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Peines plus sévères pour les pédophiles: «Enough is enough»

04/09/2013 12:17 EDT | Actualisé 04/11/2013 05:12 EST

Enough is enough : tels sont les mots que le premier ministre a employés pour justifier ses intentions d'augmenter de façon significative les peines de prison pour les pédophiles. Évidemment, étant une grande défenderesse des droits des enfants, je salue fortement cette initiative, mais encore faut-il mettre la main au collet de ces ignobles personnages.

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Drôle de hasard, la semaine dernière justement, une de mes jeunes et talentueuses employées a sollicité une rencontre avec moi. Elle s'assoie devant moi, livide, en me disant : Francine, il faut faire quelque chose, je viens tout juste d'apprendre que l'homme qui m'a agressée une partie de mon enfance travaille comme concierge dans une école. Francine, il faut réagir, ça n'a aucun bon sens qu'il travaille dans une école, je ne peux laisser faire cela! En parlant, ses émotions remontaient à la surface et après quelques questions, j'ai appris le passé troublant de cette femme.

Enfant du divorce, elle était partagée entre ses séjours chez papa et maman. Maman s'est faite un nouveau conjoint : beau-parleur, manipulateur, et surtout avec les mains vraiment baladeuses. Elle a à peine 12 ans, mais son corps est déjà celui d'une femme. Le chum ne peut résister, il touche son corps et exige de sa part des gestes répugnants pour une enfant de 12 ans. Dès la première fois, elle se confie à sa mère qui ne la croit pas : impossible, pas lui! Alors, le scénario se répète pendant de longs mois, jusqu'à ce que papa soit mis au courant. Furieux, il incite sa fille à porter plainte et se rend même avec elle à la police. Mais, une semaine plus tard, sous l'influence de sa conjointe, papa se laisse convaincre que sa fille est une manipulatrice et une menteuse qui aguiche... Comme maman est du même avis puisque son chum ne peut pas agir ainsi, la plainte est retirée et le chum est libéré. Cette expérience avec la justice a quand même échaudé le pervers qui a décidé de changer d'air et d'aller explorer ailleurs un terrain plus fertile pour assouvir ses pulsions.

Dix ans se sont écoulés depuis, pourtant mon employée m'a confié avoir encore peur de lui, elle craint de le croiser dans la rue, elle hésite à porter plainte officiellement contre lui puisque la première fois n'a rien donné... Ses cicatrices sont encore bien présentes, pourtant ce pédophile en puissance se promène librement et a même réussi à se faire embaucher dans une école! Un méchant loup dans une bergerie...

Donc, nous pouvons décider d'imposer des peines plus sévères à des pédophiles condamnés, mais il faut d'abord et avant tout les empêcher de faire des victimes. Il faut travailler concrètement sur l'éducation de toute une population : même si on répète à nos enfants que personne n'a le droit de les toucher, si leurs propres parents ferment les yeux et refusent de les croire, si l'école embauche n'importe qui, si nos enfants sont en contacts directs avec des vauriens qui en veulent à leur intégrité, rien ne pourra changer.

Un pédophile qui est condamné n'a que très rarement fait une seule victime. Nous avons le devoir d'éduquer, de protéger et surtout de croire nos enfants; ce sont des responsabilités parentales et sociales prioritaires.

Enough is enough : parce qu'un seul geste, une seule fois et les cicatrices durent toute une vie!

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