Il y a toutes sortes de façons de dire "échec" --bide, déboire, faillite, fiasco, four, insuccès, naufrage, revers-- mais abolition n'en est pas une. N'en déplaise à Justin Trudeau.
Échec veut dire qui n'a pas fonctionné alors qu'abolition veut dire qui cesse d'exister, peu importe si la chose a bien fonctionné ou pas. Par exemple, les conférences de presse hebdomadaires sur la colline Parlementaire, la version longue du recensement de Statistique Canada, les tournées culturelles à l'étranger, les mesures de calcul de dommages environnementaux... ont toutes très bien fonctionné, mais ont néanmoins toutes été abolies par le gouvernement Harper.
Justin Trudeau a beau essayer de minimiser son attaque contre le registre des armes, le mal est fait, pour ne pas dire le mensonge. De controversé qu'il a pu paraître, le registre est tout sauf un échec. Les chefs de police, en ville comme en province, sont unanimes. "Le registre a sauvé des vies et fait du Canada un pays plus sécuritaire. Nous l'éliminons à nos risques et périls", affirmait le chef de police de Toronto, Bill Blair, en février 2012.
Les statistiques sont d'ailleurs éloquentes. Les femmes tuées par leur conjoint le sont dans 72% des cas par une arme dite à épaule. Ces armes ne comprennent pas seulement les sympathiques "fusils à chasser le canard", qui ont marqué l'enfance de Justin Trudeau, mais également les armes semi-automatiques, dont le Ruger mini-14 utilisé par Marc Lépine le 6 décembre, 1989. Le registre des armes, rappelons-le, est né dans la foulée des événements tragiques de l'École Polytechnique. Il est d'ailleurs doublement curieux que le candidat à la chefferie du PLC ait choisi de s'en prendre au registre à quelques jours du 23e anniversaire du 6 décembre. Et le jour même où un footballeur américain abattait sa compagne par balles, avant de se suicider devant ses entraîneurs.
M. Trudeau, qui a voté maintes fois en faveur du fameux registre, devrait pourtant savoir que, depuis son entrée en vigueur en 1991, les homicides conjugaux par fusils et carabines ont chuté de 69% et les homicides conjugaux par armes à feu (autres) de 74%. De plus, le taux global d'homicide conjugal, tous moyens confondus, a chuté de 44%. Illustration pertinente que moins il y a de fusils, moins il y a de violence.
Alors, échec, dites-vous? Du cafouillage dans sa mise en application, certainement, un coût sensiblement plus élevé que prévu, également. Mais encore là, un peu de perspective est de rigueur. Aux États-Unis, la violence armée coûte 6.6 milliards par année. Au Canada, on estime que le registre des armes a épargné aux contribuables 1.4 milliard depuis 1995. Pour faramineux qu'ils puissent paraître, les coûts du registre (au-dessus de 500 millions, difficile de savoir exactement) sont quand même moindres. Notons également que le registre est consulté non moins de 17,000 fois par jour par les corps policiers.
Avant que Justin Trudeau parle d'échec, et ouvre une boîte de Pandore au sein du Parti libéral du Canada, il n'y avait que les conservateurs pour déclamer ainsi. Il y avait beau avoir de la dissension dans les rangs libéraux et même néo-démocrates, on tenait ça mort par "principe". Car le contrôle des armes s'élève non seulement contre la violence faite aux femmes, mais contre cette idée du Far West qui privilégie le droit individuel (à porter une arme) sur le droit collectif (à la sécurité).
Que s'est-il donc passé dans la tête de number 1 son pour qu'il ait senti le besoin de retourner sa veste (de daim)?
Depuis qu'il a enfourché sa rossinante dans la course à la chefferie, Justin Trudeau se présente comme le grand rassembleur --des jeunes, des nouveaux arrivants, des Albertains comme des Québécois et, non la moindre, de la classe moyenne-- et carbure, pour ce faire, aux stratégies américaines. À l'instar de Barack Obama, il parle d'unir le pays en transcendant les chicanes de partis et de redonner "de la dignité à la classe moyenne".
À venir jusqu'ici, l'emprunt se tolérait, voire se justifiait. Mais de là à prétendre que le port d'armes est une question "d'identité canadienne"? De la bouillie pour les chats. Non seulement le Canada est à des années-lumière de l'histoire et de la constitution américaines qui consacre the "right to bear arms", il n'y a rien de fondamental du fait de devoir, ou non, enregistrer ses armes. Il s'agit d'une simple formalité, Bon Dieu, l'équivalent d'enregistrer son auto.
On voudrait nous faire croire à une injustice fondamentale vis-à-vis du monde rural alors que la véritable injustice concerne toutes les victimes des armes à feu, en commençant par les femmes, notamment en région dont les deux tiers sont entourées d'armes qui pourraient un jour être utilisées contre elles. D'ailleurs, selon le rapporteur spécial des Nations-Unies, les pays qui ne réglementent pas suffisamment les armes à feu manquent à leurs obligations envers les femmes, en vertu de la loi internationale.
Justin Trudeau aurait intérêt à remettre les priorités à la bonne place.
http://www.francinepelletierleblog.com/
La consultation du registre par les policiers étaient en hausse constante et importante. De dire que c'était «seulement par routine» n'est pas vérifiable objectivement.
Fait: C'est vrai que les crimes commis par arme d'épaule ont chuté de façon importante au profit des armes de poing. Tant mieux et tant pis.
Fait: Marc Lépine a utilisé une arme d'épaule à Poly. Ça peut donc être utilisé pour commettre un crime.
Interrogation: J'ai de la difficulté à comprendre pourquoi une arme de poing doit être enregistrée mais pas une arme d'épaule. À moins d'erreur de ma part.
J'ai cette impression que les pourfendeurs du registre veulent simplement imiter les américains. Free for all pour toutes les armes.
Ce sont les détraqués de toutes sortes qu'il faudrait détecter ou aider. Le manque de ressources et d'éducation est bien plus dommageable. Personne ne peut lire dans la tête de l'autre.
L'enregistrement de TOUTES les armes est un leurre. On se donne facilement bonne conscience - et surtout bonne presse - chez plusieurs célébrités médiatiques en déchirant sa chemise sur la nécessité du registre mais la réalité est plus cruelle.
Oui,le registre est un échec épouvantable et coûteux. Le dire est courageux. Je suis chasseur; je suis contre toute violence faite aux personnes, même aux animaux. Quand je tire une bête, je m'assure de le faire proprement. Je n'ai jamais blessé un animal. La mort est rapide; la bête tombe à l'intérieur de 200 pieds. Je choisis de manger du gibier, plutôt que de la viande d'abattoir. Tout ça est cruel, je l'avoue mais alors interdissons toute viande.
Ce qui est beaucoup plus triste est que des individus malades se promènent sans secours.
En dénonçant Trudeau, on veut faire de la politique de sape mais il a raison sur le fond.
Qu' est-ce que vient faire la gauche dans cette histoire?
Les concepts de gauche et de droite sont des épithètes fourre-tout qu'on lance comme insulte aux gens avec lesquels on n'est pas d'accord. Ils ne veulent rien dire et ne font que brouiller les cartes dans une discussion. Cette manie qui nous vient d'Europe pollue de plus en plus toute discussion, surtout au niveau politique.
Le fait est qu'on peut comme considérer, et j'en suis, que l'enregistrement des armes à feu soit une excellente idée, ne serait-ce que pour rendre le vol de ces armes moins attrayant tout en déplorant la hargne de certains militants de cette cause qui a abouti à une loi excessive dont le rejet est bienvenu.
StaCan anglais
http://www.cbc.ca/news/canada/story/2012/12/04/homicides-statistics-canada-2011.html
En passant le le Ruger mini 14 est, encore aujourd'hui sans le registre, une arme à déclaration obligatoire, registre ou pas registre,
J'ai demandé à mon voisin qui est policier s'il consultait le registre avant le pénétrer dans un appartement, il m'a répondu jamais.
Ils ont plus d'expérience de lutte contre le crime que nos libertariens fédéralistes.
Le pénal doit relever des provinces: le problème serait résolu et nos cow-boys pourraient migrer dans l'enclos de leur choix.
Étrange que les libertariens défendent l'état fédéral....
Pourquoi les policiers recommandent le maintien du registre ? Power trip ? Je suis sceptique.
Vous écrivez: « ...il n'y a rien de fondamental du fait de devoir, ou non, enregistrer ses armes. Il s'agit d'une simple formalité, Bon Dieu, l'équivalent d'enregistrer son auto.»
Si ça n'avait été que ça, il n'y aurait pas eu de problème.
Mais non, il a fallu y ajouter toute la hargne de certains-(nes) fanatiques dont vous faisiez partie qui se sont acharnés à décrire tous les possesseurs d'armes comme des assassins potentiels, voulant à tout prix criminaliser la moindre entorse à la loi et exigeant une procédure d'enquête portant atteinte à la vie privée.
Ce faisant, vous avez braqué la plupart des possesseurs d'armes contre cette loi, ce qui a abouti au résultat qu'on connaît, ce dont vous devez porter la plus grande part de responsabilité..
Vous attribuez un tel pouvoir à Mme Pelletier (c'est de sa faute) ! C'est incroyable et dangereux.
Ce qui a eu comme résultat, en autre, qu'on a jamais enquêté sur le dérapage financier de l'opération, autour de 2 milliards. Se rendant compte que l'enregistrement aurait coûté plus de 500$ par propriétaire d'arme, les autorités, craignant une levée de bouclier de la part des possesseurs d'arme, se sont résolus à payer le registre à même les fonds publics.
Autre scandale, c'est d'avoir confié l'opération à des gens incompétents qui dans certains cas ne savaient sans doute pas lire au vu du nombre d'erreurs de transcriptions des données y compris dans les adresses postales (Je rends grâce à Poste Canada qui a réussi à me faire parvenir les lettres provenant de Miramichi qui m'intimaient d'apporter des corrections aux erreurs des ploucs de Miramichi).
Ne soyez pas naïve, c’est sûr que la police aimerais obtenir le plus d’informations possibles personnelles sur chaque citoyen au nom de la sécurité. C’est aussi sous le prétexte de la sécurité qu’ils cachent des informations que la population devrait connaître et que nous apprenons lorsque des citoyens les captent sur vidéos. La fonction publique du Québec est déjà au prise avec une des plus lourdes bureaucratie au Canada. Je ne vois pas le bien fondé d’ajouter une charge de plus, inutile, avec un registre qui n’est plus à jour, truffés d’erreurs et ne servant que de prétexte pour la police à entrer chez vous et vous tirer à bout portant.
Dans le ROC, elle est aboli, la section des armes d’épaule, du registre des armes à feu. Il faudrait commencer à s’y faire.
Comment pouvez-vous blâmer un politicien qui dans un énoncé admet que l’établissement électoraliste ( campagne électorale de Jean Chrétien ) d’un registre d’armes d’épaule qui a eu comme vertu, que d’embêter les honnêtes citoyens.
Vous nous sortez de redondants arguments comme :
Le registre des armes d’épaule, a sauvé des vies. Seriez-vous en position privilégiée pour nous démontrer cette affirmation ?
Il existe des fusils à chasser le canards, semi-auto, pour parfaire vos connaissances sur les diaboliques armes à feu.
Le Ruger mini-14 utilisé par Marc Lépine, était légal et enregistré, et l’est encore aujourd’hui.
( à suivre )
GO ! GO! Mon Justin...le peuple t'adore !
Combien? COmbien de crimes peut-on avoir empêché avec ce registre?
Bien sûr que non direz-vous...Un esprit supérieur n'a pas d'équivalent....!
Vous nous le prouverez sûrement dans vos prochains commentaires, faudra qu'ils soient bons pour effacer les conneries antérieures....:)
Ben oui...j'en met un peu ! (Avec retenue !)