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«S’ouvrir toutes les portes», est-ce vraiment nécessaire?

Est-ce vraiment mieux de prôner « l'ouverture des portes » à tout prix plutôt que d'inciter chaque élève à choisir son parcours selon ses passions?

05/09/2017 11:33 EDT | Actualisé 05/09/2017 11:33 EDT
diego_cervo
Une fois arrivés à la fin du secondaire, les élèves ont une assez bonne connaissance d'eux-mêmes pour choisir leurs cours selon leurs passions.

Cette semaine, comme des milliers d'autres étudiants québécois, j'ai commencé ma cinquième secondaire, une année charnière dans le parcours scolaire. En effet, c'est à ce moment que les premiers choix ayant un impact concret sur leur avenir sont offerts aux élèves du secondaire, notamment le choix de suivre (ou pas) les cours de chimie et de physique nécessaires aux programmes collégiaux de sciences de la nature. Ces cours optionnels, tout à fait inutiles pour quiconque souhaitant œuvrer dans le domaine des sciences humaines plus tard sont trop souvent choisis par défaut par une majorité d'élèves désireux de « s'ouvrir toutes les portes », une expression qu'on leur martèle depuis qu'ils sont tout jeunes comme s'il s'agissait de la seule voie logique à suivre. Or, c'est loin d'être le cas.

En effet, rien n'est plus futile que de s'obstiner à garder toutes les « portes » ouvertes, même celles que l'on sait ne pas vouloir emprunter, sachant que l'on traverse rarement plus d'une de ces « portes » en une vie. Pour un élève qui s'intéresse plus aux sciences humaines qu'aux sciences naturelles, le choix de ces cours est non seulement inutile, mais les empêche souvent d'accéder à d'autres options plus proches de leurs intérêts. C'est pourquoi il faut se défaire du culte des « portes tout ouvertes » pour permettre aux élèves de suivre leur cœur plutôt que les cours imposés idéologiquement comme le choix « sage et prudent ».

Personnellement, je pensais « garder toutes mes portes ouvertes » comme le veut le dogme jusqu'à ce que je voie les options m'étant proposées cette année. Je devais choisir trois cours parmi l'anglais langue première, le journalisme, l'histoire du XXe siècle, la chimie et la physique. Étant passionné d'écriture, d'histoire et des langues, je me trouvais face à un colossal dilemme : je devrais sacrifier deux de mes intérêts pour conserver la chimie et la physique. Après mûre réflexion, j'ai bien vu que mes passions ne se situaient nullement dans le domaine des sciences de la nature et que je serais probablement malheureux en empruntant cette voie. Face à ce constat, je me suis inscrit aux cours d'anglais, de journalisme et d'histoire, au grand désarroi de beaucoup de mes camarades, concevant probablement mal que je me « ferme des portes » volontairement. Considérant que je n'avais aucun intérêt à les emprunter, pourquoi devrais-je les garder ouvertes au prix de mes véritables intérêts?

La question se pose : est-ce vraiment mieux de prôner « l'ouverture des portes » à tout prix que d'inciter chaque élève à choisir son parcours selon ses passions?

La question se pose : est-ce vraiment mieux de prôner « l'ouverture des portes » à tout prix que d'inciter chaque élève à choisir son parcours selon ses passions? Il m'est évident que la seconde option est celle à suivre, car il vaut mieux être stimulé lors d'un parcours collégial en sciences humaines que de s'ennuyer en sciences de la nature si c'est pour travailler en sciences humaines en fin de compte. Une fois arrivés à la fin du secondaire, les élèves ont une assez bonne connaissance d'eux-mêmes pour choisir leurs cours selon leurs passions. En encourageant cela, on déferait du même coup cette perception voulant que seuls les élèves plus faibles académiquement prennent le chemin des sciences humaines alors que ceux qui se débrouillent bien à l'école choisissent obligatoirement les sciences de la nature alors qu'en vérité, cela devrait strictement être une question d'intérêt.

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