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Dangers du wahhabisme et complaisances occidentales

30/11/2016 08:23 EST | Actualisé 30/11/2016 08:23 EST

« Le fanatisme est un monstre qui ose se dire le fils de la religion » - Voltaire

Évoquer l'arrivée en force de Donald Trump dans le monde des dirigeants les plus influents de la planète ainsi que la question première qui me vient à l'esprit est de savoir si cette arrivée change-t-elle fondamentalement la donne et les contours du nouvel ordre mondial ?

Bien entendu, elle est sur les langues de tous les observateurs et analystes pris de cours par sa stratégie de prise du pouvoir étatsunien et ne sachant plus comment lire les tendances qui s'affichent sur la scène politique.

D'autres interrogations sont inventoriées telles que celles-ci : est-ce que Trump aura la marge de manœuvre nécessaire pour réaliser ses projets ? Tiendra-t-il les promesses faites à ses électeurs ? Le mur avec le Mexique ; la fin du Partenariat Trans-Pacifique ; le rejet des musulmans... Que devrait-il faire avec l'Arabie saoudite et son rejeton qatari et l'idéologie salafo-wahhabiste qu'elle répand à travers le monde ?

Attentats terroristes et victimisation : les deux faces de la même médaille

Dans les faits, rien ne changera si ce n'est quelques paramètres pour rééquilibrer la conjoncture au seul bénéfice des É.-U. et de leurs alliés. Les manifestations de ces idéologies se révèlent constamment, soit par des attentats contre les personnes et leurs biens, soit par la victimisation, presque martyre, de leurs ouailles, soit encore par la perfidie de leurs actions utilisant les médias de masse toujours à la recherche du sensationnel. Un des objectifs de ces pratiques est de mettre en position de rejet tous les musulmans afin qu'ils se tournent tous contre les sociétés d'accueil.

Ce qui surprend le plus, au plan macro-politique, c'est l'aveuglement simulé des gouvernants de tout bord aux activistes islamistes et autres extrémistes qui ne reculent devant rien pour imposer leur diktat alors qu'au plan micro-politique c'est d'observer l'organisation de rencontres portant sur des thèmes controversés chez les citoyens musulmans. Au cours de ces rencontres sont banalisées des questions aussi sérieuses la laïcité, la démocratie, l'égalité des droits entre les femmes et les hommes, le féminisme ou encore « les libertés individuelles dans un état de droit » « la place des minorités dans les sociétés d'accueil », etc.

Mais dans les faits demandons-nous pourquoi les gouvernements occidentaux sont aussi laxistes et complaisants envers ces propagandistes et autres djihadistes violents ou leurs alter egos activistes soi-disant pacifiques ?

De l'origine des conflits de guerre et de leurs effets sur le reste du monde

Rappelons-nous des années 90. Nous savons que suite à une accalmie, d'à peine 10 ans, après la Seconde Guerre mondiale le monde renoue avec les guerres ; réfléchies et attisées dans les officines occidentales elles se déclarent dans d'autres pays, d'autres régions et contrées du monde. Elles ne viennent pas seules. Elles sont souvent accompagnées de leurs lots d'événements imprévisibles dans leurs formes, leurs intensités ainsi que dans leurs conséquences et impacts sur des populations non préparées à les endurer.

Nous observons aussi que depuis le début de cette décennie 90 le monde est en perpétuel changement : au Moyen-Orient (Irak avec le Kurdistan comme cœur du fléau ; La Syrie, le Yémen, la Libye...) ; en Europe de l'Est (Allemagne, ex-URSS, ex-Yougoslavie, ex-Tchécoslovaquie,) et en Afrique (Soudan). Chaque décennie se voit imprimer de nouveaux pactes, de nouvelles négociations, de nouveaux engagements tels que ceux constatés depuis la guerre du Golfe qui opposa l'Irak de Saddam Hussein à une coalition de 34 États, soutenue par l'Organisation des Nations Unies. Elle a été le déclenchement d'une série de déstabilisation et de destruction de pays, villes et villages du Moyen-Orient.

Les conflits redoublent de violence et la puissance des armes utilisées n'a d'égale que la détermination et l'endurance à y faire face des populations affectées. L'amplitude des conflits n'est pas forcément circonscrite, mais essaime dans le monde et dépasse les frontières pourtant sûres des pays où siègent les plus grands penseurs des guerres des temps modernes.

Des centaines de milliers de personnes ont été déplacées des foyers de guerres vers des territoires plus tranquilles, laissant aux polémarques de l'OTAN et des complexes militaro-industriel et alimentaire, les possibilités d'occuper plus d'espaces, d'enrichir encore plus les riches et d'appauvrir les plus vulnérables.

Malgré cela, dans les pays du Nord des incertitudes prennent de plus en plus la forme de croisements dangereux et imprévus en raison des impacts réalisés par les tentatives d'implantation de modèles sociopolitiques dérivés des pratiques géostratégiques réfléchies dans des tours d'ivoire. Donald Trump est-il l'homme de la conjoncture pour limiter les dégâts ? Ce n'est pas évident, disent bien des dirigeants des pays alliés, cependant, c'est le seul qui propose de modifier le plan de charge en redéfinissant le modèle d'implantation de la démocratie dans des pays en décalage sur les droits humains et les nouvelles technologies.

Selon, les sociétés civiles, des témoins et chercheurs qui n'ont pas droit au chapitre des médias de masse, la démocratie inachevée en Occident - où se constatent des remises en question des gouvernances sont observées - est perçue comme étant incompatible avec des identités diverses et des cultures multiples affichant entre elles des dénivellations souvent abruptes. Cela ne se fait pas sans dégâts.

Le wahhabisme religion ou idéologie ?

Au Canada et au Québec, le wahhabisme est comme partout où il s'implante, aussi perfide que l'Albion et l'Oncle Sam qui l'ont aidé à naître et à s'étendre. Sous couvert d'alliances et de coalitions de soutien qui ciblent les groupes sociaux originaires du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, ainsi que tous ceux qui se déclarent musulmans.

Il vise en particulier les plus vulnérables en raison de leurs difficultés de s'adapter et de s'intégrer aux sociétés d'accueil ainsi que la déculturation qu'ils sont vécus dans leur pays d'origine en leur offrant une identité fondée sur la religion plutôt que sur la citoyenneté.

Or, beaucoup considèrent que tant que les partis politiques, leurs militantes et leurs militants, tant que les citoyennes et les citoyens, tant que toutes les sociétés civiles où qu'elles soient - y compris celles du Québec et au Canada - n'ont pas saisi, compris et intégré que - à titre indicatif - le voile, le tchador, le foulard, le hijab, etc. n'ont rien de religieux, mais qu'ils sont les instruments et fers de lance de la propagation de l'idéologie wahhabite (et non pas celle de l'islam) avant l'implantation des tribunaux islamiques, ce sera peine perdue de tenter de les en convaincre.

La seule dimension qui compte et dont il faut maintenir la portée - contre vents et marées - c'est de continuer à expliquer que le Wahhabisme est un cadeau empoisonné. Il remet en question toutes les valeurs universelles acquises de haute lutte en matière de libertés individuelles, de liberté de conscience, d'égalité de droits et de devoirs entre les hommes et les femmes, d'accès équitable aux mêmes chances de développement humain et de droits sociaux.

Or, ce qu'il faut déterminer avant qu'il ne soit définitivement trop tard c'est que si le wahhabisme est une religion, il faut le traiter comme toutes les religions, si c'est comme tout le monde le sait une idéologie il faut le considérer comme tel. Cela ne peut pas être les deux.

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