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<em>Le Québec à l'heure des choix</em>: des regards sur les grands enjeux

06/11/2014 12:21 EST | Actualisé 05/01/2015 05:12 EST

L'ouvrage collectif Le Québec à l'heure des choix : regard sur les grands enjeux implique la production d'une multiplicité d'opinions, l'enchevêtrement complexe de thèmes innovants et porteurs sur des questions brûlantes de l'époque ; cependant, par-delà cette complexité de l'ouvrage, se dessinent et se dégagent une obsession pour et une dimension superlative de valeurs réelles québécoises sous forme de souhaits, de choix idéels, de propositions idéales de gouvernance, d'engagements, d'informations, d'adhésions, de réflexions normatives et de propositions d'actions pour articuler un seul sentiment : l'amour pour le Québec.

Le Québec à l'heure des choix : regard sur les grands enjeux marque un tournant dans les réflexions sur le Québec au point d'offrir la perspective d'un game changing à partir de nouveaux paradigmes qui pourraient aider à l'installation d'un tableau de bord innovant pour une saine et adéquate gestion des affaires de la cité et de la citoyenneté. Une mise en cohérence de textes d'une grande richesse intellectuelle regroupés dans cet ouvrage a nécessité, nous a confié Yanick Barrette, une approche fondée sur la diversité et la variété, refusant ainsi une perspective unidimensionnelle. C'est un livre qui fait émerger des débats contradictoires dont l'unique objectif est d'assurer l'épanouissement et le développement du Québec actuel et futur.

Cela vaudrait la peine d'écrire un livre sur cette publication de 538 pages, mais mes intentions et mes ambitions de l'heure ne sont que de proposer au grand public, à titre d'exemple, la lecture de deux textes tirés de l'ouvrage - Karim Akouche sur la laïcité, page 315 : le Québec sera laïque ou ne sera pas ; Patrick White qui propose un Portrait de la Culture au Québec : entre vitalité et nécessité, page 361 - rien que pour l'inciter à éplucher et savourer les autres, tant pour leurs contenus intellectuels que pour leurs contenants littéraires.

Il est d'un intérêt très particulier de constater l'admiration et l'amour de l'auteur Karim Akouche - devenu québécois - pour ces hommes et ces femmes parmi les plus accueillants au monde, pour le Québec qui lui a offert et l'âme et le cœur. Il déclare avec assurance et fierté avoir habité le Québec avant même d'y avoir foulé son sol, car on n'habite pas un pays on habite une langue. De multiples péripéties, après avoir subi des menaces, essuyé maints échecs sur sa terre natale, la Kabylie, l'ont porté à chercher (sans trouver) ailleurs un lieu d'adoption, alors qu'il cherchait des remèdes aux blessures identitaires. Il a enfin trouvé (sans chercher) le Québec qui n'a colonisé personne, qui n'a pas à se sentir coupable de crimes qu'il n'a pas commis, qui n'a pas à pousser les sanglots de l'homme blanc : le Québec source d'inspiration, la belle terre de la francophonie des Amériques.

Le Québec sera laïque ou ne le sera pas. Mais je détecte que, pour Karim, ne pas être laïque n'est pas une option. Compte tenu des dégâts de l'idéologie multiculturaliste qui propose de fausses solutions à de vrais problèmes, compte tenu de la nécessité d'encourager le vivre-ensemble dans une société hétéroclite avec des éthiques de vie multiformes, la laïcité, quoique menacée, constitue la seule solution envisageable pour le respect du droit commun, pour l'établissement ordonné d'une charte de la laïcité, de la loi et de l'État de droit. La laïcité, inscrite dans une révolution tranquille, nous fait comprendre Karim, n'a pas besoin d'adjectif, c'est un idéal universel, un réflexe civique, un engagement citoyen. Serait-il trop osé de faire de Karim Akouche un chantre des valeurs québécoises !

Patrick White, dans son chapitre, Un portrait de la culture au Québec, dessine une merveilleuse vision culturelle du Québec. D'entrée de jeu, il déclare que la langue française protège le Québec contre une certaine invasion culturelle - voire peut-être une contamination - contre une américanisation, une anglicisation du champ culturel québécois. La langue est considérée comme un refuge contre les dangers extrinsèques. L'auteur vénère la culture du Québec et sa force imposante dont les impacts positifs se font sentir tant du point de vue de l'identité individuelle que du point de vue de l'identité collective dont il décrit avec pertinence, éloquence, précision et élégance, certains traits caractéristiques bien précis :

  • Une culture de masse vivante édifiée par des statistiques et sondages fiables et imposants : une production télévisuelle très riche que le Canada anglais pourrait envier.
  • Sur le plan de l'information, le Québec est une société lectrice de journaux francophones ; c'est pour cela que très peu de journaux ferment leur porte pour cause de non-rentabilité, ce qui révèle un degré appréciable de prospérité de cette filière.
  • Le cinéma canadien est essentiellement québécois, à preuve que la majorité des films canadiens représentés cette année (2014) à la Berlinale sont du Québec ; de même pour les grands concours internationaux (les Oscars, par exemple) où le Québec se distingue avec des nominations et des récompenses. De plus, continue Patrick White, le Québec produit des dizaines de films annuellement... C'est énorme et remarquable !
  • Dans le domaine du livre et de l'édition (domaines qui vivent actuellement une grande crise face à l'autopublication électronique), Partick White donne ses avis professionnels et propose des pistes de solutions comme celles de revitaliser l'imagination et prévoir d'autres méthodes innovantes pour contrer ces manquements. Il recommande de revisiter ce secteur si on ambitionne d'assurer la survie de la qualité de l'écriture et le grand enjeu de l'identité québécoise.
  • Pour les arts visuels et muséaux, force est de ne pas les abandonner, parce qu'ils font partie intégrante de cet univers culturel.

Persuadé qu'elle est essentielle à notre existence, l'auteur de ce chapitre nous rappelle que la culture québécoise est un ensemble qui regroupe la télé, la littérature, la musique, les musées, l'industrie du multimédia, la poésie, la sculpture, la peinture... On se doit de renforcer la langue française, langue de communication, d'affichage et d'enseignement. Bref, on se doit de la considérer comme un élan identitaire valorisant.

Le Québec à l'heure des choix - regard sur les grands enjeux, ouvrage collectif sous la direction de Yanick Barrette, Dialogue Nord-Sud, Montréal, novembre 2014, 538 p., ISBN 978-2-924107-10-2

Le lancement est prévu à la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal le jeudi 6 novembre à partir de 18h00.

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