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Le fantôme de Jean-Charest hante le PLQ dans Louis-Hébert

Ce qui aurait pu être un nouveau départ pour l'ère Couillard se révèle être la continuité de l'éthique douteuse devenue la marque de commerce du Parti libéral du Québec.

17/08/2017 10:54 EDT | Actualisé 17/08/2017 10:55 EDT
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Le Parti libéral du Québec a annoncé qu'il présenterait Éric Tétrault (à gauche), président de Manufacturiers et Exportateurs du Québec depuis 2014, afin de le représenter lors de l'élection partielle.

Comme citoyen de la Capitale-Nationale et ex-résident de la circonscription québécoise de Louis-Hébert, j'attendais avec une certaine impatience l'annonce des candidatures aux élections complémentaires qui seront tenues afin de remplacer l'ex-ministre et député libéral de Louis-Hébert, Sam Hamad. Au moment où j'écris ces lignes, seul le Parti libéral du Québec a annoncé qu'il présenterait Éric Tétrault, président de Manufacturiers et Exportateurs du Québec depuis 2014, afin de le représenter lors de l'élection partielle, dont la date n'a d'ailleurs pas encore été annoncée par le gouvernement Couillard.

Un bilan éthique plus que douteux

Pour un gouvernement cherchant constamment à se distancer de l'héritage désastreux sur le plan de l'intégrité de l'ex-premier ministre Jean Charest, dont l'essentiel de l'équipe demeure au sein du gouvernement Couillard, le choix de M. Tétrault pour représenter le PLQ dans Louis-Hébert peut paraître assez surprenant. En effet, avant d'agir à titre de président de Manufacturiers et Exportateurs du Québec, le candidat libéral a travaillé au sein des cabinets de Jean Charest et de l'ex-ministre libéral fédéral Alfonso Gagliano, sévèrement éclaboussé par le scandale des commandites. Comme si cela ne suffisait pas pour jeter un doute substantiel sur l'intégrité de M. Tétrault, l'ex-entrepreneur dans le domaine de la construction Lino Zambito, rendu célèbre par son passage à la Commission Charbonneau, a révélé avoir reçu Éric Tétrault dans sa loge du Centre Bell en même temps que Nathalie Normandeau, ex-bras droit de Jean Charest dont l'éthique est actuellement remise en question.

Ce qui aurait pu être un nouveau départ pour l'ère Couillard se révèle être la continuité de l'éthique douteuse devenue la marque de commerce du Parti libéral du Québec.

À une époque où le premier ministre Couillard s'époumone à prétendre que son équipe n'a plus rien à voir avec celle de Jean Charest, il est incompréhensible qu'il choisisse un candidat avec le bilan éthique de M. Tétrault, pour représenter son parti à l'élection partielle de Louis-Hébert. Ce qui aurait pu être un nouveau départ pour l'ère Couillard se révèle être la continuité de l'éthique douteuse devenue la marque de commerce du Parti libéral du Québec.

Il faut passer un message au gouvernement Couillard

Au-delà de tout cela, un constat criant me vient à l'esprit : cette élection partielle qui aura bientôt lieu dans Louis-Hébert est une occasion hors pair pour la région de Québec, acquise depuis trop longtemps au PLQ, de manifester son mécontentement pour un gouvernement à changer ses façons de faire. Les habitants de Québec recevront d'ici quelques mois, avant tous les autres citoyens du Québec, l'opportunité de montrer à Philippe Couillard et à ses troupes qu'ils ne peuvent plus s'attendre à être réélus par défaut en proposant la même vieille recette de corruption libérale que l'on connaît désormais trop bien. Les électeurs de Louis-Hébert ont une chance de démontrer au Parti libéral qu'ils n'éliront pas un candidat dont les relations pour le moins douteuses sont connues avant même l'élection, qu'ils veulent mieux qu'un proche de Jean Charest et d'Alfonso Gagliano pour porter leur voix à l'Assemblée nationale. Il serait vraiment dommage qu'ils ne saisissent pas cette opportunité pour manifester le mécontentement ambiant à l'égard du gouvernement Couillard, qui demeure malgré tout premier dans les sondages grâce à une base des plus solides.

D'ici à l'élection partielle de Louis-Hébert, les électeurs du comté auront une sérieuse réflexion à faire : accepteront-ils d'être les cocus contents du régime libéral en élisant un candidat déjà entaché par des scandales éthiques et associé de très près à l'ère de Jean Charest? Ou alors passeront-ils au PLQ le message que leur circonscription souhaite un représentant intègre et digne de confiance pour porter sa voix à l'Assemblée nationale? Seuls les électeurs de Louis-Hébert peuvent répondre à cette question.

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