Avez-vous vu le gars en bobettes et casque de moto? Vous l'auriez remarqué, croyez-moi, surtout si vous êtes un homme. Il s'agit d'une pub Desjardins pour l'assurance moto, et le plus criant exemple de la représentation, disons, pas toujours flatteuse de l'homo québécus à la télé. Sujet dont il a beaucoup été question, ces dernières années.
On a souvent déploré "l'image bafouée" des personnages masculins québécois dans les publicités au petit écran. L'homme en bobettes est ce tarla par excellence, perdu dans sa petite bulle vroum vroum, qui réfère à la personne qui l'a conseillé à la Caisse comme "la madame". Sa blonde (qui lui parle comme si elle était sa mère) a vite fait de lui clouer le bec, pauvre demeuré qu'il est (du moins, il en a l'air). C'est du sexisme à l'envers. Avoir été un gars, je me serais plaint.
Curieusement, ce n'est pas du gros épais en caleçon dont on se plaint, mais d'un autre jeune homme beaucoup vu au petit écran, ces temps-ci, Gabriel Nadeau-Dubois. On ne se gêne pas de parler de lui comme d'un dangereux personnage (ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil), d'un pelleteux de nuages (chroniqueur multiplateformant, Richard Martineau) et même, d'un "puant sale" (maire de Huntington, Stéphane Gendron). C'est dire comment ce jeune homme (à peine adulte) a pu, en trois mois, non seulement s'imposer, mais combien il dérange.
Il me semble qu'on devrait plutôt se réjouir du fait que GND donne du galon à la gent masculine. Il a du nerf à revendre, est propre et bien habillé et plus articulé qu'à peu près tous les ministres du gouvernement Charest réunis. Mieux: il n'a pas la fixation de son propre nombril et croit en quelque chose de plus grand que lui-même. Bref, il a de l'idéal, une denrée rare à venir jusqu'à récemment.
Et pourtant, c'est lui qu'on cherche à chasser de l'espace public plutôt que la panoplie d'insignifiants (et j'inclurais bon nombre d'humoristes de bas étage, là-dedans) qui obstruent nos horizons politiques et culturels. Cherchez l'erreur.
En fait, avec l'élargissement du débat entourant l'accès aux études supérieures, on assiste à une polarisation de plus en plus marquée au Québec. D'un côté, ceux qui croient que la perturbation sociale a assez duré, qu'il est temps "de se ressaisir" (Voir les lucides qui persistent et signent dans Le Devoir du 2 mai). Ils demandent donc au gouvernement de mettre ses culottes et faire rentrer ses "enfants-roi" dans le rang. De l'autre, ceux qui croient qu'il se passe quelque chose d'extraordinaire au Québec, que le soulèvement étudiant a permis d'évacuer l'insatisfaction profonde que nous ressentons depuis combien de temps déjà?... à force d'être mal menés économiquement, mal représentés politiquement et mal imaginés culturellement.
Bref, ceux qui pensent que le projet de "changer le monde", c'est de la bouillie pour les chats (du vieux réchauffé de la go-gauche), et ceux qui croient que sans ça, on meurt, collectivement et individuellement.
Où tout ça va-t-il nous mener?...
Des élections printanières auraient été idéales, tout le monde en convient, pour dénouer l'impasse qui, plus elle dure, plus elle fait peur. Non seulement chaque partie est-elle irrémédiablement campée sur sa position, mais chacun s'est un peu peinturé dans le coin, comme le note le confrère blogueur Jean-François Lisée.
Avec les révélations d'hier du déjeuner de la ministre Beauchamp en présence d'un mafioso, la partie patronale perd non seulement de la crédibilité, encore une fois, ce pot aux roses donne raison aux revendications étudiantes qui visent, au-delà des droits de scolarité, une remise en question du système d'allocations politiques. Le système, on le voit bien, est pourri.
Malheureusement pour les étudiants, ils sont pris pour négocier LA chose qui les a menés dans la rue, la hausse des droits de scolarité, pas le contexte plus large et de loin plus important. Comme disait Dominic Champagne lors de la conférence de presse du 1er mai en appui aux étudiants, il y a des choses immensément plus problématiques que la hausse des frais. Le Plan Nord, par exemple. On peut se poser des questions sur la façon que nos universités sont gérées, mais on ne peut remettre en question qu'elles ont besoin d'argent.
On se chicane sur une question sur laquelle on devrait, en d'autres mots, pouvoir mieux s'entendre.
Les révélations concernant Line Beauchamp ayant cloué le cercueil d'élections hâtives, reste plus qu'à espérer une chose: un médiateur, on voit difficilement les parties arrivant d'eux-mêmes à une entente, afin de trouver la porte de sortie. Il faut surtout que le mouvement étudiant, qui nous a tous impressionnés par sa force, sa créativité et sa solidarité, puisse en sortir la tête haute.
Il serait dramatique, pas seulement pour le mouvement comme tel, mais pour le souffle vital du Québec, que ceux qui nous forcent, pour la première fois en 30 ans, de penser collectivement, soient bafoués au même titre que ces pauvres nonos à bobettes.
http://www.francinepelletierleblog.com
L'augmentation des frais de scolarités s'insere dans une realité beaucoup plus grande qui est notre endettement publique. Tout ce que vous decrivez ne sont que des symptomes du meme probleme, la dette astonomique du Quebec.
Comment sa fait-il que ce soit la chose qu'on discute le moins? Pouvez-vous me l'expliquer? Curieusement je n'y vois aucune reference dans votre texte. C'est pourtant la raison meme des decisions difficiles de ce gouvernement et de tous ceux qui suivront. C'est meme la pointe de l'iceberg.
Les qualités (ou defauts) qu'on prete a GND semblent bien peu pertinent face a cette realité.
Mais oops, aussitot qu'on tente d'aborder la question, l'argument de la corruption refait surface, comme si le fait d'avoir un des pires gouvernement que le Quebec a connu nous empechait de reflechir comme peuple. Le gros nivellement par le bas!
Vu d'ici, il semblerait plutot que nombre de Quebecois preferent s'enfouir la tete dans le sable, ce qui expliquerait en parti pourquoi nous sommes rendu la. Ca nous permet de perdre notre temps en conjectures sur des clichés populistes infantilisants.
Quant à la dette exorbitante, vous avez raison qu’il faut s’en préoccuper. Par contre, est-ce que le statuquo est la bonne façon de faire? Est-ce que de toujours demander aux Québécois de piger dans leur poche pour en toujours payer plus cher pour les services publics est la bonne façon de faire? Est-ce que d’accepter que le gouvernement actuel – l’un des plus corrompu –gaspillent notre argent en ne faisans pas d’appel d’offre, en acceptant les dépassements de coût faramineux (bref, comme vous suivez l’actualité, vous savez qu’il est corrompu et que ça nous coûte très cher), c’est la bonne façon de faire?
Pour la dette il faut couper dans notre monstrueuse ponction publique, comme le ferait un bon pere de famille lorsque les revenus sont insuffisants. C'est simple comme tout.
Quand au gouvernement corrompu, il a ete elu. C'est ce qui arrive lorsque l'opposition n'a rien a offrir.
En passant, avant de dire que c'est la corruption le probleme dans nos finances publiques, attendont d'avoir les chiffres hein!
Pour les étudiants, la réponse est non! Et, si nous les avions écoutés, nous aurions entendu qu’ils ont mis la table pour revoir cette structure politico-économique vicieuse dans laquelle nous sommes depuis trop longtemps. Nous aurions pu entamer un vrai débat de société, mais ce que nous avons eu, c’est du mépris, du mensonge, des opinions à deux sous, des dialogues de sourd et de la violence…
Dites, avez-vous déjà entendu dire qu’un dollar investi dans l’éducation en rapporte plus de 5… N’est pas une belle façon d’augmenter les revenus de l’État?
On n'est plus aux grandes decisions strategiques au Quebec, on est a ramasser les pots cassés. Si vous n'avez pas encore realiser l'ampleur du desastre economique qu'est le Quebec, vous aurez amplement l'occasion de la faire dans la prochaine decennie.
Vous verrez, les frais scolaires n'ont pas fini d'augmenter, ca ne fait que commencer.
;)
Tous les animateurs de radio,de télé,tous les journalistes de Péladeau et de Desmarais ne crachent que du venin de larbins contre le mouvement étudiant.
J'ai trois fois l'âge des leaders étudiants mais je me sens plus près d'eux que des supposés "lucides" dont on attend toujours quelqu'argument autre que ce qui est sorti des libéraux corrompus.
Et vous avez-vous vu le paquet d'étudiants (et d'étudiantes) en bobettes dans la rue hier? Sont-ce les mêmes dont vous parlez dans votre article?
Sinon aussi bien oublier ça, cette affaire là, le Québec....
Vous êtes de ceux qu'elle critique!
Gabriel Nadeau-Dubois 21 ans seulement et porte-parole d’aune association qui porte et soutient un discours sur la gratuité scolaire qui apparaît pour plusieurs comme radiale – comme si Guy Rocher grand intellectuel de la Révolution tranquille en serait un — plus de 12 semaines qui fait le tour des médias et que ces derniers le sollicitent chaque jour pour un spectacle médiatique. Il apprend à nager et se débrouille très bien malgré des situations critiques et des dérapages parfois. La stratégie médiatique est similaire à celui de la rue une occupation maximale du terrain. Dernièrement ; E. Duhaime dans une chronique haineuse avec une fausse malice rend GND responsable de la future élection de Jean Charest ! Le destin du Québec dépendrait de lui ! Du délire par jalousie…
PS. En électricité GND = Ground (mise à la terre). On peut dire effectivement que GND est plutôt groundé... ;-)
GDN est sûrement voué à une brillante carrière au sein du mouvement syndical et tant mieux pour lui, mais cette ''grève'' ne marquera pas l'histoire du Québec comme ses admirateurs le souhaitent.
Lisez vous les journaux? Savez-vous comment fonctionne les prêts étudiants?
Personne dans ce débat n'essaie plus de piger dans vos poche que le camp libéral.
Augmentation des bourses: D'où elle vient, l'argent? Si elle vient de la hausse des frais, c'est le serpent qui mange sa queue.
Bonification des prêts: On endette une société déjà étranglée. Bravo. Pendant la durée des études, c'est le gouvernement qui paie les intérêts encourus par l'emprunt. D'où vient l'argent?
À la fin de ses études, le gradué (ou le drop-out) obtient un crédit d'impôt sur une partie des intérêt qu'il rembourse à la banque. D'où vient encore l'argent? Pourquoi le gouvernement finance autant le banques à travers le système d'éducation? Combien reste-il vraiment pour les universités et comment le dépensera-t-elle?
Faut pas oublier que les manifestants d'aujourd'hui ne seront pas si touchés par la hausse proposée. Ceux qui vont manger la plus grosse claque sont encore au secondaire. Ce ne sera pas 50 cents par jour pour eux! Qui semble le plus égoïste maintenant? GND ou celui qui pense à tort qu'on va venir fouiller dans ses poches?
Non, malheureusement la triste réalité est plus nunacée...
Effectivement, je vois GND comme un me-myself-and-I. Ça peut sembler contradictoire car il préside une association, mais il : Refuse de condamner et calmer les casseurs (il se fout des commerçants..). Il refuse de négocier avec le gouvernement, c'est à dire, de trouver un juste milieux à ses demandes (il veut il veut..moi moi...). Il accepte que les grande centrales syndicales avec leurs agendas cachés le conseils (le centrales veulent toujours plus de gens pour leurs cotisations..).
NOn, moi, GND, : Un anarchiste, pro-casseur, agitateur, incapable d'avoir une vision de société autre que SES besoins à lui. Mais bon, ce sont les enfants de la génération que les parents ont dit oui à tout..ils ne savent plus quoi faire quand ont leur dit le mot «non».