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    <title>The Blog</title>
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     <updated>2013-05-21T13:50:10Z</updated>
    
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	    <title>Isabelle Baez: Lettre ouverte au SPVM</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.3312345</id>
    
    <published>2013-05-21T13:50:05Z</published>
    <updated>2013-05-21T13:50:10Z</updated>
    
    <summary>Samedi 18 mai, se tenait à Montréal la manifestation «Un statut pour tous et toutes». Cette manifestation comprenait quatre contingents qui convergeaient tous vers le Carré Phillips, au centre-ville. Tout comme les autres rassemblements qui se sont déroulés les dernières semaines, celui de samedi s&#039;est fait dans une ambiance festive. Pourtant, les autres manifestations, pour ne citer que celle du 22 mars, du 5 avril et du 1er mai, ont été réprimées par vos services et ont donné lieu à des arrestations de masse. J&#039;aimerais donc que vous expliquiez à la population sur quels critères vous vous basez pour appliquer le règlement P-6.</summary>
    <author>
        <name>Isabelle Baez</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/isabelle-baez/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/theblog/">
        &lt;p&gt;Samedi 18 mai, se tenait à Montréal la manifestation «Un statut pour tous et toutes». Cette manifestation comprenait quatre contingents qui convergeaient tous vers le Carré Phillips, au centre-ville.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Vous trouverez ci-dessous, le tract qui accompagnait cet événement et qui montre clairement la position des divers organisatrices et organisateurs des marches: aucun itinéraire ne serait fourni au SPVM. De plus, on invitait les participant(e)s à se masquer.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Or, dans un &lt;a href=&quot;http://www.lapresse.ca/videos/actualites/201305/18/46-1-rassembles-pour-soutenir-les-sans-papiers.php/4d849147e47e4d508483f55e36afe232&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;court reportage vidéo de Denis Wong&lt;/a&gt; pour le journal &lt;em&gt;La Presse&lt;/em&gt;, il est dit que la manifestation s&#039;est déroulée après divulgation de l&#039;itinéraire à la police. J&#039;ai depuis vérifié cette information, à la fois auprès des personnes ayant organisé la marche ainsi qu&#039;auprès du journaliste, et il s&#039;avère qu&#039;aucun itinéraire n&#039;a été fourni à vos services alors que vous avez affirmé le contraire. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Tout comme les autres manifestations qui se sont déroulées les dernières semaines à Montréal, celle de samedi s&#039;est faite dans une ambiance festive. Pourtant, les autres manifestations, pour ne citer que celle du 22 mars, du 5 avril et du 1er mai, ont été réprimées par vos services et ont donné lieu à des arrestations de masse, des souricières desquelles les manifestant(e)s n&#039;ont pu sortir qu&#039;après avoir reçu une amende de 637$.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Plusieurs participant(e)s à ces manifestations ont par ailleurs été retenu(e)s les mains attachées pendant de longues heures et n&#039;ont eu accès à aucun service essentiel, comme à de l&#039;eau ou à des toilettes. Certaines de ces personnes ont de plus été brutalisées par des membres du SPVM, comme en témoignent nombre de vidéos.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;J&#039;aimerais donc que vous expliquiez à la population sur quels critères vous vous basez pour appliquer le règlement P-6, étant donné que vous avez justifié les arrestations de masse citées plus haut par le fait qu&#039;aucun itinéraire ne vous avait été fourni. Hier, des centaines de personnes ont marché sans vous avoir donné leur itinéraire à travers plusieurs quartiers de Montréal, bloquant des artères principales comme la rue St-Denis, et déambulant parfois masquées. Vous n&#039;avez pourtant ni empêché la manifestation ni procédé à des arrestations.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Surtout, je tiens à dénoncer vos mensonges en ce qui concerne un itinéraire qui aurait été donné. Espériez-vous que ces mensonges ne seraient pas rendus publics, que vos dires ne seraient pas vérifiés et, au bout du compte, qu&#039;ils permettraient de passer sous silence le profilage politique qui se cache à peine sous le règlement municipal P-6?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;J&#039;attends avec impatience vos explications.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;center&gt;&lt;HH--236SLIDEEXPAND--293383--HH&gt;&lt;/center&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;center&gt;&lt;p  style=&quot; margin: 12px auto 6px auto; font-family: Helvetica,Arial,Sans-serif; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 14px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; -x-system-font: none; display: block;&quot;&gt;   &lt;a title=&quot;View Marcher pour un statut pour tous et toutes sous P6: les droits et risques on Scribd&quot; href=&quot;http://www.scribd.com/doc/142756389/Marcher-pour-un-statut-pour-tous-et-toutes-sous-P6-les-droits-et-risques&quot;  style=&quot;text-decoration: underline;&quot; &gt;Marcher pour un statut pour tous et toutes sous P6: les droits et risques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;iframe class=&quot;scribd_iframe_embed&quot; src=&quot;http://www.scribd.com/embeds/142756389/content?start_page=1&amp;view_mode=scroll&quot; data-auto-height=&quot;false&quot; data-aspect-ratio=&quot;undefined&quot; scrolling=&quot;no&quot; id=&quot;doc_55731&quot; width=&quot;100%&quot; height=&quot;600&quot; frameborder=&quot;0&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;&lt;/p&gt;
        
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	    <title>Dr. Peggy Drexler: Le complexe de la mère au travail</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.3312342</id>
    
    <published>2013-05-21T12:15:32Z</published>
    <updated>2013-05-21T13:49:31Z</updated>
    
    <summary>VIE DE FAMILLE - Avant que le deuxième fils de Lori et James ne naisse à l&#039;automne dernier, le couple a échafaudé un plan. Après son court congé maternité, Lisa retournerait travailler comme conseillère technique, tandis que James quitterait son poste d&#039;avocat pour rester à la maison avec les garçons.</summary>
    <author>
        <name>Dr. Peggy Drexler</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/peggy-drexler/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/theblog/">
        &lt;p&gt;Avant que le deuxième fils de Lori et James ne naisse à l&#039;automne dernier, le couple a échafaudé un plan. Après son court congé maternité, Lisa retournerait travailler comme conseillère technique, tandis que James quitterait son poste d&#039;avocat pour rester à la maison avec les garçons.&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;&quot;Nous voulions tous les deux que l&#039;un d&#039;entre nous reste à la maison avec les enfants&quot; explique Lori. &quot;Je gagnais plus d&#039;argent, mes horaires étaient plus flexibles, et j&#039;aimais aussi bien plus mon travail que lui à l&#039;époque: cela semblait donc logique que si l&#039;un d&#039;entre nous devait rester à la maison, ce serait lui&quot;.&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Pendant un temps, ce nouvel arrangement a très bien fonctionné -au moins sur le plan logistique. Mais lentement et sûrement, Lori a commencé à éprouver de plus en plus de doutes. Elle se retrouvait à travailler dix heures par jour et retournait à la maison pour faire face à des piles de linge sale et des enfants affamés. Elle se plaçait sur la défensive quand ses amis parlaient de James comme étant &quot;au chômage&quot;, comme s&#039;ils le considéraient comme un mari fainéant. Mais pour elle, le plus difficile était le sentiment de devoir relativiser son apport financier au foyer et de montrer son soutien à son mari tout en le rassurant sur sa masculinité.&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;&quot;Je voulais qu&#039;il se sente important et estimé parce que je l&#039;aimais&quot; explique-t-elle. &quot;Mais je ne pouvais pas m&#039;empêcher de me demander: est-ce que je suis vraiment en train de m&#039;excuser pour gagner de l&#039;argent?&quot;.&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Alors que de plus en plus de femmes rentrent -et restent- sur le marché du travail, aux Etats-Unis, elles sont aussi de plus en plus nombreuses à rapporter le plus d&#039;argent au foyer. &lt;a href=&quot;http://www.pewsocialtrends.org/2010/01/19/women-men-and-the-new-economics-of-marriage/&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;Le Pew Research Project a ainsi établi&lt;/a&gt; que le nombre d&#039;Américaines dont les revenus sont au même niveau que ceux de leurs maris est passé de 4% en 1970 à 22% en 2007. Mais bien que les hommes semblent accueillir avec plaisir (pour la plupart) l&#039;arrivée d&#039;un double revenu au foyer et les mariages où les responsabilités sont partagées, il y a un hic: il veulent rester le principal soutien de famille. Ceci étant, la femme peut continuer à ajouter du beurre dans les épinards... tant qu&#039;elle n&#039;est pas la seule et qu&#039;elle en rapporte moins.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://libra.msra.cn/Publication/36773903/the-effect-of-men-s-breadwinner-status-on-their-changing-gender-beliefs&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;Une étude dans le journal &lt;em&gt;Sex Roles&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; a démontré que tout en acceptant mieux que les femmes travaillent, la jeune génération masculine reste réticente à accepter leur rôle de co-soutien de famille. Ce résultat fait écho à celui &lt;a href=&quot;http://www.contemporaryfamilies.org/marriage-partnership-divorce/menchange.html&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;d&#039;une étude du Council on Contemporary Families&lt;/a&gt; ayant établi que, malgré une baisse de la pression sociale qui décourageait autrefois les femmes à travailler hors du foyer, la pression s&#039;exerçant sur les maris en tant que soutien de famille, elle, perdure.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans le même temps, &lt;a href=&quot;http://familiesandwork.org/site/research/reports/newmalemystique.pdf&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;selon un rapport de 2008 issu du Families and Work Institute&lt;/a&gt;, la traditionnelle répartition des rôles cède peu à peu à une &quot;nouvelle normalité&quot;, à la fois égalitaire et difficile: une étude conduite par le centre a ainsi établi que 60% des hommes dans un mariages à double revenu font état de conflits travail/famille, contre 35 % en 1977.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le fait est que même parmi les couples les plus libérés, les plus en phase avec leur temps, la certitude que c&#039;est à l&#039;homme de ramener plus d&#039;argent reste bien ancrée. Quand ce n&#039;est pas le cas, des tensions peuvent survenir entre &quot;femelles &lt;em&gt;alpha&lt;/em&gt;&quot; et &quot;mâles &lt;em&gt;beta&lt;/em&gt;&quot;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Nicole, une rédactrice de magazine influente, s&#039;est rendue compte que c&#039;était le cas avec son mari, Peter, un artiste travaillant à mi-temps dans un café (&quot;surtout pour l&#039;ambiance et le café gratuit&quot; m&#039;a-t-elle confié). Quand il a perdu son travail et décidé de se consacrer totalement à son art, Nicole a eu du mal à être toujours compréhensive, à montrer son soutien -notamment par rapport à son sentiment d&#039;émasculation quand il devait lui demander du liquide- et à croire qu&#039;il retrouverait facilement du travail s&#039;il essayait vraiment. Elle s&#039;est aussi retrouvée à compter sur l&#039;attention de Peter:&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;&quot;Je voulais vraiment qu&#039;il m&#039;attende pour dîner quand je rentrais tard. Et que les factures soient payées. Et que l&#039;évier ne déborde pas d&#039;assiettes sales&quot;, explique-t-elle. &quot;Je ne m&#039;attendais pas forcément à ce qu&#039;il me remercie d&#039;aller travailler -j&#039;adore travailler et je n&#039;imaginerais pas arrêter- et je ne considérais pas forcément cette attention comme un dû mais je comptais dessus&quot;.&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;D&#039;un point de vue rationnel, Nicole était consciente que c&#039;était une bonne chose pour elle de gagner autant d&#039;argent et de faire partie du mouvement vers l&#039;égalité au travail. Elle n&#039;avait pas choisi d&#039;épouser Peter parce qu&#039;elle s&#039;attendait à ce qu&#039;il assure ses repas et appréciait énormément sa passion pour son art. D&#039;un point de vue émotionnel, en revanche, elle voulait qu&#039;il gagne plus ou, au moins, autant qu&#039;elle.&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;&quot;Je ne voulais pas une approbation constante, mais au moins de temps en temps&quot;, déclare-t-elle.&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Peter, de son côté, était de plus en plus déprimé. Il essayait de ne pas en vouloir à Nicole pour ses revenus -c&#039;était après tout, ce qui lui permettait de survivre sans travail- mais il ne pouvait pas s&#039;empêcher de se sentir comme un citoyen de seconde zone dans sa propre maison. C&#039;est courant: dans son livre &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/Breadwinner-Wives-Men-They-Marry/dp/0882822152&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;Breadwinner Wives and the Men they Marry&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, Randi Minetor écrit que bien des hommes sans emploi ou gagnant peu se sentent blessés par ce qu&#039;il ressentent comme une baisse de leur statut. Leur estime personnelle peut en souffrir.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;A travers son projet Bread and Roses, qui suit des couples américains et canadiens où les femmes sont les premiers soutiens de famille, la professeur Andrea Doucet de l&#039;Université Carleton a ainsi établi que les hommes peuvent avoir des difficultés avec les attentes sociales selon lesquelles les maris devraient toujours être ceux qui assurent financièrement, et qu&#039;&quot;on ne peut pas simplement inverser les genres&quot;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;C&#039;est pourquoi pour de nombreuses femmes, le pouvoir financier n&#039;a pas vraiment créé l&#039;équilibre qu&#039;elle espéraient. Bien des femmes gagnant de l&#039;argent rapportent ressentir une forte pression financière -ce que les hommes ressentent depuis des années. Mais il est aussi très probable qu&#039;à mesure du temps, on verra les femmes et les hommes se passer d&#039;avantage le relais pour assurer les finances familiales -signe d&#039;une vraie égalité dans le mariage. D&#039;ici là, Lori a bien résumé l&#039;état actuel des choses:&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;&quot;De même que je dois jongler sur la façon de retourner au travail après les enfants tout en conservant l&#039;impression de remplir mes devoirs maternels, il doit jongler avec l&#039;idée de ce que signifie, pour un homme, le fait de ne pas y retourner. Nous nous posons la même question -qui suis-je?- et nous recherchons la même approbation. Mais nous sommes toujours les mêmes personnes&quot;.&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.forbes.com/fdc/welcome_mjx.shtml&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;&lt;em&gt;Ce texte est d&#039;abord paru sur Forbes.com&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
        
    </content>
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	    <title>Pierre-André Taguieff: Comment expliquer la violence de l&#039;antisémitisme?</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.3293792</id>
    
    <published>2013-05-20T12:43:24Z</published>
    <updated>2013-05-20T12:50:35Z</updated>
    
    <summary> Ce qu&#039;il est convenu d&#039;appeler d&#039;une façon générale l&#039;&quot;antisémitisme&quot; -improprement- ou la &quot;judéophobie&quot; pourrait être défini simplement, du point de vue des victimes, comme l&#039;ensemble des violences subies par les Juifs dans l&#039;Histoire.  Mais l&#039;existence de victimes juives implique celle de leurs agresseurs ou de leurs &quot;bourreaux&quot;, dont les motivations et les actes peuvent être qualifiés, toujours aussi improprement, d&#039;»antisémites&quot; - car ce ne sont pas &quot;les Sémites&quot; qui sont visés par les &quot;antisémites&quot;, mais bien &quot;les Juifs&quot;.</summary>
    <author>
        <name>Pierre-André Taguieff</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/pierreandre-taguieff/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/theblog/">
        &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Violences et modes de rationalisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ce qu&#039;il est convenu d&#039;appeler d&#039;une façon générale l&#039;&quot;antisémitisme&quot; -improprement- ou la &quot;judéophobie&quot; pourrait être défini simplement, du point de vue des victimes, comme l&#039;ensemble des violences subies par les Juifs dans l&#039;Histoire. Mais l&#039;existence de victimes juives implique celle de leurs agresseurs ou de leurs &quot;bourreaux&quot;, dont les motivations et les actes peuvent être qualifiés, toujours aussi improprement, d&#039;&quot;antisémites&quot; - car ce ne sont pas &quot;les Sémites&quot; qui sont visés par les &quot;antisémites&quot;, mais bien &quot;les Juifs&quot;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img alt =style=&quot;float: right; margin:20px&quot; &quot;sommeil&quot; src=&quot;http://images.huffingtonpost.com/2013-05-14-DictionnaireRacisme.jpeg&quot; width=&quot;108&quot; height=&quot;150&quot;&quot;align=&quot;right&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les acteurs &quot;antisémites&quot; se caractérisent par ce qu&#039;ils croient, ce qu&#039;ils perçoivent et ce qu&#039;ils font. Leur &quot;antisémitisme&quot; est identifiable à plusieurs niveaux: ceux, respectivement, des préjugés et des stéréotypes, des pratiques ou des conduites (individuelles ou collectives), des fonctionnements institutionnels, des modes de pensée, des idéologies ou des visions du monde. Aussi faut-il inclure dans l&#039;extension du terme &quot;antisémitisme&quot;, ou plus exactement dans celle du terme &quot;judéophobie&quot;, les attitudes (opinions et croyances) et les comportements des divers responsables des actes de violence visant spécifiquement le peuple juif: concepteurs, décideurs, organisateurs, exécuteurs. Sans oublier les témoins, qui peuvent se rendre complices des acteurs antijuifs, par complaisance ou indifférence.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ces violences sont polymorphes, et leur intensité varie: elles vont des menaces et des injures aux attaques meurtrières, en passant par divers modes d&#039;exclusion sociale. Elles mêlent donc l&#039;agression physique, la ségrégation, le traitement discriminatoire et la stigmatisation - c&#039;est-à-dire l&#039;exclusion symbolique: entre l&#039;injure et la menace. Dans les multiples formes de mise à l&#039;écart visant les Juifs, la violence physique, la coercition sociale et la violence symbolique entrent en composition selon des proportions variables. On peut ainsi ordonner les diverses manières de faire violence aux Juifs selon leur radicalité croissante: stigmatisation permanente, conversion (ou assimilation) forcée, discrimination (inégalités de traitement), ségrégation (mise à l&#039;écart, séparation contrainte), expulsion de masse, agression physique (pogrome, acte terroriste), extermination de masse (judéocide nazi, ou Shoah). &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les menaces et les injures, fondées sur des préjugés et des stéréotypes (les Juifs sont &quot;cupides&quot;, &quot;rapaces&quot;, dotés d&#039;un &quot;esprit de clan&quot;, d&#039;un &quot;esprit subversif&quot; ou &quot;dissolvant&quot;, etc.), des thèmes d&#039;accusation et des rumeurs malveillantes, accompagnent chacun de ces moments de la violence antijuive. Il en va de même pour les théorisations de ces violences, les grands récits antijuifs: ces derniers, longtemps structurés par des représentations d&#039;ordre théologique (les Juifs &quot;déicides&quot;, meurtriers rituels, profanateurs), ont pris dans la période moderne la forme de constructions idéologiques ou de visions du monde centrées sur un certain nombre d&#039;accusations (parasitisme social, cosmopolitisme, conspiration pour la domination du monde).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La double fonction de ces grands récits est de légitimer les violences antijuives par différentes formes de rationalisation (théologique, politique, &quot;scientifique&quot;) tout en mobilisant les masses contre les Juifs, donc en entretenant ou en stimulant leur haine ou leur crainte à l&#039;égard de ce peuple jugé à la fois &quot;étranger&quot; par nature (inconvertible, &quot;inassimilable&quot;) et intrinsèquement hostile et corrupteur (&quot;fils du Diable&quot;, &quot;bête de proie&quot;, &quot;ferment de décomposition&quot;). &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;On retrouve ainsi, interprétée d&#039;une façon variable selon les contextes sociohistoriques, l&#039;une des plus anciennes accusations visant les Juifs, présente dans le monde antique: l&#039;accusation de &quot;haine du genre humain&quot;. Interprétée dans l&#039;Antiquité comme expression d&#039;un exclusivisme ou d&#039;un séparatisme déplorables, puis d&#039;une &quot;xénophobie&quot; ou d&#039;un ethnocentrisme propre au peuple juif (&quot;ils se tiennent entre eux&quot;, &quot;ils nous méprisent et nous haïssent&quot;), s&#039;accompagnant d&#039;une volonté de &quot;domination&quot; (&quot;l&#039;impérialisme juif&quot;), la &quot;haine du genre humain&quot; sera mise au goût du jour par la propagande &quot;antisioniste&quot; durant le dernier tiers du XXe siècle, lorsque &quot;le sionisme&quot; sera condamné comme une &quot;forme de racisme et de discrimination raciale&quot;, selon la formule de la Résolution 3370 adoptée le 10 novembre 1975 par l&#039;Assemblée générale de l&#039;ONU (Lewis, 1985, p. 219-233), qui sera abrogée cependant le 16 décembre 1991 (Taguieff, 2010, p. 156-157). C&#039;est au nom de l&#039;antiracisme que s&#039;opère désormais la diabolisation des Juifs en tant que &quot;sionistes&quot;. Le stéréotype du &quot;Juif raciste&quot; est venu s&#039;ajouter au stock des stéréotypes antijuifs disponibles.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans l&#039;histoire des idéologies antijuives en Europe, les rationalisations théologico-religieuses ont été dominantes du IVe siècle apr. J.-C. au &quot;siècle des Lumières&quot;, moment où les rationalisations naturalistes, se réclamant du savoir scientifique, commencèrent à jouer un rôle important qui, au cours du XIXe siècle positiviste et scientiste, deviendra majeur. Mais le &quot;siècle du Progrès&quot; fut aussi celui de l&#039;émancipation des Juifs, dans un contexte où triomphait le principe nationaliste, impliquant l&#039;imposition de la norme d&#039;homogénéité, donc l&#039;éradication des &quot;particularismes&quot;. Ce qui a placé les Juifs devant une alternative tragique: cesser d&#039;être juifs en se fondant sans réserve dans la nation d&#039;accueil (logique de l&#039;assimilation totale ou de la &quot;départicularisation&quot; radicale) ou quitter le territoire national (émigration forcée) - sauf à accepter la discrimination et l&#039;exclusion sociale.&lt;/p&gt;

&lt;center&gt;&lt;img alt=&quot;2013-05-14-BannirePUFsurlescontributionsdelopration.jpeg&quot; src=&quot;http://images.huffingtonpost.com/2013-05-14-BannirePUFsurlescontributionsdelopration.jpeg&quot; width=&quot;300&quot; height=&quot;85&quot; /&gt;&lt;/center&gt;

&lt;p&gt;En outre, du fait que s&#039;affirmait, parallèlement à l&#039;installation des normes nationalistes, le principe raciste qui transformait le peuple juif en une &quot;race&quot; inassimilable et dangereuse, les Juifs furent enfermés dans un double bind: ils ne pouvaient satisfaire en même temps l&#039;exigence nationaliste d&#039;assimilation et l&#039;exigence raciste de séparation/expulsion, répondre aux impératifs contradictoires d&#039;assimilation et d&#039;émigration. Face à la &quot;question juive&quot; ainsi posée, un certain nombre de Juifs d&#039;Europe ont cru trouver dans le nationalisme juif, le sionisme, une &quot;solution&quot; permettant d&#039;échapper à l&#039;alternative de l&#039;assimilation et de l&#039;expulsion. Mais, par un paradoxe tragique, lorsque le projet sioniste prit corps et que l&#039;État d&#039;Israël fut créé, la plupart des vieilles accusations antijuives réapparurent sous de nouvelles formes. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Au cœur du grand récit &quot;antisioniste&quot;, on rencontre une représentation polémique ordinairement désignée par l&#039;oxymore &quot;sionisme mondial&quot;. On reprochait contradictoirement aux Juifs d&#039;être trop &quot;communautaires&quot; et trop &quot;nomades&quot;, trop &quot;séparés&quot; et trop &quot;cosmopolites&quot; ou &quot;mélangés&quot;. Et, simultanément, d&#039;être trop secrets et trop visibles (voire ostentatoires). Le discours &quot;antisioniste&quot; réunit les griefs contradictoires en stigmatisant le &quot;sionisme mondial&quot;: aux Juifs qui sont dits ou se disent &quot;sionistes&quot;, il est désormais reproché d&#039;être nationalistes et &quot;mondialisés&quot; (on disait naguère &quot;internationalistes&quot; ou &quot;cosmopolites&quot;), ce qui nourrit l&#039;accusation de &quot;double allégeance&quot; visant les Juifs de la Diaspora. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans cette vision de style paranoïaque, Israël est perçu comme la face visible de l&#039;iceberg. Dans la propagande &quot;antisioniste&quot;, le &quot;sionisme&quot; est ainsi fantasmé comme une puissance mondiale d&#039;autant plus redoutable qu&#039;elle serait largement occulte, nouvelle incarnation du &quot;péril juif&quot;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;center&gt;&lt;HH--236SLIDEEXPAND--256751--HH&gt;&lt;/center&gt;
&lt;br&gt;

&lt;center&gt;&lt;HH--236SLIDEEXPAND--256749--HH&gt;&lt;/center&gt;
        
    </content>
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	    <title>Marie Turcan: Renouvellements et annulations: quelles séries télé américaines sont passées à la trappe?</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.3293791</id>
    
    <published>2013-05-20T12:41:22Z</published>
    <updated>2013-05-20T12:49:46Z</updated>
    
    <summary>Le mois de mai est typiquement chargé dans le monde des séries. Entre les renouvellements, les annulations de séries et les nouveaux pilotes commandés par les chaînes, il est facile de se perdre. Votre série préférée a-t-elle été reconduite pour une nouvelle saison? Quelle chaîne a annulé le plus de programmes cette année? Réponse ici.</summary>
    <author>
        <name>Marie Turcan</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/marie-turcan/</uri>
    </author>
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        &lt;p&gt;Le mois de mai est typiquement chargé dans le monde des séries. Entre les renouvellements, les annulations de séries et les nouveaux pilotes commandés par les chaînes, il est facile de se perdre. Votre série préférée a-t-elle été reconduite pour une nouvelle saison? Quelle chaîne a annulé le plus de programmes cette année? Réponse ici.&lt;/p&gt;

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&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Les chaînes prises en compte sont les cinq &quot;&lt;em&gt;networks&lt;/em&gt;&quot; américains, les chaînes les plus populaires aux États-Unis, auxquelles la majorité des habitants ont accès. Cette année, un constat s&#039;impose : elles ne sont pas toutes logées à la même enseigne. Actuellement, la chaîne CBS (dont le goût pour les séries policières à épisodes unitaires est connu) s&#039;en sort très bien, et n&#039;a annulé que très peu de ses programmes. &lt;/p&gt;

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&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Pour l&#039;année 2013, NBC a donc annulé 63 % de ses séries, ABC 45 %, la CW 36 %, FOX 29 % et CBS 24 %.&lt;/p&gt;

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&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Toutefois, on note que la majorité des séries renouvelées par CBS sont celles qui sont déjà bien établies sur le network. Sur 16 séries renouvelées, seules, deux le sont pour leur deuxième saison. À l&#039;inverse, sur les cinq séries annulées par CBS, trois n&#039;avaient qu&#039;une seule saison à leur actif. &lt;/p&gt;

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&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
NBC est aussi obligée d&#039;annuler beaucoup de &quot;nouvelles&quot; séries (celles qui ne passent pas la première saison). Comme elle en avait commandé beaucoup plus en début d&#039;année 2012-2013 que les autres (9 de ses 19 séries étaient des nouvelles productions), elle se retrouve à supprimer 63 % des séries de sa grille.&lt;/p&gt;

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&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Une chose est sûre: pour une série, c&#039;est toujours le cap de la première saison qui est le plus dur à passer. Sur les 84 séries prises en compte pour cette étude (2 sont encore marquées &quot;en cours de décision&quot; dans le tableau), 35 ont été annulées. Parmi elles, plus de la moitié n&#039;a pas passé la saison 1. &lt;/p&gt;

&lt;center&gt;&lt;script type=&quot;text/javascript&quot; src=&quot;//ajax.googleapis.com/ajax/static/modules/gviz/1.0/chart.js&quot;&gt; {&quot;dataSourceUrl&quot;:&quot;//docs.google.com/spreadsheet/tq?key=0ArPpk1TOeh4XdHVIc3NoVmlub2xzTFh4dW1PeXFBVXc&amp;transpose=0&amp;headers=0&amp;range=B103%3AC104&amp;gid=0&amp;pub=1&quot;,&quot;options&quot;:{&quot;vAxes&quot;:[{&quot;useFormatFromData&quot;:true,&quot;minValue&quot;:null,&quot;viewWindow&quot;:{&quot;min&quot;:null,&quot;max&quot;:null},&quot;maxValue&quot;:null},{&quot;useFormatFromData&quot;:true,&quot;minValue&quot;:null,&quot;viewWindow&quot;:{&quot;min&quot;:null,&quot;max&quot;:null},&quot;maxValue&quot;:null}],&quot;titleTextStyle&quot;:{&quot;bold&quot;:true,&quot;color&quot;:&quot;#000&quot;,&quot;fontSize&quot;:&quot;14&quot;},&quot;pieHole&quot;:0.5,&quot;booleanRole&quot;:&quot;certainty&quot;,&quot;title&quot;:&quot;Proportion des s\u00e9ries annul\u00e9es n&#039;ayant pas pass\u00e9 la premi\u00e8re saison par rapport aux s\u00e9ries annul\u00e9es au-del\u00e0 de la saison 2 (toutes cha\u00eenes confondues)&quot;,&quot;animation&quot;:{&quot;duration&quot;:500},&quot;legend&quot;:&quot;bottom&quot;,&quot;colors&quot;:[&quot;#85200c&quot;,&quot;#dd7e6b&quot;,&quot;#FF9900&quot;,&quot;#109618&quot;,&quot;#990099&quot;,&quot;#0099C6&quot;,&quot;#DD4477&quot;,&quot;#66AA00&quot;,&quot;#B82E2E&quot;,&quot;#316395&quot;,&quot;#994499&quot;,&quot;#22AA99&quot;,&quot;#AAAA11&quot;,&quot;#6633CC&quot;,&quot;#E67300&quot;,&quot;#8B0707&quot;,&quot;#651067&quot;,&quot;#329262&quot;,&quot;#5574A6&quot;,&quot;#3B3EAC&quot;,&quot;#B77322&quot;,&quot;#16D620&quot;,&quot;#B91383&quot;,&quot;#F4359E&quot;,&quot;#9C5935&quot;,&quot;#A9C413&quot;,&quot;#2A778D&quot;,&quot;#668D1C&quot;,&quot;#BEA413&quot;,&quot;#0C5922&quot;,&quot;#743411&quot;],&quot;is3D&quot;:false,&quot;hAxis&quot;:{&quot;useFormatFromData&quot;:true,&quot;minValue&quot;:null,&quot;viewWindow&quot;:{&quot;min&quot;:null,&quot;max&quot;:null},&quot;maxValue&quot;:null},&quot;width&quot;:590,&quot;height&quot;:320},&quot;state&quot;:{},&quot;view&quot;:{},&quot;isDefaultVisualization&quot;:true,&quot;chartType&quot;:&quot;PieChart&quot;,&quot;chartName&quot;:&quot;Chart 7&quot;} &lt;/script&gt;&lt;/center&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;center&gt;&lt;HH--236SLIDEEXPAND--297367--HH&gt;&lt;/center&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/p&gt;
        
    </content>
	
	
</entry>
<entry>
	    <title>Juliette Morillot: Que veut exactement Pyongyang?</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/juliette-morillot/que-veut-pyongyang_b_3293790.html" />
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.3293790</id>
    
    <published>2013-05-20T12:37:11Z</published>
    <updated>2013-05-20T12:51:28Z</updated>
    
    <summary>Plus qu&#039;un conflit armé, improbable, un effondrement du régime désordonné, qui deviendrait vite incontrôlable et entraînerait une guerre civile (avec une nation nucléaire,une première!), est sans doute le plus grand danger qui menace la péninsule.</summary>
    <author>
        <name>Juliette Morillot</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/juliette-morillot/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/theblog/">
        &lt;p&gt;Derrière la rhétorique guerrière se cache la volonté de la Corée du Nord de ne plus être au ban des nations et de normaliser ses relations avec le monde.Ses exigences sont connues:&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Reconnaissance officielle du régime par les États-Unis, établissement de relations stables avec Washington et le reste du monde (par le biais d&#039;ambassades) et levée des sanctions adoptées par le Conseil de sécurité des Nations unies.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Signature d&#039;un traité de paix sur la péninsule (Nord et Sud sont encore techniquement en guerre: c&#039;est un armistice qui a mis fin à la guerre de Corée en 1953). Ce point a été clairement évoqué par Kim Jong-un lors de ses vœux télévisés du Nouvel an dernier.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Assurance de poursuivre librement son programme nucléaire civil.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Signature d&#039;un pacte de non-agression entre les États-Unis et la Corée du Nord.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Un retour finalement, presque mot pour mot, aux clauses de l&#039;accord-cadre signé le 21octobre 1994 par les États-Unis et la Corée du Nord. À ceci près qu&#039;à l&#039;époque, la Corée n&#039;avait pas encore effectué d&#039;essai nucléaire! L&#039;accord prévoyait l&#039;abandon du programme militaire nucléaire de Pyongyang,le démantèlement de ses installations et le respect des obligations vis-à-vis de l&#039;AIEA.&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;&lt;a href=&quot;http://www.larevue.info/&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;&lt;em&gt;Cet article a été publié dans son intégralité dans le mensuel La Revue. &lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;De son côté,Washington renonçait à une frappe militaire contre la Corée du Nord, promettait la non-ingérence dans les affaires intérieures du pays, la reconnaissance officielle de la RPDC et l&#039;instauration de liens diplomatiques.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En outre, et c&#039;est là où le bât blesse, les États-Unis promettaient la livraison d&#039;une centrale et de deux réacteurs nucléaires civils à eau légère...Or, alors qu&#039;à l&#039;époque Pyongyang respecte scrupuleusement les conditions de l&#039;AIEA, les travaux des réacteurs prennent du retard. Puis sont repoussés. Ils ne seront jamais livrés. Ce manquement des Américains à leur promesse sera dès lors régulièrement utilisé par Pyongyang pour démontrer que Washington n&#039;est pas digne de confiance. La clé est à Washington, pas à Pékin.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Que redouter alors? Plus qu&#039;un conflit armé, improbable, un effondrement du régime désordonné, qui deviendrait vite incontrôlable et entraînerait une guerre civile (avec une nation nucléaire,une première!), est sans doute le plus grand danger qui menace la péninsule.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour les Américains, la solution se trouve à Pékin. Rien n&#039;est pourtant moins sûr: si l&#039;influence chinoise sur Pyongyang existe, elle reste limitée: poids économique ne signifie en rien poids politique. Les Nord-Coréens ne se laisseront pas dicter leur comportement par Pékin. Et la Chine, leur seule alliée, bien que prête à unir ses efforts à ceux des États-Unis, ne prendra pas de mesures radicales risquant d&#039;entraîner un effondrement aux conséquences dramatiques pour la région.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le gel des comptes nord-coréens en Chine, la rupture des liens économiques entre les deux pays, mesures qui affaibliraient la Corée du Nord en la privant notamment de son approvisionnement en énergie, demeurent ainsi inenvisageables. En revanche, Pékin est prêt à collaborer avec Washington pour convaincre Pyongyang d&#039;un retour à la table des négociations à six. En proposant, mi-avril, un dialogue hors de ce cadre, le secrétaire d&#039;État américain John Kerry a laissé entendre que d&#039;autres voies pouvaient être envisagées. Conformes finalement à cette petite phrase lancée par &lt;a href=&quot;http://www.huffingtonpost.fr/2013/03/01/kim-jong-un-et-dennis-rodman-ont-assiste-ensemble-a-un-match-de-basket-pyongyang_n_2788595.html&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;Kim Jong-un au basketteur américain Dennis Rodman&lt;/a&gt; en février dernier: &quot;Dis à Obama de me passer un coup de fil!&quot; Selon toute vraisemblance, la fin des manœuvres américano-sud-coréennes, le 30 avril, devrait amorcer une détente. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Qui sera négociée par Kim Jong-un. Point par point.Sans gagnant, ni perdant...&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;center&gt;&lt;HH--236SLIDEEXPAND--283903--HH&gt;&lt;/center&gt;
        
    </content>
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<entry>
	    <title>Claudel Petrin-Desrosiers: Automéducation médicale</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/claudel-p/automeducation-medicale_b_3261530.html" />
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.3261530</id>
    
    <published>2013-05-20T12:30:09Z</published>
    <updated>2013-05-20T12:32:40Z</updated>
    
    <summary>Des études en médecine, c&#039;est une aventure folle qu&#039;on commence très jeune. C&#039;est une sur-stimulation continuelle, une quantité inimaginable de matière à ingérer dans des laps de temps limités. C&#039;est incroyablement excitant, mais par moment épuisant. On pourrait facilement penser que ça laisse peu de place à autre chose. Faux.</summary>
    <author>
        <name>Claudel Petrin-Desrosiers</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/claudel-p/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/theblog/">
        &lt;p&gt;Il y a deux ans, jour pour jour, je recevais ma confirmation d&#039;acceptation en médecine. Si seulement je savais.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;J&#039;ai eu la chance de présenter mon programme lors de la fin de semaine d&#039;entrevues. De voir des centaines de jeunes, assis dans une même salle, des cœurs battant à mille à l&#039;heure, animés par le stress et l&#039;incertitude, ça m&#039;a rappelé pourquoi j&#039;avais opté pour la médecine. Mais aussi, à quel point je vivais entourée de légèreté, d&#039;insouciance. Je n&#039;avais aucune idée de ce qui allait m&#039;attendre une fois dans le programme. Peut-être bien heureusement. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Des études en médecine, c&#039;est une aventure folle qu&#039;on commence très jeune. C&#039;est une sur-stimulation continuelle, une quantité inimaginable de matière à ingérer dans des laps de temps limités. C&#039;est incroyablement excitant, mais par moment épuisant. On pourrait facilement penser que ça laisse peu de place à autre chose. Faux. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Un peu étrangement, en l&#039;espace de quelques mois seulement, j&#039;ai découvert une passion pour la santé beaucoup plus importante que pour la médecine elle-même. J&#039;ai avalé des rapports de santé publique, des articles sur les politiques internationales de développement: je me suis créée un programme d&#039;apprentissage parallèle, entouré de collègues aussi passionnés que moi par des enjeux que le curriculum extra chargé ne peut pas offrir. Je me suis &lt;em&gt;automéduquée&lt;/em&gt;.  &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le problème dans toute cette histoire, c&#039;est que j&#039;ai réappris à voir la société, dans ses forces comme ses faiblesses. Et j&#039;ai le goût plus que jamais de partir à la découverte de ce monde qui m&#039;entoure. De le comprendre dans toutes ses subtilités. Malheureusement, cela ne se fait pas les salles de classe, ni à l&#039;hôpital. Ça se fait à l&#039;extérieur de l&#039;enceinte universitaire. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L&#039;éducation médicale, c&#039;est notre outil le plus puissant pour transformer des futurs professionnels de la santé en agents de changement. C&#039;est elle qui peut nous faire comprendre ce que ça signifie d&#039;orner son nom des lettres MD. C&#039;est elle qui peut nous faire voir à quel point nous avons le pouvoir de changer le cours des choses, pour le mieux, au nom de la santé de nos patients. Mais lorsqu&#039;on considère que notre patient, c&#039;est une ville, un pays, un monde, cette définition prend d&#039;autant plus importance. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Deux ans plus, ai-je pris la bonne décision? Oui. Même si je déroge peut-être un peu de l&#039;étudiante typique en médecine, je ne regrette aucun des choix que j&#039;ai faits jusqu&#039;à présent, des nuits passées mettre en place des projets, des heures investies à tenter de comprendre des enjeux de santé mondiale, des fins de semaine passées à l&#039;extérieur pour des conférences et congrès de toute sorte.   Sans oublier que j&#039;ai fait les plus belles découvertes. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je peux vous le confirmer: vos futurs médecins sont exceptionnels. Il faut passer une semaine, un mois, avec ce groupe un peu hétéroclite de 240 étudiants pour comprendre ce qui les motive, ce qui les passionne. Eh oui, ils savent parler d&#039;autre chose que de la médecine. Ils sont talentueux, ouverts d&#039;esprit, allumés. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Est-ce que je veux être médecin? Oui. Est-ce que je veux pratiquer la médecine? Je préférerais faire de la santé ma pratique courante. On s&#039;en reparlera dans 3 ou 4 ans.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Le classement des 10 meilleures universités canadiennes (en anglais)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;center&gt;&lt;HH--236SLIDEEXPAND--249791--HH&gt;&lt;/center&gt;
        
    </content>
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<entry>
	    <title>François Danel: Faim dans le monde: combien de plus?</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/francois-danel/faim-dans-le-monde_b_3293807.html" />
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.3293807</id>
    
    <published>2013-05-20T12:24:30Z</published>
    <updated>2013-05-20T12:36:39Z</updated>
    
    <summary>En octobre dernier, la FAO faisait un triste constat: les progrès en matière de réduction de la faim dans le monde ralentissent depuis 2007-2008. Dès lors, il faut poser la question: combien de plus? Combien d&#039;autres personnes le monde laissera-t-il souffrir de la faim et la sous-nutrition, se vider peu à peu de leurs forces au point souvent d&#039;en perdre la vie?</summary>
    <author>
        <name>François Danel</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/francois-danel/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/theblog/">
        &lt;p&gt;En octobre dernier, &lt;a href=&quot;http://www.fao.org/index_fr.htm&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;la FAO faisait un triste constat&lt;/a&gt;: les progrès en matière de réduction de la faim dans le monde ralentissent depuis 2007-2008. Dès lors, il faut poser la question: combien de plus? Combien d&#039;autres personnes le monde laissera-t-il souffrir de la faim et la sous-nutrition, se vider peu à peu de leurs forces au point souvent d&#039;en perdre la vie?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Alors que la grande &lt;a href=&quot;http://www.conference-malnutrition-infantile.fr/&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;Conférence internationale contre la malnutrition infantile&lt;/a&gt; vient de se tenir à Paris les 14 et 15 mai, il faut rappeler que 9 enfants sur 10 souffrant de malnutrition aiguë sévère dans le monde n&#039;ont pas accès à un traitement. Plus d&#039;un tiers des décès d&#039;enfants de moins de cinq ans sont liés à la sous-nutrition. C&#039;est un drame individuel et une intolérable souffrance, mais pas seulement: c&#039;est aussi un fléau économique pour les pays.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;On estime que la sous-nutrition fait chuter de 2 à 3 % le PIB des États, car elle est un frein à la réussite scolaire, elle affaiblit la capacité productive des individus, contribue à la persistance de la pauvreté, favorise l&#039;apparition de maladies qui pèsent lourdement sur le budget des systèmes de santé... Elle réduit de ce fait la rentabilité des investissements réalisés dans d&#039;autres secteurs, tels que l&#039;agriculture ou encore l&#039;éducation.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour montrer les bienfaits de la nutrition sur les individus, mais également sur les États, Action contre la Faim a lancé une grande campagne de mobilisation, la campagne #NUTRIR avec le slogan &quot;NUTRIR, c&#039;est plus que nourrir&quot;, à retrouver sur &lt;a href=&quot;http://nutrir.actioncontrelafaim.org/&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;nutrir.actioncontrelafaim.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://nutrir.actioncontrelafaim.org/&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;&lt;center&gt;&lt;img alt=&quot;2013-05-13-Nutrir.jpeg&quot; src=&quot;http://images.huffingtonpost.com/2013-05-13-Nutrir.jpeg&quot; width=&quot;570&quot; height=&quot;309&quot; /&gt;&lt;/center&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&quot;Nutrir&quot;, drôle de mot, n&#039;est-ce pas? Nutrir est un néologisme créé par Action contre la Faim. &quot;Nutrir&quot;, ce n&#039;est pas seulement faire en sorte qu&#039;un individu mange à sa faim. C&#039;est faire en sorte qu&#039;il reçoive les nutriments variés essentiels à sa santé et à son plein développement. Et en faisant cela, on va au-delà de l&#039;acte fondateur de nourrir: on soutient également le développement des pays.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Oui, investir dans la lutte contre la faim et la sous-nutrition n&#039;est pas seulement une question de solidarité et d&#039;humanité: c&#039;est aussi une question d&#039;efficacité. En 2012, un panel d&#039;économistes mondiaux parmi les plus renommés, dont quatre Prix Nobel, s&#039;est réuni à Copenhague pour répondre à la question suivante:&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;Quelle est manière la plus intelligente, la plus cohérente et la plus rentable de dépenser 75 milliards de dollars pour répondre aux grands défis du monde et réaliser le bien-être de l&#039;humanité?&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Leur réponse: il faut investir dans la nutrition et la lutte contre la faim!&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Des progrès médicaux considérables ont été accomplis ces deux dernières décennies, qui permettent aujourd&#039;hui de traiter bien plus efficacement la sous-nutrition, et à moindre coût. Aujourd&#039;hui, plus que jamais, le monde dispose des moyens de combattre la sous-nutrition. Les saisira-t-il?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Un document récent d&#039;orientation stratégique du ministère des Affaires étrangères français soulignait que:&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;&quot;La nutrition ne peut demeurer la question dont tout le monde se mêle sans que personne ne soit responsable&quot;.&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;La Conférence internationale sur la sous-nutrition infantile qui commence demain est l&#039;occasion précieuse pour le gouvernement français de prendre des mesures concrètes dans la lutte contre la sous-nutrition, à la mesure du poids qu&#039;elle représente dans la vie des individus et dans le développement des États. Malgré des estimations rendues difficiles par le manque de transparence de l&#039;aide au développement française, un rapport récent estime que moins de 2% de l&#039;aide française est consacrée à la lutte contre la faim et la malnutrition.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;À la veille de la Conférence du 14 mai, Action contre la Faim appelle le gouvernement français à augmenter de façon significative la part de l&#039;aide française consacrée à la nutrition à travers un meilleur ciblage des projets à fort impact nutritionnel dans les programmes de santé ou de sécurité alimentaire, mais aussi au travers de financements additionnels, tels que la &lt;a href=&quot;http://www.huffingtonpost.fr/2013/01/23/taxe-sur-les-transactions-financieres-calendrier-date_n_2531449.html&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;Taxe sur les Transactions Financières&lt;/a&gt; (TTF).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La FAO le rappelait dans son rapport d&#039;octobre:&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;&quot;La croissance économique et agricole doit prendre en compte des considérations nutritionnelles&quot; et, &quot;une fois établie, la bonne nutrition est, un moteur essentiel d&#039;une croissance économique durable&quot;.&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;N&#039;est-ce pas là le but de l&#039;&lt;a href=&quot;http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/enjeux-internationaux/aide-au-developpement-et/dispositifs-et-enjeux-de-l-aide-au/l-aide-publique-au-developpement/&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;Aide publique au développement&lt;/a&gt;?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;La faim dans le monde (diaporama en anglais)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;center&gt;&lt;HH--236SLIDEEXPAND--15732--HH&gt;&lt;/center&gt;
        
    </content>
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<entry>
	    <title>Gary Bloch: La réforme de l&#039;aide sociale peut améliorer la santé de tous</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/gary-bloch/pauvrete-sante-aide-sociale_b_3292491.html" />
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.3292491</id>
    
    <published>2013-05-20T12:23:17Z</published>
    <updated>2013-05-20T12:35:25Z</updated>
    
    <summary>Les données issues de la recherche en santé montrent qu&#039;il faut améliorer le sort des personnes qui reçoivent de l&#039;aide sociale. Le lien étroit qui existe entre la pauvreté et une mauvaise santé est irréfutable. Il a été mis en évidence régulièrement à diverses périodes de l&#039;histoire, dans différentes parties du monde et parmi différents groupes de personnes.</summary>
    <author>
        <name>Gary Bloch</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/gary-bloch/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/theblog/">
        &lt;p&gt;L&#039;autre jour, Tom, un charpentier qualifié de 46 ans, est venu me consulter à mon cabinet. Depuis les huit dernières années, il ne travaille plus en raison de la blessure au dos qu&#039;il a subie lors d&#039;un accident de voiture. Il est souvent déprimé et passe ses journées à la maison, parfois en restant cloué au lit. Il a épuisé l&#039;indemnité que lui a versée la compagnie d&#039;assurances il y a trois ans ainsi que ses économies. Il vit maintenant de l&#039;aide sociale et la maigre allocation mensuelle qu&#039;il reçoit lui permet à peine de survivre. Il habite un appartement sordide avec deux autres hommes.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;J&#039;aimerais soigner son trouble de l&#039;humeur à l&#039;aide de médicaments et de consultations psychologiques, et j&#039;aimerais l&#039;envoyer en physiothérapie pour qu&#039;il retrouve la force musculaire qu&#039;il a perdue après sa blessure. Il aimerait, de son côté, disposer de plus d&#039;argent pour pouvoir emménager dans son propre logement, se nourrir et se présenter de nouveau avec dignité. Il aimerait également être soutenu de manière à récupérer de ses blessures physiques et psychologiques et ne demande rien de plus que de retourner au travail. Selon lui, l&#039;aide sociale ne lui a pas entièrement offert la protection d&#039;un filet de sécurité, mais s&#039;est plutôt refermée sur lui comme un filet de pêche, soit une trappe d&#039;indignité de laquelle il a été incapable de se dégager. Malheureusement, l&#039;histoire de Tom se répète un peu partout au pays, là où les programmes d&#039;aide sociale ne répondent pas systématiquement aux besoins de base de ceux qui en dépendent.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Avec des patients comme Tom, je suis régulièrement en mesure de constater à quel point un système d&#039;aide sociale solide, respectueux et axé sur le rétablissement présenterait un intérêt pour la santé de mes patients qui vivent dans la plus grande pauvreté.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les données issues de la recherche en santé montrent qu&#039;il faut améliorer le sort des personnes qui reçoivent de l&#039;aide sociale. Le lien étroit qui existe entre la pauvreté et une mauvaise santé est irréfutable. Il a été mis en évidence régulièrement à diverses périodes de l&#039;histoire, dans différentes parties du monde et parmi différents groupes de personnes.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Mais les besoins des personnes qui vivent de l&#039;aide sociale se situent à l&#039;extrémité du spectre.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le billet se poursuit après la galerie&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;center&gt;&lt;HH--236SLIDEEXPAND--213697--HH&gt;&lt;/center&gt;
&lt;br&gt;

&lt;p&gt;Selon un rapport du Wellesley Institute, présenté en 2009, les personnes qui vivent de l&#039;aide sociale sont exposées à un risque plus élevé de décès et de maladie que les autres personnes vivant dans la pauvreté. On a observé chez les assistés sociaux des taux plus élevés de maladies chroniques. De façon notable, les personnes qui vivent de l&#039;aide sociale sont dix-huit fois plus à risque de faire une tentative de suicide au cours de leur vie. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les sociétés présentant le moins d&#039;inégalités de revenus sont celles qui sont le plus en santé&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il est temps de revoir les programmes d&#039;aide sociale dans l&#039;ensemble du pays, en fonction de leur capacité d&#039;améliorer la santé des Canadiens les plus vulnérables sur le plan économique. Une réforme de l&#039;aide sociale qui serait axée sur la santé devrait comporter trois aspects essentiels. Dans un premier temps, il faut respecter les expériences des personnes qui vivent dans la plus grande pauvreté. Je n&#039;ai pas encore rencontré de patient qui recevait de l&#039;aide sociale de gaieté de cœur. Plusieurs d&#039;entre eux me parlent du poids constant qui pèse sur leurs épaules en raison du système qui leur donne l&#039;impression d&#039;avoir échoué et de ne pas répondre aux attentes de la société en les forçant à vivre dans le dénuement.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Deuxièmement, on doit s&#039;intéresser au rétablissement sous l&#039;angle des incidences de la pauvreté sur la santé et des conditions handicapantes auxquelles sont soumis les gens pauvres. Encore une fois, cette approche exige que l&#039;on passe d&#039;un système punitif à un système qui respecte chaque personne et favorise le développement de ses aptitudes.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Enfin, il faut fournir une aide qui permet d&#039;avoir un niveau de vie acceptable. Le fait de forcer les gens à vivre dans des conditions sordides et à survivre avec des miettes ne peut qu&#039;aggraver les incidences de leur faible revenu sur la santé. Même si, à première vue, on semble réaliser des économies, ces sommes finiront probablement par être dépensées ailleurs, comme à financer une plus grande utilisation des services en matière de santé physique et mentale.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La réforme de l&#039;aide sociale, si elle est faite dans les règles de l&#039;art, peut améliorer la santé de tous. Comme l&#039;a démontré Richard Wilkinson dans son excellent livre, &lt;em&gt;The Spirit Level&lt;/em&gt;, les sociétés présentant le moins d&#039;inégalités de revenus sont celles qui sont le plus en santé. Et ces bienfaits pour la santé peuvent profiter à tout le monde, même à ceux qui gagnent les revenus les plus élevés. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En renforçant nos systèmes d&#039;aide sociale et en privilégiant un processus de rétablissement respectueux pour ceux qui vivent dans la pauvreté et qui ne travaillent pas, nous franchissons ainsi une étape cruciale nous permettant de devenir une société plus équitable et en santé.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;De mon point de vue, une réforme de l&#039;aide sociale qui soit axée à la fois sur la personne et le rétablissement constitue l&#039;ordonnance la plus puissante que je peux prescrire à Tom et à mes autres patients qui vivent dans le dénuement qu&#039;on leur a imposé.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

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	    <title>Richard Marceau: Le Devoir, ou quand un phare s&#039;éteint</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/richard-marceau/le-devoir-ou-quand-un-phare-s-eteint_b_3303401.html" />
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.3303401</id>
    
    <published>2013-05-20T05:47:58Z</published>
    <updated>2013-05-20T05:49:40Z</updated>
    
    <summary>Jeune, dès que j&#039;ai eu assez d&#039;argent pour m&#039;abonner à un journal, c&#039;est au Devoir que je l&#039;ai fait. Bien que plus mince que ses concurrents, la qualité des analyses et des lettres d&#039;opinion inspiraient le militant politique précoce que j&#039;étais. C&#039;est donc avec une grande tristesse que je vois Le Devoir glisser dans la non-pertinence. En période d&#039;éclipse de la question nationale, cette déliquescence est surtout visible sur les enjeux internationaux.</summary>
    <author>
        <name>Richard Marceau</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/richard-marceau/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/theblog/">
        &lt;p&gt;Jeune, dès que j&#039;ai eu assez d&#039;argent pour m&#039;abonner à un journal, c&#039;est au &lt;em&gt;Devoir &lt;/em&gt;que je l&#039;ai fait.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Bien que plus mince que ses concurrents, la qualité des analyses et des lettres d&#039;opinion inspiraient le militant politique précoce que j&#039;étais. Les débats autour de la question nationale y trouvaient un large écho.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Évidemment, le fait qu&#039;il était le quotidien le plus favorable à l&#039;idée de l&#039;indépendance du Québec y était pour quelque chose.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;C&#039;est donc avec une grande tristesse que je vois &lt;em&gt;Le Devoir&lt;/em&gt; glisser dans la non-pertinence. En période d&#039;éclipse de la question nationale, cette déliquescence est surtout visible sur les enjeux internationaux.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pensée unique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Une espèce de pensée unique vaguement anti-américaine et, disons-le, clairement anti-Israël se remarque dans les pages du &lt;em&gt;Devoir&lt;/em&gt;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La dernière manifestation de ceci se trouve dans la section Livres de l&#039;édition du samedi 18 mai.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Sous prétexte d&#039;une chronique de livre sur la dernière publication des militants d&#039;extrême gauche Noam Chomsky et Ilan Pappé &lt;em&gt;Palestine, l&#039;État de siège&lt;/em&gt;, le collaborateur du &lt;em&gt;Devoir &lt;/em&gt;Michel Lapierre y va d&#039;&lt;a href=&quot;http://www.ledevoir.com/culture/livres/378395/chomsky-et-l-israel-suicidaire&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;omissions et d&#039;affirmations délirantes l&#039;une après l&#039;autre&lt;/a&gt; (article payant).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il mentionne, sans l&#039;expliquer, le Tribunal (sic) Russell sur la Palestine, espèce de patente de propagande n&#039;ayant que pour but de délégitimiser l&#039;État d&#039;Israël. Un tribunal est d&#039;habitude un outil neutre, où la justice et l&#039;équité ont la première place. Le&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Tribunal_Russell_sur_la_Palestine&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt; tribunal Russell&lt;/a&gt; est tout sauf cela. Lapierre aurait dû le remarquer.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il continue en mentionnant les « attaques de Tel-Aviv contre la bande de Gaza » en oubliant de mentionner que, depuis le départ volontaire et unilatéral des Israéliens de Gaza en 2005, non seulement ne s&#039;y trouve plus aucun Israélien (soldat ou civil), mais des milliers de missiles sont tombés en territoire israélien (les cibles étant toutes des cibles civiles) et que le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis une guerre civile, ne cesse d&#039;islamiser le territoire, avec tout ce que cela entraîne pour les droits des femmes, des minorités et des libertés personnelles.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Richard Falk, un homme qui s&#039;est discrédité à maintes reprises&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Lapierre poursuit en mentionnant Richard Falk, « rapporteur spécial de l&#039;ONU » et « éminent juriste », deux affirmations fausses. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Falk n&#039;est pas un rapporteur spécial de l&#039;ONU elle-même. Il est - et la nuance est importante - un rapporteur spécial du Conseil des droits de l&#039;Homme de l&#039;ONU, organisme complètement discrédité - et dont le prédécesseur, la &lt;a href=&quot;http://www.humanrights.ch/fr/Instruments/ONU-Organes/Conseil-des-droits-de-lhomme/Commission-des-DH-1947-2006/index.html&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;Commission des droits de l&#039;Homme a été dissoute&lt;/a&gt; pour cause d&#039;obsession anti-israélienne - ayant dans ses rangs des pays tels la Lybie, le Qatar et les Émirats Arabes Unis.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pire dans le cas qui nous occupe, Lapierre omet de mentionner que Falk a perdu toute crédibilité et qu&#039;il a été sévèrement censuré à plusieurs reprises par le secrétaire général de l&#039;ONU, Ban Ki-moon. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Nommé le 26 mars 2008 comme &lt;a href=&quot;http://www.webcitation.org/5dViuhEdA&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;Rapporteur spécial sur la situation des droits de l&#039;homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967&lt;/a&gt; par le Conseil des droits de l&#039;homme de l&#039;ONU, Richard Falk fait montre d&#039;une attitude anti-américaine, anti-Israël qui aurait forcé son congédiement dans n&#039;importe quel autre organisme crédible. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Son &lt;a href=&quot;http://daccess-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/GEN/G10/140/88/PDF/G1014088.pdf?OpenElement&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;rapport&lt;/a&gt;  daté du 7 juin 2010 passe sous silence les nombreux manquements aux droits de la personne dont est coupable le Hamas, les exécutions politiques qu&#039;il pratique, son oppression des femmes, des homosexuels et son idéologie islamiste extrémiste, dont sa &lt;a href=&quot;http://paris1.mfa.gov.il/mfm/web/main/document.asp?DocumentID=82644&amp;MissionID=31&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;Charte&lt;/a&gt;  fait pourtant ouvertement la promotion. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Son parti-pris pour le Hamas est tellement évident que, &lt;a href=&quot;http://www.maannews.net/eng/ViewDetails.aspx?ID=267176 &quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;selon Falk lui-même&lt;/a&gt;, l&#039;Autorité palestinienne lui a demandé de démissionner de son poste, l&#039;accusant d&#039;être un partisan du Hamas.  &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;C&#039;est ce même Richard Falk qui a signé l&#039;avant-propos d&#039;un livre intitulé &lt;a href=&quot;http://www.interlinkbooks.com/product_info.php?products_id=1326&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;&lt;em&gt;The New Pearl Harbour &lt;/em&gt;&lt;/a&gt; par David Ray Griffin, livre dont la thèse affirme que les attentats du 11 septembre 2001 ont été organisés par le gouvernement américain. Ce n&#039;était pas la &lt;a href=&quot;http://www.nysun.com/news/foreign/un-official-calls-study-neocons-role-911 &quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;première&lt;/a&gt; - ni la dernière - fois qu&#039;il avançait cette théorie. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En janvier 2011, le secrétaire général de l&#039;ONU lui-même, Ban Ki-moon a dû sévèrement condamner Falk, parce que celui-ci &lt;a href=&quot;http://www.haaretz.com/news/world/ban-ki-moon-condemns-un-palestinian-human-rights-official-for-backing-9-11-slurs-1.339181&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;a répété &lt;/a&gt;ses &lt;a href=&quot;http://www.unwatch.org/site/apps/nlnet/content3.aspx?c=bdKKISNqEmG&amp;b=4311109&amp;ct=9081079&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;âneries&lt;/a&gt; sur les attaques du 11 septembre 2001 sur son blogue.   &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le dernier événement discréditant pour Falk s&#039;est produit lorsqu&#039;il a accusé les États-Unis (et Israël aussi, évidemment) d&#039;être responsables de l&#039;attaque terroriste pendant le Marathon de Boston, propos aussitôt &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=i6mIA8F1ZVY&amp;feature=player_embedded &quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;rejetés par Moon &lt;/a&gt;. Le Canada, la Grande-Bretagne et les États-Unis ont eux aussi &lt;a href=&quot;http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2013/04/24/009-canada-baird-demande-onu-demettre-richard-falk-rapporteur-special.shtml&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;sévèrement censuré les propos de Falk&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La réputation de Falk est si sulfureuse que même l&#039;organisme Human Rights Watch - pourtant peu tendre envers les États-Unis et Israël - l&#039;a &lt;a href=&quot;http://www.timesofisrael.com/human-rights-watch-boots-un-palestinian-rights-official-from-one-of-its-panels/&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;expulsé de ses rangs&lt;/a&gt;. Et Lapierre le qualifie d&#039;« éminent juriste »?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Falk est l&#039;exemple parfait du Juif anti-sioniste, phénomène sur lequel on peut trouver certains textes intéressants.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L&#039;auteur britannique (non juif) Robin Sheppard explique le phénomène ainsi:&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;« Ceci donne aussi un autre éclairage sur le statut de ce groupe, petit, mais vocal, de Juifs laïques dans la Diaspora qui se considèrent antisionistes et qui donc s&#039;opposent à l&#039;existence d&#039;un État juif. Comme leur laïcisme bloque leur route vers une identité juive viable et durable par une immersion dans la religion et comme leur antisionisme bloque leur route vers une identité juive viable et durable, via une identification ancrée dans l&#039;État d&#039;Israël, ils se projettent ainsi eux-mêmes vers une conversion hors du judaïsme à long terme.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les Juifs antisionistes réagissent à de telles accusations en les rejetant avec une véhémence amère. Et c&#039;est, en un sens, peu surprenant. Ils font alors face à une logique contre laquelle il n&#039;y a pas de réponse sérieuse et qu&#039;ils &quot;prendront personnel&quot;. Ils en sont alors réduits à des sophismes et des dénis basés sur des définitions vagues et non convaincantes de ce qu&#039;est le judaïsme - par exemple le judaïsme comme étant une série d&#039;idéaux politico-philosophiques &quot;non essentiels&quot; - dont ils ne peuvent pas ne pas connaître la faiblesse. (...)&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ils peuvent être ou ne pas être des Juifs qui se haïssent (self-hating Jews), mais ils sont sûrement des Juifs qui se refusent de l&#039;être (self-negating Jews) Ils ont adopté une maxime qui, si elle était adoptée par tous les Juifs, nierait absolument la possibilité même d&#039;une identité juive comme élément viable à long terme de la race humaine (à l&#039;exception, je le répète, des communautés ultrareligieuses fermées). Le Juif laïque et antisioniste est un Juif qui se refuse de l&#039;être parce qu&#039;il lui manque la capacité de projeter dans l&#039;avenir une identité juive significative.»&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;L&#039;intellectuel français Pierre-André Taguieff va dans le même sens :&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;« [C]es &quot;Alterjuifs&quot;, qui prennent systématiquement le parti des ennemis des Juifs, peuvent-ils toujours être considérés comme des Juifs? En dehors du hasard de leur naissance, en quoi sont-ils juifs? Peut-on leur appliquer la vieille formule talmudique selon laquelle &quot;le Juif qui a péché reste juif&quot;? Mais comment tolérer le fait qu&#039;ils ne se disent juifs que pour mieux accabler les Juifs (les &quot;Juifs juifs&quot;) de leurs accusations? Le &quot;Juif non-juif&quot; de Deutscher était à la fois dedans et dehors (cas de Heine ou de Freud). L&#039;&quot;Alterjuif&quot; contemporain, quant à lui, n&#039;est dedans que pour être contre. »&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#039;inhumanité du sionisme?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Si ce n&#039;est pas assez, Lapierre y va de ce que je considère la pire accusation que j&#039;aie lue dans une publication québécoise qui se veut respectable, décrétant le sionisme « inhumain ».&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le sionisme, pouvant être défini comme le mouvement de libération du peuple juif dont le but est la création et le maintien d&#039;un État juif dans les terres ancestrales du peuple juif, serait le seul nationalisme qui est inhumain (si tous les nationalismes étaient inhumains, par définition aucun ne pourrait l&#039;être).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cette accusation envers le nationalisme d&#039;un seul peuple sent le souffre. En une seule expression, Lapierre échoue le test des Trois D (délégitimisation, démonisation, double standard) conçu par le célèbre refusenik &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Natan_Sharansky&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;Natan Sharansky&lt;/a&gt;, franchissant ainsi la ligne rouge entre la critique dure d&#039;un État et l&#039;antisémitisme.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Finalement, Lapierre reprend sans critiquer les accusations de génocide qui serait commis par Israël conter les Palestiniens.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Quand on sait que la population arabe de Jérusalem a été multipliée par 7,2 entre 1948 et 2009, qu&#039;elle y est passée de 25,5 % à 35 % entre 1967 à aujourd&#039;hui et que la population palestinienne est passée de 600 000 en 1948 à (selon les chiffres des Palestiniens) à 9 000 000, on voit bien que cette accusation de génocide est non seulement fausse, elle est aussi ridicule, voire clownesque. Quelle tristesse que de la lire dans les pages du &lt;em&gt;Devoir&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le Devoir&lt;/em&gt; connait les vieux fantômes qui sont les siens. C&#039;est dommage que ceux-ci reviennent dans le journal fondé par Henri Bourassa.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;center&gt;&lt;HH--236SLIDEEXPAND--214609--HH&gt;&lt;/center&gt;
        
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	    <title>Ianik Marcil: Libertaire et égalitaire</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/ianik-marcil/libertaire-et-egalitaire_b_3298196.html" />
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.3298196</id>
    
    <published>2013-05-20T00:50:18Z</published>
    <updated>2013-05-20T00:50:22Z</updated>
    
    <summary>Comment peut-on concilier la plus grande liberté individuelle possible et l&#039;égalité entre tous au sein de la communauté? Voilà un paradoxe politique fondamental et on ne peut plus actuel. Au Québec comme ailleurs, un discours de droite pseudo-libertarien affirme haut et fort que ce paradoxe est insoluble - on peut le lire sur toutes les tribunes: à lire et à écouter ses auteurs, la gauche serait liberticide en défendant l&#039;intervention de l&#039;État (notamment) pour favoriser une plus grande justice sociale, à combattre les inégalités socioéconomiques.</summary>
    <author>
        <name>Ianik Marcil</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/ianik-marcil/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/theblog/">
        &lt;p&gt;Comment peut-on concilier la plus grande liberté individuelle possible et l&#039;égalité entre tous au sein de la communauté? Voilà un paradoxe politique fondamental et on ne peut plus actuel.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Au Québec comme ailleurs, un discours de droite pseudo-libertarien affirme haut et fort que ce paradoxe est insoluble - on peut le lire sur toutes les tribunes : à lire et à écouter ses auteurs, la gauche serait liberticide en défendant l&#039;intervention de l&#039;État (notamment) pour favoriser une plus grande justice sociale, à combattre les inégalités socioéconomiques. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans un petit livre à l&#039;écriture limpide et au propos rigoureux, &lt;em&gt;L&#039;État nous rend-il meilleurs? Essai sur la liberté politique&lt;/em&gt;, l&#039;anthropologue et philosophe français Ruwen Ogien présente la démonstration qu&#039;une liberté individuelle radicale peut tout à fait être cohérente avec un idéal égalitaire tout aussi radical. La conception politique que Ogien défend «est &lt;em&gt;libertaire&lt;/em&gt; (ou &lt;em&gt;permissive&lt;/em&gt;) pour les mœurs, et &lt;em&gt;égalitaire&lt;/em&gt; (ou &lt;em&gt;non inégalitaire&lt;/em&gt;) du point de vue économique et social» (p. 263). L&#039;organisation politique de notre vie suppose, en ce sens, un État qui «ne peut pas employer n&#039;importe quel moyen pour réaliser ses objectifs» et doit répondre à trois critères d&#039;intervention : permissivité morale, rejet des inégalités et usage parcimonieux de la force.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L&#039;auteur présente une démonstration philosophique (mais accessible) qui se trouve être, au fond, une charge (philosophique) à fond de train contre à la fois le libertarianisme de droite et contre la pensée politique conservatrice, ce qu&#039;il affiche dès les premières lignes : «la pensée conservatrice a conquis une certaine hégémonie intellectuelle dans la vie publique des sociétés démocratiques les plus prospères» (p. 11).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img alt =style=&quot;float: right; margin:20px&quot; &quot;2013-05-18-Ogien.jpg&quot; src=&quot;http://images.huffingtonpost.com/2013-05-18-Ogien.jpg&quot; width=&quot;120&quot; height=&quot;200&quot;align=&quot;right&quot; /&gt;C&#039;est que les tenants de ces idéologies s&#039;appuient sur une vision de la liberté qui présente de grands risques de dérives totalitaires et liberticides - contrairement à ce qu&#039;ils cherchent à défendre. Depuis Isaiah Berlin (&lt;em&gt;Two Concepts of Liberty&lt;/em&gt;, 1958) les théoriciens politiques distinguent deux formes de liberté politique : l&#039;une dite «positive» et l&#039;autre, «négative». Autant les courants politiques de droite que ceux de gauche défendent une forme positive de la liberté - c&#039;est-à-dire la capacité individuelle à viser le bien, pour soi et pour les autres. Dans cette vision du monde, être libre c&#039;est être maître de soi, c&#039;est œuvrer «au bien commun en participant activement à la vie publique». La liberté est une vertu et charrie, ce faisant, son lot d&#039;obligations morales imposées par un ensemble de normes contraintes par la culture et l&#039;histoire. D&#039;où les dérives conservatrices - qu&#039;on retrouve, encore une fois, autant dans les mouvements politiques de gauche comme de droite - de valorisation de l&#039;effort individuel, de la discipline, de la fidélité aux traditions, de l&#039;identité nationale...&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ogien s&#039;oppose à cette vision «positive» de la liberté parce qu&#039;y appuyer la vie politique et nos décisions collectives risque, au final, de brimer les choix de vie individuels. Héritier de la vision de Berlin, reprenant les arguments de Philip Pettit (&lt;em&gt;Republicanism&lt;/em&gt;, 1997 ; trad. fr. 2004, Gallimard) en les épurant, il propose une vision minimaliste de la liberté politique négative qui «se contente de définir les limites d&#039;un &lt;em&gt;espace de permissivité&lt;/em&gt;, à l&#039;intérieur duquel il n&#039;y a ni obligation ni interdiction. Elle ne dit &lt;em&gt;rien&lt;/em&gt; de ce qu&#039;on doit faire à l&#039;intérieur de cet espace» (p.69).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cette vision de la liberté ne dicte donc pas que nous ayons le devoir, notamment, de participer à live politique. Elle est radicalement libertaire et permissive dans nos choix de vie, ce qui implique «l&#039;importance de la liberté de se nuire à soi-même» (chap. IV), que ce soit par l&#039;usage de drogues voire même le recours au suicide. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans ce cadre, l&#039;action de l&#039;État trouve ses limites dans le respect de cette permissivité individuelle totale et aucun paternalisme collectif n&#039;y a de justification. Ne pas nuire à autrui, voilà le motto politique fondamental réduit à sa plus simple expression. L&#039;organisation politique de la société doit, ce faisant, viser la protection de la liberté individuelle.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Paradoxalement, c&#039;est à partir de cette vision libertarienne, permissive, que l&#039;auteur défend la possibilité même de justice sociale et l&#039;importance, notamment, de l&#039;égalité économique. Car, pour Ogien, contrairement aux libertariens de droite, les inégalités économiques n&#039;ont aucun sens moral. En effet, ces libertariens considèrent que les inégalités économiques sont justifiées à partir du moment où elles sont le résultat de l&#039;action libre d&#039;individus faisant des choix sans coercition d&#039;aucune nature - elles sont récompensent le talent ou le mérite individuels. Autant les libéraux que les libertariens, montre Ogien, justifient les inégalités sur la base de préceptes moraux. Donc s&#039;attachent à une vision «positive» de la liberté politique en valorisant l&#039;effort ou le mérite, par exemple. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Conséquence: «La tendance à donner une justification morale aux inégalités économiques ressemble plutôt à un nouvel épisode de la guerre intellectuelle menée contre les pauvres dans les sociétés démocratiques où l&#039;idéologie officielle affirme que chacun possède une chance égale de s&#039;en sortir, s&#039;il veut bien s&#039;en donner la peine» (p. 171). Or si on accepte sa conception minimaliste de la liberté politique, les inégalités économiques distribuent inégalement l&#039;accès à la liberté individuelle et résultent du «rôle politique rétrograde de liberté positive» (p. 131). La justification des inégalités s&#039;appuyant, en quelque sorte, sur une fausse conception de la morale, elles sont injustifiées et l&#039;État - les décisions collectives - se trouve justifier de les combattre. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Être libre, c&#039;est à la fois ne pas être exploité ni dominé par quiconque et à la fois protégé par des règles sociales qui visent la justice sociale. Seule l&#039;égalité économique de tous permet l&#039;atteinte de cet état de liberté (de permissivité) totale.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;On le voit, les critères d&#039;évaluation de l&#039;intervention de l&#039;État - permissivité, égalité et usage parcimonieux de la force - constituent les prémisses d&#039;un guide pour la vie politique aussi exigeant qu&#039;idéaliste. Ce court compte-rendu ne rend pas justice à l&#039;ensemble des arguments du livre de Ruwen Ogien qu&#039;il me semble urgent et nécessaire de lire en ces temps de retour du conservatisme moral collectif et du repli sur soi individuel. La résolution philosophique du paradoxal mariage entre la liberté individuelle et la justice sociale qu&#039;il propose offre de fécondes réflexions sur notre désir d&#039;un meilleur vivre ensemble.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;L&#039;État nous rend-il meilleurs? Essai sur la liberté politique&lt;/em&gt;, par Ruwen Ogien (Gallimard, Folio essais inédit, 2013, 978-2-07-045191-3, 332 p., 19,95$).&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;&lt;em&gt;Tous les dimanches, Ianik Marcil propose une recension critique d&#039;essais de sciences humaines et sociales ou de philosophie pour mieux nous aider à décoder notre monde et ses défis - et réfléchir aux solutions qui s&#039;offrent à nous.&lt;/em&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

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	    <title>Gilles Laporte: Dollard des Ormeaux, Papineau et Pauline Marois</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/gilles-laporte/dollard-des-ormeaux-papineau-pauline-marois_b_3299279.html" />
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.3299279</id>
    
    <published>2013-05-20T00:34:16Z</published>
    <updated>2013-05-20T00:34:20Z</updated>
    
    <summary>On a les héros qu&#039;on mérite et les Québécois, qui ont une piètre estime d&#039;eux-mêmes, éprouvent sans doute du mal à accorder de la grandeur et de la vertu à de leurs semblables. Le cas est particulièrement évident avec nos hommes et nos femmes politiques qui se sont portés à la défense de nos droits à travers l&#039;histoire. Alors que la France célèbre Clémenceau et de Gaulle, et les États-Unis, Washington et Roosevelt, le Québec a plutôt pour héros des bagarreurs pugnaces, de Louis Cyr à Maurice Richard, des hommes « de peu de mots ».</summary>
    <author>
        <name>Gilles Laporte</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/gilles-laporte/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/theblog/">
        &lt;p&gt;Les Québécois ont bien du mal à admettre l&#039;héroïsme, surtout quand il se retrouve autour d&#039;eux ou dans leur propre histoire. Faisons immédiatement le test avec Adam Dollard des Ormeaux, qui meurt en 1660 avec 16 compagnons face à une armée iroquoise. D&#039;après vous, Dollard des Ormeaux est-il ce héros mort afin de sauver la Nouvelle-France ou un vil contrebandier de fourrures bêtement malchanceux? Sans doute votre cœur apprécie le héros, mais votre raison penche vers le bandit, une explication tout compte fait plus vraisemblable. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Or si je vous disais que l&#039;une ou l&#039;autre thèse ne peut être prouvée hors de tout doute et que celle de l&#039;héroïsme demeure tout à fait plausible? Dollard et ses compagnons ont bel et bien été mandatés par Maisonneuve pour secourir la colonie; tous ont signé leur testament avant de partir et, comme l&#039;attestent les documents, ont prêté serment de servir la France jusqu&#039;à la mort si nécessaire. Tous les spécialistes conviennent en fait que &lt;a href=&quot;http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?id_nbr=176&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;le procès mené à Dollard et à ses compagnons ne repose sur aucune preuve directe&lt;/a&gt;. Le public n&#039;a cependant pas mené un examen plus attentif. Après avoir été vénérée durant des décennies, la mémoire des martyrs du Long-Sault fut promptement évacuée au point de voir carrément disparaître la fête de Dollard à l&#039;orée du présent siècle.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;On a les héros qu&#039;on mérite et les Québécois, qui ont une piètre estime d&#039;eux-mêmes, éprouvent sans doute du mal à accorder de la grandeur et de la vertu à de leurs semblables. Le cas est particulièrement évident avec nos hommes et nos femmes politiques qui se sont portés à la défense de nos droits à travers l&#039;histoire. Alors que la France célèbre Clémenceau et de Gaulle, et les États-Unis, Washington et Roosevelt, le Québec a plutôt pour héros des bagarreurs pugnaces, de Louis Cyr à Maurice Richard, des hommes « de peu de mots ». Ceux qui maitrisent la parole ne trouvent aucune grâce à nos yeux, généralement relégués au rang de beaux parleurs. &lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;&lt;strong&gt;LIRE AUSSI:&lt;/strong&gt; &lt;a href=&quot;http://quebec.huffingtonpost.ca/gilles-laporte/journee-nationale-des-patriotes_b_3263357.html&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;Qui a peur de la Journée nationale des patriotes?&lt;/a&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Ce constat afflige aussi l&#039;équivalent chez nous de Brel ou de Bob Dylan: Gilles Vigneault. La semaine dernière, quand &lt;a href=&quot;http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/national/archives/2013/05/20130513-141742.html&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;le gouvernement du Québec a annoncé un octroi de 750 000 $&lt;/a&gt; afin de restaurer sa maison natale de Natashquan, les médias sociaux se sont déchainés pour dénoncer ce « gaspillage d&#039;argent ». Gaspillage d&#039;argent? Pour rendre un hommage à une légende vivante? À lui seul, Vigneault a inspiré à son peuple plus de fierté et d&#039;amour de la vie que des milliards dépensés en antidépresseurs!&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Papineau&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le cas de Louis-Joseph Papineau est mieux documenté que celui de Dollard, mais est tout autant malmené dans la mémoire. Au-delà de « ça ne prend pas la tête à Papineau » (qui signifie d&#039;abord qu&#039;elle est superflue), la mémoire collective est en fait sans pitié pour le chef patriote. Combien de Québécois savent qu&#039;on doit à Papineau des mesures fondamentales de notre droit, comme l&#039;inéligibilité des juges (1811), l&#039;éligibilité des sénateurs (1848-1867), le droit des élus à voter le budget (1828) et même le droit des juifs à siéger dans un parlement anglais (1832)? &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Rien n&#039;y fait. Dans la mémoire collective, décidément réfractaire à l&#039;idée de prêter de la grandeur aux politiciens, Papineau reste un personnage controversé à qui on préfère chercher des puces. Le sens critique est particulièrement aiguisé chez ceux qui se targuent de connaître l&#039;histoire, mais qui n&#039;ont jamais lu une traitre ligne du grand tribun ni exposé leurs préjugés à l&#039;épreuve des faits. À propos de Papineau, on perpétue ainsi l&#039;image 1) d&#039;un révolutionnaire irresponsable qui a conduit son peuple à une rébellion sans issue; 2) qui a pris la fuite au moment des combats et 3) qui s&#039;est ensuite refermé sur lui-même, incapable de comprendre l&#039;évolution politique et l&#039;opportunité qu&#039;offrait le gouvernement responsable.   Impossible bien sûr ici de réfuter une à une chacune de ces idées reçues.  &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Depuis 20 ans que je creuse le personnage, je ne vois pourtant à travers sa vie que constance, rigueur et modération. La rébellion, il ne l&#039;a jamais provoquée, coincé qu&#039;il était entre ses radicaux et le gouvernement anglais qui faisait tout pour harceler les patriotes. La fuite, il ne l&#039;a jamais pris. Il cherche simplement à éviter l&#039;arrestation en novembre 1837 pour mieux tenter de rallier les États-Unis et la France à notre cause.  Le vieillard grincheux, il n&#039;a jamais existé. Jusqu&#039;à sa mort en 1871, Papineau est demeuré à l&#039;avant-scène des combats de son temps, notamment au sein du parti des Rouges, nationalistes, anticléricaux et républicains. Demandez aux véritables historiens spécialistes de Papineau: Georges Aubin, François Labonté ou Yvan Lamonde, ils ne vous diront pas autre chose. Malgré cela, on continue à perpétuer la thèse d&#039;un Papineau: « un être divisé » au nom d&#039;un relativisme doctrinaire. Entre la thèse du grand homme et celle de l&#039;opportuniste torturé, on privilégie spontanément la seconde. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pauline Marois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;À bien des égards, la première ministre du Québec est déjà affligée du même péché originel que Dollard des Ormeaux et Louis-Joseph Papineau: celui d&#039;être habitée par un idéal et de chercher à bousculer notre condition.  Bien sûr il n&#039;est pas question de comparer son œuvre à celle de ses illustres prédécesseurs - Madame Marois n&#039;a pas (encore) changé le destin du Québec - mais elle en partage déjà le destin.  Ironiquement la mémoire est beaucoup plus clémente envers des nains de notre histoire, Lomer Gouin, Robert Bourassa ou Jean Chrétien, tout simplement parce qu&#039;ils ne nous demandaient absolument rien, nous conviant au contraire à la complaisance et au contentement de soi. En revanche, ceux qui nous invitent à vaincre nos peurs et à avancer sont généralement accueillis comme de faux prophètes et de « beaux parleurs ». Car tout compte fait, que reproche-t-on à madame Marois?  Ses airs hautains? Ses valses-hésitations des premiers mois?  Ses compromis sur la question nationale? Soyons sérieux, rien ici qui justifie l&#039;acharnement proprement viscéral répandu dans le discours public.  &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Mme Marois se retrouve exactement comme Dollard et Papineau, ostracisée par les porteurs d&#039;intérêts idéologiques qui relaient ensuite leur haine pour la multitude. Le plus triste demeure que le public semble toujours prêt à colporter n&#039;importe quel préjugé pourvu qu&#039;il contribue à nourrir son cynisme envers ses gouvernants. Or l&#039;histoire m&#039;a appris a d&#039;abord s&#039;appuyer sur les faits, et les faits ne sont pas si accablants envers les six premiers mois du gouvernement Marois: sortie du Québec du nucléaire, moratoire sur les gaz de schiste, liquidation de la crise étudiante, lois sur le financement des partis et sur la probité. Rien n&#039;y fait pourtant, au point ou même la clientèle nationaliste tombe allégrement dans le piège du dénigrement. Qui plus est, les médias sont tout à coup grands ouverts aux souverainistes si, bien sûr, c&#039;est pour se joindre au bal des récriminations contre le gouvernement du Parti québécois.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je sais déjà qu&#039;on accusera cet article d&#039;être biaisé. Ceux qui souhaitent réhabiliter nos chefs politiques ont toujours spontanément tort chez nous. À l&#039;occasion de la Journée nationale des patriotes, justement consacrée à célébrer nos héros nous ayant permis de nous épanouir malgré notre statut colonial, je vous convierais tout de même à l&#039;exercice suivant: et si après tout Madame Marois était en train de devenir une grande première ministre? Et si, à l&#039;aune de l&#039;histoire, on devait finalement la reconnaître comme la « raccommodeuse» qui aura sorti le Québec de sa pire crise sociale depuis quarante ans et restauré la confiance envers l&#039;État du Québec? Si donc, exposé à l&#039;épreuve des faits et à l&#039;aune de l&#039;histoire, il s&#039;avérait plus tard que le gouvernement actuel s&#039;était montré excellent pour le Québec? En ce cas, ne nous trouverions-nous pas tout à coup ridicules de s&#039;acharner sur la première première ministre du Québec  à coup d&#039;arguments futiles et de quolibets stupides?  &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Invitation en somme à prendre du recul à propos du travail difficile que doit présentement mener la première dame du Québec. Invitation à exposer son œuvre à l&#039;épreuve des faits et à la durée plutôt que de simplement relayer les préjugés réducteurs et à la limite misogynes. Invitation en somme à se dire que la grandeur est possible autour de nous et que, à l&#039;instar de Dollard et des patriotes, nous pouvons admettre que le dévouement et l&#039;abnégation peuvent aussi habiter nos chefs d&#039;État et qu&#039;en somme le pire n&#039;est pas toujours certain.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;center&gt;&lt;HH--236SLIDEEXPAND--276726--HH&gt;&lt;/center&gt;
        
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	    <title>Myriam Cottias: Qu&#039;est-ce qu&#039;un Blanc?</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.3293788</id>
    
    <published>2013-05-19T13:46:22Z</published>
    <updated>2013-05-19T14:23:02Z</updated>
    
    <summary> Au XVIIe siècle, dans l&#039;éventail des référents identitaires (individuels ou collectifs) que pouvait mobiliser un paysan du Royaume de France, il est certain que celui de &quot;blanc&quot; n&#039;avait pas sa place. Il se définirait sans doute par sa parenté, son village, sa seigneurie, sa région; des qualités y seraient certainement attachées, physiques ou morales, mais de &quot;couleur de peau&quot;, point. Le processus de caractérisation chromatique avait pourtant débuté, aux frontières du Royaume.</summary>
    <author>
        <name>Myriam Cottias</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/myriam-cottias/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/theblog/">
        &lt;center&gt;&lt;img alt=&quot;2013-05-14-BannirePUFsurlescontributionsdelopration.jpeg&quot; src=&quot;http://images.huffingtonpost.com/2013-05-14-BannirePUFsurlescontributionsdelopration.jpeg&quot; width=&quot;300&quot; height=&quot;85&quot; /&gt;&lt;/center&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Au XVIIe siècle, dans l&#039;éventail des référents identitaires (individuels ou collectifs) que pouvait mobiliser un paysan du Royaume de France, il est certain que celui de &quot;blanc&quot; n&#039;avait pas sa place. Il se définirait sans doute par sa parenté, son village, sa seigneurie, sa région; des qualités y seraient certainement attachées, physiques ou morales, mais de &quot;couleur de peau&quot;, point. Le processus de caractérisation chromatique avait pourtant débuté, aux frontières du Royaume.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Tiré du germain &quot;&lt;em&gt;Blank&lt;/em&gt;&quot; et signifiant &quot;pâle, blanc tirant sur le jaune&quot;, il qualifie au XIIe siècle la couleur des chevaux. La Fontaine entre 1678 et 1679, dans ses Contes, attache à certains de ses personnages emblématiques la qualité de &quot;blanc&quot; ou de &quot;blanche&quot; pour insister sur leurs attributs moraux; la &quot;blancheur&quot; de peau est avant tout synonyme de pureté de mœurs selon une lignée indo-européenne (combinant toutes les couleurs du spectre solaire, le blanc n&#039;a pas de couleur et symboliquement pas de taches morales).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le terme se substantive progressivement dans la confrontation avec les populations non européennes et plus particulièrement avec celles de la Négritie. En 1770, &lt;a href=&quot;http://www.assemblee-nationale.fr/14/evenements/raynal.asp&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;l&#039;Abbé Raynal indique&lt;/a&gt; qu&#039;&quot;il n&#039;y a pas dix mille hommes blans ou noirs&quot; pour garder les forts de la Compagnie des Indes. À l&#039;instar de &quot;noir&quot; ou de &quot;nègre&quot;, le qualitatif s&#039;est imposé par le développement du commerce des marchandises et des humains organisé par les royautés européennes dès le XVe siècle.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Du XVe siècle au XVIIe siècle, les éclaireurs de la colonisation que sont les hommes d&#039;Église, les commerçants, les administrateurs ou les voyageurs de l&#039;espace atlantique -des côtes africaines jusqu&#039;aux Amériques- sont décrits ou se définissent eux-mêmes par les nations qu&#039;ils représentent. Ils sont Anglais, Français, Portugais, Hollandais, par exemple. La première globalisation commerciale induit une première homogénéisation de ces acteurs: sans que les nations ne s&#039;effacent pour autant, ils sont caractérisés en tant que groupe comme des &quot;Européens&quot;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le champ sémantique du terme de &quot;blanc&quot; s&#039;élabore, lui, en corrélation avec le trafic des humains, noirs, mais se fixe dans les Amériques, postérieurement à celui de &quot;noir&quot; ou de &quot;nègre&quot;. Autant ces désignations sont habituelles dès le XIIIe siècle, autant l&#039;utilisation de &quot;blanc&quot; n&#039;est pas encore très répandue au début du XVIIe siècle. Richard Jobson (Jobson, 1904, p.112) rapporte comment, lorsqu&#039;on lui a dit qu&#039;en Afrique l&#039;habitude était de vendre des êtres humains &quot;à des hommes blancs&quot;, il a répondu qu&#039;&quot;ils étaient d&#039;un autre genre que lui&quot;. Ce n&#039;est qu&#039;avec le développement des plantations des Amériques que la dimension sociale, politique et biologique du terme, se fixe dès le XVIIe, simultanément dans l&#039;espace hispanophone, anglophone et francophone.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dès les premiers recensements des Antilles françaises, dans les années 1660, il est employé pour désigner les Européens libres mais ne fait sens que localement. De façon symptomatique, il n&#039;est pas utilisé &lt;a href=&quot;http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/esclavage/code-noir.pdf&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;dans l&#039;édit royal de 1685 plus connu sous le nom de Code Noir&lt;/a&gt;. Issu de l&#039;expérience coloniale, il doit ainsi être expliqué dans les métropoles. Dans un traité de 1680, Morgan Godwin explique au public anglais qu&#039;à la Barbade, le terme de &quot;blanc&quot; est &quot;le nom généralement utilisé pour désigner les Européens&quot;. En 1751, Thibault de Chanvalon décrivant la colonie de la Martinique devant l&#039;Académie des Sciences de Paris se doit de préciser que les Européens qui s&#039;y sont établis depuis cent cinquante ans sont désignés &quot;même ceux qui arrivent journellement, sous le nom général de Blancs&quot;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La construction d&#039;une identité raciale &quot;blanche&quot; reposant sur l&#039;homogénéité d&#039;un groupe à partir d&#039;un statut juridique (libre-blanc versus noir-esclave), d&#039;un positionnement politique de dominant et d&#039;un large pouvoir économique, se construisait, justifié par l&#039;obligation de christianiser toutes les populations &quot;hérétiques&quot;. S&#039;il est apparu qu&#039;aux débuts de la colonisation, les frontières de ce groupe ont été plus ou moins fluctuantes (puisque des recensements enregistrent comme &quot;Français blancs&quot; des Caraïbes), elles se sont fermées au fur et à mesure que le métissage et le droit colonial de la propriété sur les humains et les biens s&#039;élaborait. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Que ce soit dans le système des castas ou encore dans le classement de Moreau de Saint-Méry, la pureté du sang &quot;blanc&quot;, garanti par la réputation au sein de la société coloniale, jouait comme preuve du statut de libre et comme accès direct au statut de propriétaire. Si la couleur &quot;noire&quot; établissait une présomption de servilité, la couleur &quot;blanche&quot; fondait la possibilité de possession de biens humains. Réciproquement, toute suspicion envers un individu d&#039;être &quot;noir&quot; ou métissé de noir le rendait susceptible d&#039;être réduit en esclavage ou l&#039;obligeait, au moins, à prouver son statut de &quot;libre&quot;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les lois empêchaient aux esclaves l&#039;accès à la propriété et la rendait difficile pour les &quot;libres de couleur&quot; (la jurisprudence rétablissant cependant de façon régulière pour eux une fluidité dans les possibilités d&#039;acquisition de patrimoine). Elles permettaient aussi la construction politique de la classe blanche en lui donnant citoyenneté pleine et entière dans la limite des conditions historiques. En 1790, par exemple, le &lt;em&gt;Naturalization Act&lt;/em&gt; restreint la citoyenneté aux personnes qui résident aux États-Unis depuis au moins deux ans et qui sont blancs.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Historiquement, la &quot;race blanche&quot; se superpose aux champs d&#039;action politique et idéologique de la colonisation européenne. Les acteurs de la première colonisation se le sont approprié ainsi que leurs interlocuteurs directs appartenant au monde colonisé. Les populations des métropoles, elles, l&#039;ont connu progressivement avec le développement de l&#039;alphabétisme et de l&#039;école laïque et obligatoire qui utilisait les récits des expéditions au sein des continents non européens.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Associée au pouvoir absolu et à la violence, malgré des contre-exemples étudiés par l&#039;historiographie du XXe siècle, (que ce soit les Irlandais en Angleterre qui, au XIIIe siècle, n&#039;étaient pas considérés comme étant &quot;de sang libre&quot;, ou les &quot;petits blancs&quot; des Antilles), l&#039;idéologie de la supériorité raciale s&#039;affirme, surtout à la fin du XIXe siècle, dans la période impériale de l&#039;Europe. La hiérarchie linéaire des races est fixée et, dans l&#039;échelle des Êtres, le &quot;blanc&quot; est placé en son sommet, chargé d&#039;assurer le progrès universel et d&#039;apporter la Civilisation à l&#039;humanité.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Signe d&#039;un pouvoir absolu en termes globaux (et non pas en termes d&#039;expériences individuelles qui ont été plurielles et diverses), la &quot;blancheur&quot; a été aussi présentée comme un devoir moral dont Rudyard Kipling s&#039;est fait l&#039;écho en 1899 dans un poème plus connu pour son titre que pour son contenu, &quot;le fardeau de l&#039;homme blanc&quot;. Symboliquement, il faisait résonance au sein d&#039;un ensemble occidental christianisé. Il fournissait aussi des représentations qui appuyaient un racisme clairement exprimé envers les populations colonisées et qui ont fait ouvertement consensus jusqu&#039;à la période nazie portant à son pinacle la hiérarchie des races et la notion de &quot;race aryenne&quot;. L&#039;idéologie nazie reprend une généalogie intellectuelle du siècle des Lumières formée à partir du terme de &quot;caucasien&quot;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Johann Friedrich Blumenbach l&#039;adopte en effet en 1795 dans la troisième édition de son livre comme équivalent de &quot;Blancs européens&quot; selon une géographie qui s&#039;étend alors jusqu&#039;à l&#039;Asie (Coon, 1939). La &quot;race caucasienne&quot;, dans la 4e édition du Meyers Konversationslexikon (Leipzig, 1885-1890), est subdivisée en Aryens (Européano-aryens et Indo-aryens), Sémites et Hamites, sans considération de teinte de peau. L&#039;utilisation du mythe aryen par les nazis va provoquer une disparition du terme jusque dans les années 1950. Inversement, la récusation de la race aryenne a coïncidé avec sa résurgence (Baum, 2006), surtout aux États-Unis où elle avait été utilisée antérieurement comme facteur de distinction avec les descendants d&#039;esclaves, noirs ou métissés. C&#039;est d&#039;ailleurs là que le terme a continué à être mobilisé, notamment par le Bureau des recensements aux États-Unis pour désigner des populations ayant leurs origines en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Malgré les déclarations de l&#039;après-guerre où le combat contre le racisme semble devenir le credo généralisé du monde occidental, deux politiques fondées sur la suprématie raciale des Blancs vont persister. De 1901 à 1973, l&#039;Australie adopte une politique en faveur de l&#039;&quot;Australie blanche&quot; qui restreint l&#039;immigration des Japonais et des Chinois; tandis qu&#039;en 1948 (et jusqu&#039;en 1991), l&#039;Afrique du Sud instaure l&#039;apartheid, la séparation entre les races et la préservation de la race blanche.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Depuis la période de la décolonisation, l&#039;interrogation et la déconstruction de la race blanche ont occupé à la fois le champ politique international et aussi le domaine universitaire, principalement aux États-Unis. D&#039;un côté, la critique postcoloniale (depuis les colonisations) s&#039;est attachée à dénoncer l&#039;articulation entre &quot;race blanche&quot;, pouvoir et domination. De l&#039;autre, les &quot;&lt;em&gt;Whiteness Studies&lt;/em&gt;&quot; qui se développent à partir des années 1980, aux États-Unis, se sont efforcées d&#039;étudier les aspects culturels, historiques et sociologiques des personnes identifiées ou s&#039;identifiant comme &quot;blanches&quot;, en posant que le concept de race a été socialement construit afin de justifier la discrimination envers les &quot;non-Blancs&quot;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En France, la question n&#039;a été abordée que sur un mode conflictuel, de dénonciation d&#039;un &quot;&lt;a href=&quot;http://www.huffingtonpost.fr/tag/racisme-anti-blanc&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;racisme anti-blanc&lt;/a&gt;&quot; sans que les termes en soient définis. Il serait performant de déconstruire l&#039;association fictive, le plus souvent, entre &quot;blancheur&quot; (référent non pertinent sous l&#039;angle de la culture et de moins en moins informatif sous l&#039;angle de l&#039;apparence phénotypique) pour rendre improductives les oppositions &quot;raciales&quot;.&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;&lt;strong&gt;Reproduction intégrale de l&#039;article &quot;Blancs&quot; du &lt;em&gt;Dictionnaire Historique et Critique du Racisme&lt;/em&gt;, sous la direction de Pierre-André Taguieff&lt;/strong&gt;
&lt;center&gt;&lt;img alt=&quot;2013-05-14-DictionnaireRacisme.jpeg&quot; src=&quot;http://images.huffingtonpost.com/2013-05-14-DictionnaireRacisme.jpeg&quot; width=&quot;435&quot; height=&quot;600&quot; /&gt;&lt;/center&gt;
&lt;em&gt;Presses Universitaires de France, 2013&lt;/em&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Des exemples de racisme &quot;accidentel&quot; (en anglais)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;center&gt;&lt;HH--236SLIDEPOLLAJAX--12862--HH&gt;&lt;/center&gt;
        
    </content>
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<entry>
	    <title>Michel Pagé: Le déséquilibre systémique et récurrent entre universités anglophones et francophones</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-page/financement-universites-anglophones-francophones_b_3275159.html" />
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.3275159</id>
    
    <published>2013-05-19T13:43:55Z</published>
    <updated>2013-05-19T14:20:56Z</updated>
    
    <summary>Il existerait un déséquilibre systémique et récurrent: alors que la population anglophone du Québec compte pour moins de 9 % de la population totale, les universités anglophones du Québec recevraient quelque 25 %, et plus, des fonds du gouvernement québécois et quelque 35 % de l&#039;aide du gouvernement fédéral. Ceci revient à dire que les universités québécoises francophones ne reçoivent pas leur juste part.</summary>
    <author>
        <name>Michel Pagé</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/michel-page/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/theblog/">
        &lt;p&gt;L&#039;analyse porte sur la donne à l&#039;effet que le secteur universitaire anglophone serait surfinancé par rapport à la population anglophone québécoise, ce qui exacerberait le traitement inéquitable dont font l&#039;objet les centres universitaires francophones canadiens. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au Québec &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il existerait un déséquilibre systémique et récurrent: alors que la population anglophone du Québec compte pour moins de 9 % de la population totale, les universités anglophones du Québec recevraient quelque 25 %, et plus, des fonds du gouvernement québécois et quelque 35 % de l&#039;aide du gouvernement fédéral. Ceci revient à dire que les universités québécoises francophones ne reçoivent pas leur juste part.                                                                                                         &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En ce moment, tout favorise les universités anglophones et la langue anglaise au sein des institutions universitaires, dans le monde et y compris au Québec où les trois universités anglophones reçoivent 27 % des subventions normées, alors que les Québécois de langue maternelle anglaise ne représentent que 8,2 % (2006) de la population. À Montréal, ville où se joue l&#039;avenir du français en Amérique du Nord, les deux universités anglophones, McGill et Concordia, comptent environ 57 % des professeurs. («Les disparités du système québécois de financement des universités» par le politologue Marc Chevrier. l&#039;Encyclopédie de la francophonie, mars 2008.). &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Si le gouvernement du Québec nivelait ses subventions aux universités anglophones au prorata de la population anglophone du Québec, on dégagerait du coup un financement accru pour les universités francophones; elles pourraient ainsi être plus compétitives et répondre aux besoins du Québec francophone ainsi qu&#039;au développement des activités innovatrices au sein de la Francophonie.  &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Selon d&#039;autres chercheurs, comme Frédéric Lacroix et Patrick Sabourin (Le financement des universités: le non-dit, L&#039;Action nationale, octobre 2004), aucune province ne finance un système universitaire complet pour sa minorité de langue officielle, hormis le Nouveau-Brunswick et le Québec. On observera même une hausse préférentielle du financement des universités anglophones depuis 2003: la part du financement du secteur anglophone passa de l&#039;ordre de 23 % à plus de 27 % en 2008 (vraisemblablement liée à la multiplication des programmes tous azimuts de l&#039;université Concordia et à ses investissements immobiliers). &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le classement des 10 meilleures universités canadiennes&lt;/strong&gt; (en anglais)&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Le billet se poursuit après la galerie&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;center&gt;&lt;HH--236SLIDEEXPAND--249791--HH&gt;&lt;/center&gt;
&lt;br&gt;

&lt;p&gt;De plus, nous observons que l&#039;Ontario a opté pour une forme de bilinguisation des institutions universitaires qui ressemble à une mise sous tutelle; et que globalement les francophones de l&#039;Ontario n&#039;ont pas d&#039;université francophone (des universités bilingues certes, ou des « campus » sous l&#039;administration d&#039;universités anglo-saxonnes).&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Pour une question de justice, certains affirmeraient qu&#039;il serait temps que le réseau d&#039;enseignement anglophone québécois ne soit subventionné qu&#039;au prorata de la proportion de la population anglophone du Québec; d&#039;autres que le dédoublement et le surfinancement du réseau anglophone québécois influerait grandement sur les coûts structurels du système universitaire québécois, qu&#039;il faudrait un seul système d&#039;enseignement supérieur; d&#039;autres, que Concordia, pourrait être bilingue et que la pertinence de son financement soit remise en question dans les domaines où elle ne professe qu&#039;une réplique de ce qui se fait ailleurs (UQÀM, HÉC, ou l&#039;excellente Université McGill, par exemple). &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Convenons qu&#039;un compromis sur le niveau de financement, peut-être de l&#039;ordre de 20 %, pourrait sans doute convenir à court terme, car on ne peut pas pénaliser les acquis et la progression vers l&#039;excellence de l&#039;Université McGill, laquelle constitue un trésor qu&#039;il faut entretenir, et non livrer en pitance à des critiques faciles. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Insistons alors sur la nature objective de l&#039;intervention de rationalisation qui s&#039;impose. Un juste équilibre ne peut que reposer sur des propositions fondées; et la sagesse enseigne que des prises de position excessives nuiraient plus qu&#039;elles ne contribueraient à conférer des avantages comparés au réseau universitaire  québécois et à la société québécoise. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Le sort que le Canada réserve aux francophones hors-Québec  &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Mais, il ne faut pas non plus être naïf. Une connaissance éclairée de l&#039;Histoire nourrit le jugement critique. Des lois anti-français ont dans presque toutes les provinces anglophones interdit l&#039;enseignement en français, le financement public était carrément détourné au profit du système anglo-conforme. Privés d&#039;un système d&#039;éducation et d&#039;enseignement supérieur (les communautés religieuses auront pris la relève des institutions d&#039;enseignement, enseignant en français après les heures de classe, etc, et se consacrèrent aussi à l&#039;organisation de services sociaux et hospitaliers...) et marginalisés sous le flot de l&#039;immigration massive anglotrope, il ne faut pas s&#039;étonner que les Canadiens-français hors Québec affichent un si haut taux d&#039;assimilation.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Précisons encore que les résultats d&#039;une étude du Commissariat aux langues officielles de janvier 2008 mentionnent que seulement 12 % du financement pour la recherche est consenti aux universités en situation minoritaire et que cette proportion chute à 4 % quand on ignore les universités anglophones québécoises : les universités francophones sont nettement désavantagées. Dans un tel contexte, la surpondération du financement concédé aux universités anglophones du Québec amplifie le déséquilibre auquel est soumis l&#039;ensemble des Canadiens-français. Comprenons qu&#039;encore aujourd&#039;hui l&#039;Ontario n&#039;a aucune université totalement francophone, et que le développement des communautés francophones est régi par les &quot;&lt;em&gt;Francophones Affairs&lt;/em&gt;&quot;. L&#039;étreinte de la Confédération s&#039;exerce encore jusqu&#039;à la disparition de communautés francophones; elle  conditionne toujours les hauts taux d&#039;assimilation  .   &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une question de conscience nationale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ainsi, la question du sous-financement des universités francophones au Canada ouvre une question subsidiaire importante. Il faut bien comprendre, nonobstant les allégeances politiques, qu&#039;à l&#039;étreinte de la confédération se jumelle ici au Québec une forme pernicieuse d&#039;ambivalence sociale (Ambivalence: coexistence d&#039;émotions intenses, mais opposées, esprit divisé; définition d&#039;une maladie mentale). Car pour quelle raison creuse t-on ainsi le déséquilibre du financement en faveur du réseau anglophone? Par peur de déplaire, d&#039;indisposer; par insécurité, l&#039;incohérence permettant un évitement à un inconfort psychosocial; par infériorisation volontaire, par manque d&#039;imagination? La classe dirigeante anglomane mériterait peut-être l&#039;administration d&#039;une psychanalyse de groupe! &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;À la dissymétrie esquissée se jumelle le déséquilibre migratoire en faveur des universités anglophones, tant et si bien que le surfinancement des universités anglophones sert en partie à instruire une population migrante originaire de pays anglophones ou à angliciser définitivement une partie des allophones accueillies par la société distincte, distinctement naïve et ambivalente!&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En regard du recrutement d&#039;étudiants étrangers dans les universités anglophones du Québec, ne serait-il pas normal d&#039;accompagner les conditions avantageuses (droits de scolarité, porte ouverte à l&#039;immigration...) de conditions d&#039;apprentissage de la langue française, notamment par le développement de bourses et de conditions d&#039;accueil à la société francophone? L&#039;extension de l&#039;enseignement en français ou du moins de cours en français à l&#039;université correspond à un puissant moyen d&#039;expansion de la langue notamment dans les domaines scientifiques et techniques. Le combat pour la place du français dépend la perception d&#039;utilité de la langue dans ces domaines et les emplois qui découlent de l&#039;innovation.    &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ainsi, les injustices historiques et ses impacts encore pressants font apparaître  plus choquante la croissance du financement public consenti à l&#039;Université  Concordia, université récente (issue de la fusion de deux institutions plus petites en 1974, sa progression relève en partie d&#039;un marketing du savoir fragmenté et de projets immobiliers diversifiés), dans un contexte où celle-ci était en peloton de queue du classement des universités (MELS, Veille ministérielle - 2004: les 500 meilleures universités au monde. Rang mondial des universités québécoises.). Le gouvernement québécois aura financé des cours, des programmes ou des investissements immobiliers dans des domaines où elle reproduisait ou aurait fait un double emploi de ce qui se faisait dans d&#039;autres universités montréalaises. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Certes son cadre stratégique aura été très dynamique, et l&#039;UQÀM pourrait en tirer leçon. Mais le mode de financement public aura encouragé des relations stratégiques visant à obtenir une part croissante du financement des trois niveaux de gouvernement (extrait des documents sous Concordia). &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans un contexte de ressources financières limitées et de sous-financement des universités, cette croissance tentaculaire devrait à tout le moins être évaluée avec circonspection. Quant au reste? Lla fragilité de la vitalité du français au Canada et le sous-financement des universités francophones à travers le Canada pourraient peut-être inciter à transférer une partie des fonds consentis à l&#039;Université Concordia à des services universitaires francophones de l&#039;Ouest ou aux campus de l&#039;université Laurentienne bilingue desservant les populations francophones de Sudbury et de Hearst, en Ontario, à titre de contribution solidaire de la société québécoise aux communautés francophones défavorisées du Canada-anglais! Le destin de l&#039;université Concordia, si elle veut croître utilement ne serait-il pas de devenir une université bilingue ?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Tout ce déséquilibre ne pourrait-il pas être revu à la lumière de la &lt;a href=&quot;http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-page/les-quebecois-ont-une-responsabilite-morale-envers-les-minorites-francaises-roc_b_3193622.html)&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;responsabilité morale et stratégique du Québec envers les communautés francophones hors Québec&lt;/a&gt;?&lt;/p&gt;
        
    </content>
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<entry>
	    <title>Richard Marceau: Pour une solution juste au problème des réfugiés</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/richard-marceau/refugies-juifs-canada_b_3266343.html" />
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.3266343</id>
    
    <published>2013-05-19T13:18:54Z</published>
    <updated>2013-05-19T14:19:51Z</updated>
    
    <summary>Malgré ces milliers de réfugiés juifs des pays arabes qui se sont installés au Canada, les seuls réfugiés reconnus par le gouvernement du Canada suite au conflit israélo-arabe sont les réfugiés palestiniens. Cette injustice doit être redressée afin que le Canada adopte une position juste, équilibrée et équitable.  Cette correction essentielle n&#039;élimine d&#039;aucune façon la nécessité de trouver une solution juste et équitable pour les réfugiés palestiniens.</summary>
    <author>
        <name>Richard Marceau</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/richard-marceau/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/theblog/">
        &lt;p&gt;Deux populations de réfugiés ont été créées par le conflit israélo-arabe: une population juive et une population arabe. Alors que la problématique des réfugiés palestiniens est incluse dans la politique officielle du gouvernement du Canada, celle des réfugiés juifs a été complètement occultée, créant ainsi un déséquilibre qui mérite d&#039;être redressé si une solution juste et équitable doit être trouvée. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ce processus semble heureusement avoir débuté. Le Comité permanent des Affaires étrangères de la Chambre des communes du Canada a en effet commencé dernièrement l&#039;étude du problème des réfugiés juifs, problème laissé de côté depuis trop longtemps dans toutes les discussions sur le Moyen-Orient. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Soyons clairs cependant: la reconnaissance des droits d&#039;un groupe ne doit pas se faire aux dépens des droits d&#039;un autre. En d&#039;autres mots, la reconnaissance des droits et revendications des réfugiés juifs n&#039;enlève rien à ceux des réfugiés palestiniens. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Une montagne canadienne d&#039;évidences &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Comme c&#039;est un problème qui touche plus de 850 000 personnes, qui ont été persécutées et déplacées du Moyen-Orient et de l&#039;Afrique du Nord, il est étonnant qu&#039;il ait été omis depuis si longtemps par le gouvernement du Canada. Ceci est d&#039;autant plus vrai qu&#039;il est connu par Ottawa depuis ses débuts, comme le montrent les Archives du gouvernement canadien. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Déjà en mars 1949, les diplomates canadiens rapportaient que plusieurs milliers de réfugiés quittant l&#039;Afrique du Nord « affluaient en Palestine » (&quot;&lt;em&gt;pouring into Palestine&lt;/em&gt;&quot;.)&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Trois ans plus tard, le gouvernement du Canada recevait des rapports selon lesquels Israël avait absorbé plus de 300 000 Juifs des pays arabes, incluant 120 000 juifs d&#039;Irak et 50 000 du Yémen.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
En août 1956, après des mois de représentations par le Congrès juif canadien, le gouvernement canadien décidait - « considérant les considérations humanitaires urgentes présentes » (&quot;&lt;em&gt;in view of the urgent humanitarian considerations involved&lt;/em&gt;&quot;) - de déroger aux procédures habituelles de sécurité et de faciliter la venue des Juifs nord-africains au pays. Environ 25 000 Juifs marocains sont ainsi arrivés au Canada; le reste des 200 000 Juifs de ce pays l&#039;ont quitté entre 1948 et 1967, se rendant principalement en Israël et en France.  &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
En décembre 1956, le ministère des Affaires extérieures recevait des câbles diplomatiques décrivant l&#039;expulsion des Juifs égyptiens. Ces Juifs égyptiens, dont 50 % étaient déjà apatrides suite à une loi profondément discriminatoire datant de 1926, faisaient face à un dilemme impossible. Des câbles diplomatiques canadiens rapportaient que « les Juifs apatrides ont le choix de soit quitter l&#039;Égypte, soit d&#039;être envoyés dans un camp de concentration » (&quot;&lt;em&gt;Jews without nationality are given choice between leaving Egypt or being sent to a concentration camp&lt;/em&gt;&quot;) et « les Juifs reçoivent une visite d&#039;un officiel qui les intimide afin de les forcer à signer une déclaration d&#039;intention de quitter l&#039;Égypte, ce qui amène l&#039;annulation de leur permis de résidence et leur expulsion du pays » (&quot;&lt;em&gt;Jews would receive a visit of some official who would intimidate them into signing a declaration of intention to leave Egypt which would result in cancellation of residence permit and then force them to leave the country&lt;/em&gt;&quot;.)&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
En réponse à ces rapports, une note au ministre des Affaires extérieures soulignait, le 20 décembre 1956: « Un principe sensé à adopter est que les réfugiés juifs désirant se rendre en Israël devraient pouvoir s&#039;y rendre et que ceux qui ne le désirent pas devraient être accommodés  dans d&#039;autres pays du monde libre, y compris au Canada (&quot;&lt;em&gt; What we have in mind is that a sensible principle to accept would be that Jewish refugees wishing to go to Israel should do so and that those not wishing to go to Israel should be accommodated elsewhere in the free world, including Canada&lt;/em&gt;&quot;.)&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Trois mois plus tard, le Haut-Commissariat aux réfugiés de l&#039;ONU décidait que ces réfugiés juifs égyptiens étaient éligibles à la protection onusienne.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
D&#039;autres câbles diplomatiques canadiens en provenance de la région furent reçus par Ottawa. Par exemple, le 4 mai 1964, l&#039;ambassade canadienne en Suisse rapportait que les Juifs tunisiens faisaient face à des conditions d&#039;apartheid. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Même en mars 1973, des diplomates canadiens s&#039;attendaient à une augmentation importante du nombre d&#039;immigrants juifs en provenance du Maroc vers le Canada « possiblement plus rapide et dramatique que nous le souhaiterions alors que de nouvelles mesures marocaines sont mises en place », mesures qui « forceront ces personnes non désirées à chercher une nouvelle demeure » ( &quot;&lt;em&gt;possibly more rapidly and dramatically than we would wish, as new Moroccan measures are being implemented in the months ahead&quot; that &quot;will force all these unwanted people to seek a new home&lt;/em&gt;.&quot;)&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Une correction pour la justice et l&#039;équité&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Malgré toutes ces évidences, malgré ces milliers de réfugiés juifs des pays arabes qui se sont installés au Canada, les seuls réfugiés reconnus par le gouvernement du Canada suite au conflit israélo-arabe sont les réfugiés palestiniens.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cette injustice doit évidemment être redressée afin que le Canada adopte une position juste, équilibrée et équitable. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cette correction essentielle, je le répète, n&#039;élimine d&#039;aucune façon la nécessité de trouver une solution juste et équitable pour les réfugiés palestiniens. Elle ne fait que de rendre plus équitable la position officielle du Canada.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Les États américains qui comptent le plus de Juifs&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;center&gt;&lt;HH--236SLIDEEXPAND--230760--HH&gt;&lt;/center&gt;
        
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	    <title>Laurent Alexandre: ADN: année zéro</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/laurent-alexandre/sequencage-adn_b_3293796.html" />
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.3293796</id>
    
    <published>2013-05-19T13:16:21Z</published>
    <updated>2013-05-19T14:22:05Z</updated>
    
    <summary>L&#039;ADN est un exemple frappant de la Nature exponentielle du progrès technologique. En 1985, les généticiens considéraient que l&#039;on ne pourrait jamais séquencer l&#039;intégralité de notre ADN. En réalité, ce projet colossal de trois milliards de dollars toucha au but en 2000, avec l&#039;annonce d&#039;une première ébauche du génome humain.</summary>
    <author>
        <name>Laurent Alexandre</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/laurent-alexandre/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/theblog/">
        &lt;p&gt;L&#039;ADN est un exemple frappant de la Nature exponentielle du progrès technologique. En 1985, les généticiens considéraient que l&#039;on ne pourrait jamais séquencer l&#039;intégralité de notre ADN.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Quand le gigantesque programme de recherche international &lt;a href=&quot;http://www.cns.fr/spip/Le-projet-Genome-humain.html&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;Projet Génome Humain&lt;/a&gt;, destiné à dresser la carte de l&#039;ADN d&#039;un être humain, a démarré en 1990, beaucoup d&#039;experts déclarèrent, au regard de la puissance des ordinateurs de l&#039;époque et de la technique de séquençage utilisée, qu&#039;il faudrait entre trois et cinq siècles.&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;Laurent Alexandre l&#039;est un des contributeur du réseau &lt;strong&gt;TEDxParis&lt;/strong&gt;.
&lt;strong&gt;TEDxParis&lt;/strong&gt; est un événement sous licence &lt;strong&gt;TED&lt;/strong&gt; et l&#039;une des conférences éditées par l&#039;agence Brightness. Retrouvez l&#039;actualité des conférences sur &lt;a href=&quot;http://brightness.fr&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;brightness.fr&lt;/a&gt;. Pour contacter l&#039;auteur: &lt;a href=&quot;mailto:laurent.alexandre@dnavision.be&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;laurent.alexandre@dnavision.be&lt;/a&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;En réalité, ce projet colossal de trois milliards de dollars -auquel participèrent des généticiens du monde entier- toucha au but en 2000, avec l&#039;annonce en grande pompe par Bill Clinton et Tony Blair d&#039;une première ébauche du génome humain. La version définitive du génome humain fut publiée en 2003. Une masse considérable de données, détaillant les quelques vingt-et-un mille gènes de l&#039;ADN, noyés dans les trois milliards de combinaisons (les &quot;paires&quot; de base avec les lettres ATGC) qui forment l&#039;ADN*.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://commons.wikimedia.org/wiki/File:DNA_chemical_structure-1-.fr.svg&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;&lt;center&gt;&lt;img alt=&quot;2013-05-13-ADNStructurechimique.jpeg&quot; src=&quot;http://images.huffingtonpost.com/2013-05-13-ADNStructurechimique.jpeg&quot; width=&quot;428&quot; height=&quot;500&quot; /&gt;&lt;/center&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;Structure chimique de l&#039;ADN, par Madprime via Wikipedia&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Avec cette publication -disponible sur Internet en libre consultation-, la recherche en biologie s&#039;est considérablement accélérée. Si le premier séquençage intégral de l&#039;histoire a coûté trois milliards de dollars et sollicité 20000 experts internationaux pendant treize ans, la Nature exponentielle des progrès informatiques a vite fait chuter les coûts. Nous en étions à un million et demi de dollars en 2007. Aussi incroyable que cela puisse paraître, nous sommes passés sous la barre des 1000 dollars en 2013. Jusqu&#039;où cela ira-t-il?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le séquençage intégral de notre ADN devrait coûter le prix d&#039;une paire de jeans -même non griffé!- avant 2020 et ainsi permettre une démocratisation de la &quot;&lt;a href=&quot;http://www.franceculture.fr/oeuvre-la-mort-de-la-mort-comment-la-technomedecine-va-bouleverser-l-humanite-de-laurent-alexandre&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;technomédecine&lt;/a&gt;&quot;. En dix ans, le coût du séquençage de l&#039;ADN a été divisé par un million. Jamais aucune activité humaine, pas même l&#039;industrie des circuits intégrés, n&#039;a connu une évolution aussi foudroyante.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Grâce à cette cartographie, la médecine a commencé à comprendre les mécanismes et les codes de la vie à l&#039;échelle moléculaire. Nous n&#039;en sommes pourtant qu&#039;à l&#039;âge de pierre de la technomédecine. La fin du programme &quot;génome humain&quot; se compare à la découverte de l&#039;Amérique en 1492. Les mêmes questions, les mêmes problèmes et les mêmes conséquences ravageuses sur notre ancien monde se profilent.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Que faire de ce nouveau continent? Quelles ressources en tirer? Comment l&#039;organiser? Quel est l&#039;intérêt de connaître l&#039;intégralité du patrimoine génétique de milliers d&#039;individus? Avec un million de personnes intégralement séquencées en 2013 dans le monde, les généticiens vont bénéficier de bases de données colossales pour comprendre le rôle de chaque portion de notre ADN.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Vers 2022, ce sera un milliard d&#039;hommes et de femmes dont l&#039;ADN aura été intégralement analysé. Vers 2020, la démocratisation du séquençage intégral sera devenue réalité et nous disposerons alors d&#039;une excellente capacité d&#039;interprétation des résultats. Grâce à l&#039;augmentation très rapide du nombre d&#039;individus dont on aura entièrement séquencé le génome -permise par la baisse du coût du séquençage-, les bases de données seront, dans les prochaines décennies, infiniment plus riches qu&#039;aujourd&#039;hui.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Malgré l&#039;immense complexité des maladies, la science avance à grands pas. &lt;a href=&quot;http://gwas.nih.gov/&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;Les études GWAS (&lt;em&gt;genome wide associations studies&lt;/em&gt;)&lt;/a&gt; visent à relier les variations génétiques aux pathologies. Pour comprendre le lien entre les maladies et certaines composantes génétiques, il faut comparer les génomes des sujets atteints de la maladie observée avec ceux des sujets sains. Or, ce mécanisme est cumulatif. Plus il y a d&#039;observations, plus la connaissance de la signification du génome est importante!&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Deux domaines médicaux sont concernés à court terme par cette révolution. Le traitement du cancer et le dépistage prénatal des maladies graves.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La révolution du traitement personnalisé du cancer&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le lien entre ADN et cancer reste flou dans l&#039;opinion publique. Le trouble provient sans doute de la confusion entre la génomique -qui concerne l&#039;ADN et son fonctionnement- et l&#039;hérédité.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Seuls 15% des cancers sont héréditaires, mais tous sont génétiques, liés à une instabilité de l&#039;ADN souvent due à l&#039;environnement (tabac, alcool, alimentation, soleil, virus, produits chimiques), et donc non héritée de nos parents. Autrement dit, le cancer est toujours une maladie de l&#039;ADN qui est généralement acquise (85% des cas).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://commons.wikimedia.org/wiki/File:TimeLapseMicroscopyCancerCells.gif&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;&lt;center&gt;&lt;img alt=&quot;2013-05-13-TimeLapseMicroscopyCancerCells.gif&quot; src=&quot;http://images.huffingtonpost.com/2013-05-13-TimeLapseMicroscopyCancerCells.gif&quot; width=&quot;200&quot; height=&quot;150&quot; /&gt;&lt;/center&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;Des cellules cancéreuses photographiées par une caméra attachée à un microscope, par Asd.and.Rizzo via Wikipedia&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
La cellule cancéreuse qui remodèle son ADN en multipliant ses mutations croît de façon incontrôlée et échappe aux défenses de l&#039;organisme. Depuis quelques années, l&#039;analyse de certaines mutations associées au développement du cancer est effectuée. Les mutations des gènes codant pour les facteurs de croissance tumorale peuvent être détectées par étude de la tumeur après biopsie ou ablation chirurgicale.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Des thérapies ciblant ces mutations ont été développées depuis une quinzaine d&#039;années: &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Anticorps_monoclonal&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;les anticorps monoclonaux&lt;/a&gt; et les inhibiteurs des enzymes tyrosine kinase.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En France, &lt;a href=&quot;http://www.e-cancer.fr/&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;l&#039;Institut national du cancer (INCa)&lt;/a&gt; a assuré la diffusion des principaux tests génétiques de première génération. Ces tests sont dépassés. La division par 1 million en dix ans du coût du séquençage intégral de l&#039;ADN, c&#039;est-à-dire des 3 milliards de bases chimiques constituant notre identité génétique, change la donne. 50 000 patients cancéreux ont déjà bénéficié d&#039;un séquençage complet du génome de leur tumeur. Ces analyses ont révélé l&#039;extrême complexité des modifications génétiques et donc biologiques des cellules tumorales.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Loin des visions simplificatrices que le séquençage d&#039;un ou deux marqueurs génétiques avait fait émerger, nous savons désormais qu&#039;il n&#039;y a pas un gène du cancer mais une multitude de variants génétiques qui diffèrent selon le patient. Chaque cancer est ainsi une maladie unique, fruit de mutations de l&#039;ADN et non d&#039;une modification ponctuelle.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cette complexité du génome des cellules tumorales explique l&#039;apparition rapide de résistances des tumeurs aux thérapies anticancéreuses et implique une redéfinition des stratégies thérapeutiques. Des cocktails de thérapies ciblées sur plusieurs caractéristiques tumorales s&#039;imposent, ce qui suppose de connaître la totalité de l&#039;ADN de la tumeur, alors que les tests actuels n&#039;en lisent qu&#039;un millionième! Mais le coût de ces thérapies pose un immense problème pour nos pays en crise. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cette révolution génomique suppose une autre organisation des soins. Le séquençage intégral d&#039;une tumeur génère 10 000 milliards de données dont l&#039;analyse exige des ordinateurs surpuissants. Leur gestion rend urgent le déploiement du dossier médical partagé. Le cancer se regarde désormais comme une multitude de maladies orphelines exigeant des traitements sur mesure. Dès 2015, ils seront personnalisés en fonction de la carte d&#039;identité génétique des tumeurs. La cancérologie se réinvente à marche forcée et la lutte contre le cancer est à un tournant de son histoire à cause de la démocratisation du séquençage de l&#039;ADN.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le diagnostic prénatal par séquençage du fœtus&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le désir de l&#039;enfant parfait habite la plupart des parents et la société encourage la minimisation des risques obstétricaux. Nous sommes déjà sur un toboggan eugéniste sans nous en être rendu compte. La trisomie 21 est en train de disparaître sous nos yeux: 97 % des trisomiques &quot;bénéficient&quot; d&#039;une interruption médicale de grossesse. Bien peu de parents résistent à la pression sociale pour &quot;éradiquer&quot; ce handicap mental.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Or, jusqu&#039;à présent, les techniques génétiques ne repéraient qu&#039;une poignée de pathologies. Mais le séquençage intégral de l&#039;ADN du futur bébé -c&#039;est-à-dire des 3 milliards de paires de bases chimiques qui constituent son identité génétique- va changer radicalement la donne. Il est possible de réaliser, dès à présent, &lt;a href=&quot;http://lifecodexx.com/lifecodexxprenatest-fr.html&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;un diagnostic génomique complet du fœtus à partir d&#039;une simple prise de sang&lt;/a&gt; chez la future maman: plus besoin de prélever de liquide amniotique par amniocentèse. L&#039;un des derniers freins à la généralisation du diagnostic prénatal -la peur d&#039;une fausse couche, qui survient dans 0,5 à 1 % des cas après une amniocentèse- disparaît!&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Un puissant algorithme, mis au point par l&#039;équipe du professeur &lt;a href=&quot;http://www.cpy.cuhk.edu.hk/Research/DennisLo.htm&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;Dennis Lo&lt;/a&gt; (université de Hongkong), spécialiste du dépistage génétique, permet de différencier les séquences ADN du futur bébé et celles de la mère. Cette technique va se généraliser avant 2020 et va faire disparaitre l&#039;&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Amniocent%C3%A8se&quot; target=&quot;_hplink&quot;&gt;amniocentèse&lt;/a&gt;. Des milliers de maladies pourront être dépistées systématiquement pendant la grossesse sans faire courir de risque à l&#039;enfant.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Nous avons quasiment éradiqué la trisomie 21 en trente ans, bien que les trisomiques soient doux, aient une espérance de vie normale et ne souffrent pas. Pourquoi ferions-nous demain autrement avec les autres pathologies? Politiquement, comment empêchera-t-on les parents de préférer de &quot;beaux enfants plutôt doués&quot; alors que l&#039;avortement pour convenance personnelle est libre, quelle que soit la constitution de l&#039;embryon, et que l&#039;avortement pour handicap intellectuel (trisomie 21 en tête) est légal, socialement accepté et encouragé par les pouvoirs publics? Le retour de l&#039;eugénisme est une bombe éthique et politique passée complètement inaperçue.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le premier séquençage intégral de l&#039;ADN a dix ans, mais son exploitation médicale débute maintenant, après dix années de maturation. Ses conséquences médicales, politiques, sociales et philosophiques vont maintenant apparaître au grand jour. Après la lecture de notre ADN, nous allons bientôt le réécrire: nous allons reprogrammer des gènes, et même fabriquer des gènes artificiels grâce à la biologie de synthèse. Le bricolage du vivant ne fait que commencer.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;________________________________________&lt;br /&gt;
* &lt;em&gt;On sait désormais que les zones qui ne codent pas pour les vingt-et-un mille gènes sont très importantes et pas du tout de l&#039;ADN poubelle, &quot;junk DNA&quot;, en anglais, comme on le croyait en 2003.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;center&gt;&lt;HH--236SLIDEEXPAND--250442--HH&gt;&lt;/center&gt;
        
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