LES BLOGUES

Pour une nouvelle culture politique

15/06/2016 10:05 EDT | Actualisé 16/06/2017 05:12 EDT

Ce billet de blogue est un texte collectif dont la liste des signataires se trouve en pied de page.

On peut l'affirmer sans hésiter: jamais le lien de confiance entre les Québécois et leurs élus n'a été aussi ténu. Le cynisme des citoyens côtoie aujourd'hui la résignation et un vaste sentiment d'impuissance devant la paralysie du Québec depuis trop longtemps. Cette désaffection s'incarne dans une baisse du taux de participation aux élections, laquelle est encore plus marquée chez les jeunes. Si toutes les formations politiques doivent faire leur examen de conscience face à ce phénomène, la course à la chefferie offre au Parti québécois une formidable occasion de contribuer à sortir le Québec de cette impasse.

Plusieurs facteurs ont conduit à la rupture de ce lien de confiance entre les Québécois et ceux qui les représentent. En premier lieu, la question de l'intégrité aux échelons municipal et provincial n'est toujours pas résolue et affecte la réputation de tous les élus. La partisanerie excessive et le spin politique ont aussi fait en sorte que les Québécois ont souvent l'impression de n'entendre que du bruit en provenance de l'Assemblée nationale. Ils ont choisi de changer de poste, voire de fermer la télé. Cette situation est encore pire pour les néo-Québécois, très peu représentés, qui peuvent se sentir complètement oubliés.

De surcroît, le mode de scrutin actuel dévalorise la participation démocratique. Combien de fois avons-nous entendu des gens dire que voter ne sert à rien, que c'est bonnet blanc, blanc bonnet? Certains se déclarent même ouvertement orphelins politiques. Il y a 25 ans, les deux grands partis s'accaparaient 95% des voix; ils n'en récoltent plus aujourd'hui que les deux tiers. De nouvelles formations ont émergé pour représenter de nouvelles idées politiques. Elles sont là pour rester et leur contribution au paysage démocratique est bénéfique.

Pour rebâtir la confiance entre les Québécois et leurs élus, le Québec a besoin d'un nouveau style de leadership qui transcende la partisanerie. Les Québécois s'attendent à raison à ce que leurs représentants politiques collaborent au-delà des lignes partisanes pour faire progresser le Québec, comme ils ont su le faire pour les soins de fin de vie, l'équité salariale, la lutte aux changements climatiques et bien d'autres dossiers. Selon nous, les élus doivent représenter leurs électeurs avant leur parti. Dans la bulle politique de l'Assemblée nationale, plusieurs paraissent l'avoir oublié.

À cet égard, la candidature de Véronique Hivon à la chefferie du PQ apparaît porteuse du changement de leadership nécessaire au Québec. Madame Hivon a fait de la confiance, du rassemblement des Québécois, de la convergence et de la réforme du mode de scrutin des thèmes centraux de sa campagne. Elle a démontré par le passé que la collaboration peut faire avancer le Québec beaucoup plus vite et beaucoup plus loin que les confrontations stériles, sans compter son respect profond de l'intelligence citoyenne.

Dans un Québec où le mode de scrutin permettrait à des voix diversifiées de se faire entendre et de se faire élire, la capacité de rassembler deviendrait le principal atout d'un leader. Voilà le défi : passer du style de leadership que nous connaissons, fondé sur l'autorité et la concentration du pouvoir, à un leadership inclusif et transparent, fondé sur la collaboration et l'adhésion.

Toutes les formations politiques peuvent participer à ce renouveau démocratique. La convergence la plus importante à réaliser est celle des 125 élus de l'Assemblée nationale, pour qu'ils collaborent ensemble à rebâtir la confiance perdue. Ensuite, nous pourrons redonner aux Québécois le goût de réaliser de grandes avancées collectives. C'est à ce grand chantier que nous convie Véronique Hivon.

Les signataires : Yann Perreau, artiste; Élaine Hémond, formatrice en genre et gouvernance; Karel Mayrand; David Lussier, médecin gériatre; Salomé Corbo, comédienne; Daniel Thibault, auteur; Claudine et Luc Harnois, entrepreneurs; Vincent Graton, comédien; Antoine Côté, président sortant de la Fédération étudiante collégiale du Québec; Me Michèle Moreau, co-fondatrice de Pro Bono Québec et du Centre de justice de proximité du Grand Montréal; Nathaly Dufour, ex-chef par intérim et présidente d'Option nationale; Simon Boulerice, écrivain; Christine Gosselin, conseillère d'arrondissement pour Projet Montréal, district de Jeanne-Mance; Me Michael Hendricks, activiste des droits de la personne; Sylvie Payette, auteure; Stéphane Paquin, professeur titulaire à l'ÉNAP; Francis St-Pierre, préfet de la MRC de Rimouski-Neigette; Winston McQuade, communicateur et artiste; Alexis Duceppe, artisan du cinéma; Flavie Payette-Renouf, réalisatrice; Alexandre Curzi, conseiller en relations de travail; Sophie Stanké, porte-parole du Mouvement Montréal français.

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