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Le Québec va mal

L'État québécois est malmené, de l'intérieur comme de l'extérieur. Jamais le Québec n'a-t-il semblé disposer d'un aussi mauvais rapport de force face à l'ennemi.

08/09/2017 10:09 EDT | Actualisé 08/09/2017 10:09 EDT
Gregi69 via Getty Images

Appel aux délégués du 17e congrès national du Parti Québécois

Le Québec va mal. La nation va mal. La situation du français sur les îles de Laval et de Montréal est pitoyable. Les Québécois n'en ont pas pour leur argent quant aux sommes astronomiques payées en taxes et impôts. L'État québécois est malmené, de l'intérieur comme de l'extérieur. Jamais le Québec n'a-t-il semblé disposer d'un aussi mauvais rapport de force face à l'ennemi.

Il est néanmoins permis d'oser espérer que les délégués du 17e congrès national du Parti québécois ne soient pas comme ça.

Devant pareille situation, certains jouent à l'autruche. D'autres préfèrent carrément s'en réjouir. Le supplice n'en sera que moins long, doivent-ils se dire... Il est néanmoins permis d'oser espérer que les délégués du 17e congrès national du Parti québécois ne soient pas comme ça. Qu'on le veuille ou non, à court et à moyen terme, le sort du Québec et la question nationale sont intimement liés à l'action du parti. Blâmer les libéraux, les radios de Québec, Justin Trudeau ou Gabriel Nadeau-Dubois ne réglera absolument rien. Les délégués ont le pouvoir de changer radicalement le cours de l'Histoire. Les délégués ont le pouvoir d'engager le Québec sur le chemin de la réussite, le chemin de la liberté, le chemin de la puissance.

Le débat tabou

Depuis 1995, tous les chefs du PQ, sans aucune exception, ont cherché des façons de « gérer » l'étapisme. Ils ont tous repoussé l'engagement de tenir un référendum sur l'indépendance du Québec : conditions gagnantes, assurance morale de gagner, gouvernance souverainiste, les mil dodos, etc. Cela met au grand jour le seul véritable problème stratégique qui mine le parti, qui le castre quant à sa mission première.

Le débat sur l'idée même du référendum dure depuis le début des années 1970, soit depuis l'arrivée de Claude Morin au parti. Il a continué entre la dégelée de 1980 et le vol de 1995. Il a pris un nouveau souffle avec le texte Revoir le cadre stratégique de Robert Laplante en 2004, texte qui a engendré la proposition Parizeau-Laplante au 15e congrès du parti en 2005, puis à la naissance du parti Option nationale en 2011. Ce débat, personne ne semble vouloir le mener jusqu'au bout. Pourtant cela est catastrophique pour le parti, et encore plus pour le Québec.

Le chef a le mérite d'être assez lucide pour comprendre que la question du référendum nuit à l'élection d'un gouvernement autre que libéral. Or, il faut débattre de l'essentiel et ne pas simplement repousser l'idée de la tenue d'un référendum après un premier mandat, après 2022.

Ainsi, une proposition adoptée par les membres du comté de Deux-Montagnes sera soumise aux délégués du congrès. Cette proposition respecte la volonté du chef actuel de maintenir le Québec dans son cadre provincial durant le prochain mandat. Cependant, cette proposition amène une toute nouvelle dynamique dès l'élection suivante, celle de 2022, en mettant l'indépendance au cœur de la joute électorale, en proposant d'en déclencher le processus par l'élection d'un gouvernement à la majorité des sièges. Voilà l'objet du premier amendement à figurer au cahier des propositions soumises aux délégués.

L'ennemi compte déjà cette proposition pour battue. En fait, il l'espère. Certains se lamentent déjà de ce qu'une élection référendaire serait suicidaire. Pourtant, il n'en est rien. Les élections reviennent tous les quatre ans. Aussi, si celle de 2022 n'est pas la bonne, il sera toujours le temps de proposer un meilleur programme d'État indépendant en 2026, voire après. Or, une troisième défaite référendaire, elle, serait très difficile à surmonter. 1980 et 1995 ne cessent de nous faire du mal. Très mal.

Délégués, à vous de choisir entre l'indépendance et le serment à la Reine. À vous de choisir entre l'agonie et l'audace.

Bâtissons notre État par le truchement de la souveraineté du Parlement. Suivons l'exemple du Canada et choisissons l'indépendance sans référendum. Sortons les libéraux en 2018. Proposons un programme d'État indépendant en 2022. Réalisons l'indépendance.

Vive la liberté.

Vive l'indépendance.

Vive le Québec libre.