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Hommage à Assia Djebar

07/02/2015 12:18 EST | Actualisé 09/04/2015 05:12 EDT

On ne me fouettera jamais pour avoir écrit ce texte. Raif Badawi, lui, a été condamné à 1000 coups de fouet et 10 ans prison pour avoir blogué.

Assia Djebar s'est éteinte le 6 février dernier, à Paris, à l'âge de 78 ans. Amitié, respect et sympathies à sa famille et à ses proches. Ma première rencontre avec elle remonte à il y a une vingtaine d'années, en mai 1994. Pour avoir suivi son parcours, j'en garde un souvenir impérissable. Historienne, femme de lettres et cinéaste d'origine algérienne, elle laisse derrière elle une œuvre colossale et un engagement inspirant pour la nouvelle génération de femmes pour qui la lutte pour l'égalité entre les femmes et les hommes demeure encore inachevée.

assia djebar

En juin 2002, mon amie, Mair E. Verthuy lui a rendu un vibrant hommage à Montréal, quand elle a reçu le titre de Docteur honoris causa des mains du Chancelier de l'Université Concordia.

Elle restera vivante dans l'esprit de dizaines de milliers de lectrices, de lecteurs et de chercheurs. Depuis la parution, en 1957, de son premier roman, La Soif, sous le pseudonyme d'Assia Djebar, de son vrai nom, Fatma-Zohra Imalayène, elle a publié de nombreux romans, essais, récits, nouvelles, poèmes et pièces de théâtre avant de se consacrer au cinéma où elle a réalisé des films dont la Nouva des femmes du Mont Chenoua qui lui a valu le Prix de la critique internationale à la Biennale de Venise, en 1979 et La Zerda et les Chants de l'oubli qui a été primé, en 1983, au Festival de Berlin, comme « meilleur film historique ».

Professeure universitaire d'histoire au Maroc (de 1959 à 1962) et en Algérie (1962-1965), elle s'est installée à Paris à partir de 1966 avant de partir pour les États-Unis où elle a assumé de 1995 à 2001 la charge de professeure titulaire et de directrice du Centre d'études françaises et francophones de la Louisian State University. En 2001, elle s'est jointe à la New York University comme professeur titulaire et a été nommée, en 2002, Silver Chair Professor.

Ses écrits littéraires ont été traduits en une vingtaine de langues et un colloque international lui a été consacré à Paris, en novembre 2003. Elle a remporté de nombreux prix littéraires, notamment, le Prix Liberatur de Francfort, en 1989, le Prix Maurice Maeterlinck en 1995, l'International Literary Neustadt Prize en 1996, le Prix Marguerite Yourcenar en 1997, le Prix de la paix des Éditeurs allemands en 2000, le Prix international Pablo Neruda en 2005 et le prix international Grinzane Cavour pour la lecture en 2006.

Docteure en littérature française de l'université Paul-Valery de Montpellier III, en 1999, elle s'est également méritée trois Docteur honoris causa des universités de Vienne (Autriche), de Concordia (Montréal) et d'Osnabrück (Allemagne).

En 1999, elle deviendra membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique avant d'être élue à l'Académie française, le 16 juin 2005 où elle avait déclaré au Figaro, « (...) Chacun de mes livres est un pas vers la compréhension de l'identité maghrébine, et une tentative d'entrer dans la modernité. Comme tous les écrivains, j'utilise ma culture et je rassemble plusieurs imaginaires ». Mission accomplie Assia. Repose en paix !

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