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Le Parti québécois n'est pas vaincu dans Louis-Hébert

Dans toute cette tempête médiatique, il y a malheureusement un grand oublié : Normand Beauregard, candidat du Parti Québécois dans Louis-Hébert.

16/09/2017 08:00 EDT
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Le PQ n'a pas eu besoin de deuxième chance pour trouver celui qui porterait ses couleurs à l'élection, il a visé juste dès le départ.

Le 6 septembre dernier, les partis fédéralistes de droite ont pris toute une débarque, c'est le cas de le dire, dans l'élection complémentaire prévue pour le 2 octobre dans Louis-Hébert. Le candidat libéral, Éric Tétrault, a dû se retirer de la course pour cause de harcèlement psychologique et d'intimidation lorsqu'il travaillait chez ArcelorMittal. Le même jour, Normand Sauvageau, candidat de la CAQ dans Louis-Hébert, a également retiré sa candidature à l'élection pour des raisons similaires. Du jamais vu en politique québécoise, cette débandade des deux formations politiques présentées par les médias comme ayant le plus de chances de remporter le comté.

Depuis, le PLQ comme la CAQ ont refilé aux électeurs de Louis-Hébert leurs plans de rechange. L'équipe de Philippe Couillard a donné l'investiture à Ihssane El Ghernati, ancienne attachée de presse de Sam Hamad, alors que le parti de François Legault a dépêché en urgence Geneviève Guilbault, qui avait précédemment été annoncée comme candidate dans Charlesbourg pour l'élection du 1er octobre 2018. Bref, les partis de droite ont trouvé quelqu'un en catastrophe pour porter leur bannière après un fiasco entourant leur candidat prévu. Malgré tout, les médias prévoient toujours une course à deux entre le PL-CAQ afin de déterminer si ce sera un parti fédéraliste de droite rouge ou bleu poudre qui représentera Louis-Hébert à l'Assemblée nationale. Une option est mise sous le tapis.

Il ne faudrait également pas oublier qu'avant que Sam Hamad domine le comté durant quatorze ans, Louis-Hébert était d'allégeance péquiste, puisque c'était le ministre de la Justice, Paul Bégin, qui en était le député...

En effet, dans toute cette tempête médiatique, il y a malheureusement un grand oublié : Normand Beauregard, candidat du Parti Québécois dans Louis-Hébert. Depuis le début, il fait campagne dans la circonscription électorale qu'il habite depuis une trentaine d'années, cherchant à porter la voix de ses concitoyens de Cap-Rouge, Sainte-Foy et Saint-Augustin-de-Desmaures au salon bleu le 2 octobre. Le PQ n'a pas eu besoin de deuxième chance pour trouver celui qui porterait ses couleurs à l'élection, il a visé juste dès le départ. Il ne faudrait également pas oublier qu'avant que Sam Hamad domine le comté durant quatorze ans, Louis-Hébert était d'allégeance péquiste, puisque c'était le ministre de la Justice, Paul Bégin, qui en était le député...

Il faut admettre que le Parti québécois part de loin dans la circonscription, ayant terminé derrière la CAQ en 2012 comme en 2014, mais je ne donnerais pas Normand Beauregard battu pour autant. Non seulement il n'a plus affaire à un adversaire libéral universellement apprécié dans le comté comme l'était Sam Hamad. La CAQ et le PLQ se sont tous deux plantés royalement lors de l'annonce de leur candidat respectif, ce qui laissera sans doute quelques traces. Il y a aussi l'enjeu de l'oléoduc Énergie Est, qui rebute beaucoup de citoyens de la circonscription, et auquel le PQ est le seul parti à s'opposer. Je parle par expérience, j'ai rencontré bon nombre d'habitants en porte-à-porte et aucun n'a manifesté son appui au projet.

C'est sans oublier les qualités de Normand Beauregard, biologiste et haut fonctionnaire ayant œuvré au sein de six ministères distincts, et qui a toujours travaillé dans l'esprit de concilier développement économique et environnement. Pour l'avoir vu à l'œuvre avec le public, il a un excellent contact avec les citoyens de la circonscription, qu'il connaît comme le fond de sa poche. Il n'y a nul doute qu'il serait un représentant digne, compétent et intègre pour Louis-Hébert advenant son élection.

Bref, même s'il est inconditionnellement l'underdog de cette élection partielle, Normand Beauregard pourrait surprendre le Québec tout entier le 2 octobre. Avec un PLQ et une CAQ s'étant tirés dans le pied en début de campagne, le faible taux de participation propre aux élections partielles et la qualité de son candidat, le PQ pourrait très bien remporter Louis-Hébert le 2 octobre et faire mentir tous les observateurs. Rappelez-vous de la surprise qu'avait causée la victoire inattendue d'Elsie Lefebvre dans le bunker libéral qu'est Laurier-Dorion en 2004 avec une maigre avance de 483 voix...