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Couillard doit s’assurer que les versets criminogènes du Coran ne soient pas promus au Québec

Il faudrait d'abord abroger l'infâme article 319.3.b du Code criminel canadien.

11/07/2017 09:00 EDT | Actualisé 11/07/2017 09:49 EDT
Philippe Lissac /GODONG via Getty Images
La plupart des versets criminogènes du coran sont écrits dans un langage clair et univoque, ce qui laisse très peu de possibilités pour une interprétation allégorique de ces passages.

Le 27 juin dernier, Libres penseurs athées (LPA), association qui prône la laïcité et la défense des droits des athées, a demandé au premier ministre du Québec, M. Philippe Couillard, de s'assurer que les versets criminogènes du Coran ne soient pas promus dans les mosquées et les écoles coraniques du Québec. Dans une lettre adressée au premier ministre, LPA le félicite d'abord pour son appel aux musulmans du Québec d'assumer une part de responsabilité pour les attentats commis au nom de leur religion par des terroristes islamistes. Toutefois, LPA revendique des mesures nécessaires pour que cette prise de conscience soit réelle.

La lettre comporte plusieurs éléments intéressants. Elle explique que « l'islam politique, ou l'islamisme, c'est-à-dire le courant politico-religieux dont s'inspire les terroristes se réclamant de l'islam, n'est pas du tout "une perversion" de cette religion comme vous le prétendez, mais plutôt un intégrisme de l'islam, une variante rigoriste, tout aussi authentique que toute autre variante de cette religion ».

Qui sommes-nous pour juger qu'une lecture plus rigoriste du Coran est moins islamique qu'une lecture moderne qui s'éloigne de la lettre du texte sacré en relativisant les appels au meurtre qu'il renferme?

En effet, qui sommes-nous pour juger qu'une lecture plus rigoriste du Coran est moins islamique qu'une lecture moderne qui s'éloigne de la lettre du texte sacré en relativisant les appels au meurtre qu'il renferme? Cela reviendrait à dire que plus on interprète littéralement un texte religieux, moins la foi de l'interprète est authentique. Si l'on suivait cette logique, il faudrait dire aussi que les chrétiens évangéliques ne sont pas de vrais chrétiens. Cela serait complètement absurde et totalement arbitraire.

LPA mentionne aussi dans sa lettre que « le livre "sacré" des musulmans, le Coran, contient de nombreux versets criminogènes qui appellent à la haine envers tout ce qui n'est pas musulman, particulièrement les polythéistes, les incroyants, les apostats, les chrétiens et les juifs, en plus de contenir des versets discriminatoires envers les femmes, des versets incitant à la violence et à la guerre, des ordres de tuer, de la cruauté, des châtiments cruels et inusités et des versets sur l'esclavage et la polygamie ».

La solution consiste alors à dire que le texte appartient à une époque révolue, mais certaines personnes conservatrices diront que cela relève d'un jugement historique arbitraire.

J'ajouterais que la plupart des versets criminogènes du coran sont écrits dans un langage clair et univoque, ce qui laisse très peu de possibilités pour une interprétation allégorique de ces passages. La solution consiste alors à dire que le texte appartient à une époque révolue, mais certaines personnes conservatrices diront que cela relève d'un jugement historique arbitraire.

D'après LPA, le gouvernement du Québec doit s'« assurer que les mosquées et les écoles coraniques du Québec ne soient pas des lieux de promotion de ces versets qui constituent la base de l'idéologie véhiculée par certains éléments radicaux de l'islam. »

Une mesure qui risque d'être difficile à appliquer, car la loi canadienne autorise le discours haineux lorsqu'il est basé sur un texte religieux auxquels on croit sincèrement.

Un curé, un rabbin ou un imam peut ainsi enseigner que ma vie d'homosexuel est « une abomination », tant qu'on ne peut pas prouver qu'il met ses ouailles dans un esprit de détestation.

Comme je l'explique dans mon livre Les philosophes québécois et leur défense des religions, l'article 319.3.b du Code criminel permet de tenir des discours haineux s'ils sont inspirés par la religion. Cela protège ceux qui citent les versets homophobes, misogynes et racistes des textes religieux contre les poursuites pour propagande haineuse. Un curé, un rabbin ou un imam peut ainsi enseigner que ma vie d'homosexuel est « une abomination », tant qu'on ne peut pas prouver qu'il met ses ouailles dans un esprit de détestation.

Pour s'assurer que les versets criminogènes du Coran ne soient pas promus au Québec, il faudrait d'abord abroger l'infâme article 319.3.b du Code criminel canadien.

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