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Survivre à l'enfance et à l'adolescence

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On va mettre une chose au clair tout de suite, je ne suis pas une experte en quoi que ce soit qui touche de près ou de loin à la santé mentale des enfants. Je ne peux en aucun cas prétendre orienter, conseiller, expliquer. Ou même comprendre de manière autre qu'empirique et superficielle.

Quoiqu'en y pensant à deux fois, j'en ai quand même appris une chose ou deux sur le tas au fil des années, au même titre que tous les autres parents. Ni plus ni moins. Comme eux, sans doute, à tous les stades de la vie de mes enfants, j'ai eu des craintes.

Être parent, c'est entre autres (heureusement pas exclusivement) avoir peur. Peur pour la santé de son enfant. Cela commence par la santé physique, des trucs de base, tout de suite, dès leur irruption dans votre vie. A-t-il 10 orteils? Est-ce qu'il grandit bien? Mange-t-il des petits pots trop tôt? La circonférence de son crâne suit-elle bien la courbe? Puis subtilement, tandis qu'on se rassure sur la vitalité physique du rejeton qui déjà vous mange de la soupe sur la tête, une autre crainte surgit. Est-il heureux? Adapté à son environnement? Souffre-t-il d'un problème de déficit d'attention? Souffre-t-il (ou elle, surtout) d'un trouble alimentaire? C'est à l'adolescence, quand la quête d'identité de l'enfant se déploie, je trouve, que ces inquiétudes culminent.

D'ailleurs, plusieurs maladies mentales se déclarent au tournant de l'adolescence ou encore au début de l'âge adulte.

Les troubles de santé mentale ne concernent pas que les adultes. Jusqu'à 20 % des enfants et des jeunes Canadiens pourraient souffrir d'une maladie mentale.

Depuis que je travaille avec des experts en santé mentale, il arrive parfois, assez souvent même, qu'une connaissance, une amie, une ex-collègue (ce sont des femmes surtout, c'est ainsi) me contacte en quête de ressources en santé mentale parce qu'elle s'inquiète pour son ado.

Pour certaines, la situation est critique. Il s'agit de survivre, et de trouver comment faire passer le radeau familial des eaux tourmentées à une mer plus lisse. De rescaper son jeune sans y laisser sa santé. Ces questionnements sont l'occasion pour moi de revivre un peu de l'anxiété qui a été la mienne à certains stades de l'adolescence des enfants.

Mais c'est surtout l'occasion de mesurer combien il est difficile pour un parent de déterminer si notre enfant traverse simplement une période un peu trouble ou bien s'il y a péril en la demeure. Entre les conflits inhérents à la relation parent-ado (je sais, certains n'en vivent pas, les chanceux!) et la vie moderne frénétique, difficile pour le néophyte de discerner le noir du gris. Un rappel donc selon les experts:

Les troubles de santé mentale les plus courants chez les enfants:

>Les troubles anxieux
>Les troubles du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH)
>La dépression
>Les troubles de conduite
>La psychose
>Les troubles du sommeil
>Les troubles de l'alimentation

Des comportements anormaux qui doivent alerter

>Baisse des résultats scolaires
>Éviter les amis et la famille
>Avoir de fréquents accès de colère ou de rage
>Perdre l'appétit
>Avoir de la difficulté à dormir
>Se rebeller
>Cesser de faire les choses ou les activités qu'il adorait faire
>S'inquiéter continuellement
>Changer fréquemment d'humeur
>N'être plus préoccupé par son apparence physique
>Obséder sur son poids
>Manquer d'énergie/ de motivation
>Frapper ou intimider d'autres jeunes
>Tenter de se blesser soi-même

En santé mentale des enfants, l'intervention précoce est déterminante pour l'évolution de la maladie et peut souvent faire toute la différence. Des programmes d'intervention précoce sont maintenant en place dans plusieurs institutions québécoises. Les portes d'entrées pour obtenir des soins varient, mais elles peuvent commencer par une simple consultation auprès d'un généraliste. Plus d'info ici.

Et sur une note très très personnelle, la bonne nouvelle, c'est que les enfants sont de moins en moins seuls face aux problèmes de santé mentale. Quand j'étais petite et même ado, les adultes ne me semblaient guère à l'écoute de l'éventuelle détresse des plus jeunes. Sur ce point le travail des médias pour démystifier la maladie mentale a fait œuvre utile et doit continuer.

La série sur la Santé mentale des enfants (Young Minds Matter) est une nouvelle initiative du Huffington Post destinée à ouvrir un débat sur la santé mentale et émotionnelle des enfants, de sorte que les plus jeunes se sentent aimés, appréciés et compris.

À cette occasion, son Altesse Royale la duchesse de Cambridge est rédactrice en chef invitée. Nous allons discuter des problèmes, des causes et surtout des solutions face à la stigmatisation entourant la santé mentale chez les enfants.

À LIRE AUSSI SUR LES BLOGUES

> Faisons une vraie différence pour toute une génération de jeunes enfants - Her Royal Highness The Duchess of Cambridge
> Lancement de la campagne Young Minds Matter, avec l'aide de la Duchesse de Cambridge - Arianna Huffington
>Faire l'autruche au détriment des générations futures - Doris Provencher
>Le défi de ma vie de mère - Bianca Longpré
> Pour un Québec fou de sa jeunesse - Robert Théoret
> Comment réagir quand des élèves se moquent de notre enfant à l'école? - Karine Trudel
> La santé mentale du point de vue des enfants - Karine Gagné
> Quand notre cerveau grandit de façon atypique - François Richer
> Des filles comme les autres, des filles comme nous - Françoise Garabed
> Arrête d'avoir peur pour rien! - Karine Trudel
> Dépister et travailler ensemble, c'est gagnant pour l'enfant - Nicole Desjardins

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