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Le PQ est trop démoniaque pour une convergence, mais pas pour une coalition

14/06/2017 05:37 EDT | Actualisé 14/06/2017 06:28 EDT

J'étais probablement l'un des plus grands supporteurs de la convergence entre le Parti québécois et Québec solidaire. C'était une excellente manière de contourner notre archaïque système électoral et de multiplier les chances, autant pour QS que le PQ, de faire élire un maximum de députés. C'était l'essence de l'idée, et les possibilités en ce qui a trait à la manière de concrètement réaliser cette convergence étaient multiples. C'est pourquoi le Parti québécois souhaitait engager de véritables négociations avec QS. Cependant, les délégués de leur congrès fermèrent la porte plutôt brusquement.

Ça m'a sérieusement sonné et découragé.

Par contre, lorsque j'ai appris la toute nouvelle proposition de Gabriel Nadeau-Dubois, celle de mettre sur pied un gouvernement de coalition avec le PQ, j'ai été surpris.

L'idée, en soi, n'est vraiment pas mauvaise, elle était justement l'une des possibilités de la convergence. Malheureusement, il faudrait que le porte-parole se souvienne que ses délégués ont fermé la porte à toute négociation de convergence. Cette proposition, et surtout la défense de celle-ci, GND devait la faire avant et pendant son congrès.

J'ai d'abord eu l'impression qu'on se jouait du PQ.

Ensuite, je me suis mis à réfléchir un peu plus loin.

Stratégiquement parlant, ce serait un moyen pour QS d'établir un plan de secours plutôt intelligent.

Lors de leur congrès, QS a clairement décidé de rejeter la convergence pour deux raisons. Plusieurs de leurs délégués perçoivent le PQ comme étant un véritable démon et croient qu'un gouvernement du PLQ ou de la CAQ serait moins dommageable qu'un gouvernement du PQ. De plus, la majorité croit que leur parti peut remporter les élections seul.

Ainsi, une assurance de gouvernement de coalition ferait en sorte que si QS était minoritaire, il pourrait compter sur les députés péquistes pour maintenir la confiance de la chambre, et si c'était le PQ qui se retrouvait en situation minoritaire, QS lui permettrait de garder la confiance de la chambre à certaines conditions.

Les délégués de QS ont décidé qu'ils veulent être un adversaire électoral du Parti québécois et c'est comme tels que nous allons les traiter.

En théorie, c'est une stratégie brillante. En pratique, il y a un sérieux problème : il est beaucoup trop tard. Parce qu'actuellement, il n'est plus question de convergence ou d'entente, les négociations sont terminées avant même d'avoir commencé. Les délégués de QS ont décidé qu'ils veulent être un adversaire électoral du Parti québécois et c'est comme tels que nous allons les traiter.

Tous les partis d'opposition sont pour la réforme du mode de scrutin, donc en théorie nous n'avons pas besoin d'une coalition pour enclencher la réforme s'il y a un gouvernement minoritaire. Considérant que la majorité de la chambre jugerait que le système sur lequel elle s'est fait élire est illégitime, elle perdrait normalement toute légitimité, ce qui forcerait le déclenchement de nouvelles élections. C'est du moins ce que dicte l'éthique.

Le résultat de cette nouvelle élection serait légitime et éthique. D'autant plus que ce résultat représenterait beaucoup mieux les intérêts et dynamiques de la population.

Dans ce nouveau système proportionnel mixte régional, qui tend à favoriser les coalitions, nous pourrons alors aborder cette perspective.

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