Tout d'abord, loin de moi l'idée de convaincre, ici, notre gouvernement de se diriger vers la gratuité scolaire. Le Parti québécois n'a jamais vanté les mérites de la gratuité scolaire, ni même du gel, d'ailleurs. Il a porté, si je me souviens bien, son petit carré rouge du bout des lèvres, presque mal à l'aise, coincé entre le devoir qu'il avait d'appuyer les étudiants et son envie ardente de se nettoyer de toute association avec les mondes étudiant et syndical, dont il s'était pourtant toujours fait l'un des plus grands défenseurs.
Je me souviens de cette image qui circulait récemment, une publicité du PLQ durant la campagne électorale de 1960, qui vantait les mérites d'une population instruite et, du fait même, faisait l'éloge de la responsabilité d'un gouvernement et de toute une société à combattre l'ignorance en créant des incitatifs à l'éducation, au savoir, au perfectionnement. Parce qu'il existe des mesures qui permettent aussi de conserver ce savoir au sein de la société québécoise et d'en faire profiter les quelques millions de Québécois qui la composent. N'est-ce pas là aussi une certaine forme d'indépendance ou, du moins, de liberté et d'émancipation collective?
Le Parti libéral de Jean Lesage, qui avait inscrit dans son programme électoral la gratuité scolaire en 1960, a pris aujourd'hui, un chemin bien différent. Il a abandonné la lutte pour le peuple québécois au profit d'une élite bien nantie, confinée dans le confort du « it takes money to make money ». Qu'est-il arrivé aux autres? Ils ont rejoint les rangs du Parti québécois, propulsé au pouvoir après la Révolution tranquille, au moment charnière où on se réconciliait avec l'État et où on se rappelait qu'il existait un contrat social nous liant l'un à l'autre. Qu'est devenu le Parti québécois quelque 40 ans plus tard?
On a accusé souvent Option nationale et Québec solidaire d'empêcher de rendre au PLQ la monnaie de sa pièce en divisant le vote. Pourtant, ces deux partis sont les seuls qui proposaient la gratuité scolaire et remettaient la question de l'éducation au cœur des grands débats de la société moderne. Aucun des partis « susceptibles de prendre le pouvoir » ne s'était doté de cette responsabilité envers la population québécoise. Même lors des débats télévisés, la question de l'éducation ne semblait pas être un enjeu important, comme si ces milliers de personnes avaient déambulé dans les rues du Québec dans le silence le plus complet, comme un peuple invisible.
La peur du débat
À mon sens, ce qui est le plus grave, ce n'est pas que le Parti québécois, ou ce qu'il est devenu, écarte l'option de la gratuité scolaire; nous le savions déjà . Le plus grave, c'est qu'il ferme la porte au débat.
On a connu dans les dernières années un Parti québécois déchiré, torturé par ses membres (et ses députés) qui ne retrouvaient plus cet espace de débat, pourtant toujours si caractéristique d'un PQ aux forces opposantes. On peut aussi se souvenir de ce Congrès 2010 du PLQ où on avait refusé d'appuyer la proposition d'un militant de mettre sur pied une commission d'enquête sur la corruption dans le domaine de la construction. Quand un parti politique ne sait pas jongler avec la délicate notion de débat en son sein même, il y a fort à se questionner sur sa capacité de favoriser la démocratie dans la société.
Soit on valorise et favorise la démocratie, soit on la contrôle en lui donnant seulement les subtiles apparences d'un espace citoyen libre. Dans ce dernier cas, on s'assoit sur une bombe à retardement, en espérant qu'elle éclate une fois que nous ne serons plus au pouvoir.
Quelques notions de droit international
Depuis 1976, le Québec est lié au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, qui stipule entre autres que :
13. 2. Les États parties au présent Pacte reconnaissent qu'en vue d'assurer le plein exercice de ce droit [de toute personne à l'éducation] : c) L'enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous en pleine égalité, en fonction des capacités de chacun, par tous les moyens appropriés et notamment par l'instauration progressive de la gratuité.
Il y a eu ce pacte international, puis le printemps érable, qui a fait surgir la question de la gratuité scolaire à maintes reprises, puis les recommandations étudiantes en ce sens, notamment celles de l'ASSÉ, et, finalement, un Sommet sur l'enseignement supérieur, tout indiqué pour débattre de la question. Que faut-il de plus pour convaincre le gouvernement qu'il est plus que temps d'aborder le sujet?
La mondialisation effrénée du dernier demi-siècle a transformé l'homme et son rapport à la cité. Il est maintenant temps de revoir le cadre économique, mais surtout idéologique des sociétés modernes. Le débat sur l'éducation, pour qu'il ait lieu foncièrement, doit répondre à la question de « qu'est-ce que l'éducation? » plutôt que celle du « combien ça coûte? ». Sans cette prémisse de réflexion, toutes les issues de ce sommet seront vaines et superficielles.
L'article 13 de ce traité rappelle que « l'éducation doit viser au plein épanouissement de la personne humaine et du sens de sa dignité et renforcer le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales ». Il ajoute que « l'éducation doit mettre toute personne en mesure de jouer un rôle utile dans une société libre ».
Il est de la responsabilité de notre gouvernement non seulement de veiller à tendre vers la gratuité scolaire, mais d'accorder à sa population le droit de débattre de cette question pleinement et librement sur la place publique. Parce que le principe de la gratuité scolaire n'est pas nouveau, il est enraciné dans la responsabilité d'État du Québec. Mettre sur pied de faux lieux de débats pour calmer les foudres ne saura qu'engourdir temporairement une fièvre vive, et ardente, qui ne saurait que resurgir, tôt ou tard.
« Quand on n'est pas digne d'avoir des opposants, on a des révoltés. » - Jean-François Revel
Les étudiants ont regagné leurs sièges, les professeurs leur tableau, parce que l'hiver arrivait sans doute, mais aussi parce que nous avons cru, l'espace de quelques mois, que nous aurions enfin un espace où débattre librement. Nous nous sommes laissé étourdir, une fois de plus. L'odeur de la grève se fait sentir à nouveau, parce que, il me semble, le printemps est presque déjà à nos portes.
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Il faut d'abord reconnaître que le Québec n'est pas un pays. Mais une province. De ce fait, un pacte international n'engage que le gouvernement du Canada. Pas le Québec.
Un gouvernement du Canada qui ne peut pas appliquer un pacte international à ses membres de l'union canadienne qui n'en veulent pas, tel qu'en Ontario, Alberta ou la CB. Étant donné que l'éducation supérieure est constitutionnellement de compétence provinciale, exclusive.
En mentionnant le droit international et l'article 13.2, dont l'instauration progressive de la gratuité, vous proposez une faute par détournement. De l'abrutissement.
Dans les faits... La gratuité scolaire existe déjà . Le saviez-vous ?...
Au Québec, une année universitaire coûte 29,242 $ en moyenne par étudiant.
L'étudiant paie 2,774 $ en droits, en 2012.
L'aide sociale du gouvernement et des entreprises du privé paient le solde, 26,248 $ par étudiant, ou 91 %.
Pourquoi les étudiants AS de l'ASSÉ et les journalistes parlent de gratuité ?... Mais pas de ces 26,248 $ gratuits, par étudiant, en ce moment.
CH
lire: http://wp.me/p32XJo-4k
Gratuité ou pas, y a-t-il quelqu'un pour parler de qualité de formation, de capacités intellectuelles des apprenants, de modalités d'accès aux études supérieures (résultats scolaires élevés, concours d'admission, limite en cas d'échecs).
Tous les pays scandinaves ont des normes d'accès tellement élevées que n'entre pas qui veut dans le giron universitaire. Ici, on oublie d'en parler et on laisse croire que tous ceux et celles qui voudront aller à l'université y entreront comme lettre à la poste.
Quand on entend la PM dire une chose et son contraire dans la même phrase, style "indexation=gel", les mots ne veulent plus rien dire , n'ont plus de valeur et sont vide de sens. Comment alors parler intelligemment des vraies choses?
C'est d'ailleurs ce qui se passe aux USA. Tellement que c'est devenu un problème social qui retient de plus en plus l'attention. M. Obama a même décidé de s'y attaquer dès cette année. La population américaine augmente sans cesse. la population de leurs universités stagnent et même, dans certains cas, diminuent. Les entreprises et organismes américains doivent de plus en plus recruter à l'extérieur, surtout en Asie.
Voulons-nous vraiment faire comme eux?
Depuis plus d'un an, aucun de nos médias n'a cru nécessaire de nous bien renseigner sur les différentes positions possibles. Nos médias se sont contentés d'être l'écho de nos différents politiciens qui nous présentent, par la force des choses, une approche biaisée.
Quels sont les avantages et les désavantages de l'approche actuelle? le citoyen moyen n'en a aucune idée précise. Quels sont les avantages et les désavantages de la "gratuité"? Encore là , je suis certain que d'aucuns ne pourraient en discourir de façon sensée.
Il y a deux façons de faire payer les étudiants pour leur scolarité.
La première: une partie maintenant, par les frais de scolarité. L'autre partie après par leurs impôts.
La deuxième: Seulement après. Par leurs impôts.
L'avantage de la deuxième formule permet aux moins fortunés mais qui ont beaucoup d'aptitudes d'avoir une bonne chance de parvenir aux plus hauts sommets.
Comme vous voyez la gratuité scolaire, ça n'existe pas. On finit toujours par payer.
Êtes-vous prêts à payer pour tout ce monde ?
Une personne avertie en vaut deux, dit-on.
Ceux qui en ont mare de payer et ceux qui veulent faire aucun effort collectif dans la société ?
Quel débat ?
Contrairement au Canada qui n'a pas respecté cette entente ni celle de Kyoto.
Le sommet était sensé permettre à la population d'examiner en profondeur la vocation à donner à nos universités, leur financement, leur gestion. Malheureusement, il semble que la seule décision, qui semble déjà prise, ne concernera vraiment que l'indexation des droits de scolarité.
Que veut-on de nos universités? Quelle proportion de leurs efforts doivent-elles consacrer à la recherche? Quelle proportion à la formation? Le financement par tête de pipe de Legault, à l'évidence, ne fonctionne pas. Que faudrait-il à la place? Pourquoi payer aux banques des intérêts
usuels sur des prêts garantis à 100% par l'état? Autant de questions qui seront escamotées.
Concernant le débat...il a été fait le débat, pendant des mois les Québécois se sont tiraillés, chicanes de famille, chicanes de voisins. Les positions des 2 grands partis étaient claires: Libéral=augmentation, PQ=gel et peut-être plus... Les 2 partis ont décidé d'en faire un enjeu majeur des élections :"votez pour moi si vous êtes pour/contre le mouvement étudiant". Il y avait beaucoup d'autres enjeux (la corruption, la gouvernance, le développement du nord, etc) et ça aurait pu être fait autrement mais tout le monde l'a voulu ainsi.
Cette élection a été la réflexion finale à ce débat. Maintenant que le PQ renie sa position je trouve ça bas, petit.
Je crois sincèrement que pour une frange de la population débattre veut dire faire accepter son point. Parlons en parlons en jusqu'à ce que vous compreniez que vous avez tort.
C'est moins évident de promettre n'importe quoi quand tu sais que tu risque de devoir livré la marchandise.
Navré pour vous que le PQ aie choisis d'être réaliste en tenant des promesses qu'il vas tenir...
Le thème de la gratuité scolaire a été introduit dans le Québec des années 1960 et 1970, avec la fougue et l'idéalisme d'une jeunesse qui croyait que tout était possible. Nous sommes en 2013. Les rêves ont eu à se fiancer avec la réalité. Les chiffres cohabitent dorénavant avec les slogans. Avec la mondialisation, la population qui gagne en cheveux blancs, le coût élevé des choses et services, les infrastructures qui demandent réfection et développement, les millions de jeunes en classe ou en formation, les garderies à 7$...Pouvons-nous encore nourrir la pensée magique de la ''gratuité scolaire''? Et comment éviter les écueils d'un système d'une telle lourdeur et dans lequel les étudiants (es) ne mettraient pas même une piastre sur la facture? Entre l'idée d'un réseau ''pour privilégiés'' comme celui de nos voisins du sud et le fantasme d'une université '' gratos'', ne pouvons nous pas imaginer un moyen terme qui conjugue accessibilité, efficacité et réalisme?
Serions-nous prêts à accepter la taxation qui suit pour la gratuité scolaire?
SUÈDE : 25 % pour la plupart des produits et services
NORVÈGE : 25 % (14% pour la nourriture)
DANEMARK : 25 % sans aucune exception
FINLANDE : 22 % (17 % pour les produits alimentaires humains et animaux)
Et voyez pour les impôts... http://www.themetropolitain.ca/articles/view/784
C'est ça leur gratuité scolaire!
Le 17% du coût réel, il faut aussi spécifier que c'est très variable d'un programme à l'autre. Même si cette idée comporte son lot de problème, j'aime bien la proposition du recteur de l'Université de Montréal sur la modulation des frais.