Francine Pelletier

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Derrière l'affaire Shafia

Publication: 13/05/2012 09:52

Comme histoire d'horreur, on pouvait difficile faire mieux. Ou devrais-je dire pire?

Quatre femmes de la même famille assassinées, toutes en même temps, par un père "déshonoré" par le comportement de ses filles. Un petit génocide, en somme, tant la ruse était cruelle, planifiée et exécutée froidement. Combien de fois me suis-je représenté ces quatre femmes, dont la plus jeune n'avait que 13 ans, assises dans leur Nissan alors que le véhicule plongeait dans le canal Rideau?

Vous imaginez la panique? La lente agonie? Combien de temps avant que l'auto se remplisse d'eau? Avant que les victimes manquent d'air? ...

J'ai lu chaque mot qui a été écrit sur cette innommable tragédie. Les seuls qui m'ont un peu confortée : les victimes auraient vraisemblablement été tuées avant de plonger dans l'écluse, apprenait-on durant le procès. On ne peut le jurer, la manière qu'elles sont mortes n'ayant jamais été éclaircie, mais, ouf, au moins ça.

Raymonde Provencher qui, disons-le tout de suite, est non seulement une collègue, mais une amie, n'a pas attendu les révélations horrifiques de l'affaire Shafia pour se pencher sur la question des crimes d'honneur. Depuis son premier documentaire, War Babies - né de la haine, sur le viol de femmes en temps de guerre, elle est devenue un genre d'experte sur le sort catastrophique des femmes de par le monde. Raymonde a aussi réalisé Grace, Milly, Lucy sur des filles soldates en Afrique.

Le sujet des crimes d'honneur -- définis comme le meurtre, la défiguration, les voies de fait ou agressions sexuelles d'un membre d'une famille (généralement le père ou frère) contre un autre membre (généralement la fille) -- semblait lui revenir d'office.

A l'affiche depuis vendredi dernier, Ces crimes sans honneur abordent la question des sévices qui attendent les femmes qui ont le malheur de désobéir aux codes de conduite prescrits par leur culture. Le film précise qu'il s'agit bien d'un "problème culturel" plutôt que religieux, la tentation d'y voir une autre manifestation de fanatisme musulman étant bien grande par les temps qui courent.

D'ailleurs, le premier crime d'honneur commis au Canada est l'acte d'un immigrant italien, en 1954. Depuis 1999, on compte 17 crimes d'honneur au Canada, incluant les quatre victimes Shafia. Ce genre de crime a passablement augmenté au cours de la dernière décennie.

Préférer tuer sa propre fille, "aussi simple que boire un verre d'eau" nous dit une protagoniste du film, plutôt qu'endurer son comportement soi-disant délinquant (se maquiller, sortir avec un garçon, s'habiller sexy...) nous paraît le summum de la barbarie et de la misogynie. Mais, en fait, y a -t-il tant de différence entre ce genre de meurtre et les 139 femmes assassinées par leur conjoint au Québec au cours des 10 dernières années?

Une étude par une chercheuse en psychologie, présentée au congrès de l'ACFAS la semaine dernière, démontre que ces homicides conjugaux ont tous été commis parce que la femme avait quitté le foyer ou était "sur le point de le faire". Dans un cas comme dans l'autre, il s'agit de femmes qui ont le malheur d'aller contre la volonté de l'homme de la maison, et qui le payent de leur vie. Le besoin de les contrôler et de les punir l'emporte sur tout le reste. On a beau se féliciter du chemin parcouru, pour ce qui est des sociétés occidentales, du moins, il y a encore pas mal de chemin à faire.

Mohammad Shafia, sa femme Tooba et son fils Hamed, Afhans d'origine, ont tous été reconnus coupable de meurtres prémédités et condamnés à la prison à vie. Bonne nouvelle. Mais Guy Turcotte, lui, le médecin de Piemont qui a tué ses deux enfants pour se venger de sa femme (qui l'avait quitté), a été déclaré criminellement non responsable. Très mauvaise nouvelle que celle-là, et la preuve qu'il y a deux poids deux mesures quand vient le temps de juger des hommes qui assassinent leurs enfants, dépendant du milieu culturel dont ils sont issus.

Ces crimes sans honneur est à l'affiche à l'Excentris et AMC Forum à Montréal et au Clap à Québec.


http://www.francinepelletierleblog.com/

 
 
 
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Comme histoire d'horreur, on pouvait difficile faire mieux. Ou devrais-je dire pire? Quatre femmes de la même famille assassinées, toutes en même temps, par un père "déshonoré" par le comporte...
Comme histoire d'horreur, on pouvait difficile faire mieux. Ou devrais-je dire pire? Quatre femmes de la même famille assassinées, toutes en même temps, par un père "déshonoré" par le comporte...
 
 
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Date de publication  | 
Popularité
09:23 sur 15/05/2012
Un article légèrement misogyne et italophobe, et lourdement insignifiant. Cela n'a pas sa place sur H.P.
Cet utilisateur a choisi de ne pas participer au système des médailles.
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18:21 sur 15/05/2012
Misogyne ? Qui n'aime pas le miso ?
Misoandre, voulez-vous peut-être dire ?

Italophobe ? Vous fumez une substance qui n'est pas quelconque...
La tua parola è come una droga...

H.P. devrait intervenir contre les attaques personnelles de gens qui ne lisent même pas les textes...
21:09 sur 15/05/2012
"Italophobe ? Vous fumez une substance qui n'est pas quelconque..."

Associer la culture italienne aux pachtounes, parce que un des leurs a fait un crime d'honneur en 1954, ça frôle pas mal la démagogie, ou en tout cas c'est loin d'être pertinent. Comparer le cas de G. Turcotte avec l'affaire Shafia et affirmer que les verdicts ont été influencés par leurs origines ethniques; ou que les religions n'ont rien à voir avec la culture ( même si c'est souvent vrai qu'il y a de fortes différences parmis différents peuples ayant une religion similaire), eh bien aucune drogue chimique ne peut mener à ça.
Peut-être une idéologie quelconque? Les idéologies ont tendance à donner une vision très sélective de la réalité, même à des gens intelligents et cultivés comme l'auteure de cet article.

"Misogyne ? Qui n'aime pas le miso ?"
En effet c'est un peu tiré par les cheveux, mais c'est le genre d'article qui dénonce la misogynie de façon très sélective, sans volonté réelle de régler le problème. Un féminisme "ouvert" en quelque sorte. Les gens de la dpj étaient sûrement très féministes aussi..lorsqu'une jeune fille leur a demandé de l'aide.

"H.P. devrait intervenir contre les attaques personnelles de gens qui ne lisent même pas les textes..."

En effet, surtout lorsqu'ils se cachent derrière un pseudonyme.
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06:51 sur 15/05/2012
Vous avez raison de vous inquiéter.
Rien n'est jamais acquis pour les femmes comme pour les minorités non standards. On doit craindre le conservatisme social (Papa a raison), qui profitera de la montée de la droite et de l'extrême-droite, et qui s'affiche ouvertement dans des pays où les femmes ont obtenu une certaine égalité de chance.
Le cas Turcotte est plutôt l'illustration de la justice à deux vitesses pour les puissants (prestige du médecin) et de l'incompréhensible aura de la psychiatrie, cette pseudo-science.
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
musael
Ad majorem consciencia
14:47 sur 13/05/2012
"la preuve qu'il y a deux poids deux mesures quand vient le temps de juger des hommes qui assassinent leurs enfants, dépendant du milieu culturel dont ils sont issus."

Comment une journaliste qui se dit sérieuse peut-elle faire ce genre d'affirmation totalement gratuite? Le cas de Turcotte est un fait trop particulier dans les annales judiciaires du Québec pour le montrer en exemple ou en tirer des conclusions à l'emporte pièce. D'autre part, (et je ne parle pas de Turcotte) il faut faire la différence entre crime passionnel et crime d'honneur. Le crime d'honneur a ceci d'épuvantable : il est accepté, voire encouragé par la communauté où il se perpétue, y compris par les femmes. Je me souviens d'un reportage fait en Afganistan où les proches étaient interrogés; pas un seul ou une seule ne condamnait le crime des Shafia. Certes, on le regrettait mais on le voyait comme un mal nécessaire. Avez vous entendu beaucoup de québécois ou de québécoises approuver le geste de Turcotte?
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Enlightened22
Deviens qui tu es.
17:48 sur 13/05/2012
Très bon commentaire. Cette journaliste, dont je connaissais pas le nom avant, se spécialise malheureusement dans des lettres d'opinion particulièrement peu appuyées qui ressemblent plus à son crachoir personnel.
23:28 sur 13/05/2012
Vous avez raison!

Au lendemain de la tuerie à Polytechnique elle écrivait dans le journal La Presse qu'il y a un Marc Lépine qui sommeille dans chaque homme. J'ignore comment les pères et les conjoints des femmes assassinées ont pris ce commentaire. Je dirais que cette journaliste n'est pas très portée sur les nuances.
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07:05 sur 15/05/2012
Attendez que je démêle ça:
vous la connaissiez pas mais vous saviez qu'elle se spécialise dans le crachoir ?!?

Vous êtes humoriste, n'est-ce-pas ?
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07:01 sur 15/05/2012
Turcotte a tué ses enfants parce qu'elle voulait le quitter. C'est exactement COMME les batteurs qui battent la femme qui veut les quitter.

«il faut faire la différence entre crime passionnel et crime d'honneur»
Tu demanderas au cadavre ce qu'il en pense !!!

«on le regrettait mais on le voyait comme un mal nécessaire»
Citez le passage où Mme Pelletier est d'accord avec ça.
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
musael
Ad majorem consciencia
09:44 sur 15/05/2012
Malheureusement, en effet, cela ne change rien pour la victime. Par contre pour la société
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Pierre Deruelle
pierre m de ruelle
12:26 sur 13/05/2012
Le titre de ce documentaire est bien choisi, d'ailleurs comment a t on pu designer ce genre de crimes par crimes d'honneurs?
J,irai meme jusqu'a y inclure designe le crime du Docteur Turcotte dans la meme veine, lui qui a vu son deshonneur bafoue...
Donc crimes d'honneurs Niet, mais crimes d'horreurs oui et sans honneurs sans aucun doute!
12:11 sur 13/05/2012
Je regrette, mais je ne suis pas d'accord avec un des points de ce film. Lorsqu'on dit que le premier crime d'honneur est l'acte d'un immigrant italien, en 1954, je ne peux m'empêcher de penser à toutes ces fillettes québécoises sacrifiées sur l'autel de la religion catholique. Celles qui étaient conditionnées dès l'enfance pour prendre le voile et entrer au couvent. D'accord, aucune ne furent tuées au nom de la religion, mais combien de vies brisées? Combien de religieuses aigries de constater que la vie se poursuivaient sans elles, cloîtrées au couvent, parfois avec très peu de contacts avec le monde extérieur.

C'était un "honneur" pour une famille québécoise d'avoir un prêtre ou une religieuse pour rehausser le prestige auprès des autres clans familiaux de la paroisse. C'est, du moins, ce que la propagande catholique de l'époque aimait représenter.

Si on y pense, n'était-ce pas un crime d'honneur, parrainé par la religion, d'envoyer des femmes et des hommes sacrifier leur vie sans leur consentement?