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Quand la mission se termine, le combat, lui, continue

26/03/2014 01:11 EDT | Actualisé 25/05/2014 05:12 EDT

Un autre soldat de la Base de Valcartier s'est enlevé la vie la semaine dernière. Le caporal Alain Lacasse était le père de deux enfants.

Ce genre d'événement m'attriste au plus haut point. Je souhaite d'entrée de jeu offrir mes plus sincères sympathies à la famille de M. Lacasse, à ses proches et à ses frères d'armes.

Il est grandement temps que, collectivement, nous réfléchissions au sort qui est réservé à nos soldats de retour de mission. Il faut chercher ensemble des solutions pour éviter de pareilles tragédies. Nous sommes moralement tenus de le faire.

Nos militaires reçoivent une panoplie de formations pour bien réagir lors d'une mission et sont conscients des dangers potentiels qui pourraient survenir au courant de leur mandat.

Alors que nos derniers soldats viennent tout juste de rentrer d'Afghanistan, il faut se questionner: sont-ils outillés pour faire face aux difficultés qu'eux et leur famille auront à surmonter, ici, au pays?

Les conservateurs doivent augmenter le soutien offert aux militaires, aux vétérans victimes de stress post-traumatique et aux familles.

Dans les derniers mois, plusieurs cas troublants ont été diffusés par les médias. Mme Paula Ramsay s'est fait répondre de laisser son mari par les Forces armées canadiennes après avoir demandé de l'aide pour supporter son mari souffrant de stress post-traumatique. Ce témoignage n'est malheureusement pas un cas isolé. Les familles de militaires n'ont plus accès aux programmes de support auxquels ils sont en droit de s'attendre.

Bien qu'officiellement le ministère des Anciens combattants reconnaît que 17 178 anciens combattants souffrent de problèmes de santé mentale - seulement 3 829 de ces cas sont pris en charge par le ministère.

Quelle est la réponse des conservateurs?

Compressions, retrait de la formation en technique d'intervention face au suicide, fermeture de bureaux d'Anciens Combattants Canada (ACC). Il y a maintenant 3 370 moins d'emplois dans ce ministère qu'au moment où Stephen Harper a pris le pouvoir.

D'ici 2016, ACC aura perdu un quart de son effectif et n'aura jamais été aussi petit. Pourtant, ce n'est pas le travail qui manque: 200 000 militaires reçoivent actuellement des services du ministère alors qu'ils sont 700 000 à avoir quitté le service actif.

Les bureaux fermés font en sorte que les anciens combattants n'auront plus accès à un service en personne avec un gestionnaire de cas pouvant les guider au travers des multiples formulaires de Service Canada. Ce n'est pas de cette façon que nous aiderons nos militaires.

Il n'est pas normal qu'un militaire diagnostiqué avec une blessure de stress opérationnel se voit envoyer dans une seconde mission en raison de «paperasserie mal gérée».

Le NPD demande au gouvernement d'arrêter de combler son déficit sur le dos des militaires et d'enfin mettre les ressources nécessaires pour offrir le soutien adéquat à nos soldats et nos vétérans. Parce que quand la mission se termine, le combat des militaires pour retrouver une vie normale, lui, se continue.

LIRE AUSSI: Lettre à mon ami le soldat - Guillaume Corneau

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