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Politique, amour et nostalgie

05/04/2014 08:42 EDT | Actualisé 05/06/2014 05:12 EDT

Pourquoi cette élection est-elle devenue si sale si rapidement? Est-ce que ça correspond à l'arrivée de Pauline Marois à la tête du gouvernement à Québec ou simplement une coïncidence? Ou est-ce inévitable après les neuf années de néant moral et intellectuel des gouvernements libéraux de Jean Charest? Ou bien...

Et pourquoi cette drôle de nostalgie qui s'est emparée de nos amis québécois? Je parle des francophones de souche pas de nous-autres les néos. Pourquoi dès les premières fuites en septembre 2013, avant même sa publication, la Charte des 'valeurs' a tellement polarisé les habitants du Québec? Est-ce que c'était délibéré? Comment nous sommes-nous retrouvés soudainement en guerre contre l'intégrisme religieux, aux dires de Monsieur Drainville? Vraiment, le Québec est maintenant à l'avant-garde de la guerre des religions parce que nos valeurs sont menacées par l'Islam?

Ou bien c'était peut-être un stratagème politique du Parti québécois pour gagner un pouvoir majoritaire, provoquer une crise politique dans la province et se donner les coudées franches pour une dernière tentative d'en faire un pays? Ça m'a tout l'air d'un plan téléguidé par le Tea Party du Parti québécois, sans égard à son intégrité et celle du reste du bled.

La majorité d'entre nous se sentent défaits, résignés à accepter la banalisation de notre vie politique, incapables de faire fléchir le cours des choses pour changer cette triste comédie à laquelle nous assistons. C'est vrai que le système est tellement bien bouclé qu'avoir un impact quelconque n'est pas évident. Nous avons laissé aller la classe politique pendant trop longtemps pour qu'en un coup de magie en forme de carré rouge, tout soit changé et redevenu glorieux comme avant. Les révolutions nous le voyons bien en live, ça prend bien plus qu'un été dans les rues.

J'ai inséré Amour dans le titre parce que je trouve qu'en voulant trop s'éloigner de sa religion mère, le Québec a peut-être jeté l'amour avec l'eau de l'église. L'amour du pays, l'amour de la terre, celui des ancêtres et surtout celui de notre voisin. Ça fait des années que nous sentons que cet amour que les péquistes avaient pour le Québec s'est transformé en frustration couverte d'arrogance. Que l'amour de jeunesse des baby-boomers s'est transfiguré en paternalisme égoïste qui baigne dans une piscine creusée dans la pelouse d'une maison de banlieue.

La culture politique du Québec n'a jamais surmonté la première, puis la deuxième défaite référendaire. L'arrogance de Pauline, de Bernard, même de Jacques et d'Yves et des autres n'est pas signe de fierté souverainiste, comme celle de René l'était. Ça saute tellement aux yeux que c'en est pathétique. Cette nostalgie qui sous-tend la campagne électorale, de ces articles qui défilent dans mon fil Facebook pour nous rappeler le combat de nos pères pour sa langue, est le témoin du vide moral et intellectuel de notre vie politique qui ne s'est jamais réinventée. Ramener la défense du français dans les usines à l'avant-scène dans cette élection inutile témoigne combien cette génération de politiciens et leurs idées plates sont périmées.

Pas plus que pour les péquistes, il n'y a rien de très intéressant à dire sur les libéraux ou caquistes ou les autres candidats, à l'exception parfois de Françoise. Pourquoi aucun d'entre eux ne parle de choses qui concernent vraiment notre réalité, ou même qui interpellent notre imaginaire?

C'est impératif que notre génération et la plus jeune s'avancent pour reprendre les rênes de la situation. Nous sommes les premiers responsables pour l'avenir de cette province parce que nos plaintes en ligne ne feront pas partie de l'Histoire. Elle notera simplement qu'à un moment donné, la flamme du Québec s'est éteinte et que la nation canadienne-française prit une dérive et cessa de compter dans le débat des sociétés du 21e siècle.

J'avais prédit tôt que cette affaire de Charte péterait au nez du Parti québécois, comme j'espère que c'est le cas pendant cette campagne. S'il y avait une implosion du PQ après ces élections, ça ouvrirait une brèche historique qui ni Couillard ni LeGo ou leurs « militants » ne pourront remplir. Ce sera notre window of opportunity pour reprendre notre place dans la vie publique de notre province, de notre pays ou de notre ville, c'est selon. Le malheur de quelques-uns fera le bonheur de la plupart des autres.

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