci de votre lecture,

Gabriel Rossi

 
Si vous prenez le métro, vous les avez déjà vus. Téléphone en main, écouteurs «plugger» dans les oreilles, rien ne peut les distraire de leur partie d'Angry Birds, pas même une femme enceinte...
Si vous prenez le métro, vous les avez déjà vus. Téléphone en main, écouteurs «plugger» dans les oreilles, rien ne peut les distraire de leur partie d'Angry Birds, pas même une femme enceinte...
 
 
Les commentaires sont clôturés pour cette entrée.
Afficher tout
Favoris
Date de publication  | 
Popularité
09:54 sur 16/03/2012
Merci Gabriel de ces suggestions musicale.
À ceux pour qui le titre "bonne musique" dérange, je dirais que oui, cela peut sembler condescendant... Pourtant, je serais allée plus loin en parlant de "vraie musique" ou pour être politiquement correcte de "musique écrite par des musiciens par amour de la musique plutôt que par une industrie ne visant qu'à faire de l'argent".
À mon avis, il n'y a rien de mal à hocher la tête sur un air populaire accrocheur entendu à la radio. C'est autre chose que de dépenser son argent à encourager la propagation de valeurs auquelles on n'hadère pas.
Cet utilisateur a choisi de ne pas participer au système des médailles.
photo
07:13 sur 16/03/2012
Je m'en voudrais de ne pas parler de la musique traditionnelle du Québec. Le groupe Le vent du nord, c'est ce qu'il y a de plus majeur présentement, à mon avis. Tous leurs disques sont excellents, et notamment le tout dernier: La part du feu. C'est du trad, ça tape du pied comme seules percussions, et c'est le principe des chansons à répondre. Mais attention, on n'est plus à l'époque de "Soirée canadienne". Le trad québécois a été repris par des jeunes, et a acquis ses cartes de noblesse parmi les meilleures musiques du monde. L'épicentre de cette musique c'est la région de Lanaudière. À écouter aussi, le disque de Fred et Nicolas Pellerin. Et bien sûr, les Charbonniers de l'enfer: cinq hommes qui chantent a capella. Et le groupe de femmes Galant tu perds ton temps. Une mention pour Bardefou, Genticorum, la Tuque bleue, et le Bebert orchestra (avec le monument Yves Lambert).

Le trad québécois, c'est à l'image du Québec: avec des instruments très simples, on réussit à créer quelque chose d'unique au monde, quelque chose qui se fait remarquer, et qui est très difficile à imiter si on ne baigne pas dans la culture. Voilà ce que ça donne, l'imagination, le talent, et des gens qui travaillent ensemble.
Cet utilisateur a choisi de ne pas participer au système des médailles.
photo
20:17 sur 15/03/2012
Si j'avais à nommer LE plus grand disque que j'ai écouté, hum, pas évident.

Je pense que je suis forcé de nommer Dark side of the moon, de Pink Floyd. Il y a deux chef d'oeuvre sur ce disque: Time et Money. Deux thèmes fondamentaux, au niveau des textes. Dans Time, il y a le bout qui passe du progressif au pur jazz, c'est absolument génial.

Sinon, je pense à Harvest de Neil Young. Mais c'est très triste. Faut pas être déprimé pour écouter ça. C'est l'immense sensibilité de ce gars qui est magistrale.

Il y a aussi Shawn Phillips, Second contribution. La toune "Songs for Sagittarians" est une formidable hymne à l'amitié et la spiritualité. " ... and I know I'll arrive where there aint no time, non-dimensional plane of joy sublime ... " Génial.

L'album Tormato de Yes. La guitare électrique démente de Howe dans "Dont kill the whale", quand elle alterne avec les claviers de Wakeman, c'est super beau. Cette chanson est un cri du coeur pour sauver les baleines. Hélas, le vidéo qui circule sur youtube est complètement nul.

Évidemment, l'oeuvre des Beatles, qui a transformé tout ce qui s'est fait par la suite. Je nommerais l'album Abbey Road.

Côté québécois, l'album Jaune de Ferland. Le petit roi, un chef d'oeuvre.
14:22 sur 16/03/2012
Merci Simon pour tes recommandations et pour le partage de tes goûts. Sans la merveilleuse réciprocité du partage, ils seraient difficiles de tout découvrir par soi-même.

C’est certain que j’avais Pink Floyd et Abbey Road en tête lorsque j’ai écrit l’article (Harvest est aussi un énorme coup de cœur). Je vais prendre du temps cette semaine pour faire la connaissance de deux nouveaux artistes : Shawn Phillips et Jaune de Ferland. Merci.
Cet utilisateur a choisi de ne pas participer au système des médailles.
photo
19:59 sur 16/03/2012
Ah j'aime aussi tes choix. C'est toujours intriguant de savoir c'est quoi qui fait vibrer les gens, côté musique. Nina Simone, que je ne connaissais pas, a une voix très chaude. Je ne connaissais pas Nick Drake non plus. C'est très intimiste. Et le bon vieux Marley.
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
musael
Ad majorem consciencia
17:01 sur 15/03/2012
Vos goûts personnels n'engagent que vous. Quant à dénigrer les goûts des autres, ça revient à se mettre dans une position de supériorité d'autant que vous y aposez un jugement moral ce qui est passablement maladroit. Pour ce qui est de l'idée "d'essentialité" c'est un concept fétichiste un peu nauséeux en ce qui me concerne, du genre du petit bourgeois qui fait étalage de son goût inné pour ce qui est bon.
07:33 sur 15/03/2012
Oui j'écoute de la bonne musique. Merci de t'inquièter.
00:03 sur 15/03/2012
On peut comprendre qu'un artiste puisse souhaiter nous "brainwasher" avec ses chansons à messages, mais ce n'est certainement pas nécessaire à la jouissance d'une bonne musique. Ça peut même être un "turn off". Chacun, égoïstement, va chercher dans une chanson ce qu'il veut bien recevoir et c'est tant mieux ainsi.

S'il fallait que j'adhère et défende les textes des chansons et les idéologies politiques de certains de mes groupes préférés (SOAD, Bad Religion), je m'abstiendrais de les écouter.

Il ne faut pas systématiquement appliquer aux autres ce que vous vous imposez à vous mêmes. Il y en a pour qui écouter du Noir Désir n'est ni plus ni moins que se porter à la défense d'un meurtrier. On s'entend-tu que dans les faits, on en est pas là, mais pas du tout.

Quant à ceux qui s'isolent dans leurs univers, je ne peux que m'y reconnaître. Il s'agit du meilleur moyen de rendre moins pénible l'usage du transport en commun, et ainsi oublier pendant un moment qu'on est dans un endroit où l'on souhaiterait ne pas être. Je respecte ça.

On a le doit à la superficialité si c'est vraiment de ça qu'il est question, on a le droit à l'égoïsme, on a le droit de ne pas sourire et de fermer les yeux.

Laissez vivre le monde!