Monsieur Bock-Côté, récemment dans votre blogue, vous posiez la question suivante : « Pourquoi y a-t-il des partis souverainistes «de gauche»?
C'est une question toute simple à élucider: Il existe des partis souverainistes de gauche parce qu'indubitablement, le projet collectif doit s'accompagner d'une rupture avec la dépendance politique. De plus, l'insatiable quête de justice et d'égalité de la gauche rend la subordination d'un peuple naturellement insupportable. Il manquerait un morceau au casse-tête de la gauche si le débat sur l'indépendance ne faisait pas partie de son analyse. L'erreur que la gauche fait parfois est celle de croire que l'indépendance passera après le projet collectif alors que le projet collectif est tributaire des pleins pouvoirs sur les politiques de l'État qu'elle veut réformer. Si parfois la gauche ne voit pas en l'indépendance une fin en soi, elle n'oublie pas qu'elle est un levier puissant et nécessaire aux changements qu'elle idéalise.
Afin de clarifier vos propos, la « gauche à gauche de la gauche radicale » dont vous parlez, elle, remet souvent l'idée même de la conception de l'État en cause. Elle rejette l'idée de cette construction « bourgeoise », du découpage territorial imposé de force aux peuples. Elle prône la réunion des peuples à l'échelle mondiale. Elle ne se questionne pas sur la nécessité du Québec d'être un État indépendant. Elle ne se questionne pas sur la validité de la constitution canadienne ni plus des champs des compétences provincial/fédéral. Fort probablement que ce que vous nommez la « gauche de la gauche » ou la « gauche radicale » ne porte pas réellement sur celle-ci. C'est sans doute la répugnance que vous avez de la gauche qui vous pousse à le radicaliser plus qu'elle ne l'est en vérité.
L'indépendance comme une fin en soi
Pour revenir à votre texte, vous dites que les souverainistes conservateurs et de centre « voient l'indépendance comme une fin en soi » en opposition à une gauche pour laquelle ce ne serait pas le cas. Vous faites une revue très sélective de l'histoire politique québécoise.
Vous semblez croire que René Lévesque était de ces centristes (par extension ces « non-gauchistes ») qui faisait passer l'indépendance avant tout. Il a toutefois refusé l'élection référendaire (proposée par le RIN) dans un contexte qui n'avait pourtant encore jamais connu de jurisprudence en matière d'accession à l'indépendance. Il a proposé la « souveraineté-association » plutôt que l'indépendance claire, puis accepté le « compromis référendaire» de Morin pour se rendre jusqu'au quasi-suicide du « beau risque ». Bref, sans marchander la question nationale pour le projet de société, nous pouvons affirmer sans conteste que René Lévesque a compromis l'indépendance du Québec à quelques reprises. Cela a sans doute contribué plus amplement qu'il n'y parait de prime abord à l'espèce d'ambiguïté ou de malaise qui habite toujours les rangs du mouvement indépendantiste. René Lévesque portait-il réellement le projet d'indépendance comme une fin en soi ou plutôt, à l'instar de Lucien Bouchard, comme un effet secondaire du manque d'ouverture du Canada? La question se pose.
Le Parti québécois, de centre, fort d'un parcours tumultueux, a régulièrement mis l'indépendance de côté, par clientélisme, par intérêt, par électoralisme ou par quête du pouvoir. Est-ce mieux que ce que fait la gauche? Dans les deux cas l'indépendance est souvent remisée comme s'il y avait toujours plus urgent à faire que de la réaliser.
Toutefois, dans le camp de la gauche, nombreux sont ceux qui ont mis de côté leurs luttes idéologiques et ont porté l'indépendance comme une fin en soi. Les Gérald Godin, Andrée Ferretti, Pierre Bourgeault, Louise Beaudoin, Rémy Trudel et même Gilles Duceppe devraient vous rappeler que l'indépendance n'est pas portée plus loyalement par la droite qu'elle peut l'être par la gauche.
Pourquoi n'y a-t-il pas de parti souverainiste de droite au Québec?
Difficile d'y répondre. Je soulève trois pistes, rapidement:
Premièrement, l'ultime sacrifice? : Vous croyez qu'il n'existe pas de parti souverainiste de droite, parce que les gens de droite sont plus enclins aux compromis qu'ils mettent sur la glace leur idéologie pour accéder à l'indépendance. Vous oubliez qu'il n'y a pas de parti de droite « tout court », de droite fédéraliste, non plus, au Québec. Où sont les fédéralistes de droite? Ils ont aussi sacrifié leur idéologie pour quoi? Le pouvoir? Doit-on conclure qu'au Québec la droite ne fait que se sacrifier continuellement pour toutes autres causes?
Deuxièmement, l'arbre qui tombe dans la forêt fait-il du bruit? : Peut-être n'y a-t-il pas autant de gens de droite que vous le prétendez. Il y a lieu de se demander si suffisamment de Québécois sont de droite pour justifier l'existence d'un parti qui leur serait propre. Peut-être que la droite n'a pas d'espace à elle parce qu'elle n'existe pas de manière suffisamment importante.
Troisièmement, l'immobilisme de la droite : L'absence, tout comme le silence, est une bien vaine manière de faire avancer ses idées. La gauche possède la force mobilisatrice. C'est souvent par elle que passent les grands renversements, les révolutions, les changements politiques majeurs. La gauche possède la force de l'activisme, la fougue. Si le conservatisme souscrit à une idéologie du « statu quo », comparativement à une gauche qui s'inscrit dans le « projet collectif », peut-être devrions-nous nous questionner sur l'apport réel que l'idéologie de droite peut avoir sur le projet collectif qu'est l'indépendance du Québec.
L'indépendance n'est ni à gauche ni à droite
Mais comme vous le dites, l'indépendance n'est ni à gauche ni à droite. Paradoxalement, vous vous acharnez à trier les indépendantistes dans ces axes précis, comme si vous pensiez y trouver là la clé de l'impasse dans laquelle la question nationale est cloisonnée. Au final, à quoi servirait un parti souverainiste de droite? Ce qu'il manquait sur l'échiquier politique québécois ces dernières années était un parti indépendantiste au sein duquel l'indépendance n'est ni un hochet, ni une déclinaison subtile d'un autre projet. Tout simplement.
Vous dites « La cause nationale ne progressera vraiment qu'à partir du jour où les souverainistes trouveront plus important d'être souverainistes que de se comporter en «gauchistes» ou en «droitistes». ». Je dirais plutôt que la cause nationale ne progressera vraiment qu'à partir du jour où les partis politiques qui prétendent en être les porteurs cesseront de la sacrifier. Ni la gauche, ni la droite, ni le pouvoir, ni les intérêts partisans ou privés ne devraient avoir préséance sur l'accession du Québec à sa liberté politique.
Ainsi, il aurait été plus juste de titrer votre article comme suit : « À quand un parti résolument indépendantiste? ».
Cette question, nous y répondions le 31 octobre 2011 en fondant Option nationale.
Suivre Élisabeth Émond sur Twitter: www.twitter.com/elisemond
Je vais répondre à la place de MBC.
Ce que Mathieu veut, en tant que pur indépendantiste, c'est une façon de rallier les souverainistes de droite et de les inscrire dans une mouvance précise, pour ne pas qu'ils fassent passer leurs idées de droite AVANT celle de la souveraineté. Alors un parti de droite souverainiste pourrait grapiller les votes de souverainistes de la CAQ, du PLQ (eh oui, il doit y en avoir quelques uns!) pour au final, créer uen coalition arc-en-ciel souverainiste de toutes les couleurs. Au fond, c'est le rêve d'union total des souverainistes pour la faire cette satanée souveraineté.
N'est-ce pas Mathieu?
Tout ça est d'un manque d'envergure politique épouvantable. Tous les indépendantistes en paye maintenant le prix : un gouvernement minoritaire menotté aux prises avec une opposition majoritaire de droite et fédéraliste.
Mensonges.
Le Canada, s'il devance effectivement le Québec dans la plupart des indicateurs économiques, c'est à cause du pétrole. Ce même pétrole cause un mal Hollandais qui place le Québec en désavantage économique en faisant monter la valeur du Dollar Canadien, ce qui affecte le marché exportateur Québécois, qui est une grosse partie de son économie.
Sans le Pétrole, le Canada serait moins fort et le Québec serait plus fort.
Votre commentaire : Que d'ignorance.
Vous devriez aller voir le CV de Jean-Martin Aussant aussi. Ex VP de Morgan Stanley. Venez pas me dire qu'il connaît pas l'économie.
Ceci étant dit... quelque soit là raison, que l'indépendance soit une fin en soit ou non,ça ne garantie en rien l'avenir potentiel d'un pays
Même si un Québec sépararé ou indépendant, existe un jour... je ne fais surtout pas confiance au gauchiste pour batir un pays prospère et compétitif
Nous attendons toujours sa définition de la droite. Je crois qu'elle se trouve chez son employeur pour le moment
L'indépendance n'a aucune chance au Qc pcqu'elle est trop associée à la gauche.
Merci!
Parce que la droite n'est intéressé que par le pouvoir et l'argent, évidemment.
Pourtant on y retrouve, à des degrés divers, des mesures qui s'inspirent de la gauche et des mesures qui viennent de la droite.
Mais ce qui les distingue vraiment, c'est qu'ils existent. Et ce n'est pas la gauche qui les a mis au monde. Avant d'être quelque chose, il faut d'abord être.
Le pays Québec n'existe pas. Et ce sont les gens de la gauche et de la droite qui vont nous donner un pays. Les deux doivent mettre la main à la pâte.
Il y a le yin et le yang..
Il y a Adam Smith et Karl Marx.
Il y a l'individuel et il y a le collectif.
Il y a la droite et il y a la gauche.
Chaque partie a ses particularités, ses aspects positifs et ses aspects négatifs.
Le bonheur réside dans l'alliage équilibré des deux forces en présence. Malheureusement, les adeptes d'un côté, gauche ou droite, ne veulent rien savoir de l'autre côté, convaincus qu'ils sont de posséder l'entière vérité.De là ces débats à n'en plus finir entre la gauche et la droite.
L'ON, dès sa fondation, n'a pas voulu tomber dans ce piège gauche-droite. L'ON reconnaît qu'avant d'être de gauche ou d'être de droite, il faut d'abord être, exister, avoir un pays à soi pour permettre à notre culture de survivre, de vivre, de s'épanouir.
L'ON propose aussi certaines mesures qui peuvent s'apparenter soit à la gauche soit à la droite.
Mesures que certains taxeront de gauche: Pharma-Québec, la nationalisation de nos richesses naturelles, la gratuité scolaire,la rémunération des médecins.
Mesures possiblement associées à la droite: Banque Québec, Exploitation de certaines richesses naturelles en partenariat avec le privé.
Il faut cesser ces palabres sans fin sur la droite et la gauche.
S'il n'y avait pas la droite, la gauche ne pourrait exister. Et vice-versa.
Les deux sont essentielles et symbiotiques.
Évidemment on pourrait argumenter que ce sont des mesures qui servent à financer l'État afin de financer des mesures sociales, mais en tant que tel, ces mesures n'ont rien de gauche ou de droite, parce qu'elles ne sont pas une question de hiérarchie.
À moins, bien sûr, qu'un hypothétique parti semblable veuille proposer un pays avec moins de gouvernement...
Comment est née la Suède ? Sûrement pas à cause de la gauche.
Comment sont nés les Pays-Bas? Sûrement pas à cause de la gauche.
La Belgique? La France?
Nationalisme ne veux pas synonyme de dictature. Allez voir dans le dictionnaire.
Le nationalisme n'est qu'une position politique valorisant le pays d'origine par raport aux autres
Il est opposé à toute les variante du colonialismes et de l'imperialisme, incluant la mondialisation qui est un impérialisme économique américain déguisé.
le nationalisme, c'est fondre les individus dans une masse indistincte. C'est TOUJOURS une menace aux droits individuels
" incluant la mondialisation qui est un impérialisme économique américain déguisé."
un autre qui mêle impérialisme et corporatisme avec capitalisme