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Pour aider les commerces de proximité, il faut changer de stratégie

28/05/2015 11:19 EDT | Actualisé 28/05/2016 05:12 EDT

Les commerces de proximité sont des partenaires clés de la Ville et des arrondissements dans leur stratégie de bâtir une ville conviviale et à échelle humaine. C'est pourquoi il faut les voir comme une forme d'extension de l'action des administrations publiques, comme un service d'utilité publique.

Traditionnellement, la Ville et les arrondissements ont principalement misé sur le financement public pour aider le commerce de proximité. Bien qu'il soit nécessaire, on met aussi beaucoup trop l'accent sur la question du stationnement. Or, toutes les grandes villes canadiennes et américaines qui ont relancé leurs commerces de proximité ont abandonné cette stratégie désuète. Montréal doit suivre la marche et revoir sa stratégie.

Il faut offrir un traitement « privilégié » aux commerçants afin d'éliminer en priorité les obstacles administratifs liés aux demandes de permis de rénovation et de certification d'occupation commerciale. Il faut des guichets uniques en arrondissement pour toutes les demandes qu'ils déposent. La tarification de l'occupation du domaine public pour l'installation de café-terrasse doit être établie selon le principe d'utilité publique plutôt que celui des revenus potentiels des commerçants. La Ville devrait absorber la diminution des revenus des parcomètres liés à l'utilisation d'une place par un café-terrasse, de la verdure ou toute autre initiative d'embellissement du domaine public afin de favoriser ce type d'initiative.

Il faut créer une expérience d'achat plus conviviale grâce à un aménagement planifié pour le client et le flâneur. Cet aménagement doit privilégier des déplacements à pied sécuritaires, accessibles universellement et stimulants. On doit aussi miser sur une animation du domaine public par davantage de cafés-terrasses, places publiques et autres aménagements ludiques et de détente. Il faut laisser plus de place au secteur privé dans la mise en valeur du domaine public et sa transformation en allégeant les contraintes financières et administratives.

Aider le commerce de proximité, c'est aussi assurer l'accès aux commerces par des moyens de transport durables, efficaces et efficients. Des déplacements simplifiés moins coûteux et à moindre distance. Il faut plus que jamais miser sur le plus gros bassin de clients potentiels, ceux qui habitent à juste à côté des commerces. En rendant nos rues commerciales attractives pour ceux qui habitent à quelques mètres, cela aura un effet positif sur l'attractivité de ceux et celles qui habitent à de plus grandes distances.

Pour relever ce défi, les arrondissements et la Ville doivent hausser la densité pour diminuer la distance entre les lieux de résidence et les commerces. Ils doivent revoir complètement l'aménagement des rues et trottoirs pour laisser plus de place aux citoyens qui sont les premiers clients potentiels et les plus fidèles. C'est en permettant aux commerces d'attirer plus de clients qui habitent dans leur quartier, que nous leur permettrons d'être aussi des commerces de destination.

La réussite de nos commerces réside dans leur capacité à répondre aux besoins d'un plus grand nombre de citoyens. C'est aussi la réussite de Montréal qui en dépend. La réponse aux mégas centres commerciaux ne doit pas seulement être bêtement non. Nous devons faire différemment en misant plus que jamais sur notre avantage comparatif, la proximité, une proximité à échelle humaine.

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