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J’ai honte de Fierté Canada Montréal 2017

Je suis un homme homosexuel allergique à la moindre manifestation d'homophobie, mais je n'ai pas participé aux festivités organisées par Fierté Canada Montréal 2017.

20/08/2017 08:00 EDT | Actualisé 20/08/2017 08:38 EDT
Roberto Machado Noa via Getty Images
La soumission des organisateurs à la rectitude politique et leur participation aux dérives liberticides de la gauche étasunienne m'ont complètement dégoûté.

Je suis un homme homosexuel allergique à la moindre manifestation d'homophobie, mais je n'ai pas participé aux festivités organisées par Fierté Canada Montréal 2017. La soumission des organisateurs à la rectitude politique et leur participation aux dérives liberticides de la gauche étasunienne m'ont complètement dégoûté.

Je m'explique.

Une pratique ségrégationniste

Le 15 août 2015, à la suite une intervention policière sur le site de Fierté Canada Montréal 2017 pour possession de drogues, nous pouvions lire la déclaration suivante sur la page Facebook de l'organisme :

« Nous tenons à faire une publication afin de rétablir les faits sur les évènements regrettables d'hier soir au parc des Faubourgs. À l'heure où la marijuana est sur le point d'être légalisée, deux patrouilleurs du SPVM sont entrés dans l'espace sécuritaire pour les personnes racisées [sic] pour interpeller une personne en possession de cannabis. Elle a été amenée à l'extérieur du site pour être questionnée. La direction de Fierté Montréal est intervenue auprès du SPVM pour défendre les droits de la personne interpellée. Après une heure de discussion, elle a été libérée, sans qu'aucune accusation ne soit déposée. Nous nous sommes assuré [sic] de son bien-être après cet incident extrêmement traumatisant qui s'ajoute aux expériences quotidiennes d'oppression vécues par les personnes queer, trans et racisées [sic]. Pour entamer le processus de guérison, l'espace sécuritaire ne sera pas ouvert ce soir. Nous reviendrons en force demain, avec des conditions plus favorables dans nos espaces sécuritaires. Pour Fierté Montréal, l'intervention d'hier était excessive et elle constitue une tache dans le processus de réconciliation avec les personnes racisées [sic] LGBTTIQA2S+. Nous sommes sincèrement désolé.e.s pour ce fâcheux incident et nous nous engageons à poursuivre l'ouverture sécuritaire de nos espaces aux personnes trans, racisées [sic] et autochtones. Nous rappelons que, comme lors de nos éditions précédentes, aucun policier ne marchera dans le défilé. »

Un espace sécuritaire (safe space, en anglais) est un espace exclusivement réservé aux individus qui se sentent marginalisés pour qu'ils puissent se réunir pour échanger sur leurs expériences de marginalisation. Ces espaces se trouvent généralement sur les campus universitaires.

L'idée est de pouvoir se réunir entre victimes d'une oppression sans être exposés à des idées et à des discours qui rendent mal à l'aise.

C'est une idée horrible, qui présume que « je dois être en sécurité idéologiquement, je dois être en sécurité émotionnellement, je dois me sentir bien tout le temps. »

C'est exactement le genre de raisonnement que les dictatures utilisent pour éliminer les discours indésirables.

Invoquer la sécurité idéologique. C'est exactement le genre de raisonnement que les dictatures utilisent pour éliminer les discours indésirables. La censure est justifiée au nom de la sécurité, de la sécurité publique ou de l'harmonie sociale.

C'est une forme d'isolement qui crée une chambre d'écho dangereuse conduisant à plus de division et de conflit.

Ce qui est probablement l'aspect le plus néfaste de l'idéologie du safe space est l'encouragement de la ségrégation et de la racialisation. On ne combat pas efficacement le racisme en pratiquant la ségrégation et la catégorisation des gens selon la couleur de leur peau.

Révisionnisme historique

Sur le dépliant promotionnel de Fierté Canada Montréal 2017, on retrouve la mention suivante :

« Nous reconnaissons que les terres sur lesquelles nous nous assemblons pour Fierté Canada Montréal 2017 font partie du territoire traditionnel et non cédé des Kanien'keha:ka (Mohawks). L'île connue sous le nom de "Montréal" est désignée "Tiotia:ke" dans la langue des Kanien'keha:ka. Il s'agit d'un site qui a longtemps servi de lieu de rencontre et d'échanges entre les nations, y compris le peuple Algonquin. »

Cette litanie, répétée comme un Notre Père au début de chaque évènement qui veut se conformer à la rectitude politique, relève du plus pur révisionnisme historique.

Les Anishnabe contestent avec raison cette revendication mohawk. Le territoire traditionnel des Mohawks est situé dans le nord de l'État de New York. Au Québec, les Mohawks sont eux-mêmes des migrants. Les ancêtres de la population actuelle sont arrivés au Québec après la fondation de Montréal.

Le site de la communauté attikamek de Wemotaci indique combien doux étaient les Iroquois-Mohawks dont se revendiquent nos gens de la gauche régressive (et notez la provenance des Iroquois-Mohawks qui est clairement mentionnée) :

« Vers 1670-1680, une épidémie de petite vérole anéantit la tribu des Attikamègues; ceux qui survivent sont massacrés par les Iroquois, peuple conquérant venu du nord des États-Unis. »

Je conseille à ceux qui veulent en savoir plus la lecture de Les Iroquoiens du Saint-Laurent. Le Peuple du maïs, de Roland Tremblay (Éditions de l'Homme, 2006).

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