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Carnet de voyage: quoi voir à Mexico

20/04/2017 09:00 EDT | Actualisé 20/04/2017 09:00 EDT

Au cours de ma vie diplomatique, je n'ai passé que quelques mois dans un poste d'Amérique latine. En effet, lors de ma première année au Ministère des Affaires étrangères du Canada dans les années 80 le service du personnel avait besoin d'un juriste francophone, parlant espagnol pour travailler quelques mois à notre Ambassade au Pérou.

Comme ces critères s'appliquaient à moi, je fus donc envoyé sur place. La raison étant qu'à l'époque, de très nombreux Québécois se trouvaient en prison pour des accusations de trafic de drogue. L'expérience fut assez particulière. Mes visites consulaires dans la fameuse prison de Lurigancho et les suites de bagarres sanglantes à la prison des femmes notamment.

C'était aussi pour moi l'occasion de découvrir pour la première fois un pays en voie de développement et une riche histoire. Mais ma carrière prit par la suite une tout autre orientation et c'est au Moyen-Orient que j'ai surtout travaillé. Je n'ai donc pas vraiment eu la chance de retourner dans cette région, sauf un court séjour au Panama pour visiter un ami.

Bien sûr, il n'y a rien de bien original à voyager en Amérique centrale ou du Sud aujourd'hui. Des milliers de Québécois le font tous les hivers et des destinations comme le Chili ou l'Argentine jadis assez exotique, ne le sont plus vraiment. Le tourisme organisé, les tout-compris et les croisières sont passés par là.

Dans mon cas, je n'avais jamais mis les pieds au Mexique. Jusqu'à tout récemment. N'étant pas du genre «plage et margarita au bar de la piscine», mais m'intéressant à l'histoire et à l'archéologie j'avais décidé de faire mon premier séjour là-bas, mais en me concentrant sur sa capitale la «ciudad de Mexico».

Que du bonheur! Quelle ville exceptionnelle! Folle, immense, grouillante de vie, d'histoire et de cultures anciennes et contemporaines.

Habitant tout près du Zocalo, la grande place de la Constitution et coeur de la ville, je pouvais en cinq minutes me rendre visiter la cathédrale métropolitaine et les ruines du Templo Mayor aztèque et son superbe musée.

J'ai pu aussi profiter des nombreuses rues piétonnières notamment celui du cours Madero qui est rempli de monde jour et nuit. Les Mexicains aiment y déambuler en famille. Tout en profitant des nombreux spectacles de rue. On chante des tangos et des chansons populaires du haut de certains balcons.

J'ai beaucoup marché dans les rues de Mexico.

On peut même faire du vélo, le dimanche, alors que l'on ferme la grande avenue Paseo de la Reforma au trafic. Mexico a sa version locale du Bixi.

J'aime ces grandes mégapoles comme Le Caire ou New York où on peut se perdre et où le spectacle de la rue est toujours fascinant. Mexico City ne déçoit pas.

J'aime ces grandes mégapoles comme Le Caire ou New York où on peut se perdre et où le spectacle de la rue est toujours fascinant. Mexico City ne déçoit pas.

Ce n'est pas tous les jours que l'on peut entendre un concert de guitare classique (gratuit) en ayant en arrière-plan une murale de Diego Rivera.

Le musée Franz Mayer est aussi un havre de paix en plein centre-ville, avec sa cour intérieure, sa superbe bibliothèque et son exposition de meubles coloniaux.

Le grand parc de Chapultepec est aussi à voir. C'est là que se trouve le palais de l'empereur Maximilien, un Habsbourg d'Autriche «parachuté» dans la seconde moitié du 19e siècle par les puissances occidentales, après avoir renversé un réformiste mexicain.

L'histoire se termina mal pour lui. Il fut fusillé, et sa femme l'Impératrice Charlotte perdit la raison. Les Occidentaux ont dû partir. Mais cela n'est qu'un court épisode d'une longue histoire s'étalant sur plusieurs millénaires. On y trouve maintenant le musée d'histoire nationale.

Évidemment ce n'est pas en cinq jours que l'on peut tout voir de cette immense agglomération (21 millions d'habitants). Ni tout comprendre. Restons modestes.

J'ai passé une journée entière au magnifique musée national d'anthropologie me concentrant sur les civilisations de Téotihuacan,Ténochtitlan et les Mayas. Mais je n'ai vu que le tiers du musée.

On mange bien aussi à Mexico et à peu de prix. Une tortilla ou deux dans un petit boui-boui de la rue Bolivar ne coûte pas grand-chose. J'ai pu aussi découvrir d'excellentes bières que l'on ne trouve pas ici.

Ma visite du site de Téotihuacan, à une heure de la capitale, a été impressionnante. Ayant vu beaucoup de pyramides en Égypte, je peux témoigner que celle du Soleil est impressionnante, bien que bâtie beaucoup plus tard que celle de Khéops et pour un rôle tout à fait différent.

Le voyage en bus m'aura permis de constater jusqu'à quel point la ville est étendue, mais aussi de voir que la richesse est là aussi mal distribuée. Il y a les beaux quartiers de la ville où une jeunesse dorée se promène en décapotables allemandes, mais aussi des secteurs qui suintent la grande pauvreté.

Les Mexicains ne mangent pas tous à leur faim.

J'étais là lors du dimanche des Rameaux. La religiosité du peuple mexicain est bien connue. L'église où j'étais de passage était pleine de croyants en liesse. Sur le parvis se déroulait une célébration s'inspirant de thèmes moins catholiques, davantage de pré-coloniaux avec des costumes évoquant certains dieux d'antan!

On m'avait dit de faire attention. Que la sécurité en ville était douteuse. Je n'ai pas ressenti la moindre menace. Il y a beaucoup de policiers en ville et je fus toujours accueilli avec gentillesse. Il faut dire que je me débrouille en espagnol et cela a dû aider. J'imagine qu'il y a certains coins de la ville où le gringo ne se balade pas au petit matin, mais bon.

Le chauffeur de taxi qui me ramenait à l'aéroport me disait que je devais trouver le trafic complètement anarchique dans sa ville. Et bien, lui ai-je répondu, pas du tout. Vous devriez voir le bordel automobile au Caire, Beyrouth ou Istanbul! Chez vous, il y a des feux de circulation et on reste dans sa voie sans avoir la main en permanence sur le klaxon! Il avait de la difficulté à me croire.

En reprenant l'avion pour Montréal, je me disais que j'aurais dû venir au Mexique bien plus tôt.

Mais qu'il faudra que j'y revienne! D'autres sites archéologiques à voir et d'autres découvertes gastronomiques et humaines à faire.

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