Emilie Beauchesne

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Une éducation pour l'égalité

Publication: 27/03/2012 00:26

Le 21 mars dernier, féministes et pro-féministes, suite à l'appel de l'Association générale étudiante du CEGEP du Vieux-Montréal, ont marché dans les rues de Montréal afin de dénoncer la récupération du féminisme lors de la manifestation du 8 mars, mais aussi pour aller occuper le bureau de la ministre Christine St-Pierre. Ceci, tout comme les analyses féministes de la hausse des droits de scolarité, a malheureusement eu peu de répercussions dans les médias.

En dépit d'un certain élargissement du débat entourant la hausse des droits de scolarité, il reste que le débat s'articule principalement autour de l'aspect économique et de ladite capacité à payer des étudiant.e.s. Or, il faut absolument ramener le débat autour de l'enjeu principal, c'est-à-dire l'égalité. L'égalité intergénérationnelle, certes, mais aussi, et surtout, l'égalité entre les hommes et les femmes.

Matérialiser l'égalité

L'éducation a toujours été un enjeu central au mouvement féministe. L'éducation, droit fondamental, outre de permettre l'acquisition de connaissances et des compétences, rend possible le développement d'une conscience sur ses droits; elle appuie l'indépendance économique; elle renforce la confiance en soi; elle favorise l'émancipation et la liberté. Encore aujourd'hui, en dépit des avancées importantes entourant l'accessibilité à l'instruction publique, les féministes se mobilisent afin de matérialiser l'égalité. D'ailleurs, la FFQ, l'IREF, l'Institut Simone de Beauvoir et d'autres groupes féministes, mais aussi des syndicats, ont pris position contre la hausse des droits de scolarité.

Périodiquement, à des fins électoralistes, le gouvernement libéral nous rappelle que l'égalité entre les sexes est un pilier central de la société québécoise (rappelons-nous le débat sur les accommodements raisonnables!). Or, les politiques néolibérales orchestrées par nos gouvernements conservateurs viennent directement miner l'égalité entre les hommes et les femmes.

Étudier maintenant, payer plus tard

En fait, la hausse vient renforcer les inégalités pourtant déjà flagrantes au Québec. En effet, obnubilés par le mensonge de l'égalité déjà-là, nous semblons oublier que les femmes, à travail égal, gagnent toujours moins que les hommes. En 2008, les statistiques du gouvernement du Canada démontraient que les femmes gagnaient en moyenne 71% du salaire des hommes. Donc, puisque les femmes, dans la majorité des cas, ont un statut économique précaire, demander à la population étudiante de faire sa juste part se résume à demander aux femmes de s'appauvrir davantage. En fait, l'étudiante, gagnant moins durant ses études, contractera une dette plus importante que l'étudiant au cours de celles-ci. Le diplôme en main, en raison de son taux d'endettement, la femme aura payé davantage sa scolarité. Finalement, une fois diplômées, les femmes sont souvent confinées dans des ghettos d'emplois dans lesquels les conditions salariales et de travail sont fragiles. À cet égard, faire miroiter à une étudiante que sa vie professionnelle sera lucrative est en partie mensonger puisqu'elle gagnera, tout au long de sa vie, 863 268$ de moins qu'un homme titulaire du même diplôme, selon la Fédération étudiante universitaire du Québec. Ne pas appliquer une analyse différenciée selon les sexes aux politiques sociales a de grands impacts sur les femmes. Ainsi, « investir dans son avenir », d'un simple point de vue individuel, revient à demander aux femmes de perpétuer l'écart entre les hommes et les femmes.

Dans cette ère néolibérale, la hausse des droits de scolarité jumelée au démantèlement des programmes sociaux renvoient aux femmes les responsabilités de l'État. Pauvres et surchargées, les femmes refusent de s'appauvrir davantage. Présentée comme une solution rationnelle, la hausse des droits de scolarité reflète davantage un appauvrissement collectif puisqu'il s'agit bel et bien de restreindre l'accès aux femmes à l'éducation supérieure et, ultimement, à leurs enfants. Ceci est particulièrement vrai pour les familles monoparentales dont 80% des chefs sont des femmes.

L'égalité entre toutes les femmes

En plus de creuser le fossé entre les hommes et les femmes, la hausse des droits de scolarité renforcera les inégalités entre les femmes. Déjà aux prises avec des enjeux sociaux importants, les communautés autochtones seront particulièrement affectées par la hausse de 75% des droits de scolarité. En effet, selon Statistique Canada, en 2006, seulement 9% des femmes autochtones âgées de 25 ans et plus détenaient un diplôme universitaire comparativement à 20% chez les femmes non autochtones. Cet écart est considérable. Restreindre l'accessibilité aux études perpétuera le cycle de la pauvreté chez les femmes autochtones, déjà marginalisées.

Le gouvernement affirme que la hausse des droits de scolarité est nécessaire afin d'être compétitif au niveau mondial. Or, le système universitaire mondial actuel est déjà marqué par la compétitivité et la hiérarchie. La non-reconnaissance des diplômes est une problématique importante qui doit être ramenée dans le débat actuel. En 2006, 31,4% des femmes immigrantes (12,6% de la population féminine au Québec) détenaient un diplôme universitaire contre 22% des Québécoises. Or, chez la population féminine immigrante, le chômage est 11 fois plus élevé que chez les Québécoises. Déjà précaires, l'État québécois demande à ces femmes de s'appauvrir encore davantage.

Politique sexiste

Devant ce survol de la problématique vue d'une perspective féministe, il est tout à fait à propos d'affirmer que cette hausse est sexiste et minera l'égalité entre les hommes et les femmes. Cette politique sans précédent est un signe clair du manque de volonté politique de la part du gouvernement d'atteindre réellement l'égalité et de mettre fin à la reproduction d'un système injuste.

La hausse, un choix de société?

Plus de 200 000 étudiant.e.s. sont actuellement en grève, et le mouvement prendra encore de l'ampleur, au cours des prochains jours. Dire que c'est un choix de société, c'est fausser le débat, puisqu'un choix sous-entend un débat, un dialogue. Or, le gouvernement refuse de discuter avec les étudiant.e.s. et leurs alliés. La hausse des frais n'est pas incontournable. Une des solutions proposées par les mouvements étudiants repose sur la redistribution de la richesse, soit par les impôts ou par les redevances aux compagnies minières et aux entreprises, la part des sociétés dans l'assiette fiscale ayant grandement fondu au cours des trente dernières années pour des raisons idéologiques, portant ce fardeau additionnel sur le dos du contribuable moyen. Partager ces richesses qui, elles, n'ont pas disparu relèverait d'une politique « juste » et égalitaire pour tous et toutes.

Les femmes se sont battues pour l'accès à l'éducation, nous nous battrons encore. Québécois et « Québécoises debouttes » contre un Québec de plus en plus inégalitaire! Et comme le disait déjà Éva Circé-Côté en 1920 : « les insoumis sont les vrais libérateurs. »

 
Le 21 mars dernier, féministes et pro-féministes, suite à l'appel de l'Association générale étudiante du CEGEP du Vieux-Montréal, ont marché dans les rues de Montréal afin de dénoncer la ré...
Le 21 mars dernier, féministes et pro-féministes, suite à l'appel de l'Association générale étudiante du CEGEP du Vieux-Montréal, ont marché dans les rues de Montréal afin de dénoncer la ré...
 
 
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Date de publication  | 
Popularité
15:44 sur 03/04/2012
Encore des chiffres biaisés.
Si les femmes gagnent en moyenne moins que les hommes, c'est parce que certaines de celles-ci décident de rester à domicile pour élever leur famille, ou choisissent des professions qui le leur permettent.

Cessez donc de tricher les chiffres. la réalité est que plusieurs mère on à coeur l'éducation de leurs enfants et refusent de confier celle-ci à des inconnues.

il est donc normal que les statistiques soient tirés vers le bas.
20:06 sur 29/03/2012
Le message de ce texte est pourtant clair: les femmes vont devoir absorber la même hausse alors que, statistiquement parlant, elles gagnent moins, même à diplomation égale. Ainsi, la "juste part" de Bachand est plus injuste pour les femmes. Il me semble que c'est assez clair et simple, non? Les autres commentaires sous ce texte sont à vous décourager de cet animal qu'est l'humain...
17:40 sur 29/03/2012
Bravo!
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Pierre Deruelle
pierre m de ruelle
09:57 sur 28/03/2012
Du radotage....! Quand je pense que mes impots , une partie tout au moins est dirigee vers votre faculte! Vraiment pas drole. Mes 2 soeurs professionnelles ont eu plus de flair et suite a la lecture de votre article ; voici leur accuse de reception Du radotage de l',uquam.... bof.....
pierre m de ruelle
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Savoir Ancien
Detruit les arguments des fédéralistes
17:39 sur 27/03/2012
Pour ma part, je vais écouter Mario Dumont, à la place de faire du grabuge, je vais militer dans un parti politique pour COUPER LA PENSION DE GENS des personnes âgées. De plus, pas de soins de santé gratuit à ceux qui s’attaque aux enfants.

Arrêter de dire que les étudiants sont redevables envers les contribuables car ils ont le défaut d’être née après vous. C’est eux qui paieront la dette et les services que vous avez créé. La désinformation nuit vraiment au débat et accentue le chaos. On se dirige peut-être vers une guerre civile, c'est grave!. Si l’histoire n’est pas enseignée, l'histoire devient un cycle. Devant l'injustice, la résistance est un devoir.

Mathieu Racine, économiste, double bachelier
15:04 sur 27/03/2012
Moi je suis pour l'égalité de la femme Les femmes en moyennes ainsi que tous les étudiants paient en moyenne 26,000$ pour les frais universitaire au Canada . Si nous voulons légalité des sexes ainsi que tous autres égalités ben payer l'augmentation et retourner a vos classes
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
ethrop
micro-bio-tic
14:13 sur 27/03/2012
Madame Beauchamps, au risque de vous contredire, l'étude des professions "dures" comme la médecine, les sciences pures (chimie, physique) et les sciences de l'administration comptent une majorité de femme, et ce depuis plusieurs années.
17:36 sur 29/03/2012
la médecine généraliste (médecin de famille) peut-être, mais dès qu'on monte en spécialisation, il y en a de moins en moins.
21:47 sur 29/03/2012
Vous avez raison, mais cela n'invalide pas pour autant le propos du billet, qui rend état du fait qu'une femme, *en moyenne*, touchera moins qu'un homme. En effet, en matière de hauts salaires, les femmes sont probablement sousreprésentées chez les hauts dirigeants d'entreprise ainsi que dans les milieux financiers. Par ailleurs, elles sont probablement surreprésentées dans les emplois à petits salaires. Et tout cela, à diplôme égal.
À plus forte raison donc, il convient donc de s'assurer que ces inégalités ne s'intensifient pas en assurant, entres autres, une égalité d'accès aux études supérieures aux femmes, égalité qui tienne compte de leur situation socioéconomique encore différente des hommes. La hausse annoncée aura l'effet inverse, comme le montre Mme Beauchesne (et non Beauchamp, ça c'est l'autre!).
13:42 sur 27/03/2012
es en attente 0 Consulter le FAQ
13:25 sur 27/03/2012
(((((((((( études féministes )))))))))))))))))) Est ce que c'est payant étudier dans ce domaine la ???
17:33 sur 29/03/2012
On étudie pas nécessairement pour faire PLUS d'argent. Mais aussi pour les connaissances et transformer notre société pour qu'elle soit plus juste. On étudie aussi pour faire des métiers qui nous plait et non pas parce qu'ils sont payant.
18:55 sur 29/03/2012
C'est super çà, mais paie pour, ne nous demande pas de payer parce que ça te plait L'élite du Québec lol
17:34 sur 29/03/2012
et c'est certainement payant. J'ai étudié en études féministes aussi et dans mon emploi, j'aide les femmes socioéconomiquement défavorisées (particulièrement les femmes immigrantes) à se trouver un emploi. Tout le monde y gagne et surtout la société.
18:52 sur 29/03/2012
Et les hommes prennent leurs aide a quel endroit C'est plus du sexiste que du feministe
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13:23 sur 27/03/2012
Le problème MAJEUR ici est la gestion des fonds publics …. Personne ne s'offusque de ça tout le monde trouve ça normal de payer 3 taxes sur l'essence et des impôts énormes pour avoir le système routier que nous avons ? On paye pas assez ça l’aire ….
Pour les Universités ces la même chose … les gestionnaires on scrappé la caisse .. La population passe au batte …
Simonac c'est notre richesse collective que ce gouvernement-là est en train de dilapidé par sa mauvaise gestion ….. nous sommes en déficit en 2012 Mais pourquoi ? nous l'étions pas de 2004 a 2009 … nous avons même fait des surplus de 1998 a 2002 Qui pige dans la caisse publique ?

Je vais avoir un 400$ de plus à payer en santé … le débat se doit d'être étendu a l'ensemble des fonds publics et pas seulement occulté par la hausse des frais de scolarité… Charet vous en joue une belle de cette façon vous ne vous occuper plus de sa mauvaise gestion …

le budget est même passé au second plan …..
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12:15 sur 27/03/2012
Évidement, je suis pour l'égalité des sexes. Cependant, je commence à croire que beaucoup de monde veut profité de cette grève étudiante. Les féministes devrait pas trop s’inquiéter puisque qu'il semble que depuis plusieurs années, le système d'éducation est maintenant axé sur les femmes. C'est à croire que le primaire et le secondaire servent à éliminer les garçons du droit à l'éducation. Actuellement, dans les classes des cégep, il y a facilement 3 filles pour un garçon.

« Les femmes se sont battues pour l'accès à l'éducation, nous nous battrons encore...»

Se battre jusqu'à ce que les garçons n'est plus accès à l'éducation ?
21:34 sur 29/03/2012
«Actuellement, dans les classes des cégep, il y a facilement 3 filles pour un garçon.»

Donnée fausse.

«Se battre jusqu'à ce que les garçons n'est (sic) plus accès à l'éducation ?»

Se battre pour que tous ceux qui le peuvent et le veulent aient accès à l'éducation. La hausse des frais de scolarité aura l'impact suivant, selon l'avis même du Conseil supérieur de l'éducation: la facture trop élevée fera en sorte que certains n'étudieront pas.
Ce que l'auteure du présent billet soutient, c'est que parmi ces derniers, compte tenu de la réalité sociale du Québec, on retrouvera plus de femmes que d'hommes.

En bref, si on considère qu'il est juste de permettre à tous ceux qui le veulent et le peuvent d'étudier, alors cette hausse est injuste. Si on considère de surcroit les caractéristiques socioéconomiques qui leur sont encore propres, elle l'est encore plus pour les femmes.

C'est très simple. On peut ne pas être d'accord, mais il faut d'abord bien comprendre ce avec quoi on n'est pas d'accord...
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22:32 sur 29/03/2012
D'abord, je n'ai jamais dis que j'étais pour la hausse.

Ensuite, en 2010 2011 j'était au cégep et je peux vous comfirmer qu'il y a bel et bien MINIMUM 3 filles pour un garçon.

Désolé mais... donnée vrai!
08:16 sur 27/03/2012
3-A tout ceux qui ont perdu leur vie que ce soit par des mises a pieds ou l'abandon d'études, il faut revenir aux études faire un nouveau départ et aller ou vous voulez être dans la vie, sans égard dou vous êtes parti et ce qui est arrivé en chemin. En faisant une session préparatoire à l,entré a l'université ou au collége technique selon le programme que vous choisissez meme si au secondaire on a tenté de vous faire croire que vous netes pas assez performant pour aller en sciences ou dans des programmes avec mathématiques sachez qu'avec du monitorat vous pourrez réussir si vous le voulez vraiment. En ayant une meilleure reconnaissance des acquis.
le gouvernement doit réparer les domages causé par un systeme d'éducation qui disqualifie et décourage plutot que de supporter la réussite. Exiger l'excellence n'est pas gage de réuissite. Ceux qui réussissent à avoir une vie satisfaisante, ça ne sont pas les meilleure de classe mais bien les travailleurs, les persévérents, ceux qui ont les plus grandes capacitées d'adaptation.-
08:14 sur 27/03/2012
2-La hausse est justifiée, approuvée par la population et la volonté des syndicats de mettre le gouvernement dans une impasse en ayant 2 cohortes en meme temps a l'automne est une des motivations principale de l'étourdissement de nos jeunes. Gagner contre le gouvernement. Ils ne gagneront rien et les syndicats devraient payer de leurs budgets les impacts des perturbations qu'ils ont créer en organisant et financeant cette ''grève'' illégale. On sait quils vont les contester comme ils conteste la démocratie, nos représentants gouvernementaux, des forces de l'ordre et bafout tout processus démocratiques pour imposer leur volonté. Assez c,est assez. Ça n'est pas acceptable qu'un groupe qui ne représente pas un vote démocratique aient pu brimer ainci les droits fondamentaux de nos jeunes d'étudier,la circulation, des biens et l'ordre publique.
08:13 sur 27/03/2012
1-A l'évidence voilà sur quoi on base ses conclusions quand on est incapable de faire des analyses fines qui tiennent compte dun plus grand nombre de facteurs.
A l'évidence selon les sondages d,avant le 2 mai on aurait eu un gouvernement minoritaire.
A l'évidence les syndicats péquisses syndicalisses ne respectent pas les fondements de la démocratie en prenant en otage étudiants et populations malgré que l'appuye au BOYCOTTE soit toujours inférieur a 42%. La démocratie c'est respecter la volonté de la majorité et ne pas imposer par la forces ou d,autres moyens perturbateurs un mouvement qui n'est pas démocratique. Il devront répondre aux poursuites judiciaires de payeurs d'impôts et de frais de scolarités en droit de recevoir des services. Il faudra que le gouvernement impose la démocratie et le respect de nos lois. Le but visé depuis le début est de créer un printemps québécois même s'il ne correspond aux besoin que d'une infime partie de la population.
22:18 sur 29/03/2012
«une infime partie de la population»

Vous me permettrez de ne pas souscrire à votre définition du mot «infime» après avoir vu les cent (ou deux cents) mille personnes marcher dans les rues de Montréal... ce qui porte facilement à croire qu'il y en avait plusieurs autres qui étaient d'accord bien qu'absents (habitant en région, travaillant cette journée-là, trop vieux ou malades, etc.).

La démocratie, c'est avant tout enlever ses œillères et reconnaitre qu'il peut y avoir plusieurs personnes qui soient en désaccord avec nous tout en étant aussi intelligents, reconnaitre leur droit à émettre leur opinion, haut et fort en cas de besoin, et enfin et surtout discuter avec eux à l'abri du mépris et de la bigoterie. Croyez-vous réellement qu'une si grande partie de la population (dont la majorité des professeurs et des étudiants) soit bête au point de laisser prendre ses idées en otage par d'autres? À croire une telle chose, on peut être assurés que le débat n'avancera pas. Et c'est la démocratie qui resterait prise en otage...