Élisabeth Émond

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Le retour de Godin

Publication: 13/09/2012 08:20

Un merci tout spécial à Simon Beaulieu, réalisateur de Godin - le film

En lisant le texte « La main des vivants » dans le Devoir, je découvrais une fois de plus la passion que plusieurs des miens partagent pour Gérald Godin. Cette fois c'était Catherine Dorion, militante d'Option nationale. Dans la dernière année, nous avons vu un retour en force des références aux légendaires « Pauline et Godin ». Pour ma part, c'est le documentaire Godin-le film que j'ai eu la chance de voir sur grand écran, qui m'a complètement investi d'une profonde admiration pour cet homme. Était-ce l'homme? Le poète? Le discours du politicien? L'amour qu'il portait à sa Pauline? La mélancolie d'une époque? Fort probablement un doux mélange de tout ça.

Gérald Godin est méconnu, comme le sont plusieurs poètes et politiciens de l'histoire du Québec. C'est bien triste de réaliser qu'une génération entière (peut-être plus) a été privée de cette richesse historique, de cette mémoire survivante.

Vivement que ma génération ait redonné vie à Pauline et Godin, notamment ceux qui, comme moi, courtisent la politique québécoise de près. C'est l'espoir encore qui nous gagne, tranquillement. Comment aurions-nous pu défendre une culture que nous laissions prendre poussière dans nos greniers? Comment aurions-nous pu rebâtir les ponts sans savoir que l'autre rive n'était finalement pas si loin? Comment aurions-nous pu porter ce grand projet d'indépendance du Québec sans connaître le courage, l'intégrité, les compromis, et la difficulté qu'il exige? C'était un passage obligé pour la suite des choses.

Pourquoi Godin aujourd'hui?

Ma génération n'a connu que des histoires de référendums volés, de « love-in » hypocrite, de scandale des commandites, de commission Charbonneau, de ponts qui tombent, de scandale des garderies, de mafia, de corruption, de financement illégal et surtout, de partis politiques qui s'écroulent, les uns après les autres. Ne vous étonnez pas que nous soyons à la recherche d'un projet plus grand, plus porteur.

Un ami m'écrivait hier : « Une impasse comme celle que vit le Québec actuellement, ne peut trouver, à mon sens, autre chose de plus inspirant que ce que Godin incarne ou incarnait. ». Nous cherchons dans les Leclerc, Vigneault, Miron et Godin (pour ne nommer qu'eux), des mots endormis qui nous consoleraient du terrible bilan que nous faisons du Québec actuel. Ma génération a-t-elle le droit d'exiger autre chose? La réponse se trouve dans l'histoire de Godin : oui. « Il était une fois, des politiciens engagés, des poètes, des passionnés, qui siégeaient à l'Assemblée nationale... ».

Ma génération est celle qui succède à une époque où la confiance et le dialogue se sont brisés. Nous sommes les enfants d'une génération qui a manqué affreusement de poésie. Nous sommes les survivants d'un Québec individualisé, abîmé, affaibli, égoïste, engourdi par le froid d'un hiver qui n'en finissait plus. Nous avons même provoqué le printemps, comme pour le réveiller.

Des années après Godin, nous sommes encore nombreux, sinon plus, à être convaincus que le Québec a besoin de son indépendance pour fleurir. Nous sommes encore plusieurs, sinon plus, à croire que le projet de pays devra se faire main dans la main avec les Autochtones, les allophones, les anglophones, les immigrants, avec Montréal. Bien évidemment que Godin nous inspire.

Godin représentait cette vision actuelle et décomplexée d'un Montréal et d'un Québec en changement. Il portait en lui, comme un secret, son empathie profonde pour les siens, le « petit monde ». Son poème T'en souviens-tu, Godin ? en sera la plus vive expression. C'était un de ces hommes de colère et d'indignation dont les mots crus parfois, servaient à réveiller la ville, comme le faisaient jadis les carillons de nos églises le dimanche matin. Godin aura sacrifié sans doute beaucoup pour ce combat que ma génération reprend, confiante d'être à la hauteur.

Comme ma collègue, je trimballe ce petit bout d'histoire dans mes poches, comme un point de repère, une boussole, qui nous permet d'évoluer dans ce monde politique en n'oubliant jamais tout ce que cette tâche exige. Nous avons besoin de la mémoire des grands, de leur fougue, de leur enseignement, de leur sagesse. Notre discours s'arrime aux leurs, comme une étrange impression de déjà vu, ou de retard sur notre destinée.

Comme Godin, nous cherchons dans l'ombre du militantisme ou de la plume à bâtir un pays. Comme lui, nous tiendrons tête à la mort et à l'adversité, les épaules droites, debout bientôt, sur nos bancs de l'Assemblée nationale.

« Quand je veux délasser mon esprit, ce n'est pas l'honneur que je cherche, c'est la liberté.» - Gérald Godin


Pour découvrir Gérald Godin :

Libertés surveillées

Tango de Montréal (célèbre poème de la station de métro Mont-Royal)

Pour découvrir Pauline Julien (paroles de chansons)

Le temps des vivants

Mommy

 

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Un merci tout spécial à Simon Beaulieu, réalisateur de Godin - le film En lisant le texte « La main des vivants » dans le Devoir, je découvrais une fois de plus la passion que plusieurs des m...
Un merci tout spécial à Simon Beaulieu, réalisateur de Godin - le film En lisant le texte « La main des vivants » dans le Devoir, je découvrais une fois de plus la passion que plusieurs des m...
 
 
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00:00 sur 19/09/2012
Merci choupette pour ses mots inspirant

Vive Catherine Dorion

Marc
18:22 sur 14/09/2012
Merci de nous faire découvrir un autre illustre québécois, Il est temps de se retrousser les manches et de remettre l'homme juste et vrai au centre de la politique. Pas pour la gloire d'un hommes ou d'un petit groupe mais pour la liberté d'un peuple qui es trop souvent completement désabusé et en panne d'un idéal commun.

Merci de l'inspiration Catherine

Marc
23:24 sur 17/09/2012
Ce sont des hommes comme M.Godain qui devraient être enseignés,ceux qui on fait reconnaitreaux Québecois que le pays était là et qu'avec du courage nous pouvions exister comme peuple.Le pays est toujours là et il faut encore du courage pas seulement du rêve,il faut être prêt à accepter l'adversité et avoir confiance en nous.Le pays est toujours là il ne s'en ira pas,il suffit de le prendre.
11:44 sur 13/09/2012
C'est un très beau texte que vous avez écrit. Malgré que je vous trouve très sévère sur notre époque, je comprends votre désir de continuité et de mémoire. Cette continuité, c'est ce qui fait de nous des hommes et des femmes mieux enracinés et plus vrais. Pauline et Godin ,comme vous dites, sont , vous avez bien raison, une bonne raison de se souvenir.
photo
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Reflexion01
Reflexion 101
11:38 sur 13/09/2012
Oui le livre du Québec est entaché de quelques pages d'illuminés, de rêveurs, de poètes irresponsables qui ont fait passer le Québec de seconde Province au Canada au rang de dernière...il fallait le faire.
La masse aujourd'hui, à part quelques extrémistes, est plus réfléchie et ne se perd pas en conjonctures abstraites...fort heureusement.
Mais le livre du Québec demeure bon dans l'ensemble et les vielles pages ont été tournées...
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Le Loup Blanc
L'intelligence comme remède au mépris
00:50 sur 19/09/2012
Avec 49% de Québécois qui ont des problèmes de littératie, vous êtes certain que la masse d'aujourd'hui ne se perd pas en conjonctures abstraites?

Quand c'est rendu que vous accusez les poètes irresponsables d'être la cause du recul du Québec de la seconde à la dernière place, il est évident que vous n'avez pas fait preuve de ce qui représente votre surnom. C'est même plutôt le contraire... comme d'habitude.
10:33 sur 13/09/2012
Hélas! Le monde se divise en deux catégories de personnes. D'un côté, les dispenseurs de lumière qui projette l'espoir, l'avenir, la beauté du monde. De l'autre, les éteignoirs qui ne peuvent que produire la noirceur et le vide du coeur.
09:09 sur 13/09/2012
un autre film qui ne fera pas ses frais mais qui fera le plaisir d'une petite clique... 250G de dette... allez hop un peu plus sur la carte de nos enfants...
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Le Loup Blanc
L'intelligence comme remède au mépris
11:08 sur 13/09/2012
Réponse typique du quidam qui ne sait pas réfléchir. Allez plutôt lire ça pour commencer au lieu de tenir des propos hors-sujet: http://ratsdeville.typepad.com/ratsdeville/2012/02/ianik-marcil-penser-leconomie-des-arts.html
14:24 sur 13/09/2012
c'est drôle, mais mon conseiller ne m'offre jamais d'investir là-dedans... le manque de réflexion vient peut-être de votre côté.. De grâce achetez-vous un livre d'économie ou si c'est trop d'effort, j'ai un p'tit site sur les recettes des films... http://filmsquebec.over-blog.com/article-recettes-en-salles-films-quebecois-2012-108016552.html

C'est beau les émotions, mais des fois la réalité nous rattrappe...
14:31 sur 13/09/2012
Aller réfléchir..très beau texte, mais c'est bizarre mon conseiller financier ne me conseil jamais d'investir dans les patentes culturelles... De grâce cessez de pontifier et procurez-vous un livre d'économie ça presse... si c'est trop d.effort il y a ce site avec des chiffres qui en dit long sur l'impact de ces productions http://filmsquebec.over-blog.com/article-recettes-en-salles-films-quebecois-2012-108016552.html   Je sent que vous allez me dire que l'argent a peu d'importance, mais à 250G de dette, ça a crissement un sacré impact sur les québécois à moins d'être un privilégié de la fonction publique... ou pire un artiste subventionné à répétition... 
11:42 sur 13/09/2012
Alors, il a coûté combien, ce film ?

Et il a rapporté combien ? (ça fait déjà plus d'un an qu'il est sorti)
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
musael
Ad majorem consciencia
13:27 sur 13/09/2012
Moi, j'ai pas fait d'enfant; ça coûte cher et ça rapporte rien.
Cet utilisateur a choisi de ne pas participer au système des médailles.
photo
09:03 sur 13/09/2012
Merci