LES BLOGUES

L'islamisme, une tumeur bénigne?

28/04/2017 09:35 EDT | Actualisé 28/04/2017 09:35 EDT

Évoquer, même de façon succincte, les brèches institutionnelles qu'offre le multiculturalisme à l'infiltration et à l'expansion de l'islamisme semble, à première vue, une chose aisée, mais réunir un consensus autour de l'idée devient complexe. Pourtant, quelques pays européens ont déclaré que cette doctrine est un échec parce que son fonctionnement et les attentes initiales des populations n'ont pas atteint leurs objectifs à l'endroit de l'intégration des «communautés musulmanes». Si c'est le cas, est-ce pour autant suffisant pour dire que le multiculturalisme a vécu? Certes, non! Ses tenants maintiennent le cap contre le gré des sociétés d'accueil qui souvent sont en avance sur leurs dirigeants.

Au Québec, trois idées qui se complètent sont énoncées par bien des Québécois de toutes les appartenances politiques: «le Québec s'est vu imposer le multiculturalisme à la britannique; il s'agit, ni plus ni moins, que d'un aménagement avec des caractéristiques impérialistes et ségrégationnistes»; ou encore «tout cela est fait en opposition à l'identité et à la culture françaises dans une Amérique du Nord toujours en pleine transformation»; enfin «d'un côté, le multiculturalisme au Québec renforce l'identité et la culture des Anglophones et d'un autre côté, il fragilise celles des Francophones...»

Alors, une question s'impose: comment peut-on parler de multiculturalisme alors que ce sont deux identités (solitudes) - et non pas plusieurs - d'origine européenne qui s'endurent et, comme le soulignent quelques-uns, deux cultures qui ont nié celle des autochtones et n'acceptent que par nécessité les autres, celles des immigrations récentes?

À quelques exceptions près, les attributs et les dominantes de l'histoire du multiculturalisme canadien confirment que les quelques «amitiés ou sympathies» qui se sont tissées au fil du temps, mais n'empêchent pas que les populations autochtones aient été assiégées, investies et parquées dans des réserves. Il s'agit certes de la partie complexe de l'histoire alors que l'actualité est autrement plus délicate et certainement à revisiter.

Bien des chercheurs, anthropologues, sociologues, ethnologues se sont penchés sur la question et ont proposé différentes lectures. Les plus sérieuses sont qualifiées de fragiles parce qu'entachées d'un parti pris inavouable au point où ceux qui les ont commandées les classent sans suite.

Ces manquements sont reproduits en ce qui a trait aux études sur l'immigration, son apport, ses difficultés d'intégration, sa participation effective dans bien des sphères de la vie publique. Parfois, ce sont les défauts de qualifications ou d'expertises des membres des groupes d'études qui incitent à des questionnements probants.

Le plus absurde, dans ce cafouillis c'est que les mauvaises habitudes sont tenaces. Les experts, les spécialistes, les sociologues, les psychologues du multiculturalisme et les politologues de salon poursuivent leurs analyses spécieuses dans leurs tours d'ivoire, pendant que la majorité est maintenue dans l'incertitude et finit par rejeter «tout étranger» qui ne respecte pas les lois que leurs élus ont adoptées.

Le sens commun étant pour «une société, certes inclusive», mais aussi «une société qui intègre mieux ses nouveaux arrivants et toujours, une société ouverte...» il n'empêche qu'il s'interroge sur le pourquoi du rejet des valeurs, des principes et du mode de vie façonnés depuis plus quatre siècles, par celles et ceux, qui venus d'ailleurs, refusent de vivre et ne veulent pas des institutions civiles existantes au point de les accuser de faire dans le racisme institutionnel. Pourquoi, ils ne veulent pas de cette société accueillante que les premier ministre et ministre de l'inclusion mettent de l'avant?

Malgré ces accusations, ces groupes constitués de quelques individus, réfractaires à la société de progrès et de développement, ont l'attention de bien des élus, des médias, des bien-pensants, même s'ils n'ont jamais caché leur refus de s'intégrer en clamant haut et fort que: «Nous voulons vivre au Québec (ou ailleurs dans le monde occidental), mais pas sous ses lois civiles. Nous ne voulons pas les lois que ses assemblées nationales ont votées. Nous ne voulons pas les lois que ses élu-e-s ont adoptées en consensus proclamé. Ce que nous voulons, c'est vivre sous nos lois religieuses, celles de notre code religieux, la charia...»

L'Islamisme est devenu un mal nécessaire

Malgré bien des avertissements, divers décryptages émis par quelques citoyens éclairés venus d'ailleurs, les gouvernants ne les entendent pas. Ils se complaisent à regarder par leurs œillères les symboles ostentatoires en courtisant celles et ceux qui les portent. Les politiques deviennent perfides et bien des médias se font complices de cette cause dont ils ne cernent ni les pourtours ni les éléments constitutifs.

Ces mêmes gouvernants parlent! Mais ils n'agissent pas et, s'ils agissent, les effets de leurs actions sont désastreux parce qu'ils vont à l'encontre des aspirations de la majorité. Il faut tout un travail pédagogique pour les inciter à un meilleur discernement. Pendant ce temps, les groupuscules revendicateurs, les pseudos représentants de la «communauté», ces activistes, s'affichent sans gêne et ont pignon sur rue, alors que la cohésion citoyenne et sociale est fissurée. Le sens commun recommande que la laïcité soit institutionnalisée afin que les esprits s'apaisent et que les énergies soient mieux réparties. Malheureusement, l'écoute n'y est pas. Goethe avait pourtant averti: «Parler est un besoin, mais l'écoute est un art».

Les lois civiles vs. les lois islamistes

Comme partout ailleurs, les porteurs de l'Islamisme savent que leur idéologie est devenue un mal nécessaire. Il interpelle tous les acteurs politiques, éducationnels et sociaux avec pour les uns une affection qui va jusqu'à devenir une passion et pour les autres une inquiétude qui devient une obsession, mais tous envisagent des jours de plus en plus sombres.

Les gouvernants libéraux ne veulent pas admettre que l'islamisme est une tumeur et que leur diagnostic est erroné. Ils expliquent qu'elle est bénigne et qu'il n'est pas nécessaire de la racler. «Ce n'est qu'une tumeur qui ressemble à une greffe qui a mal pris et avec laquelle les Québécois s'habitueront de vivre... grâce à leurs politiques inclusives», m'avait dit un influent faiseur d'opinions. Mais les faits contredisent cette assertion, ai-je répliqué, ils nous apprennent qu'il existe deux types de tumeurs bénignes et celle qui nous intéresse peut grossir et s'étendre au point d'être mortelle parce qu'elle occupe tous les espaces disponibles ou rendus inoccupés par manque de politiques appropriées. Silence!

Les islamistes savent que c'est l'alliance contre nature que commettent les libéraux avec d'une part, les «pseudo gauchistes» qui n'ont rien de «social» et d'autre part, les groupuscules qui se créent, çà et là, qui véhiculent leur message et renforce leur position. Ils savent qu'en dénigrant les politiques et les institutions, ils sont mieux perçus et vus. Leur mode opératoire consiste à ne respecter aucune loi, si ce n'est la leur, aucune idéologie si ce n'est la leur. Ils n'ont confiance en aucun législateur que celui configuré par Al Quaradawi, leur chef spirituel. Il se résume comme suit: «Avec vos lois démocratiques (civiles), nous vous coloniserons. Avec nos lois islamistes (coraniques), nous vous dominerons». Pour le mettre en œuvre, ils utilisent tous les moyens qui servent à assoir leur visibilité en frappant les esprits par des actes et des actions singulières.

Leurs agissements contrarient les équilibres citoyens et incitent à revisiter les libertés individuelles et même collectives pour remettre en question les lois civiles en vigueur et les remplacer par celles de leur ligue (Rabita). Celles-ci doivent être applicables d'abord aux citoyens originaires des pays arabo-musulmans et aux convertis afin que soit accordé leur soutien, même s'il est très insignifiant.

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST

Les billets de blogue les plus lus sur le HuffPost

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter