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Pourquoi je crois en Véronique Hivon

22/06/2016 10:19 EDT | Actualisé 22/06/2016 10:19 EDT

Je soutiens Véronique Hivon parce que je vois en elle la personne la plus apte à porter l'évolution démocratique que j'appelle de tous mes vœux.

Aujourd'hui, la démocratie me semble prise en otage par les partis politiques et par des intérêts le plus souvent éloignés de ceux des citoyens et des citoyennes. Puisqu'il faut rêver, rêvons.

La démocratie que je souhaite s'appuie d'abord sur un mode de scrutin, dans lequel chaque vote compte. Le pile ou face, plus capable ! Cette démocratie serait indissociable de l'élaboration d'une constitution québécoise rédigée par des citoyens et non le fruit des cogitations d'un parti. Les députés élus garderont leur liberté. Leurs valeurs (et celles de leurs citoyens) primeront sur les dictats des partis. Face à l'administration, notamment celle des finances et de la justice, des comités de surveillance et d'éthique seront formés à majorité de citoyens (et pas exclusivement d'experts). Bref, j'imagine un gouvernement qui se nourrit davantage des dynamiques civiques que des dynamiques partisanes.

Depuis son élection à l'Assemblée nationale, et même avant, Véronique Hivon a démontré sa grande écoute aux défis citoyens. Elle nous a particulièrement impressionnés lors de la formulation puis de l'adoption de la Loi concernant les soins de fin de vie. Son approche rassembleuse des élus et intervenants de tous horizons (professionnels et organismes divers) a ouvert un chapitre peu connu de notre démocratie : celui de la concertation, de la médiation et de l'alliance. Les citoyens et citoyennes ont découvert, avec Véronique, que lorsque l'intérêt général est en jeu, des problématiques, même complexes, peuvent être abordées dans la bonne foi.

Pourquoi j'en suis là dans mes réflexions ?

Depuis près de 20 ans, je consacre la plus grande partie de mes énergies à promouvoir une nouvelle approche de la politique et, plus largement, à soutenir une façon différente de vivre la démocratie.

Mon parcours a notamment été reconnu par l'Ordre national du Québec et par la Commission des droits de la personne et de la jeunesse. Au fil de plusieurs décennies, c'est avec passion que j'ai déployé efforts et créativité afin que les femmes d'ici et d'ailleurs accèdent plus nombreuses aux postes de gouvernance... et que leur pouvoir y soit réel.

Cet engagement a été porteur de succès... du moins en termes numériques. Sur les quelque 1000 femmes accompagnées de près dans le cadre d'ateliers et de soutiens collectifs ou individuels, plusieurs centaines d'entre elles ont été élues à différents paliers. Tous les jours ou presque, j'en vois au moins une sur les médias. Bien sûr, j'en suis fière.

Mais je ne suis pas qu'une féministe. Au fil des décennies, et dans la foulée d'étroits liens avec plusieurs gouvernements, partis et élus, je dois avouer que ma motivation citoyenne a presque dépassé ma motivation féministe. J'ai trop vu de femmes céder, tout comme leurs collègues masculins, au chant des sirènes entonné dans les cénacles des partis. Puis, la main sur le cœur, ces messieurs-dames nous annoncent avec clairons et trompettes les vérités concoctées entre eux.

La course au pouvoir, voire l'ambition personnelle, s'y conjugue le plus souvent par la mise au rancart des principes et idéaux qui ont généralement présidé à l'engagement des femmes et des hommes. Là, quoique mes attentes envers les femmes ne sont pas totalement disparues, je ne fais plus vraiment de différence entre les unes et les autres.

Le big portrait

En 2016, ce qui, selon moi, saute aux yeux lorsque l'on regarde le big portrait démocratique du Québec : c'est le cynisme citoyen. Je ne surprendrai personne. Cet état d'esprit n'est plus l'apanage réservé à une frange de chialeux de gauche et de séparatistes frustrés. Le cynisme citoyen est désormais un étonnant « liant » qui biffe les appartenances aux partis politiques voire aux différentes classes sociales ; qui oblitère les générations et qui donne même le « la » à tous les médias. Rien n'y échappe. La foi en la démocratie, on la cherche partout. Des employés de l'État en sont venus à marcher la tête basse ; certains ingénieurs sont maintenant gênés de décliner leur titre ; les OBNL qui survivent culpabilisent et se font regarder de travers par ceux qui croulent.

Heureusement, la liberté de pensée et de parole n'est pas morte et enterrée. Ses racines sont vivaces et je les connais... pour en gratter souvent le terreau. Ainsi, quel bonheur de lire et d'entendre certains universitaires et chercheurs qui, tous les jours, analysent le contexte et fouettent notre esprit critique ! Quel plaisir de retrouver des penseurs, jeunes ou carrément âgés, qui nous réveillent en rappelant que tout est encore possible ! Et bravo à ceux et celles qui osent regarder ailleurs, par exemple dans des pays où les citoyens inventent de nouvelles façons de vivre la démocratie en s'associent à leurs gouvernements pour reconstruire la confiance détruite.

Mais, Élaine Hémond, vieille pelleteuse de nuages, que veux-tu donc, bon sang ? Je veux croire en Véronique Hivon et en ceux et celles qui, comme elle et moi, souhaitent une culture démocratique revue et corrigée. Cette réflexion, je la fais bien au-delà du Parti québécois auquel je n'ai pas encore adhéré. Avis à mes amis des autres partis !

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