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Journée mondiale de la prévention du suicide : la Vie, toujours là !

10/09/2013 01:33 EDT | Actualisé 09/11/2013 05:12 EST

Nombreux sont ceux qui portent en eux un profond désespoir. En proie à la dureté des aléas de l'existence, leurs âmes peuvent devenir un vaste vertige tournoyant autour du vide.

Face à la détresse d'une personne traversant une crise suicidaire, combien sommes-nous à avoir ressenti tristesse et impuissance? Qu'il s'agisse du mal-être d'un (e) collègue de travail, d'un frère, d'une mère ou d'un (e) ami (e), combien d'entre nous se sont retrouvés sans voix?

À l'occasion de la 11e Journée mondiale de la prévention du suicide, j'aimerais porter à votre attention quelques éléments pouvant s'avérer utiles lorsque telle situation survient dans votre entourage ou ailleurs.

En premier lieu, précisons que le suicide ne se produit pas sans avertissements. La grande majorité (75 %) des personnes qui se sont suicidées ont laissé des indices de leurs intentions, des messages directs ou indirects qui indiquaient aux autres qu'ils étaient dans un profond désespoir.Il est donc essentiel de rester attentif aux signes précurseurs. Par exemple, des propos tels «vous seriez bien mieux sans moi», «bientôt, je vais avoir la paix» ou «je pars pour un long voyage» sont des appels à l'aide à prendre très au sérieux. Cela même si la personne soutient par la suite que c'était de simples plaisanteries. En plus des messages verbaux, certains actes sont révélateurs : le don d'objets significatifs, une perte d'intérêt marquée, une tendance à l'isolement ou un changement radical dans les comportements.

Par ailleurs, un des mythes les plus entretenus est de croire que parler du suicide incite la personne à s'enlever la vie. Or, bien au contraire, demander directement à la personne en souffrance si elle pense au suicide lui donne l'occasion de se sentir reconnue, d'exprimer son mal de vivre et de briser son isolement.

À cet égard, toute personne qui exprime des idées suicidaires ou entretient des comportements le laissant croire requiert une attention immédiate. Le bon réflexe est d'appeler un Centre de prévention du suicide au 1 866 APPELLE. Advenant le cas où la crise ne peut être résorbée par ces moyens, il est conseillé de contacter le Centre de crise ou CLSC de votre région qui est en mesure d'offrir d'autres pistes de solutions. Une équipe mobile peut se déplacer dans la communauté lorsqu'une intervention face à face s'avère nécessaire afin d'évaluer la dangerosité. Dans le cas où la personne a déjà entièrement planifié son suicide et que le passage à l'acte est imminent, il n'y a point d'autre alternative que de s'en remettre immédiatement aux corps policiers et ambulanciers. N'hésitez pas à demande de l'aide ou conseil, c'est de la Vie dont il est question.

Rappelons enfin que la personne suicidaire n'est pas résolue à se tuer, elle veut cesser de souffrir. Le suicide est alors perçu comme la seule solution pour y parvenir. Cependant, il existe toujours d'autres voies possibles. Souvent, le simple fait d'être présent pour la personne et de laisser place à l'expression de la souffrance peut faciliter sa demande d'aide et de soutien, en plus de solliciter chez elle de l'espoir.

Ainsi oui, même si l'heure est noire, il advient que l'espoir peut renaitre et reprendre ses attributs, pas à pas. Car malgré le cri de douleur de l'être, la Vie est là, tapie à l'intérieur, n'attendant qu'à illuminer de nouveau un visage, un sourire. Si les idées sombres font certes penser à l'impensable, toute souffrance peut être une porte vers un renouveau de la Vie. Vers cette «pulsion de vie» qui nous tourne vers l'avenir, nous faisant voler à grandes ailes déployées vers d'autres possibles. Et ainsi, «Être, dans le tournoiement des mondes, comme une poussière de fleurs, qu'un vent inconnu soulève dans le jour finissant, et [...] laisse retomber au hasard, indispensable au milieu de formes plus vastes» (Fernando Pessoa) est de nouveau possible.

On ne le dira jamais assez, mais le suicide reste une problématique omniprésente au Québec, et ce malgré les grands avancements des dernières années. 1100 Québécois et Québécoise s'enlèvent la vie chaque année - les hommes de 35 à 64 ans plus particulièrement.

À cet égard, nous sommes à même de constater les effets pervers des valeurs prônées par notre société telles que la performance, la foi au néolibéralisme et l'individualisme sur les tourments de l'âme et les difficultés socio-économiques qui touchent trop de nos semblables. Nous appelons donc à un retour aux valeurs de collectivité, d'entraide et de solidarité, ainsi, peut-être, le monde s'en portera-t-il mieux.

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