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L’école privée inspire l’école publique : la fin du modèle « dumassien »

Il est possible de réduire l'exode vers l'école privée; la solution : innover au public.

03/09/2017 08:00 EDT | Actualisé 03/09/2017 08:00 EDT
SolStock via Getty Images
Pour innover, il faut sortir des sentiers battus, réinventer l'école et s'assurer que celle-ci offre à sa clientèle ce qui va lui donner le goût d'apprendre.

La remontée de l'école publique n'est pas une œuvre ex nihilo; en s'inspirant de l'école privée, elle s'affranchit progressivement du modèle « dumassien », celui du « tout le monde pareil ».

Un des slogans qu'on a retenu des Trois mousquetaires d'Alexandre Dumas est le fameux : tous pour un et un pour tous. Québec s'est inspiré de ce slogan pour centraliser son pouvoir afin d'étatiser tout ce qu'il pouvait. Depuis la Révolution tranquille, le gouvernement québécois a cherché à nationaliser un grand nombre de services. Cela a permis aux Québécois de se prendre en main en centralisant la richesse. En fin de compte, l'État a fini par redynamiser la bourgeoisie au sein des Canadiens français. Une des conséquences de cette étatisation a été l'institutionnalisation d'un modèle très centralisateur de type « tout le monde pareil », coupant ainsi l'herbe sous le pied aux initiatives populaires, voire, à l'agonie de l'efficience et de la créativité.

Le modèle « tout le monde pareil » finit par niveler les services scolaires vers le bas. Ce modèle est à l'origine du décrochage des élèves, du faible taux de réussite et pire encore, du décrochage des enseignants. Au final, en inscrivant leur enfant à l'école privée, ce sont les parents qui ont fini par décrocher de l'école publique.

L'école privée : inspirante

Le controversé palmarès des écoles a fait grincer des dents plusieurs acteurs du milieu scolaire parce qu'il démontrait que l'école privée était plus efficace que l'école publique. Cela a donné du vent dans les voiles à l'école privée. Voyant que l'école privée prenait de la popularité au détriment de l'école publique, cette dernière s'est mise à compétitionner avec les établissements regroupés, pour la plupart d'entre elles, autour de la FÉEP. Effectivement, le Journal de Montréalnous apprenait récemment qu'on retrouve de plus en plus d'écoles publiques qui ont mis de l'avant des projets particuliers. L'école publique a cherché à trouver des moyens d'innover et par conséquent, à compétitionner avec l'école privée.

Est-ce que le ministre va capter le message, ça, c'est une autre histoire?

Pour réduire le décrochage des enseignants, des parents et des élèves, l'école publique devrait revoir sa structure et s'inspirer de l'école privée. Le décrochage des enfants, des parents et du personnel enseignant démontre que l'école publique doit se réinventer. Plusieurs leaders scolaires ont compris le message et se sont adaptés. Maintenant, est-ce que le ministre va capter le message, ça, c'est une autre histoire?

Pour dynamiser les élèves et pour leur donner le goût de s'instruire, l'école publique devrait maximiser le nombre d'écoles à projets particuliers. À vrai dire, toutes les écoles devraient avoir pour mission de rejoindre une clientèle cible et non tout un chacun. Certaines écoles auraient intérêt à se spécialiser envers les élèves doués, d'autres envers les élèves intéressés par la science, d'autres envers la nature, d'autres envers l'astronomie, la musique, la danse, le théâtre, les nouvelles technologies, les élèves en difficulté d'apprentissage, etc. Plus l'école sera près du développement des élèves et de leur profil, plus elle sera pertinente.

Sortir du modèle « tout le monde pareil »

Il est possible de réduire l'exode vers l'école privée; la solution : innover au public. Pour innover, il faut sortir des sentiers battus, réinventer l'école et s'assurer que celle-ci offre à sa clientèle ce qui va lui donner le goût d'apprendre. En demeurant avec un modèle unique, l'école publique ne sera pas en mesure de surmonter les défis qui l'attendent. En s'inspirant du privé, en innovant, en décloisonnant ses structures, en multipliant les projets particuliers, l'école publique deviendra, à son tour, une source d'inspiration pour l'école privée. Mais pour sortir du modèle actuel, nous avons besoin d'un ministre de l'éducation prêt à innover et surtout à affronter les protecteurs du modèle « dumassien » où le tous pour un et un pour tous règne en roi et maître...

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