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Pour la planète, il faut refuser les oléoducs

10/03/2016 10:21 EST | Actualisé 11/03/2017 05:12 EST

Récemment, le premier ministre du Canada a rencontré les premiers ministres des provinces au sujet des solutions pour lutter contre les changements climatiques. D'après les dires du premier ministre Justin Trudeau, il semblerait que les oléoducs soient compatibles avec la lutte contre ces changements. Or, ce n'est pas ce que les scientifiques disent.

Au contraire, les projets d'oléoducs servent à permettre l'expansion de l'industrie des sables bitumineux. Il faut donc refuser les oléoducs pour permettre un virage vers une véritable transition énergétique.

Selon une étude publiée dans la prestigieuse revue scientifique Nature, pour limiter le réchauffement climatique à 2 degrés celsius, 85 % du pétrole des sables bitumineux d'Alberta doivent rester sous terre. L'industrie au contraire, souhaite doubler sa production d'ici 15 ans pour atteindre 4 millions de barils par jour.

En ce moment, les infrastructures leur permettent seulement de transporter leur pétrole en Amérique du Nord. Ces infrastructures sont même insuffisantes pour écouler leur production actuelle et le surplus de production de pétrole fait baisser le prix du brut américain par rapport au prix du brut sur les marchés internationaux. Pour poursuivre son expansion, l'industrie doit donc trouver un moyen de transporter son pétrole sur les marchés internationaux. C'est pour cette raison qu'elle fait énormément de pression sur les politiciens pour qu'ils acceptent les projets d'oléoducs.

Des projets d'oléoducs majeurs, il y en a trois : Northern Gateway, Keystone XL (qui n'est pas abandonné pour autant par la compagnie) et Énergie Est. Ces trois projets visent à transporter au total environ 2,5 millions de barils de pétrole supplémentaires par jour.

Si ces trois projets sont refusés, l'industrie des sables bitumineux d'Alberta ne pourra plus poursuivre son expansion. Les trains sont largement insuffisants pour remplacer la capacité de transport des oléoducs. Les compagnies pétrolières n'auront d'autres choix que d'investir dans d'autres sources d'énergie, sous peine de faire faillite. La planète ne s'en portera que mieux.

Le projet d'oléoduc Keystone XL a été refusé par Obama. Il pourrait toutefois être réapprouvé en fonction du résultat de l'élection présidentielle américaine. Un président républicain va certainement dire oui au projet. Il se peut aussi qu'Hillary Clinton dise oui au projet. Hillary était pour le projet. Elle n'en parle plus depuis que c'est impopulaire. Seule l'élection de Bernie Sanders peut nous assurer que le projet sera définitivement refusé.

La mobilisation en Colombie-Britannique contre le projet Northern Gateway est très forte. La ministre de la Colombie-Britannique a apposé 5 conditions pour l'autorisation du projet d'oléoduc. Pour l'instant, ces conditions n'ont toujours pas été respectées par la compagnie Enbridge. On se dirige vers un refus du projet.

L'avenir du projet Énergie Est dépend de nous, les citoyens. Récemment, le Centre québécois du droit de l'environnement, la Fondation Coule pas chez nous, Nature Québec, Équiterre et le gouvernement du Québec ont intenté un recours collectif pour forcer la compagnie à respecter les lois du Québec. En vertu de la Loi sur la qualité de l'environnement, TransCanada est obligé de soumettre au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) une évaluation environnementale de son projet. La conclusion du rapport du BAPE pourrait influencer la décision gouvernementale par rapport au projet. C'est maintenant au tour des groupes de la société civile et des citoyens de participer à cette consultation pour refuser les oléoducs et forcer un virage vers une véritable transition énergétique.

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