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Le PQ est de plus en plus pathétique

07/10/2014 11:05 EDT | Actualisé 08/12/2014 05:12 EST

Ce n'est pas le mouvement indépendantiste qui est un «champ de ruines», c'est le Parti québécois. La course à la chefferie vient à peine de commencer officiellement et c'est déjà pathétique.

Commençons par Bernard Drainville, encore le courageux qui a été le premier à se lancer avec la grande idée de repousser la mauvaise idée d'un référendum en 2023, minimum. Je dis encore, parce qu'il a été le courageux qui a porté la charte des valeurs à bout de bras, en étant l'oreille attentive des Pineault-Caron à l'Assemblée nationale dans un exercice tellement biaisé que je regrette sa disparition. Ce vaudeville m'amusait malgré le côté tragique de la chose. Bernard Drainville, sans être personnellement responsable de tout le dérapage du projet valeureux, est quand même brûlé politiquement. Il représentera en chair et en os ce mauvais souvenir de la Charte qui hantera le Parti québécois jusqu'à la fin de son existence. Les libéraux se serviront encore de ce mauvais projet de la même façon que l'épouvantail du référendum pour rallier un certain électorat. C'est tellement facile à prévoir, comme toutes les tactiques démagogiques du PLQ. Avoir Drainville dans l'entourage du PQ dans quatre ans sera du bonbon pour les libéraux. Il est le premier à devoir quitter le navire si l'avenir du PQ lui tient à cœur.

Que dire des autres candidats plus ou moins déclarés jusqu'à présent, notamment Jean-François Lisée, Alexandre Cloutier et Martine Ouellet? La même marotte péquiste des dernières décennies pour la plupart. D'un côté, la vieille garde mise sur l'attente et toujours l'attente jusqu'à ce que les gens soient écœurés du PLQ, alors ils voteront pour le PQ. En gouvernant correctement ensuite, celui-ci donnera le goût de l'indépendance à la majorité. Quel plan minable! Du côté de Cloutier et Ouellet, bien qu'ils semblent être plus pressés à réaliser l'indépendance, ils misent aussi sur le bon vieux référendum comme les autres pour accéder à l'indépendance, voulant s'inspirer directement de la dernière défaite en Écosse. Il n'y a personne au PQ qui arrive à la conclusion que la bonne gouvernance ne fonctionne pas et qu'un référendum n'est peut-être pas la meilleure avenue pour créer un pays?

Il reste PKP, qui non seulement a déjà gagné la course s'il faut en croire un sondage publié dans son média, mais qui fait aussi office de candidat le plus intelligent en fermant son clapet le plus souvent possible. Il paraît de mieux en mieux, car les autres s'enlisent tout seuls.

C'est aussi hilarant lorsqu'ils parlent, tous, de nous faire de la pédagogie sur l'indépendance du Québec. C'est avec eux-mêmes et plusieurs de leurs militants qu'ils devraient pourtant commencer, car je n'ai pas entendu un argument valable sur l'indépendance du Québec venant du PQ depuis longtemps. Il suffit aussi de connaitre quelques militants et candidats d'Option nationale pour constater la différence quand il s'agit de défendre le projet avec des faits, des idées et des arguments valables, le tout avec une passion et une énergie débordante. Le Parti québécois est tellement occupé à préparer la prochaine gouvernance par alternance depuis 10 ans qu'il ne sait même plus parler d'indépendance ou d'un quelconque projet de pays. Ça se reflète jusqu'aux militants, la grande majorité ayant aussi oublié comment défendre la cause au quotidien. Ils sont emprisonnés dans des vieux réflexes de mononcle comme cracher sur la Reine d'Angleterre, les anglophones ou le Canada dans son ensemble, sans jamais soulever un argument solide qui pourrait faire basculer la décision d'un indécis.

Les militants et candidats péquistes font également fausse route chaque fois qu'ils espèrent un retour au bercail des brebis égarées chez QS ou la CAQ. Il est d'abord impossible de courtiser les deux en même temps et surtout, il faudrait arrêter de croire au mythe que les électeurs de QS sont tous des anciens péquistes. C'est même l'inverse, il y encore plein de gens qui voteraient QS, mais se font encore avoir l'argument de la division du vote pour bloquer les libéraux. Ce ne sera pas éternel. Personnellement, je prêtais mon vote à Mario Dumont avant que des partis comme QS et ON n'arrivent dans le décor. Pas pour son programme, ses idées ou son charisme, mais bien parce que j'étais et parce que je suis écœuré de cette alternance PLQ-PQ qui dure depuis trop longtemps. Je rêve encore du jour où je verrai un nouveau parti prendre le pouvoir, peu importe son idéologie. Ne serait-ce que pour briser la barrière psychologique de l'autre option possible, plutôt que l'alternance entre le pire et le moins pire...

Le Parti québécois aurait grandement intérêt à se concentrer sur les militants d'Option nationale pour les ramener au bercail, car ce sont eux les anciens péquistes, possiblement intéressés à réformer ce parti et lui botter le derrière. Les militants d'ON, c'est un petit 1% capable de déplacer plus d'air qu'un million d'endormis. Par contre, le PQ devra jouer proprement, car lesonistes ne se feront pas avoir avec des vieilles couleuvres réchauffées. C'est d'ailleurs la seule raison pour laquelle le parti existe et ce n'est pas totalement un hasard de les entendre répéter souvent qu'Option nationale «est le parti le plus ouvert de tous à l'union des forces indépendantistes». C'est très vrai, mais à condition d'adopter le plan stratégique d'ON et de faire de l'indépendance la seule priorité du parti. Là-dessus, ils ne feront aucun compromis.

Les deux premiers statuts d'ON sont clairs:

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Ces statuts ne sont pas écrits uniquement pour la forme et malgré les apparences, ils ne s'adressent pas aux autres partis indépendantistes. Ils visaient, et visent encore un seul parti: le Parti québécois. Option nationale est comme un club de militants indépendantistes en grève du PQ. Ils n'attendent que le bon signal pour revenir à la maison et travailler à la réalisation de l'indépendance, rien d'autre. Je crois que c'est la seule chance du PQ de survivre à long terme. En s'affirmant pleinement indépendantiste, comme Option nationale, à toute heure du jour et de la nuit, à l'année, qu'elle soit électorale ou pas.

Parlant de l'union des forces indépendantistes, quand les grands penseurs du PQ parlent de 2023 ou 2027 comme une cible à viser, ils oublient d'évaluer que les autres aussi calculent et font des plans pour le futur. Sans eux. En constatant que presque la moitié des indépendantistes votent déjà ailleurs qu'au PQ, que les jeunes ont abandonné le parti et que les péquistes de la première génération ne rajeunissent pas, il est aussi tentant de jouer la carte de l'attente pendant 8 à 12 ans. Attendre que le PQ meure de lui-même quand ses électeurs du 450 oublieront d'aller voter, ce qui pourrait prendre beaucoup moins de temps que le plan de la bonne gouvernance suivi d'un référendum dans un deuxième mandat, si les sondages sont bons.

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