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Quel est le meilleur moyen pour améliorer les choses?

Je me questionne sur ce que je devrais faire, sur mon avenir au sein du Parti québécois et de la politique en général.

10/10/2017 14:07 EDT | Actualisé 10/10/2017 14:07 EDT
CNJPQ
Au final, je me retrouve là. Un bac en poche, à la maîtrise en train d'explorer la complexe géopolitique québécoise, avec un blog personnel obscur. Après m'être époumoné publiquement, laissant derrière moi des réussites et des échecs, une relève hallucinante chez les jeunes péquistes de l'Estrie, des questionnements bourdonnent dans ma tête.

La politique m'a toujours intéressée. Je me souviens, plus jeunes, nous étions quelques rares à être enthousiasmés par un travail d'univers social ou d'histoire, à poser des questions sur la politique ou à se présenter à l'atelier d'un attaché politique lors de la journée carrière.

Ma famille a très bien pavé cette voie. Que ce soit le nationalisme-humaniste, la social-démocratie ou la souveraineté québécoise, ils et elles ont toutes et tous trouvé le moyen de me transmettre ces valeurs. Avec le temps, je me suis rendu compte qu'elles s'imbriquent très bien l'une à l'autre.

Je me suis donc retrouvé à compléter un bac en Études politiques appliquées, tentant d'influencer la société en débattant et discutant sur les réseaux sociaux. En complément, j'avais un obscur blogue sur lequel j'écrivais des chroniques et articles beaucoup plus complets et rudes à lire. Un bon jour, je me suis réveillé en train de cueillir des cerises à l'autre bout du continent, en Colombie-Britannique, cherchant un peu ce que j'allais faire de mon avenir.

En même temps avait lieu la course à la chefferie du PQ. Quelques mois avant son commencement, un homme avait attiré mon attention. Il faisait pas mal de bruit avec Les Orphelins politiques. Il faut dire que j'ai trouvé qu'il faisait preuve de tout un caractère en se lançant dans cette course à la chefferie. Étrangement, je me suis retrouvé dans son équipe de campagne en quelques jours, avec quelques dizaines de bénévoles beaucoup trop crinqués. Ça m'a aussi permis de me rendre compte de la portée hallucinante de ce réseau de personnes. Je me suis rendu compte que je n'étais pas le seul à avoir ces drôles d'opinions nuancées.

Tant qu'à chialer comme un gérant d'estrade, pourquoi ne pas tenter d'améliorer la situation pour tout le monde ?

Après une superbe campagne, je me suis retrouvé à me demander quelle était ma place, si je devais faire comme celui qui m'avait embarqué là-dedans et rester dans le parti, ou bien me concentrer sur mes études. Il faut dire que l'étiquette de n'appartenir à aucun parti est vraiment alléchante en cette époque troublée. Je me suis dit que c'était une opportunité à saisir, j'allais voir de l'intérieur de quoi ça avait l'air. Puis, tant qu'à chialer comme un gérant d'estrade, pourquoi ne pas tenter d'améliorer la situation pour tout le monde ?

Donc, encore une fois, ça s'est passé excessivement rapidement. Je me suis retrouvé Président des Jeunes Péquistes, à pieds joints dans l'initiative Osez repenser le PQ, tout en terminant ma dernière session de bac. Nous avions une équipe du tonnerre. Charles, vétéran aguerri, nous conseillait sur les instances, les personnes et les stratégies possibles. Ma vieille amie politique, Maude, avait des idées semblables aux miennes, ainsi qu'une volonté d'améliorer le parti et la société en général. Melissa, qui était impliquée depuis un certain moment, faisait preuve d'un dynamisme et d'une compétence hors du commun pour le contenu et la logistique. Puis, je suis tombé sur Jérémi, ce jeune charismatique qui venait de créer le comité souverainiste au cégep, en plus de se découvrir un talent hors du commun pour le montage vidéo.

Ça adonne que c'était l'année de congrès au PQ. Donc, comme plusieurs autres jeunes militants, on a travaillé fort en maudit. Monter son propre congrès régional, assurer la présence d'une délégation au congrès national jeune et la coordonner. Parce qu'après tout, on y va avec des objectifs régionaux et des stratégies à ce congrès. Ensuite, alors qu'on croit que le plus dur est passé, on se retrouve à tenter de coordonner un minimum l'action jeune dans tous les congrès de circonscription, au congrès régional sénior, puis au congrès national.

Je dois avouer être pas mal fier de notre travail. En plus d'avoir fait adopter 4 propositions venant de l'Estrie, sur un total de 20 amenées par l'aile jeunesse, nous en avons fait adopter une extrêmement solide visant à contrer le gaspillage alimentaire.

Puis, parce qu'on est un peu utopiste, on s'est dit qu'il serait intéressant de faire différentes activités socioculturelles et des colloques sur différents sujets d'importance. Après tout, ma vision du rôle des militants politiques, c'est d'être constamment en mode élection. De toujours être prêt et de faire en sorte qu'un maximum de personnes voterait pour le parti s'il y avait des élections demain soir. Ça demande des efforts et des sacrifices, mais c'est comme ça qu'on réussit à bien représenter l'ensemble de la population. Bonus en prime, cette manière de penser m'a permise de développer une belle complicité avec Catherine Fournier, qui avait ébloui l'audience aux côtés de Gabriel Nadeau-Dubois lors de la semaine de la souveraineté de l'UdeS.

On m'a un peu donné le titre d'électron libre. Je peux comprendre, je n'ai pas tendance à me la fermer quand quelque chose ne fait pas mon affaire, le tout bien entendu de manière équilibrée et stratégique. Certains et certaines diront que j'ai un peu trop crié ou critiqué notre chef, et ils n'auront pas totalement tort. D'autres diront que c'est nécessaire et sain pour le parti, et ils auraient possiblement raison. Quoi qu'il en soit, quand on est seulement un petit PRJ, on fait avec les moyens du bord. Une chose est certaine, alors que la plupart des activités de l'exécutif national sont dans le coin de Montréal, que c'est cet exécutif national qui détient les meilleurs canaux de communication et d'influence envers le parti, et que c'est déjà assez demandant pour les associations régionales d'être attrayantes, si on les empêche de faire preuve de dissension et de critique publique, on est foutu.

Au final, je me retrouve là. Un bac en poche, à la maîtrise en train d'explorer la complexe géopolitique québécoise, avec un blogue personnel obscur. Après m'être époumoné publiquement, laissant derrière moi des réussites et des échecs, une relève hallucinante chez les jeunes péquistes de l'Estrie, des questionnements bourdonnent dans ma tête. Je me questionne sur ce que je devrais faire, sur mon avenir au sein de ce parti et de la politique en général. Quel est le meilleur moyen pour améliorer les choses, au juste ?

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